5 paysages de science-fiction (qui existent pour de bon)

La structure de Richat

La Structure de Richat

Egalement surnommée l’œil de l’Afrique, la structure de Richat est une gigantesque formation circulaire de 50 km de diamètre située en plein désert du Sahara, près de Ouadane (Mauritanie). Vue du ciel, elle ressemble à un monumental œil bleu-vert, ou à un fossile géant. Elle fut découverte lors d’un vol spatial Américain, en 1965, et à cause de sa taille et de son aspect caractéristique, elle est longtemps restée un point de repère pour les astronautes. On pensait à l’origine que la structure de Richat était due à l’impact d’une météorite, mais cette théorie n’expliquait pas la relative platitude de la formation, dont les dénivelés atteignent environ 40m. L’interprétation la plus couramment acceptée aujourd’hui est celle d’un dôme volcanique géant qui se serait effondré sur lui-même au cours d’une érosion de plusieurs millions d’années. Cependant, jusqu’à ce que les hypothèses soient confirmées, l’origine exacte de ce phénomène unique reste une énigme pour les chercheurs.

Arbres Sang de Dragon sur l'île de Socotra

Arbres Sang de Dragon sur l'île de Socotra

L’île de Socotra

Au Nord-Ouest de l’Océan Indien se trouve une île qui redéfinit toute notion de paysage « terrestre ». Située à 350 km des côtes du Yemen, l’île de Socotra est la plus grande de l’archipel qui porte son nom. Elle fut détachée du continent Africain il y a 6 millions d’années, et cet isolement géologique a donné naissance a une biodiversité phénoménale : Socotra abrite 800 espèces de plantes rares dont un tiers sont endémiques, ce qui signifie qu’elles n’existent nulle part ailleurs sur la planète. Parmi les spécimens les plus étranges, on trouve notamment l’arbre concombre, le figuier de Socotra et son aspect improbable, ou encore l’arbre Sang de Dragon, dont la sève rouge servait de teinture et d’onguent magique dans l’antiquité. La faune n’est pas en reste, et compte plusieurs espèces d’oiseaux uniques au monde. Les 42 000 habitants de l’archipel parlent le soqotri, une langue non-écrite, et leur mode de vie est encore très traditionnel : la première route n’a été installée qu’en 2008 par le gouvernement Yéménite. C’est d’ailleurs suite à ce projet controversé que Socotra à été inscrite au patrimoine mondial de L’UNESCO, afin de limiter le développement des infrastructures, et garantir la préservation des trésors naturels de l’île.

La Grotte des Cristaux - Photo © Carsten Peter/Speleoresearch & Films

La Grotte des Cristaux - Photo © Carsten Peter/Speleoresearch & Films

La Grotte des Cristaux

En l’an 2000, des mineurs de la compagnie Peñoles ont fait une découverte extraordinaire en forant une galerie dans les mines de Naica, au Mexique. A 300m de profondeur, ils ont trouvé par hasard une grotte dont la chambre principale contient les plus grands cristaux jamais découverts. Dans cette cavité de 30m sur 10, de gigantesques colonnes de cristal s’entremêlent dans une configuration surréaliste qui n’est pas sans rappeler les visions de Jules Verne, ou encore la « Forteresse de la Solitude » de Superman. Le plus impressionnant des cristaux mesure 11m de long pour un poids de 55 tonnes. Hormis son incroyable beauté, la grotte est également un endroit très dangereux pour l’homme : la température y approche les 60°, et le taux d’humidité y est de 100%, ce qui fait qu’une exposition de plus d’un quart d’heure sans protection peut s’avérer fatale pour l’organisme. L’exploration de la grotte est aujourd’hui possible grâce aux opérations de pompage de la compagnie minière, mais en temps normal, elle est submergée par une eau sous haute pression saturée de minéraux, et chauffée par une poche de magma souterraine. Ces conditions extrêmes expliquent la formation de cristaux, qui n’ont cessé de grandir durant des millénaires.

