Archives pour juin 2009

5 scientifiques (tordus) qui ont essayé de vaincre la mort

Les experiences d'Aldini

Giovanni Aldini, le « réanimateur »

Giovanni Aldini était le neveu de Luigi Galvani, un médecin italien qui découvrit en 1780 qu’en électrocutant une grenouille morte, il pouvait faire bouger ses membres. Certains scientifiques de l’époque pensèrent alors que Galvani avait trouvé le secret de la vie. Comme il voulait aller plus loin que son oncle, Giovanni Aldini décida, lui, de « ranimer » des cadavres humains. Il s’en fit une spécialité, et parcourut l’Europe dans une tournée de science-spectacle où il terrifait l’assistance en électrocutant des morts.

Sa plus célèbre démonstration eut lieu à Londres, en 1803, devant des membres du Collège Royal de Chirurgie. Aldini disposait du corps de Georges Forster, un homme de 26 ans executé pour avoir tué femme et enfant. Lorsque le visage de ce dernier fut traversé par le courant, ses yeux et sa bouche s’ouvrirent dans un rictus macabre qui glaça le sang de l’assemblée. Mais le clou du spectacle eut lieu lorsqu’Aldini brancha un cable à l’oreille de son « cobaye », et un autre directement dans le rectum du malheureux. Le corps de Forster se lança dans une gigue insoutenable, distribuant coups de poings et coups de pieds désarticulés.

Suite à la retentissante démonstration, le London Times rapporta qu’une partie de l’auditoire avait vraiment cru que le condamné était revenu à la vie…

Sergei Bryukhonenko, le décapiteur du Kremlin

Une tête de chien maintenue en vie par BryukhonenkoDans la Russie de Staline, le Dr Bryukhonenko était un des directeurs de l’Institut de Recherche en Chirurgie Experimentale. A la fin des années 20, à l’aide d’anti-coagulants et d’un système de circulation extra-corporelle de son invention, il parvint à garder en vie des têtes de chien pendant plus de 3h. Oui, des têtes de chien. Sans corps.

Bryukhonenko, essayant d'avoir l'air sympaBryukhonenko exposa une de ses têtes de chien en 1928, devant un parterre de scientifiques internationaux, lors du 3ème Congrès de Physiologie d’Union Soviétique. Lors de la démonstration, la tête coupée répondit à de nombreux stimuli. Elle tressaillit sous l’effet de bruits violents, ses pupilles se contractèrent à la lumière, elle lécha du jus de citron versé sur ses lèvres… et elle avala même un morceau de fromage qui ressortit intact de l’autre coté de son œsophage .

Les têtes de chien de Bryukhonenko devinrent célèbres dans toute l’Europe. Certains s’imaginèrent même qu’elles étaient la clé de l’immortalité : le dramaturge Georges Bernad Shaw proposa ainsi qu’on utilise cette technique pour maintenir en vie d’illustres personnages à l’article de la mort…

Robert E. Cornish, le savant fou

La planche à bascule de CornishJeune prodige, Robert Cornish se vit proposer un poste à l’Institut de Biologie Experimentale de l’université de Californie alors qu’il n’avait que 22 ans. Bizarrement, lorsqu’il en eût 27, en 1932, sa vie prit un tournant décisif : il décida qu’il parviendrait à ressusciter les morts.

Au coeur de sa stratégie, il y avait une planche à bascule. Cornish pensait qu’en attachant un corps à la planche et en faisant basculer celle-ci de façon continue, on pourrait obtenir une circulation sanguine artificielle, ce qui permettrait de faire revenir à la vie des « patients » dont les organes vitaux ne souffraient pas de dommages majeurs. En 1933, il fit plusieurs tentatives sur des victimes de noyade, d’éléctrocution, ou encore d’attaques cardiaques, mais tous restèrent obstinément morts.

Cornish et ses chiens-zombiesCornish décida alors de perfectionner sa methode sur des animaux. En 1934, il se lança dans une série d’experiences de résurrection canine en public. Il opéra au total sur 4 fox-terriers, qu’il asphyxiait avant d’essayer de les ranimer à l’aide d’injections d’adrénaline, de bouche-à-truffe, et de sessions de « basculage ». Chose incroyable, il obtint des résultats : deux des chiens revinrent à la vie et survécurent pendant plusieurs mois, bien que frappés par de sévères dommages cérébraux. Ces « chiens-zombies » étaient réputés pour faire fuir les autres chiens qu’ils rencontraient.

