Archives pour septembre 2010

5 curiosités archéologiques qui défient nos connaissances

Le mécanisme d'Anticythere

Le mécanisme d'Anticythere - Crédits photo Tilemahos Efthimiadis

Le mécanisme d’Anticythère

En avril 1900, un pécheur d’éponges découvrit une épave antique qui gisait au large de l’ile d’Anticythere, en Grèce, par 60 mètres de fond. Parmi les statues et objets divers que les autorités grecques rapportèrent du navire, on trouva plusieurs fragments de bronze corrodés, quasiment fossilisés, qui ne semblaient présenter aucune valeur. Ce n’est qu’en 1902 que l’on réalisa que ces pièces constituaient un mécanisme, très complexe, qui allait devenir l’un des objets les plus importants et les plus énigmatiques jamais découverts dans l’histoire de l’archéologie. Daté d’environ un siècle avant JC, le mécanisme d’Anticythère est le plus ancien mécanisme à engrenages connu. Il est composé de plus de 82 éléments, dont une trentaine de roues dentées, qui occupent à peu près l’espace d’un gros livre. Les trois fragments principaux du mécanisme sont actuellement exposés au Musée Archéologique d’Athènes, mais la gangue de pierre qui les recouvre en laisse seulement entrevoir la complexité. Tout au long du 20ème siècle, les scientifiques ont essayé de percer les secrets du mécanisme. En 1959, grâce aux rayons X, le physicien Derek de Solla Price décela la présence d’axes, d’aiguilles et de cadrans gravés de minuscules inscriptions, ainsi que de signes astronomiques. Ses études confortèrent l’hypothèse selon laquelle le mécanisme était une sorte de calculateur antique, destiné à prévoir le mouvement des astres. Mais il fallut attendre le début des années 2000 pour que la technologie permette d’aller plus loin : à l’aide d’un tomographe de plus de 8 tonnes spécialement conçu pour l’occasion, l’équipe dirigée par l’astronome Mike Edmunds et le mathématicien Tony Freeth put reconstituer l’intérieur du mécanisme en trois dimensions. Leur expertise, qui s’acheva en 2006, permit de conclure avec certitude que la machine avait pour but de calculer les mouvements du soleil et de la lune, ainsi que de prévoir les éclipses. Cependant, si l’on connait aujourd’hui la structure du mécanisme en détail, son caractère anachronique reste une énigme qui bouleverse nos connaissances : cet objet de quelques centaines de grammes n’a pas d’équivalent connu dans l’antiquité, et il faudra attendre le moyen-âge pour qu’apparaissent des horloges astronomiques d’une complexité comparable.


Pile de Bagdad

La pile de Bagdad démontée

La pile de Bagdad

En 1936, lors de fouilles archéologiques menées au sud de Bagdad, on découvre un étrange vase en terre cuite parmi des centaines d’objets antiques. Haut d’une quinzaine de centimètres pour un diamètre d’environ 7 cm, ce vase est fermé par un bouchon en bitume, et il contient une tige de fer entourée d’un cylindre de cuivre. C’est en examinant l’objet deux ans plus tard dans les caves du musée de Bagdad que l’archéologue Wilhelm König, alors directeur du musée, réalise que le vase pourrait faire office de pile si on remplissait son tube de cuivre avec une solution acide. Il émet l’hypothèse que cette « pile antique » aurait pu être utilisée pour dorer des bijoux anciens par électrolyse. Le vase étant daté aux alentours du 3e siècle avant JC, il devancerait alors de plus de 2000 ans l’invention de la pile par Alessandro Volta, au 19ème siècle. L’intuition de König semble être confirmée après la seconde guerre mondiale, lorsqu’un chercheur de la General Electric nommé William Gray reconstitue le mécanisme du vase de Bagdad. En utilisant du jus de raisin comme électrolyte, il parvient à obtenir un faible courant électrique d’environ 1 volt. De nombreux expérimentateurs parviendront ensuite au même résultat, accréditant la théorie de la pile antique. Cependant, la véritable utilisation de l’objet reste controversée: l’absence d’emplacement prévu pour des fils conducteurs, la faible énergie délivrée ainsi que les connaissances de l’époque tendraient à infirmer la thèse de l’utilisation électrique. Le fait que le vase puisse fonctionner comme une pile dans le cadre d’expériences modernes ne signifie pas que les gens de l’antiquité en aient eu conscience, et Il serait surprenant que cette technologie ait été oubliée, avant d’être ré-inventée 2000 ans plus tard. Mais si on met de côté cette hypothèse, la structure du vase composée de deux métaux différents reste sans explication.


