Archives pour novembre 2009

La cité du silence

La grande roue de Pripyat

En Ukraine, à 2 kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl, une ville fantôme se dresse au cœur de la zone contaminée. Elle fut bâtie à partir de 1970 pour accueillir les employés de la centrale, et leurs familles. Sa population prospéra jusqu’à atteindre près de 50 000 habitants, mais depuis 1986, seules les bêtes et la végétation rampante occupent ses rues désertées. On lui donna le nom de la rivière qui la traverse, un nom devenu synonyme de désolation : Pripyat.

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explosa. Sur un vaste périmètre, l’air s’emplit rapidement de retombées radioactives, mais les habitants de Pripyat ne furent pas alertés immédiatement: Il fallut attendre un jour entier pour que l’Union Soviétique organise une évacuation de la ville en bus, après que les militaires eurent relevé sur place des taux très élevés de contamination. La population irradiée dut tout abandonner derrière elle, jusqu’aux plus petits objets du quotidien, et tous les bâtiments furent laissés en l’état.

La crèche abandonnée dans le centre de Pripyat

La crèche abandonnée dans le centre de Pripyat. Photo Hans Zinsli

Aujourd’hui, rien ou presque n’a changé depuis ce jour d’avril 1986. Pripyat est restée figée dans le temps. On peut trouver des journaux de l’époque encore ouverts sur les tables des maisons, des portraits de Lénine accrochés aux murs, ou encore des voitures abandonnées dans les rues. La crèche de la ville est jonchée de vieux jouets qui prennent la poussière, tout comme les équipements médicaux de l’hôpital. Au centre de Pripyat se trouve un parc d’attractions qui contient le taux de radiation le plus élevé de la ville. On peut y voir des autos tamponneuses rouillées qui n’attendent plus personne, et une grande roue dont la silhouette absurde et irréelle souligne encore l’atmosphère d’apocalypse.

Tout est contaminé à Pripyat, et la radioactivité empêchera quiconque d’y vivre pendant plusieurs siècles. Cependant, le danger n’empêche pas les pillards de venir voler tout ce qui peut se revendre, des châssis de voiture aux radiateurs, propageant ainsi des éléments irradiés au delà de la zone d’exclusion. Parfois, après s’être procurés une simple autorisation, des curieux prêts à courir le risque viennent faire une visite guidée de la cité fantôme. Mais lorsque ces rares visiteurs se retirent, Pripyat retourne hors du temps, avec pour seuls occupants les animaux sauvages, la poussière et le silence…

En fond, à 2 km des immeubles vides de Pripyat, on peut distinguer la centrale nucléaire de Tchernobyl.

En fond, à 2 km des immeubles vides de Pripyat, on peut distinguer la centrale nucléaire de Tchernobyl. Photo Alex Gorski

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5 parasites qui feraient frémir un Alien

Cymothoa exigua

Cymothoa exigua, le dévoreur de langue

Ce crustacé parasite est également connu sous le nom évocateur de « pou mangeur de langue ». Long d’environ 3 cm, il se fixe sur la langue du vivaneau rose, un poisson du pacifique, en passant par ses branchies. Une fois en place, le cymothoa utilise ses griffes pour extraire le sang qui irrigue la langue de son hôte. A mesure que le petit vampire prend du volume, sa consommation de sang augmente, et la langue du poisson finit par s’atrophier. Elle est alors complètement remplacée par le corps du parasite. A ce stade, le cymothoa abandonne le sang pour se nourrir du mucus du vivaneau, sans s’occuper des aliments que ce dernier ingère. Si l’on met de coté le traumatisme qui consiste à voir un de ses organes remplacé par une créature vivante, phénomène unique dans la nature, le poisson peut alors mener une vie normale en utilisant le corps de son parasite comme une langue de substitution.

