La ferme des corps

Un résident de la ferme des corps

Près du centre médical de l’Université du Tennessee, il existe un terrain de plus d’un hectare cloturé par des barbelés. On peut y trouver à tout moment une quarantaine de cadavres en train de pourrir au soleil. Ou dans des coffres de voiture. Ou dans des tombes de fortune. C’est de cet endroit, à éviter pour les pique-niques, que proviennent la plupart de nos connaissances récentes sur la décomposition humaine : la ferme des corps.

En 1971, le Dr William Bass était souvent sollicité par la police pour des affaires de meurtre. Mais faute d’installation appropriée,  les connaissances de l’époque étaient encore très approximatives quand il s’agissait de determiner l’heure de la mort des victimes. En tant que directeur du département d’anthropologie, Bass décida de combler cette lacune en créant un complexe spécialement dédié à la décomposition des cadavres.

Parmi les corps qui se sont succédés dans la « ferme », plus de 300 provenaient de personnes qui en avaient fait don à la science, tandis que d’autres n’avaient simplement pas été réclamés au bureau du médecin légiste. En étudiant sur eux les phases de décomposition et notamment le cycle des insectes, Bass et ses étudiants ont permis de résoudre des crimes, et d’innocenter des suspects.

Il existe aujourd’hui 3 complexes aux Etats-unis, régulièrement visités par les agents du FBI, et même par des… écrivains: Patricia Cornwell alla visiter l’étrange institut de recherche anthropologique de l’Université du Tennessee pour les besoins de son roman de 1994, « Body Farm ». Le surnom est resté.

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9 commentaires pour “La ferme des corps”

  1. Brrr.
    Ca fait froid dans le dos.
    Et ça doit vraiment puer la charogne!
    Dans mon testament, dans le paragraphe « Don de mon corps à la science », j’ajouterai une astérisque avec marqué en petit en bas « prière d’éviter d’importuner les promeneurs avec mes restes, merci »

  2. Effectivement c’est plutôt déconcertant, je me demande si les bonnes âmes qui faisaient don de leur corps à la science s’attendaient à ce qu’il soit utilisé de la sorte. Je pense plutôt qu’ils imaginaient leur squelette tranquillement installé dans un coin d’une salle de classe =D

    Super article o/

  3. Comme nightoftimes et Nyl, je remets en cause le don postmortem de mon corp. Si c’est pour faire des machins comme ça qu’on me le dise avant.

    Mais, d’un autre côté mon humour plus que macabre et mon esprit imaginatif m’ont fait vivre un moment virtuel assez spécial. En effet, tout en lisant l’article je m’imaginais les visite de ce cher docteur Bass comme des visites que l’on fait au près de ces patients dans un hopital.
    « Alors comment va madame Smith ce matin? Oulà je vois que vous avez encore pire mine qu’hier.
    Et comment va l’état de monsieur Winter, toujours aussi embaumant.
    Oups, Miss Happer, je crois que vous venezde perdre votre dentier. Ah ben non! Toute mes confuses c’est votre machoire. »

  4. ah ça fait plaisir le retour des histoires! ça me régale toujours autant, manque la voix certes mais je me les lis en écoutant « un petit morceau de pantera » keep on the good dig’

  5. Appétissant. En effet, ça donne vraiment pas envie de faire don de son corps à la science si c’est pour finir comme une charogne. Je sais pas, ils auraient au moins pu placer les corps dans un endroit décent, ne pas les larguer en pleine nature…

  6. bonjour, moi je trouve ca bien qu’on puisse aider la science de la sorte !!!! je pense que je ferais don de mon corps pour ce genre « d’aide » … en fait je préfère savoir que mon corps va reposer et retourner poussière ne pleine nature et plein air que dans un caveau ou une tombe…et puis c’est un endroit particulier qui doit être interdit d’approcher…

  7. Oui enfin cet article ne dit pas que l’essentiel des cadavres (largement plus que 300) sont ceux des condamnés à mort qui ont, aussi, été condamnés à ne jamais avoir de sépultures. Cette sentence implique que les corps ne sont pas rendus aux familles… . je ne suis pas croyant, ni du genre à commémorer la toussaint, mais je trouve grave qu’une famille n’est pas le droit de se recueillir sur la sépulture d’un proche qui a été condamné. Comme si la sentence de la peine de mort n’était pas suffisante… . Donc, oui pour donner mon corps à la science mais pas sous la contrainte. D’ailleurs, cette pratique est interdite en France, les corps donnés à la science le sont uniquement à la Médecine dans le soucis de la « santé publique ». Malgré ça, la France est pionnière en terme de connaissances sur la décomposition du corps humain notamment grâce à l’archéologie (archéotanatologie). Preuve qu’on a pas besoin de faire manger les corps de condamnés par des cochons pour faire avancé la « science » (expérience effectué par le Dr Bass dans sa ferme à cadavre)

  8. Bonjour, Moi je préfere pourrir au soleil que dans une tombe.

  9. Je connaissais cette ferme des corps, tout simplement parce que j’ai lu dès le collège les romans de Patricia Cornwell. Toutefois je ne savais pas que c’était elle qui lui avait donné son nom ! Je suis fière de l’auteure préféré de ma jeunesse, tout d’un coup…
    C’est d’ailleurs grâce à elle que j’ai choisi ma profession !