Le pillier de Delhi

Le pillier de Delhi - Crédits photo Amit Kar

Le pilier de Dehli

Dans la banlieue de Dehli, en Inde, se trouve un pilier de fer qui est longtemps resté une énigme archéologique. Haut de plus de 7m pour un poids dépassant les 6 tonnes, le pilier de Delhi fut érigé au IV ème siècle en l’honneur du dieu Vishnu. Et malgré les rudes conditions climatiques auxquelles il est exposé depuis plus de 1600 ans, il n’a jamais rouillé. Conçu à l’origine en inde centrale, le pilier s’élève aujourd’hui dans le complexe de Qûtb Minâr, l’un des plus grands minarets du monde. Il était surmonté à l’origine par un symbole hindouiste, probablement retiré après l’islamisation du lieu. Hormis son incroyable conservation, le pilier présente une autre curiosité : le fer qui le constitue est pur à plus de 99%, une qualité qui ne fut pas obtenue en occident avant le XIXème siècle. Les spécialistes ont d’ailleurs longtemps pensé qu’une pièce de métal aussi imposante n’avait pu être fondue avant l’époque moderne, mais nous savons aujourd’hui que le pilier n’est pas forgé d’un seul bloc, et qu’il est constitué de plusieurs morceaux de fers soudés par une méthode antique. Il fallut attendre 2002 pour que le secret de sa résistance mystérieuse soit compris : après analyse, une équipe de l’institut indien de technologie de Kanpur découvrit qu’une fine couche protectrice s’était formée autour du pilier grâce à une présence importante de phosphore dans le fer. Ce phénomène est directement lié au savoir-faire des métallurgistes indiens de l’antiquité, dont nous pourrions tirer des leçons : d’après le responsable de l’étude, les déchets nucléaires pourraient être conservés plus efficacement en s’inspirant de la technologie perdue de ce pilier millénaire.


Carte de Piri Reis

Détail de la carte de Piri Reis

La carte de Piri Reis

En 1929, lors de la restauration d’un palais d’Istanbul, en Turquie, on découvre une carte incomplète datée de 1513. Tracée par l’amiral Ottoman Piri Reis, cette carte représente les côtes de l’Afrique et de l’Amérique du sud avec une richesse de détails étonnante pour l’époque. Mais ce qui va rendre la carte célèbre, ce sont trois particularités qui en font une véritable anomalie archéologique : tout d’abord, la carte présente des distances correctes entre l’Afrique et l’Amérique, alors qu’on ne sait pas calculer les longitudes avant le XVIIIème siècle, soit 200 ans plus tard. Ensuite, elle montre une côte reliée à l’Amérique du sud qui semble appartenir à l’Antarctique, un continent qui ne sera pourtant pas découvert avant 1820. Enfin, en plus de représenter l’Antarctique 300 ans avant sa découverte officielle, la carte le montre sans glace, tel qu’il était il y a…6000 ans. Tous ces anachronismes ont suscité les interprétations les plus diverses et les plus fantaisistes : on a notamment pensé que la carte était un faux créé par les nazis, ou qu’elle avait été établie depuis des engins volants, ou bien encore qu’un peuple inconnu et très avancé technologiquement avait transmis ses connaissances aux civilisations antiques. Depuis, de nombreuses expertises ont tempéré ces spéculations. Certains scientifiques pensent par exemple que ce qui est pris pour l’Antarctique est en réalité un continent imaginaire dont les géographes de l’époque soupçonnaient l’existence, ou bien qu’il s’agit d’une représentation erronée de la côte sud de l’argentine. Ce que nous savons avec certitude, c’est que cette carte a été assemblée par Piri Reis à partir de documents déjà existants, allant des cartes de l’antiquité à celles de Christophe Colomb. Ainsi, certaines curiosités peuvent être dues à des erreurs de retranscriptions, telles que les îles vierges qui sont représentées en double. Mais ce que nous savons également, après datation au carbone 14, c’est que la carte remonte bien au XVIème siècle, et qu’elle est authentique. Par conséquent, toutes controverses mises à part, elle reste une démonstration surprenante des connaissances déjà acquises à l’époque.