Jeep traversant le Salar de Uyuni - Photo © Volker Banken

Jeep traversant le Salar de Uyuni - Photo © Volker Banken

Le Salar de Uyuni

Situé à plus de 3600m d’altitude, sur les hauts plateaux de la Bolivie, le Salar de Uyuni est le plus grand désert de sel du monde. Formée suite à l’assèchement d’un gigantesque lac préhistorique, cette étendue blanche de 12500 km² offre également l’un des paysages les plus « extra-terrestres » qu’il puisse être donné de contempler. Lorsque le Salar est recouvert d’eau, sa surface devient réfléchissante comme un miroir, et il devient presque impossible de dire où s’arrête le sol et ou commence le ciel. Les rares objets visibles à l’horizon donnent l’impression de flotter dans l’air, et les visiteurs ont souvent l’impression d’être perdus au milieu d’un océan blanc, sans point de référence. Au centre du Salar, on peut voir des « îles » couvertes de cactus géants, vestiges de volcans submergés durant la préhistoire, comme l’île d’Incahuasi. Les touristes venus apprécier ce paysage irréel peuvent même trouver des hôtels dans la zone, entièrement fabriqués en blocs de sel du fait de l’absence de matériaux de construction, et de la distance des villes. Hormis ses réserves de sel quasi illimitées, le Salar de Uyuni contient 50 à 70% du lithium exploitable sur la planète. On estime qu’avec la production toujours grandissante de batteries d’appareils portables et de voitures hybrides, la demande de lithium devrait tripler durant les 15 prochaines années, ce qui pourrait bouleverser l’avenir de la Bolivie, aujourd’hui pays le plus pauvre d’Amérique du Sud.

Les piliers brumeux du Wulingyuan

Les piliers brumeux du Wulingyuan

Le Wulingyuan

Inscrit depuis 1992 au patrimoine mondial de l’humanité, le Wulingyuan est un parc national qui se trouve dans la province du Hunan, au sud de la Chine. Le site est connu pour ses spectaculaires piliers de grès, sculptés par des millénaires d’érosion, et qui constituent une véritable forêt de pierre. Environ 3000 pics s’élèvent ainsi vers le ciel, dont certains dépassent les 400m. A cause de son humidité, la région est fréquemment recouverte d’une mer de brume dont seuls les sommets émergent, comme suspendus dans le ciel. La végétation luxuriante qui longe le flanc des pics achève de donner à l’ensemble l’aspect d’une jungle de science-fiction. Les peintres chinois ont fait du Wulingyuan une source intarissable d’inspiration, mais, et c’est plus surprenant, certains cinéastes hollywoodiens aussi : James Cameron aurait utilisé des photos du Wulingyuan pour créer les montagnes flottantes de la planète Pandora, où se déroule l’action du film Avatar. Suite au succès colossal de l’oeuvre, les autorités locales ont d’ailleurs décidé de rebaptiser un des pics jusqu’ici connu sous le nom de « Pilier du ciel et de la terre » en « Montagne Alleluia Avatar ». La boucle est bouclée…

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Le cheval qui pensait

Hans le malin

A la fin du 19ème siècle, un professeur de mathématiques Allemand nommé Wilhelm Von Osten voulut prouver que l’intelligence animale était bien supérieure à ce qu’imaginaient les hommes. Pour tester son hypothèse, il entreprit d’enseigner les maths à un groupe d’étudiants composé d’un chat, d’un ours, et d’un cheval. Si les deux premiers restèrent hermétiques aux équations, le troisième fit preuve de compétences étonnantes : quand Von Osten écrivait un chiffre au tableau noir, le cheval était capable de le reproduire en tapant le nombre de coups correspondant avec son sabot. Et avec un peu d’entrainement, il parvint même à résoudre des problèmes élémentaires tels que des fractions, ou des racines carrées. Le cheval s’appelait Hans, et il allait devenir l’un des phénomènes les plus célèbres de l’histoire de la science…

A partir de 1891, Von Osten commença à exhiber Hans à travers toute l’Allemagne pour faire la démonstration de ses facultés. Rebaptisé « Hans le malin », le cheval réunissait des foules toujours plus importantes lors de représentations gratuites. En plus de ses dons de calculateur, il était capable de lire et d’épeler des mots en tapant par exemple un coup pour A, deux coups pour B, et ainsi de suite. Ce talent lui permettait de répondre à des questions simples, de donner le jour de la semaine, ou encore d’épeler le nom de personnes qu’il connaissait. Même s’il lui arrivait de se tromper, Hans donnait des réponses exactes la grande majorité du temps, et on estimait alors que ses capacités étaient comparables à celles d’un adolescent de 14 ans.