Leucochloridium paradoxum

Leucochloridium paradoxum, les yeux de la mort

Derrière ce nom barbare se cache un ver parasite au cycle de vie déroutant. Les Leucochloridium ne peuvent se reproduire que dans le système digestif des oiseaux, où ils atteignent leur forme adulte. Ils pondent alors des œufs, qui sont expulsés dans la nature avec les fientes de leur hôte. Une fois que les larves éclosent, tous leurs problèmes existentiels résident dans cette seule question : « comment revenir à l’intérieur d’un oiseau ? ». Pour y parvenir, elles suivent un plan particulièrement tordu. Tout d’abord, elles attendent qu’un escargot veuille bien consommer la déjection dans laquelle elles se trouvent. Une fois à l’intérieur du gastéropode, les larves remontent le système digestif de ce dernier pour aller se loger dans ses yeux. C’est alors qu’un phénomène impressionnant se produit : en grandissant, les larves transforment l’œil de l’escargot en excroissance multicolore et pulsatile qui évoque la forme d’une chenille. Les oiseaux se jettent alors sur ce qu’ils croient être une proie, absorbant au passage une nouvelle escouade de vers prêts à se reproduire. Le cycle peut ensuite recommencer…

Sacculina carcini

Sacculina carcini, la voleuse de corps

Dire de la sacculine qu’elle est un petit crustacé parasite du crabe serait un euphémisme. En réalité, la sacculine est le pire cauchemar qu’un crabe puisse imaginer. Au départ, la larve de sacculine femelle dérive au hasard des courants, jusqu’à ce qu’elle rencontre un crabe très malchanceux. Elle cherche alors une faille dans la carapace de l’animal, comme une articulation, et elle s’injecte littéralement dans son organisme. La sacculine grandit alors, déployant ses ramifications dans le corps de son hôte, jusqu’à émerger sous forme de protubérance à proximité des organes génitaux du crabe. A partir de ce moment fatidique, la sacculine possède complètement son hôte : elle va modifier son équilibre hormonal, l’empêchant de muer, de reconstituer ses pinces endommagées, et même de se reproduire. Le crabe devient alors un esclave zombifié, réduit à l’état de coquille ambulante, qui ne vivra plus que pour nourrir son parasite. Et quand la sacculine se fera féconder, elle forcera même le crabe à s’occuper des œufs comme si c’était les siens…

Ampulex compressa

Ampulex compressa, dans son nid personne ne vous entend crier

Les superbes reflets bleu-vert métallisés de la guêpe émeraude, ou ampulex compressa, ne doivent pas vous abuser : il s’agit d’une des prédatrices parasites les plus abominables qui soient. En période de reproduction, la guêpe émeraude recherche un cafard. Une fois qu’elle l’a trouvé, elle commence par lui planter son dard venimeux dans un ganglion thoracique, ce qui a pour effet de paralyser temporairement les pattes avant du malheureux. Elle le pique ensuite dans la zone du cerveau qui contrôle le reflexe d’évasion, empêchant ainsi le cafard de s’enfuir. Comme elle est trop petite pour le porter jusqu’à son nid, elle va guider le cafard zombifié en tirant sur une de ses antennes comme s’il s’agissait d’une laisse. Et c’est ici, quand ils sont arrivés au nid de la guêpe, que le véritable enfer va commencer pour le cafard : la guêpe va d’abord pondre un œuf dans l’abdomen de sa victime. Au bout de trois jours, une larve va éclore, qui va se nourrir des organes internes du cafard pendant une semaine. Durant toute cette période, le cafard est conservé en vie, jusqu’à ce que la larve ait pu former un cocon à l’intérieur de son corps mutilé. Enfin, au bout d’environ 4 semaines, c’est une guêpe adulte qui émergera du cafard, dans un style évocateur des pires moments d’Alien…

Cordyceps unilateralis

Cordyceps unilateralis, le hacker de cerveau

Ce dernier parasite n’est pas un animal, mais un champignon. Pourtant, c’est peut-être le plus impressionnant de la liste. Les spores du cordyceps unilateralis se déposent spécifiquement sur la surface externe de la fourmi, où elles germent. Elles pénètrent ensuite le corps de l’insecte en passant par ses orifices respiratoires. Le champignon va alors grandir à l’intérieur de la fourmi, déployant des filaments qui vont absorber les tissus mous de l’hôte, tout en évitant soigneusement ses organes vitaux. Quand le champignon est prêt à se reproduire, ses filaments poussent jusque dans le cerveau de l’insecte, avant de produire une substance qui va altérer la façon dont la fourmi perçoit les phéromones. Ce piratage chimique va pousser la fourmi à grimper au sommet d’une plante, ou elle utilisera ses mandibules pour se cramponner fermement à la tige. C’est à ce moment que le champignon dévore le cerveau de la fourmi, tuant instantanément son hôte. Ensuite, le cordyceps va se mettre à pousser depuis la tête de la fourmi en passant par les jointures de son exosquelette. Une fois mur, il laissera échapper des petites capsules remplies de spores, qui à leur tour iront infecter d’autres fourmis, complétant l’impitoyable cycle.

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L’étrange Maison Winchester

La maison Winchester

Si d’aventure vous passez par San José, en Californie, faites une halte au 525 South Winchester Boulevard. A cette adresse s’élève un gigantesque manoir qui, de par son histoire et les anomalies qu’il renferme, est considéré comme un des bâtiments les plus étranges des Etats-unis : La Maison Winchester.

Son histoire commence en 1881, quand l’unique héritier de la célèbre compagnie d’armes Winchester, William, meurt de la tuberculose. Sa femme Sarah, déjà dévastée par la mort de leur fille survenue 15 ans plus tôt, subit le drame comme une malédiction. Sur les conseils d’un ami, elle décide d’aller consulter un médium à Boston. Celui-ci confirme les craintes de la jeune femme, et lui raconte que sa famille est poursuivie par les victimes des armes Winchester, dont les esprits réclament vengeance.

Cependant, selon le médium, il existe un moyen d’éviter la malédiction: Sarah doit déménager, et construire une maison pour elle et pour les esprits qui la tourmentent. La maison ne doit jamais être achevée : tant qu’elle sera en construction, les fantômes apaisés épargneront la famille Winchester. Sous le coup du chagrin, la jeune veuve prend ces conseils très au sérieux, et elle décide de consacrer l’immense fortune héritée de son mari – 20 millions de dollars – à la réalisation de ce projet.

L'immensité chaotique de la Maison Winchester s'étend sur plus de 2 hectares

L'immensité chaotique de la maison s'étend sur plus de 2 hectares

La construction de la Maison Winchester débuta en 1884, peu après que Sarah ait fait l’acquisition d’une ferme en travaux sur un terrain de plus de 60 hectares. Pour maintenir la demeure dans un état de construction pérpetuelle, une équipe d’ouvriers locaux était à l’œuvre en permanence. A la demande de Sarah, qui prétendait être guidée par les esprits, ils passaient leur temps à bâtir de nouvelles pièces et à en démolir d’autres, sans suivre de plan particulier. Ils continuèrent durant 38 ans.

Dans son délire superstitieux, Sarah Winchester multipliait les excentricités. Elle exigeait par exemple que le nombre 13 soit incorporé partout dans la maison. Les conversations nocturnes qu’elle disait avoir avec les esprits lui inspiraient des extensions surréalistes, si bien que la maison est aujourd’hui remplie d’anomalies : des escaliers qui ne mènent nulle part, des fenêtres qui donnent sur un mur ou des portes qui s’ouvrent sur le vide en sont quelques uns des exemples les plus frappants. Hormis ses bizarreries, la maison était également dotée d’une technologie avancée pour l’époque, comme en témoignent ses 3 ascenseurs.

Un escalier qui mène directement vers...le plafond

Un escalier qui mène directement vers...le plafond

En 1906, le grand tremblement de terre de San Francisco détruisit les 3 derniers étages du manoir, qui à l’époque en contenait 7. Sarah fut bloquée dans sa chambre, mais elle ne fut pas blessée. Persuadée que la catastrophe était due aux esprits qui sentaient que la construction arrivait à son terme, elle fit condamner les 30 pièces de la partie avant de la maison, pour s’assurer que les travaux ne soient jamais terminés. Elle mourut dans son sommeil 16 ans plus tard, en 1926, à l’age de 83 ans.

Depuis cette date, la Maison Winchester est quasiment restée en l’état. Malgré ses 160 pièces, ses 47 cheminées et ses deux salles de bal, elle est toujours inachevée. Dressée comme un mirage improbable au coeur de la Silicon Valley, la demeure est devenue une attraction touristique incontournable, en particulier pendant Halloween. Car nombreux sont ceux qui la croient toujours hantée…

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