Sphères du Costa Rica

Sphères du Costa Rica

Les sphères du Costa Rica

Au cours d’une opération de défrichage menée dans les années 1930, les ouvriers de la United Fruit Company découvrent de nombreuses sphères de granit dans la jungle du Costa Rica. Ces sphères, apparemment parfaites, mesurent jusqu’à 2,15 mètres de diamètres pour un poids de 16 tonnes. On en compte aujourd’hui plus de 300 exemplaires, et elles suscitent autant de questions que de fantasmes : pour commencer, on ignore leur période de fabrication, la datation au carbone 14 ne fonctionnant que sur les éléments organiques. On estime qu’elles auraient environ 2000 ans, et qu’elle serait rattachée aux cultures précolombiennes, mais on ne dispose d’aucune référence écrite les concernant. La plupart des sphères sont faites d’une roche volcanique dont l’origine se situe à une centaine de kilomètres de la zone où elles ont été trouvées, mais l’on ne sait pas comment ni pourquoi elles ont été déplacées sur une si grande distance. On ignore également à quoi servaient ces sphères. Etaient-t-elles utilisées lors de rituels religieux ? Servaient-t-elles à se repérer dans la jungle? Toutes ces zones d’ombres ont laissé libre cours à de nombreuses interprétations fantaisistes, souvent basées sur des exagérations. On a par exemple dit que leur perfection n’était possible à obtenir qu’avec une technologie très avancée, ce qui en faisait nécessairement l’œuvre des extra-terrestres, ou des Atlantes. En réalité, les sphères ne sont pas vraiment parfaites : leur diamètre présente des irrégularités pouvant aller de 2 à 5 centimètres. Quant à leur fabrication, on pense qu’elle était réalisable avec des outils anciens, du fait de la nature de la roche. Certains ont également prétendu que des groupes de sphères étaient alignés en direction de point géographiques précis, tels que l’ile de Pâques, ou Stonehenge, mais ces hypothèses restent à confirmer. Au final, s’il n’est pas nécessaire d’avoir recours au surnaturel pour expliquer l’existence des sphères du Costa Rica, elles n’en gardent pas moins leur part de mystère.

Plus d’infos:

5 mystères de plus à éclaircir

Le pont d'Overtoun

Le pont d'Overtoun - Crédits photo Allan Ogg

Le pont d’Overtoun

Situé près du village de Milton, en Ecosse, le pont d’Overtoun est le lieu d’un triste mystère. Depuis la moitié du 20ème siècle, les chiens qui le traversent semblent pris d’une étrange frénésie qui les pousse à se jeter du parapet vers une mort certaine, 15 mètres plus bas. On ne sait pas exactement à partir de quand les chiens ont commencé à sauter, mais depuis les années 1960, on compte environ une chute fatale par mois. Chose encore plus étonnante, certains des chiens survivent à leur chute, avant de retourner sur le pont pour sauter à nouveau. Les rumeurs locales prétendent que le pont est maudit, et que le proche Manoir Overtoun, comme tout manoir écossais qui se respecte, est hanté. Ces croyances n’ont fait que s’aggraver en 1994, lorsqu’un dénommé Kevin Moy jeta son bébé du haut du pont, clamant que son enfant était l’antéchrist. En 2006, divers spécialistes se rendirent en Ecosse pour trouver une explication, et tenter de rassurer les habitants qui n’osaient plus traverser le pont avec leur chien. L’hypothèse du suicide animal fut avancée puis rapidement écartée, car même si la région de Dumbarton, où se situe le pont, est considérée comme une des plus « déprimées » du Royaume uni (le taux de suicide parmi les adultes y a augmenté de 200% en l’espace de 3 ans), rien n’explique comment de telles pulsions pourraient naitre chez les chiens, ni pourquoi ces derniers choisiraient exclusivement ce pont. C’est le Dr David Sands qui semble avoir proposé la théorie la plus plausible : selon lui, les chiens seraient attirés par le puissant musc que les visons laissent derrière eux. Littéralement surexcités par l’odeur, les chiens sauteraient par-dessus les murs du pont à la recherche de leur proie, sans réaliser le vide qu’il y a derrière. Cependant, cette théorie n’explique pas pourquoi toutes les morts ont lieu au niveau des deux derniers parapets du côté droit de l’édifice, ni pourquoi le phénomène ne se produit pas ailleurs que sur le pont d’Overtoun.

Le signal Wow!