La presse s’empara de l’affaire, et Cornish, strabisme divergeant aidant, devint l’incarnation parfaite du savant fou. Ses travaux inspirèrent même quelques films d’horreur à Hollywood, dont « The Man With Nine Lives » avec Boris Karloff.

Vladimir Demikhov, le faiseur de chimères

Un des chiens de Demikhov conservé au Musée médical de LettonieEn 1954, l’Union Soviétique choqua (encore) le monde en dévoilant la preuve de sa supériorité scientifique : un chien à deux têtes. La créature était le fruit du travail de Vladimir Demikhov, un des plus grands chirurgiens du pays qui avait été envoyé faire ses experiences dans un centre de recherche secret. Demikhov avait créé son cerbère en greffant la tête et les pattes avant d’un chiot sur le cou d’un berger allemand. Il fabriqua en tout 20 hybrides de ce genre, mais à cause d’infections post-opératoires, la plupart ne vécurent pas longtemps : le record fut de 29 jours.

Un chiot greffé lappe du laitLa presse mondiale fit ses choux gras des monstres de Demikhov, allant jusqu’à les qualifier de « Spoutnik chirurgicaux ». Aline Mosby, une journaliste de l’agence United Press qui se déplaça pour voir un des hybrides, rapporta que malgré leur système circulatoire commun, les deux têtes vivaient des vies séparées. Elles dormaient et se réveillaient à des heures différentes. La tête greffée lappait même du lait de son coté, alors que les nutriments nécessaires lui étaient fournis par son « hôte », et que de toute façon le liquide ressortait par l’œsophage .

Face aux critiques qui considéraient ses chiens à deux têtes comme un coup publicitaire dénué d’utilité scientifique, Demikhov répondait qu’ils faisaient partie d’une série d’experiences en technique chirurgicale. Son but ultime, disait-t-il, était de réussir des greffes d’organes vitaux chez l’homme. Ainsi, lorsque le Dr Christiaan Barnard réalisa la première transplantation cardiaque en 1967, on ne fut pas étonné d’apprendre qu’il considérait Demikhov comme un maître.

Robert J. White, le vrai Frankenstein

Robert White, essayant d'avoir l'air coolLa réponse americaine à Demikhov fut un certain Robert White. En 1961, ce jeune chirurgien de 34 ans débordait d’ambition. Avec l’aide du gouvernement des Etats-Unis, il fonda un centre de recherche sur le cerveau à Cleveland, dans l’Ohio. Ses commanditaires le prièrent de faire tout ce qu’il fallait pour « battre » Demikhov. C’etait la guerre froide, et il en allait de la fierté nationale.

White reconnaissait que le « tour » de Demikhov était impressionant, mais brancher le buste d’un chiot sur le cou d’un chien adulte, ce n’était pas à proprement parler une greffe de tête. Il voulait aller plus loin. Et c’est ainsi qu’il envisagea de poser la tête d’un animal sur le corps d’un autre, tout simplement. Le genre de choses qu’on voyait d’habitude à Hollywood, ou dans les livres de science-fiction.

Ainsi, durant plusieurs années d’experimentations (où il parvint notamment à maintenir vivant un cerveau de singe à l’exterieur du crane de ce dernier), White se prépara pour son « Grand Œuvre ». Et le 14 mars 1970, il était fin prêt. Lors d’une opération particulièrement délicate, il détacha la tête d’un singe pour la greffer sur le corps d’un autre. 

White et un de ses malheureux patientsQuand le singe décapité s’éveilla dans un nouveau corps, il ne montra pas spécialement sa joie d’avoir contribué à l’avancée de la science. Ses yeux suivaient nerveusement ce qui se passait dans la pièce, et lorsque White plaça un doigt dans sa bouche, il le mordit. La moëlle épinière ayant tout de même été sectionnée, cette pauvre créature était paralysée en dessous du cou, et heureusement pour elle, elle ne survécut pas plus d’une journée.

White avait atteint son incroyable objectif, mais il ne fut pas acclamé en héros par la patrie reconnaissante. Au lieu de ça, le public fut affligé par les horreurs que cet homme avait commises au nom de la recherche. Assumant jusqu’au bout son rôle de Frankenstein des temps modernes, White affirma publiquement qu’il fallait passer au niveau supérieur, en greffant une tête humaine. Il fit même des conférences accompagné d’un tétraplégique, volontaire. Toujours vivant, Robert White est aujourd’hui à la retraite. Pour le bonheur de tous les singes du monde…

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Le syndrome du spectateur

La responsabilité se diffuse au milieu de la foule...

Essayez l’experience suivante : au milieu d’une foule, ou d’une rue très fréquentée, laissez vous tomber au sol et restez-y. Vous risquez d’attendre très longtemps avant que quelqu’un ne daigne vous apporter de l’aide, si toutefois quelqu’un vient. Et plus le nombre de personnes est important, moins il y a de chances que l’on vienne à votre secours. En psychologie sociale, ce phénomène est connu sous le nom d’effet spectateur, ou effet du témoin.

Un exemple emblematique de l’effet spectateur est le cas de Kitty Genovese. En 1964, cette jeune femme fut poignardée à mort au pied de son immeuble, devant de nombreux témoins (38 selon les journaux de l’époque). L’aggression s’étendit sur une demi-heure, durée pendant laquelle le meurtrier fit semblant de s’enfuir, avant de revenir pour terminer son oeuvre. Contactée bien trop tard, la police n’arriva que pour trouver le cadavre de Kitty Genovese, frappé de 17 coups de couteau. On sut en 2007 que les détails de l’affaire furent exagérés par les medias de l’époque, notamment le nombre de témoins, mais ce cas est toujours utilisé comme référence dans les manuels de psychologie.

Suite à ce fait divers sordide, qui propagea l’idée que les sociétés humaines étaient devenues froides et incapables de compassion, les chercheurs en psychologie voulurent comprendre ce qui motivait cette inaction. En particulier John Darley et Bibb Latane, qui démontrèrent experimentalement l’effet spectateur en 1968 : l’une des experiences consistait à faire attendre dans une pièce des participants entourés de faux « cobayes », complices des chercheurs. Soudain, un état d’urgence était mis en scène, impliquant par exemple un comédien simulant une crise d’épilepsie. Les chercheurs mesuraient alors le temps qu’il fallait aux participants pour agir, quand ceux-ci agissaient.

Ce que Darley et Latane ont révélé dans leur étude, c’est que la présence des autres inhibait l’action. Plus le nombre de sujets présents est important, moins on agit. Il y a de nombreuses raisons, notamment contextuelles,  qui peuvent expliquer l’effet spectateur, mais les chercheurs se sont concentrés sur deux facteurs : l’influence sociale, d’abord, qui pousse les témoins d’une situation d’urgence à surveiller l’attitude des autres, pour voir s’ils pensent qu’il faut intervenir. Comme tout le monde fait la même chose, chacun déduit de l’inaction générale qu’une aide n’est pas nécessaire. Il y a ensuite un phénomène de diffusion de la responsabilité : les témoins supposent tous que quelqu’un d’autre va agir, par exemple quelqu’un de plus qualifié, et leur responsabilité s’atténue proportionellement au nombre de gens présents.

Pour en revenir à l’experience du début, si un jour vous avez vraiment besoin d’aide au milieu d’une foule, n’appelez pas « globalement » au secours. Choisissez une personne, et demandez lui directement de vous aider. Ainsi, vous empêchez la responsabilité de se diffuser, et vous contrez un des effets psychologiques les plus pervers qui soient…

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Les insolites du week-end #2

Heurté par une météorite, un adolescent survit

Non, Gerrit n'était pas l'enfant KinderEssen, Allemagne – C’est sur le chemin de l’école que Gerrit Blank, 14 ans, a vu une « boule de lumière » lui foncer dessus depuis le ciel. De la taille d’un pois, la pierre a heurté la main de Gerrit à 50 000 Km/h avant de creuser un cratère de 30 cm dans la chaussée. Par miracle, l’adolescent de Essen s’en est tiré avec une égratignure sur le dos de la main. Il entre ainsi dans le club très fermé des personnes percutées directement par une météorite : le seul autre cas recensé était une citoyenne de l’Alabama en 1954. (source Daily Mail)

Un cambrioleur coupe des barreaux de fenêtre… avec les dents

Xiong montre ses dentsChine – En enquêtant sur une mysterieuse série d’effractions à travers des fenêtres protégées par des barreaux en métal, les policiers de la région de Nanjimen en Chine se sont aperçus que les barreaux coupés présentaient toujours de profondes marques de morsures. A force d’investigations, ils sont remontés jusqu’a un garçon réputé pour casser des noix avec ses dents : Xiong, 23 ans, a avoué qu’il était derrière les cambriolages, et qu’il avait des dents suffisament solides pour « mâcher » des barreaux allant jusqu’a 1 cm d’épaisseur. « C’est pour ça que je ne me suis jamais fait prendre par les patrouilleurs de nuit, je n’avais jamais d’outils sur moi, » a-t-il déclaré à la police. (source Ananova)