Le phénomène devint si populaire que même le New York Times en fit sa une. A ce stade, un comité de 13 scientifiques nommé « Commission Hans » fut constitué afin d’exposer une éventuelle supercherie. Le groupe, qui réunissait divers spécialistes, commença une longue série d’expérimentations. Contre toute attente, Ils découvrirent que l’animal répondait correctement même quand son maître n’était pas la, et ils finirent pas conclure que les facultés de Hans étaient authentiques. Le cas fut alors confié à un jeune psychologue du nom d’Oskar Pfungst, qui décida d’aborder le mystère sous un angle différent…

Hans le malin lors d'une exhibition publique

Hans le malin lors d'une démonstration publique

Pour abriter ses expériences, Pfungst érigea une grande tente, ce qui supprima les stimuli visuels extérieurs. Il prépara une grande liste de questions, et il fit l’inventaire de tous les éléments susceptibles d’influencer le cheval. Comme prévu, Hans répondit correctement aux questions posées par Von Osten, ainsi qu’a celles posées par d’autres interrogateurs. Mais Pfungst fit alors deux découverte capitales : lorsque les interrogateurs s’éloignaient du cheval pour poser leurs questions, ce dernier faisait d’avantage d’erreurs. Et quand ils ignoraient la réponse à la question qu’ils posaient, Hans se trompait quasiment à chaque fois. De la même façon, quand Hans ne pouvait pas voir clairement ses questionneurs, son taux d’erreur augmentait considérablement.

Pfungst comprit alors que la clé ne venait pas du cheval, mais des humains: inconsciemment, ceux-ci modifiaient leur posture et l’expression de leur visage à mesure que les coups de Hans s’approchaient de la bonne réponse. Quand le résultat souhaité était atteint, la tension des expérimentateurs disparaissait, et Hans le percevait à travers des signaux subtils que les hommes donnaient sans le vouloir. Cela expliquait pourquoi l’animal se trompait lorsque les questionneurs ignoraient la réponse à leurs questions : ils ne délivraient plus les indices nécessaires.

Hans n’y connaissait donc rien en maths, mais il faisait preuve d’une sensibilité aigüe au langage corporel inconscient. Dans les années qui suivirent, on découvrit que de nombreux animaux étaient capables de « lire » leurs maîtres de la même manière. Aujourd’hui, l’effet « Hans le malin » définit les indices involontaires que l’on peut donner aux autres à travers notre langage corporel : avec un peu d’entrainement, certains peuvent détecter ces signaux avec presque autant d’acuité qu’un animal, comme les mentalistes, qui exploitent ces messages inconscients pour donner l’illusion de pouvoirs psychiques. Concernant Wilhelm Von Osten, il n’accepta jamais les explications à propos des capacités de son cheval, et il continua à l’exhiber. Il n’avait pas tout à fait tort: rien que pour avoir berné les hommes aussi longtemps, Hans le malin méritait son surnom.

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5 mystères à élucider

Georgia Guidestones

Les Georgia Guidestones sur leur colline d'Elbert County

Les Georgia Guidestones

C’est sur une colline de Elbert County, en Georgie, que s’élève le monument le plus mystérieux des Etats-Unis. Il est composé de 5 plaques de granit disposées en étoile, qui soutiennent un lourd couvercle de pierre. Mesurant près de 6 m de haut pour un poids total de 107 tonnes, l’édifice est connu sous le nom de Georgia Guidestones (littéralement Pierres Guides de Géorgie), mais son envergure lui vaut également d’être surnommé le Stonehenge américain. Sur les 4 plaques principales sont gravés 10 « commandements » écrits en 8 langues différentes, parmi lesquelles l’anglais, le chinois, l’espagnol, ou encore l’hindi. Ces « règles » prônent notamment des valeurs de modération et d’harmonie avec la nature, mais certaines d’entre elles prêtent à controverse, comme la première qui conseille de maintenir l’humanité en dessous de 500 000 000 d’individus, et qui alimente les théories conspirationnistes.

A l’ouest du monument, une plaque supplémentaire à été posée au sol, qui indique un certain nombre d’informations : on y trouve entre autres les dimensions de l’édifice, le nom des langues mortes gravées sur les cotés du couvercle (sanskrit, égyptien, grec, babylonien), et on y apprend également comment se placer par rapport au monument pour profiter de ses fonctions d’observatoire astronomique. Les Georgia Guidestones sont un mystère dans le sens ou on ne sait pas exactement qui en a commandé la construction, ni pourquoi. Elles ont été érigées par la Elberton Granite Finishing Company en 1980, a la demande d’un homme qui se présenta sous le pseudonyme de R.C. Christian, et qui ne dévoila jamais son identité réelle. Il représentait un groupe d’anonymes qui « souhaitaient une ère de raison », et qui couvrirent sans discuter les coûts énormes de la construction. Joe Fendley, le président de la Elberton Granite Company, confia que selon « R.C.Christian », les Guidestones devaient être capables de résister à une apocalypse afin que les survivants puissent suivre leurs règles et bâtir une meilleure civilisation…


Une representation de Cthulhu par John Coulthart

Une representation de Cthulhu par John Coulthart

Le Bloop

Au cours de l’été 1997, un son d’origine inconnue fut capté à plusieurs reprises par la NOAA, l’agence américaine responsable de l’étude de l’océan et de l’atmosphère. Localisé à près de 5000 km des cotes chiliennes, et enregistré par du matériel militaire destiné à repérer les sous-marins soviétiques, ce son baptisé le Bloop reste un mystère : son profil présente les caractéristiques d’une créature vivante, mais selon les spécialistes qui l’ont étudié, son volume est tel que s’il provenait d’un animal, ce dernier aurait des dimensions encore jamais vues, plus grandes que celles de la baleine bleue.

Parmi les hypothèses avancées sur la nature du Bloop, certaines postulent qu’il pourrait avoir été émis par un calamar géant, ou par une espèce marine inconnue. Il pourrait également provenir d’une vibration synchronisée émise par un groupe de créatures. Dans le registre non-organique, on sait que les icebergs sont capables de générer des sons de très basse fréquence, et un sous marin nucléaire aurait également pu produire une fréquence semblable, mais le problème du volume se pose toujours. Coïncidence étonnante, les coordonnées du point d’ou venait le Bloop sont proches de l’endroit ou l’écrivain H.P. Lovecraft situait R’lyeh, la cité mythique ou repose le monstrueux Cthulhu. Demeurant sans explication, le Bloop n’a plus jamais été entendu depuis 1997.


Les rochers mouvants de Racetrack Playa

Une roche mouvante suivie de son tracé

Les rochers mouvants de Racetrack Playa

Célèbre pour ses conditions extrêmes et ses paysages lunaires, le Parc National de la Vallée de la Mort en Californie abrite de nombreuses curiosités géologiques. La plus étrange est observable à la surface de Racetrack Playa, un lac asséché de 7km² : au sud de ce lac, des rochers de tailles différentes se déplacent sans explication, parfois sur des centaines de mètres, en laissant de longs tracés derrière eux. Les rochers s’éboulent d’une colline adjacente, puis commencent leur parcours non pas dans la foulée de leur chute, mais après être arrivés au bord du lac.

Si les études menées depuis la fin des années 40 n’ont pas permis de comprendre le phénomène, elles ont pu poser plusieurs hypothèses : le vent tout d’abord, parfois très violent, qui pousserait les pierres sur la boue sèche. Mais certaines roches pèsent le poids d’un homme, et le vent seul ne pourrait pas les déplacer. La glace ensuite, qui se formerait autour des pierres en hiver, et qui leur permettrait de glisser sur le sol. Mais cette théorie n’explique pas les traces, et les expériences menées dans ce sens n’ont pas été concluantes. Les chercheurs ne comprennent pas non plus pourquoi certains blocs changent brutalement de direction après avoir suivi un chemin parallèle aux pierres voisines. Détail intéressant, comme les déplacements se déroulent sur plusieurs années, et comme l’aridité du lieu empêche d’y rester trop longtemps, personne n’a encore pu voir les rochers bouger. Les forces à l’œuvre restent donc un mystère…


Mémorial aux victimes de l'incident du Col de Dyatlov

Mémorial aux victimes de l'incident du Col de Dyatlov

L’incident du Col de Dyatlov

Dans la nuit du 2 février 1959, 9 randonneurs russes abandonnèrent en urgence le campement qu’ils avaient établi dans les montagnes de L’Oural pour s’enfuir dans la forêt. Leur précipitation était telle qu’ils déchirèrent la toile de leur tente pour en sortir, et malgré une température proche des -20°, ils ne s’habillèrent que partiellement. Environ 8h plus tard, ils étaient tous morts. Le col de montagne ou se déroula l’incident est depuis connu sous le nom de Col de Dyatlov, en référence à Igor Dyatlov, le meneur du groupe. Les 5 premiers corps furent retrouvés dans les bois le 26 février, certains pieds nus et en sous vêtements. Leur mort fut attribuée à l’hypothermie. Mais lorsqu’on retrouva les 4 corps restants 2 mois plus tard, les enquêteurs commencèrent à voir les choses différemment : 3 des victimes avaient succombé à de violentes fractures multiples, et une des femmes, Lyudmila Dubinina, n’avait plus de langue. L’hypothèse d’une agression par des indigènes Mansi, ethnie locale, fut avancée puis rejetée pour diverses raisons : d’abord, il n’y avait pas d’autres traces que celles des randonneurs dans la zone, et pas de signes de lutte. Ensuite, il n’y avait pas de blessures externes, et les chocs reçus, comparables à ceux d’un accident de voiture, était trop importants pour qu’un humain en soit l’auteur.

Les autorités soviétiques finirent par clore l’affaire, en déclarant que les morts avaient été causées par des circonstances inconnues. Le dossier fut classé confidentiel, et les archives ne furent pas ouvertes au public avant les années 90. Suite a l’engouement des medias et d’internet en particulier pour ce cas, de nombreux points furent amplifiés, voire inventés, comme les hauts niveaux de radiation retrouvés sur les corps, ou l’étrange couleur orangée des cadavres, ou encore les lumières vues dans le ciel la nuit de l’incident. Des exagérations qui conduisirent à plusieurs théories fantaisistes. Mais le seul vrai mystère que les familles des victimes veulent résoudre aujourd’hui se passe de détails surnaturels : qu’est ce qui a poussé 9 randonneurs expérimentés à fuir leur camp au beau milieu de la nuit, par -20°, en courant vers une mort quasi certaine ?


Une page de la section "biologique" du Manuscrit de Voynich

Une page de la section "biologique" du Manuscrit de Voynich

Le Manuscrit de Voynich

En 1912, un antiquaire nommé Wilfrid Voynich fait l’acquisition d’un livre ancien auprès des Jésuites de la Villa Mondragone, près de Rome. Ce manuscrit d’aspect médiéval n’est pas daté, et son auteur n’est pas identifié. Ses 234 pages de vélin sont remplies de dessins étranges, et les textes qu’il contient sont écrits dans un alphabet incompréhensible. Le seul élément qui permet de le replacer dans un contexte historique est une lettre attachée à sa couverture, datée de 1666 : Dans cette lettre, Johannes Marcus Marci, alors proviseur de l’Université de Prague, précise que selon lui l’auteur du manuscrit pourrait être Roger Bacon, un moine visionnaire du 13ème siècle, considéré comme une des plus grandes figures scientifiques du moyen-âge, et qui connaissait les méthodes de cryptage.

Soucieux de déchiffrer son mystérieux livre, Voynich en fait parvenir des copies photographiques a de nombreux experts, mais aucun ne parvient à comprendre le langage inconnu qui recouvre les pages du manuscrit. Seuls les dessins permettent d’imaginer un sens, et de diviser le livre en plusieurs parties : ils représentent notamment des plantes bizarres, des diagrammes astronomiques, et des femmes nues nageant dans un étrange réseau de tubes. Depuis un siècle, toutes les hypothèses ont été avancées sur le contenu du manuscrit, ainsi que sur ses origines. On l’a attribué à divers auteurs potentiels, on a suggéré qu’il renfermait des formules alchimiques, et on a même dit qu’il s’agissait d’un monumental canular, composé de lettres imaginaires disposées dans un ordre aléatoire. Cependant, les cryptographes du monde entier continuent d’étudier l’ouvrage énigmatique, convaincus qu’ils parviendront à percer ses secrets. Aujourd’hui, le manuscrit de Voynich est conservé à la bibliothèque Beinecke de l’Université Yale.

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La chose dans le noir

John Henry Fuseli - Le Cauchemar

John Henry Fuseli - Le Cauchemar

La scène se déroule dans votre chambre, au beau milieu de la nuit. Vous venez d’ouvrir les yeux, et malgré tous vos efforts, vous ne parvenez pas à bouger. Votre corps engourdi ne répond plus. Et soudain, vous sentez qu’une présence hostile vous observe au pied du lit : c’est une forme noire, humanoïde, qui s’approche maintenant de vous, et qui semble vouloir vous étouffer en exerçant une pression sur votre torse. Au prix d’un effort désespéré, vous parvenez enfin à vous libérer, mais la forme disparait au même instant. L’expérience, qui n’aura duré que quelques secondes, vous laisse dans un état de terreur et de confusion : vous venez de vivre une paralysie du sommeil.

Durant le sommeil paradoxal, la phase où se déroule la majorité des rêves, le corps est paralysé par des mécanismes cérébraux afin que nous ne reproduisions pas dans la réalité les mouvements que nous faisons en rêve. Mais parfois, alors que les muscles sont maintenus dans cet état d’atonie naturelle, il arrive que l’esprit s’éveille, et l’on se retrouve alors conscient et prisonnier. C’est ce trouble que désigne le terme « paralysie du sommeil ». Là où le phénomène devient vraiment inquiétant, c’est qu’il est presque toujours accompagné d’hallucinations dites hypnagogiques ou hypnopompiques, selon qu’elles se déroulent au moment de l’endormissement ou du réveil.

A quelques variations près, la nature de ces hallucinations est étrangement semblable pour tout le monde : le sujet terrifié perçoit une présence hostile dans la pièce, qui essaie parfois de l’étouffer en écrasant son torse. Lorsqu’elle est vue, l’entité a généralement la forme d’une ombre humanoïde. Des hallucinations auditives et tactiles peuvent également donner l’impression au sujet qu’il y a des voix ou des bruits de pas dans sa chambre, et que la présence essaie de le saisir pour l’emporter. Dans de plus rares cas, certains témoins disent avoir eu l’impression de flotter au dessus de leur lit, ou de subir des agressions sexuelles. L’expérience ne dure jamais plus de quelques minutes, mais elle n’en reste pas moins traumatisante.

Tout comme le tableau homonyme de Fuseli, le Cauchemar de Nicolai Abraham Abildgaardsemble avoir été inspiré par la paralysie du sommeil.

Tout comme le tableau homonyme de Fuseli, le Cauchemar de Nicolai Abraham Abildgaard semble avoir été inspiré par la paralysie du sommeil.

On trouve trace de la paralysie du sommeil dans toutes les cultures, où elle a donné lieu à de nombreuses légendes et interprétations : en Chine, on parle du Guǐ yā chuáng, ou « fantôme qui écrase le lit » ; au Japon, c’est le Kanashibari. Dans les cultures musulmanes, on parle souvent des Djinns qui essaient de posséder le corps du dormeur. Au Canada on évoque la « vieille sorcière ». Mara en Islande, Khyaak au Népal, Karabasan en Turquie ou encore Amuku Be au Sri Lanka ne sont que quelques uns des noms utilisés dans le monde pour désigner l’entité maléfique qui surgit durant la paralysie du sommeil. De nombreux chercheurs pensent également que certains mythes modernes tels que les enlèvements d’extraterrestres peuvent être expliqués par le phénomène, de même que les attaques d’incubes et de succubes au moyen-âge.

Les causes de la paralysie du sommeil restent encore mal comprises. Cependant, on pense que certains facteurs peuvent en faciliter l’apparition, comme le stress, ou les heures de sommeil irrégulières. Si les cas de paralysie chronique restent rares, les études montrent qu’entre 25 et 30% des gens expérimentent le phénomène au moins une fois dans leur vie, quel que soit leur âge ou leur sexe. Si ça vous arrive, essayez de vous détendre. Rappelez-vous que c’est temporaire, et que tout se passe dans votre tête. Enfin, en respirant calmement, attendez que disparaisse la chose dans le noir…

J’ai moi-même vécu une paralysie du sommeil, dont le souvenir reste très vif.  J’ai vu une petit forme noire et humanoïde qui essayait de m’étouffer, alors que j’étais complètement paralysé. Comme j’ignorais totalement l’existence du phénomène à l’époque, j’avais associé l’expérience à une sorte de cauchemar très réel, mais je me souviens que la confusion et la peur ont persisté un certain temps. Si vous avez connu les symptômes décrits dans l’article, j’attends vos témoignages en commentaires!

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La cité du silence

La grande roue de Pripyat

En Ukraine, à 2 kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl, une ville fantôme se dresse au cœur de la zone contaminée. Elle fut bâtie à partir de 1970 pour accueillir les employés de la centrale, et leurs familles. Sa population prospéra jusqu’à atteindre près de 50 000 habitants, mais depuis 1986, seules les bêtes et la végétation rampante occupent ses rues désertées. On lui donna le nom de la rivière qui la traverse, un nom devenu synonyme de désolation : Pripyat.

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explosa. Sur un vaste périmètre, l’air s’emplit rapidement de retombées radioactives, mais les habitants de Pripyat ne furent pas alertés immédiatement: Il fallut attendre un jour entier pour que l’Union Soviétique organise une évacuation de la ville en bus, après que les militaires eurent relevé sur place des taux très élevés de contamination. La population irradiée dut tout abandonner derrière elle, jusqu’aux plus petits objets du quotidien, et tous les bâtiments furent laissés en l’état.

La crèche abandonnée dans le centre de Pripyat

La crèche abandonnée dans le centre de Pripyat. Photo Hans Zinsli

Aujourd’hui, rien ou presque n’a changé depuis ce jour d’avril 1986. Pripyat est restée figée dans le temps. On peut trouver des journaux de l’époque encore ouverts sur les tables des maisons, des portraits de Lénine accrochés aux murs, ou encore des voitures abandonnées dans les rues. La crèche de la ville est jonchée de vieux jouets qui prennent la poussière, tout comme les équipements médicaux de l’hôpital. Au centre de Pripyat se trouve un parc d’attractions qui contient le taux de radiation le plus élevé de la ville. On peut y voir des autos tamponneuses rouillées qui n’attendent plus personne, et une grande roue dont la silhouette absurde et irréelle souligne encore l’atmosphère d’apocalypse.

Tout est contaminé à Pripyat, et la radioactivité empêchera quiconque d’y vivre pendant plusieurs siècles. Cependant, le danger n’empêche pas les pillards de venir voler tout ce qui peut se revendre, des châssis de voiture aux radiateurs, propageant ainsi des éléments irradiés au delà de la zone d’exclusion. Parfois, après s’être procurés une simple autorisation, des curieux prêts à courir le risque viennent faire une visite guidée de la cité fantôme. Mais lorsque ces rares visiteurs se retirent, Pripyat retourne hors du temps, avec pour seuls occupants les animaux sauvages, la poussière et le silence…

En fond, à 2 km des immeubles vides de Pripyat, on peut distinguer la centrale nucléaire de Tchernobyl.

En fond, à 2 km des immeubles vides de Pripyat, on peut distinguer la centrale nucléaire de Tchernobyl. Photo Alex Gorski

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