Le signal Wow!Depuis les années 1960, le célèbre programme SETI regroupe des projets dont le but est de détecter, à l’aide de radiotélescopes, les signaux que pourrait émettre une intelligence extraterrestre. Jusqu’à présent, malgré les efforts et les moyens mis en jeu, aucun des signaux reçus ne semble présenter les caractéristiques d’un « appel » interstellaire. Sauf un : le 15 aout 1977, le radiotélescope Big Ear, de l’université de l’Ohio, capta un signal radio d’une durée de 72 secondes. Il provenait de la constellation du sagittaire, et il correspondait tellement au profil attendu d’un signal extraterrestre que l’astrophysicien Jerry Ehman, qui fit l’observation, marqua un gros « Wow ! » sur la sortie imprimée de la transmission. Le signal Wow, tel qu’il fut baptisé alors, reste le signal le plus intense et le plus troublant jamais détecté en 50 ans d’écoute. Il n’existe aucune explication physique quant à son origine, et sa nature reste une énigme. L’hypothèse d’émissions radio terrestres réfléchies sur des satellites fut avancée, mais il s’avère que de telles réflexions ne pourraient renvoyer un signal aussi puissant. Durant les 20 années qui suivirent, des dizaines de radiotélescopes furent braqués sur la région de l’espace ou le Wow avait été capté, mais le signal ne se manifesta plus jamais. Cette unicité fit douter Jerry Ehman de la nature extraterrestre du signal : selon lui, si le signal provenait d’une intelligence essayant de communiquer, il aurait dû être entendu à nouveau. Cependant, en 2007, à l’occasion du 30ème anniversaire de sa découverte, Ehman revint sur ses conclusions. Il déclara qu’en l’absence de toute explication d’origine terrestre, le signal Wow pouvait bien venir d’une autre civilisation, qui n’aurait émis dans notre direction qu’une seule fois avant de changer d’orientation. On peut aussi imaginer que le signal fut émis à nouveau, mais qu’il n’y avait personne pour écouter : le radiotélescope Big Ear fut démonté en 1998 pour laisser la place à un terrain de golf.

Qui est Benjaman Kyle ?

Benjaman KyleLe matin du 31 aout 2004, dans la petite ville de Richmond Hill, en Georgie, les responsables d’un fast-food trouvèrent un homme étendu près des poubelles de leur restaurant. Un homme nu, inconscient, et brulé par le soleil. Les officiers de police qui vinrent le chercher ne trouvèrent ni papiers, ni vêtements pour l’identifier, et ils ne trouvèrent pas non plus de traces de lutte sur les lieux. Lorsque l’inconnu reprit conscience, à l’hôpital, il se révéla incapable de dire qui il était. Comme il avait été trouvé près d’un Burger King, le personnel de l’établissement commença à le surnommer BK, ce qui donna par la suite « Benjaman Kyle ». Pendant 3 ans, Kyle fut transféré d’hôpitaux en centres de soins, sans jamais recouvrer la mémoire. Dans sa recherche désespérée d’identité, Kyle retourna plusieurs fois à l’endroit où il avait été trouvé, attendant un déclic. Mais encore aujourd’hui, son amnésie ne lui accorde que quelques flashbacks flous : il se souvient par exemple vaguement d’avoir vécu dans l’indiana, et il pense qu’il avait des frères. Lorsqu’il se regarde dans la glace, il a du mal à reconnaitre l’homme d’une soixantaine d’années qu’il y voit, comme si plusieurs décennies lui avaient echappé. Malgré la médiatisation de son cas, et les enquêtes menées pour l’identifier, personne ne semble le connaitre, ni être à sa recherche. Ses empreintes ne correspondent à aucune des bases connues, pas plus que son ADN. Le FBI n’a pu trouver aucune piste, et pour l’administration, tout se passe comme s’il était arrivé d’une autre planète: il n’a pas d’existence légale, et n’a donc pas le droit de travailler. Le dernier espoir de Kyle semble être Coleen Fitzpatrick, réputée comme étant la meilleure « détective de l’adn » au monde : Fitzpatrick assiste les autorités lorsqu’une identification semble impossible. Entre autres, elle a retrouvé à qui appartenait un bras tranché retrouvé dans une carcasse d’avion datant de 1948, et elle a identifié une victime du Titanic à partir de 3 dents exhumées. Jusqu’à présent, elle n’a jamais piétiné dans une enquête, à une exception près : après 2 ans de recherche, elle ne sait toujours pas qui est Benjaman Kyle.