Un renard vole plus de 100 chaussures

Un profil de criminelFoehren, Allemagne – Les habitants de Foehren ont démasqué l’enigmatique voleur qui s’emparait de leurs chaussures depuis quelques temps. Ce n’etait pas un fétichiste mais une renarde, qui les volait probablement pour que ses petits jouent avec. Le mystère aurait pu durer encore longtemps si un garde forestier n’était pas tombé sur une tannière remplie de plus de 100 chaussures en tous genres. Les propriétaires ont pu récupérer leurs biens, qui étaient en assez bon état, et aucune poursuite n’a été prévue contre la coupable… (source Reuters)

La vraie “Silent Hill”

Route crevassée à Centralia

Dans le comté de Columbia, en Pennsylvanie, il y a une ville que les cartes ne mentionnent plus. A la place du tronçon de route qui y conduisait, on trouve aujourd’hui une déviation. Si l’on ignore cette dernière, on découvre alors ce qu’elle contourne : un paysage désolé rempli de maisons abandonnées, de panneaux d’avertissement et d’omniprésents nuages de fumée. Ce sont les restes de Centralia.

C’est en 1962 que l’enfer s’ouvrit sous les rues de cette ville, qui était alors une petite cité industrielle prospère. L’histoire commença lorsque des ouvriers brulèrent des ordures dans une ancienne mine qui faisait office de décharge. Une veine de charbon s’enflamma, et le feu se répandit à travers les mines abandonnées qui couraient sous le sol de la ville.

Pendant près de 20 ans, les autorités dépensèrent des millions pour essayer de stopper le feu. On inonda les mines, on creusa des tranchées, on déterra la matière en combustion, mais rien n’y fit. Le sol commença à s’effondrer par endroits, et la catastrophe de Centralia captiva l’attention nationale en 1981, lorsqu’un enfant faillit disparaitre dans un gouffre profond de 46 mètres qui s’était ouvert sous ses pieds.

Bienvenue à Centralia

A ce stade là, après une lutte infructueuse qui semblait sans espoir, des millions de dollars engloutis, et des menaces permanentes telles que les fortes émanations de monoxyde de carbone, l’état de Pennsylvanie décida tout simplement de condamner la ville. Il fallut dépenser 42 millions supplémentaires pour reloger les malheureux habitants.

Aujourd’hui, plus de 4 décennies après l’incident de la mine, le feu brûle toujours. Il s’est étendu sur 160 hectares, et continue de grandir. Mais malgré la vision apocalyptique des rue fantômes de Centralia et de ses crevasses incandescentes, quelques habitants persistent à y vivre: ils étaient 9 en 2007. Les services postaux ayant radié le code postal de la ville, ils ne reçoivent plus de courrier. Et leur espoir de voir les flammes cesser ne sera probablement jamais comblé de leur vivant : il reste assez de charbon pour alimenter le feu encore 250 ans… 

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La ferme des corps

Un résident de la ferme des corps

Près du centre médical de l’Université du Tennessee, il existe un terrain de plus d’un hectare cloturé par des barbelés. On peut y trouver à tout moment une quarantaine de cadavres en train de pourrir au soleil. Ou dans des coffres de voiture. Ou dans des tombes de fortune. C’est de cet endroit, à éviter pour les pique-niques, que proviennent la plupart de nos connaissances récentes sur la décomposition humaine : la ferme des corps.

En 1971, le Dr William Bass était souvent sollicité par la police pour des affaires de meurtre. Mais faute d’installation appropriée,  les connaissances de l’époque étaient encore très approximatives quand il s’agissait de determiner l’heure de la mort des victimes. En tant que directeur du département d’anthropologie, Bass décida de combler cette lacune en créant un complexe spécialement dédié à la décomposition des cadavres.

Parmi les corps qui se sont succédés dans la « ferme », plus de 300 provenaient de personnes qui en avaient fait don à la science, tandis que d’autres n’avaient simplement pas été réclamés au bureau du médecin légiste. En étudiant sur eux les phases de décomposition et notamment le cycle des insectes, Bass et ses étudiants ont permis de résoudre des crimes, et d’innocenter des suspects.

Il existe aujourd’hui 3 complexes aux Etats-unis, régulièrement visités par les agents du FBI, et même par des… écrivains: Patricia Cornwell alla visiter l’étrange institut de recherche anthropologique de l’Université du Tennessee pour les besoins de son roman de 1994, « Body Farm ». Le surnom est resté.

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