Le Hum

Le HumDepuis plusieurs décennies, des milliers de personnes à travers le monde disent entendre un bourdonnement continu, de basse fréquence, mais dont ils ne parviennent pas à localiser la source. Connu sous le nom de Hum, ce bruit envahissant ressemblerait à celui d’un lointain moteur tournant au ralenti, et pour ceux qui le perçoivent, sa persistance tourne souvent à la torture. Le Hum se distingue des simples acouphènes sur plusieurs points : d’abord, la majorité des personnes touchées entendent le bruit uniquement, ou plus fortement, à l’intérieur de leurs maisons plutôt qu’à l’extérieur. Cependant, quand toutes les sources possibles ont été identifiées, le bruit continue. Ensuite, de nombreux sujets ressentent physiquement des vibrations, et les bouchons d’oreilles n’atténuent pas du tout la nuisance. Dormir devient parfois impossible, et au Royaume-uni, on compte au moins un suicide directement lié au Hum. Le phénomène a été recensé dans plusieurs villes du monde, mais c’est le bourdonnement de Taos, au Nouveau Mexique, qui fut le plus médiatisé : au début des années 1990, suite aux plaintes de nombreux habitants, une étude fut commandée à l’université du pays, mais aucun des chercheurs ne put trouver d’explication pour le bruit. Le Hum de Bristol, en Angleterre, et celui de Kokomo aux Etats-unis font également partie des plus connus, mais rien n’indique cependant que le bourdonnement soit de même nature dans ces différentes villes. Parmi les explications avancées, on trouve notamment celle de la source industrielle : dans le cas de Kokomo, par exemple, les expertises ont indiqué que le bruit pouvait venir des usines alentour. L’hypothèse de l’environnement électromagnétique ou celle des transmissions radio à basse fréquence sont également proposées. Enfin, il y a la possibilité d’un phénomène interne, qu’il soit d’origine physique ou psychologique, mais cette explication ne dit pas pourquoi la plupart des sujets touchés n’entendrait le son qu’à certains endroits. En attendant qu’une étude de plus grande ampleur ne soit effectuée, la nature du Hum reste énigmatique.

Les mortes de Juárez

Manifestation de proches des victimesLa ville de Ciudad Juarez abrite peut-être le mystère criminel le plus ignoble et le plus déroutant de l’histoire. Depuis 1993, plus de 350 femmes ont été assassinées dans cette cité frontière du nord du Mexique, et au moins 500 ont disparu. Mais plus de 15 ans après le début du carnage, les autorités n’ont toujours pas identifié les responsables, ni donné de réelle explication. Les victimes sont généralement des ouvrières issues des milieux pauvres, dont on retrouve le corps mutilé dans les faubourgs de la ville. Séquestrées, violées, et systématiquement étranglées, elles semblent toutes avoir été assassinées selon un même mode opératoire. Depuis le commencement de l’affaire, une dizaine de suspects ont été condamnés, mais les meurtres ne se sont jamais arrêtés après leur mise en détention. L’incompétence et la corruption des autorités locales sont dénoncées par de nombreuses organisations, et les policiers sont soupçonnés de couvrir les narcotraficants, qui pourraient être responsables de certains des meurtres. Lorsqu’il vint enquêter à Ciudad Juarez en 1998, Robert K. Ressler (détective du FBI à l’origine des techniques de « profilage » et du terme « serial killer »), en conclut que les crimes étaient l’œuvre de deux tueurs en série distincts. Mais devant l’impunité dont bénéficie cette tragédie, il est fort probable que les imitateurs désireux d’assouvir leur pulsions meurtrières soient nombreux, ainsi que les mobiles : traffic d’organes, snuff movies, et même rituels occultes, comme dans le cas de cet homme qui en 2008 déclara avoir tué 8 des victimes en offrande à Satan. Selon des sources fédérales, certains des enlèvements seraient même commandités par des hommes influents qui s’adonneraient à des orgies sanglantes. Mais le plus terrible dans cette affaire, c’est que même à raison de deux victimes par mois en moyenne depuis 1993, les mortes de Juarez sont presque anecdotiques à l’échelle de la criminalité de cette ville : Ravagée par les guerres de gangs, et avec plus de 1700 meurtres en 2009, Ciudad Juarez est aujourd’hui considérée comme la ville la plus dangereuse du monde.

Plus d’infos: