5 supercheries qui ont mystifié leurs époques

Géant de Cardiff

Le Géant de Cardiff exposé au Farmer's Museum de Cooperstown - Crédits photo

Le Géant de Cardiff

Le 16 octobre 1869, deux ouvriers firent une découverte qui allait rendre mondialement célèbre le petit hameau de Cardiff, dans l’état de New York. En creusant un puits sur le terrain du fermier William Newell, ils exhumèrent ce qui semblait être le corps fossilisé d’un homme de 3m de haut. Sitôt la nouvelle répandue, des curieux affluèrent de toute la région pour venir voir le colosse de pierre, étendu dans une apparente posture d’agonie. Devant un tel succès, William Newell abrita le corps sous une tente, et commença à faire payer les visites. La communauté scientifique ne cachait pas son scepticisme à l’égard du géant de Cardiff, mais les fondamentalistes chrétiens en défendaient l’authenticité, considérant la découverte comme une preuve que les géants mentionnés dans l’Ancien Testament avaient bien existé. Ce qu’ils ignoraient, c’est qu’ils étaient les dindons d’une farce orchestrée par un certain George Hull, fabricant de cigares et cousin de Newell. Un an plus tôt, Hull avait eu un débat enflammé avec un révérend méthodiste à propos des géants bibliques. En tant qu’athée convaincu, il se demandait comment l’on pouvait croire à de telles histoires, et pour voir jusqu’où irait la crédulité religieuse, il eut l’idée de fabriquer un faux géant pétrifié.

Géant de Cardiff

Le Géant de Cardiff sur les lieux de sa découverte - Crédits photo J L Hamar/Frederic Lewis/Getty Images

Il fit donc tailler une statue en secret, utilisant de l’acide pour en vieillir l’aspect et des aiguilles pour simuler les pores de la peau, avant de l’enterrer derrière la ferme de son cousin avec la complicité de ce dernier. Il ne restait plus ensuite qu’à engager deux ouvriers pour creuser un puits au bon emplacement. George Hull dépensa 2600$ dans son canular, mais lorsque le phénomène attira l’attention de tout le pays, l’investissement s’avéra très rentable : Hull et Newell furent rapidement approchés par un groupe d’hommes d’affaires à qui ils revendirent le géant pour 23000 $. Mené par un certain David Hannum, le groupe exhiba le colosse dans la ville de Syracuse, où il déplaça des foules entières. A tel point que le célèbre entrepreneur de spectacles Phinéas Barnum proposa de le racheter pour 50000 $, mais les nouveaux propriétaires déclinèrent l’offre. Ne s’avouant pas vaincu, Barnum décida alors de faire fabriquer une réplique, puis il l’exhiba à New York en déclarant que seul son géant était véritable, l’autre n’étant qu’une vulgaire copie ! David Hannum attaqua Barnum en diffamation, mais le procès tourna court lorsque Georges Hull dévoila toute l’histoire à la presse. Les deux géants furent déclarés faux, et Barnum échappa du même coup à la condamnation. Aujourd’hui, le géant de Cardiff est conservé au Farmer’s Museum de Copperstown, et plus de 140 ans après sa création, il est toujours considéré comme le canular le plus populaire de l’histoire des Etats-Unis.

Fées de Cottingley

Frances et les fées de Cottingley - Crédit photo Elsie Wright

Les Fées de Cottingley

Durant l’été 1917, Elsie Wright et Frances Griffiths, deux cousines de 16 et 10 ans qui vivent dans le village de Cottingley, en Angleterre, décident de prouver à leurs parents qu’elles voient régulièrement des fées dans les bois. Avec l’appareil photo de son père, Elsie prend un cliché de Frances avec quatre créatures ailées qui semblent danser devant elle, puis, deux mois plus tard, c’est au tour de Frances de photographier sa cousine en compagnie d’un lutin. Arthur Wright, le père d’Elsie, est convaincu que les deux jeunes filles ont truqué les images, mais ce ne pas l’avis de son épouse, Polly, pour qui les photos sont authentiques. Elle les montre en 1919 lors d’une conférence sur les fées organisée par la Société Théosophique, une association spiritualiste. Les images deviennent alors publiques, et elles parviennent jusqu’à Edward Gardner, un membre éminent de la Société qui pense que les fées sont le signe d’un nouveau cycle d’évolution. En 1920, Gardner envoie les photos ainsi que les négatifs originaux pour analyse à Harold Snelling, un expert en photographie qui ne trouve aucune trace de manipulation, et qui conclut à l’authenticité des clichés. C’est à cette époque qu’Arthur Conan Doyle, le célèbre créateur de Sherlock Holmes, va s’intéresser à l’histoire des fées de Cottingley. Il prend contact avec Edward Gardner, et ensemble les deux hommes commandent une contre-expertise à la société Kodak, qui ne trouvera pas non plus de signe de trucage.

Fées de Cottingley

La dernière photo, dont Frances soutiendra toujours l'authenticité

Au mois de juillet 1920, Gardner va à la rencontre de la famille Wright, et donne deux appareils photo à Elsie et Frances en leur proposant d’essayer à nouveau de prendre des clichés « féériques ». Quand la mère d’Elsie veut les accompagner, les filles insistent sur le fait qu’elles doivent être seules pour que les fées se manifestent, et à la fin de l’été, elles envoient 3 photos à Gardner qui les montrent en compagnie des mêmes créatures ailées qu’en 1917. Lorsqu’il apprend la nouvelle, Conan Doyle est persuadé que grâce à ces photos, le public va enfin s’ouvrir à la réalité des phénomènes parapsychologiques. Il écrit deux articles sur l’affaire ainsi qu’un livre, qui recevront un accueil critique très mitigé. Ses positions quant à l’existence d’un « petit peuple » invisible iront même jusqu’à le discréditer en tant qu’auteur, mais il défendra l’authenticité des photos jusqu’à sa mort, en 1930. Après 1921, l’effervescence médiatique autour des fées de Cottingley se tasse progressivement, et les deux cousines, usées par cette histoire, partent de longues années à l’etranger. L’affaire ressurgit dans les années 60 et 70, lorsque des journalistes tentent d’obtenir des aveux d’Elsie et Frances, mais celles-ci nient avoir truqué les images. Elsie va jusqu’à suggérer qu’elles avaient peut être réussi à impressionner la plaque photographique avec leur imagination. Ce n’est qu’en 1983, soit 66 ans après le début de l’histoire, que les cousines confessent leur secret à la presse : elles avaient simplement découpé des illustrations qu’elles avaient ensuite fixé dans le décor avec des épingles. Trop embarrassées d’avoir trompé l’auteur de Sherlock Holmes lui-même, elles avaient décidé de ne rien dévoiler. Cependant, et contrairement à sa cousine, Frances soutiendra jusqu’au bout que la cinquième photo, montrant des fées dans les herbes, était bien réelle. Les photos originales d’Elsie et Frances comptent aujourd’hui parmi les plus célèbres du 20ème siècle, et elles sont conservées au National Media Museum de Bradford, à quelques kilomètres de Cottingley.

L'Homme de Piltdown

Une réplique du crâne de l'Homme de Piltdown

L’Homme de Piltdown

Au début du 20ème siècle, un géologue amateur du nom de Charles Dawson fait des fouilles dans une petite carrière près de Piltdown, dans le sud de l’Angleterre. Il découvre des dents d’éléphant et d’hippopotame datant de l’ère glaciaire, ainsi que d’intriguants fragments de crâne humain. Arthur Smith Woodward, le président de la Société de géologie de Londres, ainsi que le paléontologue Teilhard de Chardin viennent alors lui prêter main forte, et ils découvrent ensemble une mâchoire qui présente des attributs à la fois humains et simiens. Convaincus d’avoir trouvé le « chainon manquant » qui, selon Darwin, devait marquer la transition entre l’homme et le singe, Woodward et Dawson présentent le crane reconstitué de l’Homme de Piltdown le 18 décembre 1912, devant un parterre de chercheurs stupéfiés. Ce fossile inclassable, dont on estime qu’il a 500 000 ans de plus que l’homme de Neanderthal, incarnerait le début de l’humanité. La nouvelle bouleverse les connaissances anthropologiques de l’époque, et obtient aussitôt un retentissement mondial. Pendant de nombreuses années, l’Homme de Piltdown, qui fait la fierté du Royaume-Uni, est largement accepté au sein de la communauté scientifique comme le véritable chainon manquant. Il est intégré aux ouvrages de paléontologie, et son authenticité est confortée lorsqu’on trouve d’autres restes aux caractéristiques à la fois humaines et simiennes à proximité de la carrière de Piltdown. Cependant, le doute reste présent chez de nombreux chercheurs. Dans les années 1920, le paléoanthropologue allemand Franz Weidenreich affirme après examen que les restes de l’Homme de Piltdown sont constitués d’un crâne humain et d’une mâchoire d’orang-outan. Sa voix ne rencontre qu’un écho mineur, mais le statut de l’Homme de Piltdown continue à se fragiliser en 1924, lorsqu’on découvre le premier australopithèque en Afrique.

L'Homme de Piltdown

Charles Dawson et Arthur Woodward à la recherche de fossiles sur le site de Piltdown

Agé de plusieurs millions d’années, celui-ci montre que la mâchoire humaine à évolué avant le crâne, ce qui n’est pas le cas chez l’Homme de Piltdown. Le coup de grâce est porté en 1953, lorsque 3 anatomistes de l’université d’Oxford s’aperçoivent que le crane et la mâchoire ont été oxydés pour en vieillir artificiellement l’aspect, et que les dents ont été limées pour imiter l’usure des dents humaines. La mâchoire de l’Homme de Piltdown était bien une mâchoire d’orang-outan, et de plus, les dents d’éléphant et d’hippopotame qui avaient été trouvées sur le même site et qui avaient permis d’estimer l’âge géologique du crâne provenaient de Malte et de Tunisie. Elles avaient donc été rapportées pour fausser les datations. Le Muséum d’histoire naturelle de Grande-Bretagne se résigne à admettre dans un bulletin du service de géologie que l’homme de Piltdown est un faux, et que les personnes qui ont participé à son exhumation ont été victimes d’une « tromperie inexplicable ». En 1959, une datation au carbone 14, technologie encore toute récente, permet d’affirmer que le crâne appartient à un homme du moyen âge, et que la mâchoire n’a pas plus de 500 ans. Encore aujourd’hui, on ignore qui était l’auteur de ce canular minutieusement élaboré. De nombreux coupables ont été suggérés, parmi lesquels Charles Dawson lui-même, ou bien son collègue Teilhard de Chardin qui, devant l’ampleur prise par l’imposture, n’aurait rien osé avouer. Le nom de Conan Doyle, encore lui, a également été avancé : l’auteur de Sherlock Holmes vivait près de Piltdown à l’époque des faits, il fréquentait Charles Dawson et il étudiait la préhistoire pour préparer un roman. Selon ses défenseurs, il ne s’y connaissait pas assez en paléontologie pour organiser une telle opération, mais il est tentant d’imaginer qu’a quelques années d’intervalle, le même homme ait été à la fois auteur et victime des deux plus grands canulars que l’Angleterre ait jamais connu.

Les soeurs Fox

Margaret, Kate et Leah Fox vers 1852

Les sœurs Fox

Au cours du mois de mars 1848, d’étranges bruits commencent à se faire entendre dans la ferme de la famille Fox, à Hydesville, dans l’état de New York. Des coups retentissent entre les murs de la petite maison, qui a la réputation d’être hantée. Dans la nuit du 31 mars, Kate et Margaret, les deux sœurs cadettes âgées de 12 et 15 ans, essaient d’établir un contact avec l’esprit frappeur. Elles le baptisent Mr Splitfoot (Pied fourchu), et lui demandent de répondre à des questions en donnant des coups pour « oui », « non », ou pour des lettres de l’alphabet. L’entité dit être un camelot nommé Charles B. Rosma, assassiné cinq ans plus tôt puis enterré dans la cave de la maison. Quand on fouille à l’endroit indiqué, on ne trouve que quelques fragments d’os, mais l’affaire se répand comme une trainée de poudre et les sœurs Fox deviennent des célébrités. Très vite, elles donnent des démonstrations publiques de communication avec l’au-delà qui rencontrent un énorme succès. Sous la houlette de Leah, leur sœur ainée, elles se lancent dans une tournée nationale qui déplace des personnalités éminentes de l’époque. Le Spiritisme devient un phénomène de société, et des milliers d’émules commencent à prétendre pouvoir communiquer avec les morts. En l’espace de quelques années, la passion des « tables tournantes » va enflammer les Etats-unis, puis l’Europe. Les sœurs Fox intègrent même les cercles de la haute société, où de nombreux notables leur demandent des séances privées. En 1852, Margaret épouse un célèbre explorateur, Elisha Kane, mais quand celui-ci meurt 5 ans plus tard, elle commence à sombrer progressivement dans la boisson. Kate, de son coté, part s’installer en Angleterre en 1871, ou elle épouse un riche avocat.

Les soeurs Fox

La maison

Là-bas, elle accepte de se soumettre aux examens d’un scientifique Londonien, William Crookes, qui veut comprendre comment les « coups » des esprits se manifestent en sa présence. Crookes conclura que la jeune femme ne triche pas. En 1881, Kate perd son mari à son tour, et se réfugie dans l’alcool, tout comme Margaret. En 1888, suite à de longues années de déchéance où Kate perd notamment la garde de ses enfants, les deux sœurs se brouillent avec leur ainée Leah, qui est alors un des membres éminents du mouvement Spirite. Elles décident de monter sur scène à New-York pour dévoiler la vérité sur leurs prétendus pouvoirs : depuis toujours, elles produisaient elles-mêmes les « coups » des esprits avec une technique de craquement d’orteil qu’elles avaient perfectionné au fil des années. Margaret fit une démonstration sous l’examen de médecins présents dans la salle, en expliquant que leur sœur Leah les avait forcées à s’exhiber comme des bêtes de foire. Elle déclara que le Spiritisme, mouvement dont elle était pourtant à la source avec sa sœur Kate, était une fraude de la pire espèce. Les sceptiques de la première heure se réjouirent, mais les adeptes du mouvement, qui se comptaient en millions, continuèrent leur pratique comme si rien ne s’était passé. Beaucoup étaient convaincus que ces confessions étaient forcées, et leur avis fut conforté quelques temps plus tard, lorsque Margaret se désavoua. Elle avait besoin d’argent, et n’avait pas d’autre choix que de continuer à utiliser ses « capacités » Elle mourut ruinée en 1893 à l’âge de 55 ans, un an après sa sœur Kate. En 1904, en jouant dans la cave de la « maison hantée » de Hydesville devenue légendaire, des enfants trouvèrent un squelette humain entre les murs effrités. Bien que certains journaux de l’époque aient suspecté un canular supplémentaire, et qu’aucun Charles B. Rosma n’ait jamais été porté disparu, beaucoup virent dans cette découverte la preuve que les sœurs Fox avaient bien communiqué avec un esprit.

Le Turc mécanique

Réplique moderne du Turc mécanique - Crédits photo

Le Turc Mécanique

En 1770, l’inventeur hongrois Wolfgang von Kempelen présenta une machine extraordinaire à la cour de l’Impératrice d’Autriche. Il s’agissait d’un automate capable de jouer aux échecs, et de vaincre les adversaires humains les plus coriaces. Baptisé « le Turc », l’automate se présentait sous la forme d’un mannequin doté d’un costume traditionnel qui le faisait ressembler à un sorcier oriental. Le mannequin était assis derrière un large meuble en bois, dont les portes s’ouvraient sur un mécanisme complexe d’engrenages. Lors de sa première exhibition, le Turc vainquit tous ses adversaires, sans mettre plus de 30 minutes par partie. Quand son opposant faisait un déplacement interdit, il secouait la tête, et remettait la pièce à sa place. Le Turc était aussi capable de converser avec les spectateurs grâce à une grille de lettres. En 1783, sur les suggestions de l’Empereur de Russie, Kempelen emmena le Turc dans une tournée à travers l’Europe. A Paris, le Turc perdit une partie contre François-André Danican Philidor, alors considéré comme le meilleur joueur d’échecs de son temps. De l’aveu de Philidor lui-même, cette partie fut la plus épuisante de sa carrière. La dernière partie du Turc à Paris se déroula contre Benjamin Franklin, contre qui il gagna. Le célèbre scientifique américain, alors ambassadeur des Etats-unis, conserva toute sa vie un intérêt pour l’étonnante machine. Au cours de son voyage européen qui l’emmena de Londres à Amsterdam en passant par Leipzig, le Turc fut examiné par de nombreux sceptiques qui essayèrent de comprendre son fonctionnement. On dit que Frédéric II de Prusse donna une forte somme d’argent à Kempelen pour connaitre les secrets de son automate, mais il n’y a pas de preuve que cette rencontre ait eu lieu.

Le Turc mécanique

Gravure du Turc mécanique datant de 1789

Durant les deux décennies qui suivirent, le Turc resta au palais de Schönbrunn, en Autriche, où il avait été présenté la première fois. En 1808, soit 4 ans après la mort de son père, le fils de Kempelen vendit le Turc à Johann Mälzel, un musicien bavarois. En 1809, en pleine campagne de Wagram, Napoléon Bonaparte se déplaca à Schönbrunn pour affronter le Turc, mais l’Empereur de France dut s’incliner contre l’automate. Entre 1810 et 1820, Mälzel perfectionna le mécanisme du Turc et il le fit jouer en Italie, en France et en Angleterre, où il affronta l’un des grands précurseurs de l’informatique, Charles Babbage. Etouffé par les dettes, Mälzel s’enfuit ensuite aux Etats-Unis ou il exhiba sa mystérieuse machine. Au cours d’une tournée américaine qui allait durer 10 ans, le Turc fut notamment défié par un autre automate joueur d’échecs, et il inspira un essai à Edgar Allan Poe. Après la mort de Mälzel en 1836, le Turc fut vendu aux enchères, puis finalement donné au Chinese Museum de Philadelphie. Il finira sa glorieuse carrière dans les flammes d’un violent incendie le 5 juillet 1854, soit 84 ans après sa première partie devant l’Impératrice d’Autriche. Bien que de nombreux ouvrages aient été écrits sur le Turc au cours du 18ème et du 19ème siècle, son véritable secret ne fut dévoilé qu’en 1857 par Silas Mitchell, le fils du dernier propriétaire de la machine. Il expliqua dans une série d’articles que le mécanisme complexe du meuble cachait en fait un double fond ou un joueur réel pouvait se cacher, et manipuler l’automate sans être vu. Ainsi, 15 maîtres d’échecs s’étaient succédés à l’intérieur du Turc pendant son existence. En 1984, le fabricant d’accessoires magiques John Gaughan a dépensé 120000 $ pour construire une réplique du Turc de Kempelen. Cette version est très fidèle à l’original, sauf qu’elle est à présent contrôlée par un ordinateur…

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    5 expériences incroyables qui ont vraiment eu lieu

    5 expériences incroyables qui ont vraiment eu lieu

    Les hommes-singes d’Ilya Ivanov

    Un chimpanzé etonnéNé en 1870, Ilya Ivanov était un éminent biologiste russe spécialisé dans l’insémination artificielle et l’hybridation animale. Il fut l’un des premiers scientifiques à obtenir un zébrâne (hybride de zèbre et d’ânesse) artificiellement, et entre autres manipulations, il parvint à croiser une vache et une antilope. En 1910, au congrès mondial de zoologie de Graz, Ivanov évoqua la possibilité de passer à l’étape supérieure : la création d’un hybride homme-singe. Il finit par s’atteler au projet en 1926, lorsque l’institut Pasteur lui permit de mener ses expériences en Guinée française. Soutenu par le gouvernement soviétique, qui souhaitait promouvoir le Darwinisme au détriment de la religion, Ivanov insémina 3 femelles chimpanzé avec du sperme humain.

    A sa grande déception, toutes les tentatives furent infructueuses. Il décida alors de pratiquer l’opération inverse, en fécondant des femmes avec de la semence de singe, mais les autorités coloniales s’y opposèrent. De retour en Union Soviétique, Ivanov n’abandonna pas ses ambitions. En 1929, avec le support de l’Association des Biologistes Matérialistes, il put reprendre ses projets d’hybridation, et il rechercha des femmes prêtes à se faire inséminer. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, il reçut plusieurs lettres de volontaires, mais l’expérience ne put jamais être menée à bien : le seul singe mature qui était à la disposition d’Ivanov mourut d’une hémorragie cérébrale avant le début des essais.

    En 1930, suite à des remous politiques qui affectèrent les institutions scientifiques russes, Ilia Ivanov fut arrêté puis exilé à Alma Ata, où il travailla pour l’institut kazakh de zoologie. Il y mourut deux ans plus tard, sans jamais avoir accompli son idée fixe.

    Les implants cérébraux du Dr Delgado

    Delgado face au taureau implantéJosé Delgado est un neuro-physiologiste dont la majeure partie de la carrière fut consacrée à un seul but : contrôler le cerveau. Diplômé de l’université de Madrid, et infirmier militaire durant la guerre d’Espagne, il rejoint le département de physiologie de Yale en 1950 où il devient l’un des pionniers de la stimulation électrique cérébrale (ESB). L’ESB consiste à implanter des électrodes à l’intérieur du crane pour stimuler différentes régions du cerveau. Cette opération est capable de provoquer des effets impressionnants, comme des mouvements involontaires, des émotions violentes, ou même des hallucinations. La grande innovation de Delgado fut un système de contrôle à distance qu’il baptisa « Stimoceiver ». Avec ce dispositif, il pouvait littéralement télécommander les réactions de ses sujets, dont les mouvements n’étaient plus contraints par des câbles qui leur sortaient de la tête.

    Grâce au Stimoceiver, Delgado fut notamment capable de manipuler un singe comme une marionnette : en appuyant sur des boutons, il parvint à lui faire bouger la tête, les yeux, le corps, ainsi qu’à le faire grogner ou encore à contrôler son sommeil. Sur des sujets humains, le Docteur déclencha des émotions intenses allant de l’euphorie à la rage en passant par l’amour, comme chez une patiente qui lui déclara sa flamme durant l’expérience. Un autre sujet s’avoua incapable de garder sa main ouverte lorsque la stimulation avait lieu.

    Mais l’expérience qui rendit Delgado célèbre se déroula en Espagne, en 1963, dans une arène de Cordoue. Pour démontrer l’efficacité de ses méthodes, il fit face à un taureau de combat qu’il avait préalablement « implanté ». La bête chargea, et lorsqu’elle arriva à quelques pas de Delgado, celui-ci appuya sur le bouton de son transmetteur, coupant net l’élan de l’animal. La stimulation électrique du cerveau fut l’objet de vives controverses durant les années 70 et 80, certains l’accusant d’être un outil de contrôle promis aux pires dérives totalitaires. Les subventions s’affaiblirent en conséquence, et Le Dr Delgado s’attela à des travaux moins sulfureux. Son héritage n’en reste pas moins vivant, comme en atteste ce pigeon télécommandé mis au point par des chercheurs chinois en 2007

    Duncan MacDougall et le poids de l’âme

    Le poids de l'âmeAu début du 20ème siècle, un médecin américain du nom de Duncan McDougall voulut prouver scientifiquement l’existence de l’âme. Il partit du principe que si l’âme existait réellement, elle devait avoir une base matérielle, et par conséquent, un poids. Pour s’en assurer, McDougall ne voyait qu’une solution : peser un homme sur le point de mourir, avant et après son trépas. Il démarra sa macabre entreprise en 1900, après qu’un centre pour tuberculeux l’ait autorisé à mener son expérience sur des patients mourants. Le lit du premier sujet fut placé sur une grande balance, et lorsque le moribond poussa son dernier soupir, MacDougall nota une perte de 21 grammes (trois quarts d’once) avant et après la mort.

    Comme il ne trouvait pas d’explications biologiques à cette différence, le docteur en déduisit que ces 21 grammes correspondaient nécessairement au poids de l’âme. MacDougall réitéra l’expérience à 5 reprises et il obtint des résultats similaires, le confortant dans l’idée qu’il avait prouvé sa théorie. Par la suite, il reproduisit l’opération sur 15 chiens, mais sans observer de perte : selon lui, cela démontrait que seul l’homme était doté d’une âme. Lorsque les recherches du docteur furent publiées, en 1907, les médias s’en emparèrent avec frénésie, mais la communauté scientifique prit ses travaux avec d’avantage de pincettes. Les résultats de MacDougall n’étaient pas très précis, variant d’un sujet à l’autre, et son échantillon de patients était trop faible pour être vraiment significatif. Sans compter qu’il expédiait un peu rapidement les autres causes possibles de variation de poids.

    Enfin, il tombait typiquement dans le biais dit de « confirmation », qui consiste à privilégier les informations qui vont dans le sens de nos hypothèses, en s’arrangeant avec les éléments contradictoires : dans l’un des cas, la perte de poids se produisit 1 minute après la mort, mais MacDougall en conclut que cela devait venir de la personnalité flegmatique du sujet, dont l’âme n’était pas pressée de partir. Le mythe du poids de l’âme se propagea néanmoins à travers le siècle, jusqu’à être récupéré par la culture populaire, comme avec le film « 21 grammes » d’Alejandro Iñárritu. Quant à MacDougall, il mourut en 1920, sans que personne ne vienne le peser…

    Des éléphants sous acide

    Des éléphants sous acideEn 1962, deux chercheurs de l’Université d’Oklahoma, Louis West et Chester Pierce, décidèrent de répondre à une question fondamentale : que se passerait-t-il si on donnait du LSD à un éléphant ? Avec la complicité de Warren Thomas, le directeur du zoo d’Oklahoma city, ils injectèrent 297 milligrammes de LSD à un éléphant male de 14 ans nommé Tusko. Cette dose peut sembler dérisoire pour un animal aussi volumineux, mais elle correspond à 3000 fois la dose nécessaire pour déclencher de violents effets psychotropes chez l’humain, et elle reste à ce jour la plus importante jamais assimilée par un être vivant.

    Les expérimentateurs voulaient savoir s’ils pouvaient provoquer artificiellement un « musth », un état de furie induit chez l’éléphant par une sécrétion des glandes temporales, et comme ils se doutaient que l’opportunité ne se présenterait pas deux fois, ils tenaient à s’assurer que la dose serait suffisante. Et malheureusement, elle ne le fut que trop : sitôt la drogue injectée, Tusko commença à barrir violemment en courant autour de son parc, avant de s’effondrer au sol, les yeux révulsés. Horrifiés, les chercheurs essayèrent de le ranimer en lui administrant des antipsychotiques, mais une heure et demie plus tard, Tusko était mort. Dans l’article qu’ils publièrent quelques mois plus tard, West, Pierce et Thomas conclurent penaudement que « les éléphants semblaient hautement sensibles aux effets du LSD ».

    Durant les années qui suivirent, une controverse éclata à propos de ce qui avait vraiment tué Tusko. S’agissait-il du LSD lui-même ? Ou des drogues utilisées pour le ranimer ? Ou bien encore du mode d’administration ? Un professeur de psychopharmacologie nommé Ronald Siegel décida de trancher ce point en 1982 : à son tour, il donna du LSD à deux éléphants, mais pour ne pas reproduire l’erreur de ses prédécesseurs, il se contenta de verser la drogue dans l’eau des animaux. Cette fois-ci, non seulement les éléphants ne succombèrent à aucune crise, mais en plus ils semblèrent assez détendus, se balançant légèrement sur place, et laissant échapper quelques vocalises étranges avant de revenir à la normale, 24h plus tard. L’experience de Siegel démontra que dans d’autres circonstances, Tusko aurait pu vivre le plus extravagant des trips éléphantesques depuis celui de Dumbo.

    Les trois Christs d’Ypsilanti

    Les 3 Christs d'ypsilantiLe 1er juillet 1959, trois hommes furent réunis dans la clinique psychiatrique d’Ypsilanti, dans le Michigan. Ils avaient pour nom Clyde Benson, Joseph Cassel et Leon Gabor, mais chacun d’eux était convaincu d’être Jesus-Christ. Pendant deux ans, ils durent se côtoyer dans le cadre de l’une des expériences les plus étranges de l’histoire de la psychologie. A l’origine de cette rencontre, il y avait la curiosité de Milton Rokeach, un psychologue passionné par la question de l’identité : Rokeach voulait explorer les relations qu’il y a entre nos convictions les plus profondes, et la perception que nous avons de notre identité. Dans quelle mesure notre identité peut-elle être remise en question? Et quelles en sont les limites? Pour essayer de répondre à ces questions, Rokeach eut donc l’idée de rassembler trois patients psychotiques persuadés d’être la même personne, et d’étudier leurs réactions. Si leur croyance erronée pouvait être ébranlée par cette confrontation, alors peut être que leur condition s’améliorerait.

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs premières entrevues n’allèrent pas dans ce sens : chacun des patients avait une bonne explication pour l’imposture des deux autres. Pour Benson, ils n’étaient pas vraiment vivants, et c’était les machines à l’intérieur d’eux qui parlaient à leur place. Pour Cassel, les deux autres ne pouvaient pas être Jesus pour la simple raison qu’ils étaient patients d’un hopital psychiatrique. Gabor, enfin, pensait que ses deux camarades se faisaient passer pour le Christ uniquement pour le prestige. Le psychologue les encourageait à débattre régulièrement, mais les trois patients s’accrochaient à leur convictions, et, dans un style assez peu christique, ils finirent même par en venir aux mains. Un jour, Rokeach leur montra un article consacré à l’expérience dans un journal local, en leur demandant ce qu’ils en pensaient. Aucun des trois ne reconnaissait les patients dont il était question (leurs noms n’était pas précisés dans l’article), et pour Benson, il était clair que la place de ces malades était dans un asile.

    En avril 1960, Gabor annonça qu’il attendait une lettre de sa femme. Comme il n’avait jamais été marié, Rokeach vit là une opportunité d’aller plus loin dans l’expérience, et il commença à se faire passer pour l’épouse imaginaire de son patient en lui envoyant des lettres. Gabor obéissait aux petites demandes et conseils que sa « femme » lui écrivait, sauf quand elle lui suggérait de remettre en question son identité divine. Ce fut ensuite Cassel qui commença à recevoir de fausses lettres du Directeur de l’hôpital, lui demandant de changer son comportement pour accélérer sa guérison, mais sans plus de succès. Deux ans après leur rencontre, les trois Christs d’Ypsilanti n’avaient quasiment pas modifié leurs croyances. Milton Rokeach décida alors d’arrêter l’expérience, en concluant que ces hommes avaient préféré trouver des moyens de vivre en paix plutôt que de régler le problème de leur identité. Il confiera ses remords 20 ans plus tard, déclarant qu’il n’avait « aucun droit, même au nom de la science, de jouer à Dieu avec ses patients ». Une formule pour le moins appropriée.

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      Chironex fleckeri - Crédits photo David Doubilet

      Chironex fleckeri : super venin

      Le venin le plus dangereux au monde n’est pas celui d’un serpent, ni d’un scorpion ou même d’une araignée. C’est celui d’une méduse australienne connue sous le nom de Chironex fleckeri, qu’on surnomme également « guêpe de mer ». Avec des tentacules pouvant mesurer jusqu’à 3 mètres de long, cette créature mortelle est la plus grande des cuboméduses. Chacun de ses tentacules est couvert de millions de nématocystes, des cellules venimeuses qui libèrent des micro-flèchettes empoisonnées en cas de contact. Le venin neurotoxique de la guêpe de mer est extrêmement puissant, et il est réputé pour produire une douleur épouvantable : il attaque simultanément la peau, le cœur et le système nerveux, et si la victime n’est pas traitée immédiatement, elle peut succomber en moins de 4 minutes. Une personne qui se fait piquer au large risque de subir un arrêt cardiaque avant même d’atteindre la côte. La puissance et la rapidité d’action de son venin font de Chirnox Fleckeri l’animal venimeux le plus mortel au monde, et chaque méduse possède assez de venin en elle pour tuer 60 humains adultes. Il existe toutefois un antidote assez efficace contre le venin de la guêpe de mer, mais l’effet de ce dernier est si rapide qu’une personne gravement touchée pourra mourir avant même que le remède ne lui soit administré. En Australie, ou les plages sont protégées et équipées en premiers soins, on ne recense « que » 64 morts dues à la méduse depuis environ un siècle, mais le nombre est beaucoup plus important si on l’élargit aux iles d’Asie du sud est. Chaque année, avec une quarantaine d’attaques fatales rien qu’aux Philippines, les cuboméduses font plus de victimes qu’aucune autre espèce marine.


      Crysomallon squamiferum

      Crysomallon squamiferum - Crédits photo Dr Anders Warén

      Crysomallon squamiferum : super armure

      En 2003, lors d’une expédition au large de l’océan indien, des chercheurs du MIT ont découvert une espèce de mollusque unique au monde. Vivant à plus de 2000m de profondeur près de cheminées hydrothermales, le Crysomallon squamiferum est le seul animal connu dont la coquille est partiellement composée de fer. Cette armure naturelle lui permet de susbsister dans un milieu extrêmement hostile, ou les sources acides peuvent atteindre une température supérieure a 300°. Mais c’est surtout contre les prédateurs que la cuirasse du Crysomallon est déterminante : elle lui permet par exemple de résister aux puissantes pinces des crabes, ou encore aux aiguillons venimeux de certains escargots de mer. En étudiant la structure de l’armure, les scientifiques ont découvert qu’elle était en fait constituée de trois couches superposées : la première est faite d’un minéral commun à tous les gastéropodes, l’aragonite, la deuxième est une couche organique molle qui absorbe une partie des chocs en cas d’attaque, et enfin la couche externe, qui rend l’animal unique, et composée de sulfure de fer. Lors d’un impact ou d’une pression, cette configuration permet à la coquille de ne subir que des micro-fractures, sans jamais se briser. D’après Christine Ortiz, qui a dirigé les recherches, la coquille du Crysomallon squamiferum pourrait inspirer une nouvelle génération d’armure militaire, qui reprendrait la structure à couches multiples. Les soldats du futur devront peut être la vie à un escargot des grands fonds…


      Onthophagus taurus

      Onthophagus taurus - Crédits photo Alex Wild

      Onthophagus taurus : super force

      Au début de l’année 2010, des chercheurs anglais et australiens ont décerné le titre d’insecte le plus fort du monde à une espèce de scarabée bousier, l’Onthophagus taurus. Après étude, ils ont déterminé que ce scarabée était capable de tirer 1141 fois son propre poids, soit 30% de plus que le scarabée rhinocéros, précédent détenteur du record. Pour un humain, cela équivaudrait à pouvoir soulever environ 80 tonnes, soit une quinzaine d’éléphants, ou encore une cinquantaine de voitures superposées. Cette force démesurée semble s’être développée au service d’un but simple: le sexe. Lors des périodes de reproduction, la femelle scarabée creuse un tunnel sous une bouse, ou le mâle vient la rejoindre pour s’accoupler. Mais si le tunnel est déjà occupé par un rival, une lutte acharnée s’ensuit dans laquelle chacun des prétendants essaie de repousser l’autre vers l’extérieur. Naturellement, les plus forts sont ceux qui ont le plus de chances de se reproduire, léguant leur super force à leur descendance. Si l’onthophagus taurus est proportionnellement le plus puissant de tous les animaux visibles à l’oeil nu, il existe une espèce microscopique sensiblement plus forte, Archegozetes longisetosus. Selon une étude réalisée en 2007, cet acarien tropical est capable de tirer jusqu’à 1180 fois son propre poids. Cela en fait officiellement l’animal le plus fort toutes espèces confondues, même s’il ne dépasse pas les 100 microgrammes.


      Hemeroplanes ornatus

      Hemeroplanes ornatus

      Hemeroplanes ornatus : mimétisme

      L’Hemeroplanes ornatus est une espèce de papillon sphinx qui vit dans les forêts tropicales humides d’Amérique centrale. Sous sa forme adulte, ce lépidoptère ne présente pas de particularité remarquable, mais sa larve est dotée d’une aptitude prodigieuse : lorsqu’elle est menacée par un prédateur, la chenille de l’hemeroplanes gonfle son thorax et sa tête jusqu’à prendre l’apparence d’une vipère. D’autres chenilles tropicales sont capables d’imiter grossièrement une tête de serpent pour repousser les assaillants, mais le mimétisme de l’hemeroplanes est sidérant de réalisme. Non seulement elle parvient à imiter parfaitement les yeux, les écailles et la tête triangulaire d’un serpent, mais en plus elle simule un mouvement d’attaque, comme si la vipère s’apprêtait à mordre! La nature n’est pas allée jusqu’à doter la chenille de l’hemeroplanes d’un véritable venin, comme certaines de ses cousines, mais son incroyable métamorphose suffit à dissuader les ennemis potentiels de venir vérifier.


      Tardigrade

      Tardigrade - Crédits photo Goldstein labs

      Tardigrade : invulnérabilité

      Également surnommé ourson d’eau à cause de sa démarche pataude, le tardigrade est un petit animal tellement singulier qu’il forme une classe zoologique à part, proche des arthropodes. Mesurant un peu moins d’un milimetre en moyenne, il est doté d’une capacité de résistance telle qu’elle est sans commune mesure dans le règne animal, à l’exception de quelques bactéries. Le tardigrade s’est développé partout sur la planète, des plus hauts sommets jusqu’au fond des océans, et des régions polaires jusque dans les régions tropicales. Ses incroyables facultés d’adaptation lui valent d’appartenir au club fermé des polyextremophiles, les organismes capables de vivre dans des conditions extrêmes multiples. Il est capable de résister à des radiations de 5000 Gy, soit 1100 fois plus que le corps humain ne peut en supporter. Mais le véritable super-pouvoir du tardigrade s’appelle la cryptobiose : dans cet état d’arrêt métabolique ou il abaisse son activité vitale a 0,01% de la normale, le tardigrade remplace l’eau de son organisme par des sucres synthétiques, et il peut alors résister temporairement à des températures allant de -272° jusqu’à 150°. Il peut également survivre plusieurs années sans eau ni nourriture, avant de revenir à la vie lorsque les conditions sont plus favorables. En 2007, des tardigrades furent envoyés dans l’espace à bord de la capsule Foton-M3 afin de tester leur résistance au vide spatial et aux radiations cosmiques. Plus de 68% des spécimen résistèrent a ces conditions pendant 10 jours, avant de restaurer leur ADN une fois de retour sur Terre. Le tardigrade est en fait si extraordinaire que certains lui prêtent une origine extra-terrestre : ses facultés lui auraient permis d’arriver sur notre planète agrippé à une météorite, et de survivre au voyage…


      Turritopsis nutricula

      Turritopsis nutricula - Crédits photo Peter Schuchert

      Turritopsis nutricula : immortalité

      Turritopsis nutricula est une petite méduse qui ne dépasse pas les 5mm de diamètre, mais qui fascine le monde scientifique : c’est la seule créature connue capable d’inverser son processus de vieillissement. Grâce à un mécanisme cellulaire nommé transdifferenciation, elle est capable de retrouver sa forme juvénile après avoir atteint l’age adulte, ce qui la rend potentiellement immortelle. Originaire des caraïbes, la méduse s’est propagée dans tous les océans de la planète, et du fait de son immortalité, les scientifiques redoutent que sa prolifération devienne incontrôlable. Selon le Dr Maria Miglietta, de l’Institut tropical de recherche du Smithsonian, nous sommes en train de vivre une « invasion mondiale silencieuse ». Turritopsis nutricula reste cependant victime de ses prédateurs naturels, et bien qu’elle soit potentiellement immortelle, aucun spécimen n’a été observé assez longtemps pour que son age puisse être estimé. Généticiens et biologistes espèrent aujourd’hui comprendre les secrets de cette créature unique, dont le pouvoir extraordinaire fait rêver toute l’humanité…

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        5 curiosités archéologiques qui défient nos connaissances

        Le mécanisme d'Anticythere

        Le mécanisme d'Anticythere - Crédits photo Tilemahos Efthimiadis

        Le mécanisme d’Anticythère

        En avril 1900, un pécheur d’éponges découvrit une épave antique qui gisait au large de l’ile d’Anticythere, en Grèce, par 60 mètres de fond. Parmi les statues et objets divers que les autorités grecques rapportèrent du navire, on trouva plusieurs fragments de bronze corrodés, quasiment fossilisés, qui ne semblaient présenter aucune valeur. Ce n’est qu’en 1902 que l’on réalisa que ces pièces constituaient un mécanisme, très complexe, qui allait devenir l’un des objets les plus importants et les plus énigmatiques jamais découverts dans l’histoire de l’archéologie. Daté d’environ un siècle avant JC, le mécanisme d’Anticythère est le plus ancien mécanisme à engrenages connu. Il est composé de plus de 82 éléments, dont une trentaine de roues dentées, qui occupent à peu près l’espace d’un gros livre. Les trois fragments principaux du mécanisme sont actuellement exposés au Musée Archéologique d’Athènes, mais la gangue de pierre qui les recouvre en laisse seulement entrevoir la complexité. Tout au long du 20ème siècle, les scientifiques ont essayé de percer les secrets du mécanisme. En 1959, grâce aux rayons X, le physicien Derek de Solla Price décela la présence d’axes, d’aiguilles et de cadrans gravés de minuscules inscriptions, ainsi que de signes astronomiques. Ses études confortèrent l’hypothèse selon laquelle le mécanisme était une sorte de calculateur antique, destiné à prévoir le mouvement des astres. Mais il fallut attendre le début des années 2000 pour que la technologie permette d’aller plus loin : à l’aide d’un tomographe de plus de 8 tonnes spécialement conçu pour l’occasion, l’équipe dirigée par l’astronome Mike Edmunds et le mathématicien Tony Freeth put reconstituer l’intérieur du mécanisme en trois dimensions. Leur expertise, qui s’acheva en 2006, permit de conclure avec certitude que la machine avait pour but de calculer les mouvements du soleil et de la lune, ainsi que de prévoir les éclipses. Cependant, si l’on connait aujourd’hui la structure du mécanisme en détail, son caractère anachronique reste une énigme qui bouleverse nos connaissances : cet objet de quelques centaines de grammes n’a pas d’équivalent connu dans l’antiquité, et il faudra attendre le moyen-âge pour qu’apparaissent des horloges astronomiques d’une complexité comparable.


        Pile de Bagdad

        La pile de Bagdad démontée

        La pile de Bagdad

        En 1936, lors de fouilles archéologiques menées au sud de Bagdad, on découvre un étrange vase en terre cuite parmi des centaines d’objets antiques. Haut d’une quinzaine de centimètres pour un diamètre d’environ 7 cm, ce vase est fermé par un bouchon en bitume, et il contient une tige de fer entourée d’un cylindre de cuivre. C’est en examinant l’objet deux ans plus tard dans les caves du musée de Bagdad que l’archéologue Wilhelm König, alors directeur du musée, réalise que le vase pourrait faire office de pile si on remplissait son tube de cuivre avec une solution acide. Il émet l’hypothèse que cette « pile antique » aurait pu être utilisée pour dorer des bijoux anciens par électrolyse. Le vase étant daté aux alentours du 3e siècle avant JC, il devancerait alors de plus de 2000 ans l’invention de la pile par Alessandro Volta, au 19ème siècle. L’intuition de König semble être confirmée après la seconde guerre mondiale, lorsqu’un chercheur de la General Electric nommé William Gray reconstitue le mécanisme du vase de Bagdad. En utilisant du jus de raisin comme électrolyte, il parvient à obtenir un faible courant électrique d’environ 1 volt. De nombreux expérimentateurs parviendront ensuite au même résultat, accréditant la théorie de la pile antique. Cependant, la véritable utilisation de l’objet reste controversée: l’absence d’emplacement prévu pour des fils conducteurs, la faible énergie délivrée ainsi que les connaissances de l’époque tendraient à infirmer la thèse de l’utilisation électrique. Le fait que le vase puisse fonctionner comme une pile dans le cadre d’expériences modernes ne signifie pas que les gens de l’antiquité en aient eu conscience, et Il serait surprenant que cette technologie ait été oubliée, avant d’être ré-inventée 2000 ans plus tard. Mais si on met de côté cette hypothèse, la structure du vase composée de deux métaux différents reste sans explication.


        Le pillier de Delhi

        Le pillier de Delhi - Crédits photo Amit Kar

        Le pilier de Dehli

        Dans la banlieue de Dehli, en Inde, se trouve un pilier de fer qui est longtemps resté une énigme archéologique. Haut de plus de 7m pour un poids dépassant les 6 tonnes, le pilier de Delhi fut érigé au IV ème siècle en l’honneur du dieu Vishnu. Et malgré les rudes conditions climatiques auxquelles il est exposé depuis plus de 1600 ans, il n’a jamais rouillé. Conçu à l’origine en inde centrale, le pilier s’élève aujourd’hui dans le complexe de Qûtb Minâr, l’un des plus grands minarets du monde. Il était surmonté à l’origine par un symbole hindouiste, probablement retiré après l’islamisation du lieu. Hormis son incroyable conservation, le pilier présente une autre curiosité : le fer qui le constitue est pur à plus de 99%, une qualité qui ne fut pas obtenue en occident avant le XIXème siècle. Les spécialistes ont d’ailleurs longtemps pensé qu’une pièce de métal aussi imposante n’avait pu être fondue avant l’époque moderne, mais nous savons aujourd’hui que le pilier n’est pas forgé d’un seul bloc, et qu’il est constitué de plusieurs morceaux de fers soudés par une méthode antique. Il fallut attendre 2002 pour que le secret de sa résistance mystérieuse soit compris : après analyse, une équipe de l’institut indien de technologie de Kanpur découvrit qu’une fine couche protectrice s’était formée autour du pilier grâce à une présence importante de phosphore dans le fer. Ce phénomène est directement lié au savoir-faire des métallurgistes indiens de l’antiquité, dont nous pourrions tirer des leçons : d’après le responsable de l’étude, les déchets nucléaires pourraient être conservés plus efficacement en s’inspirant de la technologie perdue de ce pilier millénaire.


        Carte de Piri Reis

        Détail de la carte de Piri Reis

        La carte de Piri Reis

        En 1929, lors de la restauration d’un palais d’Istanbul, en Turquie, on découvre une carte incomplète datée de 1513. Tracée par l’amiral Ottoman Piri Reis, cette carte représente les côtes de l’Afrique et de l’Amérique du sud avec une richesse de détails étonnante pour l’époque. Mais ce qui va rendre la carte célèbre, ce sont trois particularités qui en font une véritable anomalie archéologique : tout d’abord, la carte présente des distances correctes entre l’Afrique et l’Amérique, alors qu’on ne sait pas calculer les longitudes avant le XVIIIème siècle, soit 200 ans plus tard. Ensuite, elle montre une côte reliée à l’Amérique du sud qui semble appartenir à l’Antarctique, un continent qui ne sera pourtant pas découvert avant 1820. Enfin, en plus de représenter l’Antarctique 300 ans avant sa découverte officielle, la carte le montre sans glace, tel qu’il était il y a…6000 ans. Tous ces anachronismes ont suscité les interprétations les plus diverses et les plus fantaisistes : on a notamment pensé que la carte était un faux créé par les nazis, ou qu’elle avait été établie depuis des engins volants, ou bien encore qu’un peuple inconnu et très avancé technologiquement avait transmis ses connaissances aux civilisations antiques. Depuis, de nombreuses expertises ont tempéré ces spéculations. Certains scientifiques pensent par exemple que ce qui est pris pour l’Antarctique est en réalité un continent imaginaire dont les géographes de l’époque soupçonnaient l’existence, ou bien qu’il s’agit d’une représentation erronée de la côte sud de l’argentine. Ce que nous savons avec certitude, c’est que cette carte a été assemblée par Piri Reis à partir de documents déjà existants, allant des cartes de l’antiquité à celles de Christophe Colomb. Ainsi, certaines curiosités peuvent être dues à des erreurs de retranscriptions, telles que les îles vierges qui sont représentées en double. Mais ce que nous savons également, après datation au carbone 14, c’est que la carte remonte bien au XVIème siècle, et qu’elle est authentique. Par conséquent, toutes controverses mises à part, elle reste une démonstration surprenante des connaissances déjà acquises à l’époque.


        Sphères du Costa Rica

        Sphères du Costa Rica

        Les sphères du Costa Rica

        Au cours d’une opération de défrichage menée dans les années 1930, les ouvriers de la United Fruit Company découvrent de nombreuses sphères de granit dans la jungle du Costa Rica. Ces sphères, apparemment parfaites, mesurent jusqu’à 2,15 mètres de diamètres pour un poids de 16 tonnes. On en compte aujourd’hui plus de 300 exemplaires, et elles suscitent autant de questions que de fantasmes : pour commencer, on ignore leur période de fabrication, la datation au carbone 14 ne fonctionnant que sur les éléments organiques. On estime qu’elles auraient environ 2000 ans, et qu’elle serait rattachée aux cultures précolombiennes, mais on ne dispose d’aucune référence écrite les concernant. La plupart des sphères sont faites d’une roche volcanique dont l’origine se situe à une centaine de kilomètres de la zone où elles ont été trouvées, mais l’on ne sait pas comment ni pourquoi elles ont été déplacées sur une si grande distance. On ignore également à quoi servaient ces sphères. Etaient-t-elles utilisées lors de rituels religieux ? Servaient-t-elles à se repérer dans la jungle? Toutes ces zones d’ombres ont laissé libre cours à de nombreuses interprétations fantaisistes, souvent basées sur des exagérations. On a par exemple dit que leur perfection n’était possible à obtenir qu’avec une technologie très avancée, ce qui en faisait nécessairement l’œuvre des extra-terrestres, ou des Atlantes. En réalité, les sphères ne sont pas vraiment parfaites : leur diamètre présente des irrégularités pouvant aller de 2 à 5 centimètres. Quant à leur fabrication, on pense qu’elle était réalisable avec des outils anciens, du fait de la nature de la roche. Certains ont également prétendu que des groupes de sphères étaient alignés en direction de point géographiques précis, tels que l’ile de Pâques, ou Stonehenge, mais ces hypothèses restent à confirmer. Au final, s’il n’est pas nécessaire d’avoir recours au surnaturel pour expliquer l’existence des sphères du Costa Rica, elles n’en gardent pas moins leur part de mystère.

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          5 mystères de plus à éclaircir

          Le pont d'Overtoun

          Le pont d'Overtoun - Crédits photo Allan Ogg

          Le pont d’Overtoun

          Situé près du village de Milton, en Ecosse, le pont d’Overtoun est le lieu d’un triste mystère. Depuis la moitié du 20ème siècle, les chiens qui le traversent semblent pris d’une étrange frénésie qui les pousse à se jeter du parapet vers une mort certaine, 15 mètres plus bas. On ne sait pas exactement à partir de quand les chiens ont commencé à sauter, mais depuis les années 1960, on compte environ une chute fatale par mois. Chose encore plus étonnante, certains des chiens survivent à leur chute, avant de retourner sur le pont pour sauter à nouveau. Les rumeurs locales prétendent que le pont est maudit, et que le proche Manoir Overtoun, comme tout manoir écossais qui se respecte, est hanté. Ces croyances n’ont fait que s’aggraver en 1994, lorsqu’un dénommé Kevin Moy jeta son bébé du haut du pont, clamant que son enfant était l’antéchrist. En 2006, divers spécialistes se rendirent en Ecosse pour trouver une explication, et tenter de rassurer les habitants qui n’osaient plus traverser le pont avec leur chien. L’hypothèse du suicide animal fut avancée puis rapidement écartée, car même si la région de Dumbarton, où se situe le pont, est considérée comme une des plus « déprimées » du Royaume uni (le taux de suicide parmi les adultes y a augmenté de 200% en l’espace de 3 ans), rien n’explique comment de telles pulsions pourraient naitre chez les chiens, ni pourquoi ces derniers choisiraient exclusivement ce pont. C’est le Dr David Sands qui semble avoir proposé la théorie la plus plausible : selon lui, les chiens seraient attirés par le puissant musc que les visons laissent derrière eux. Littéralement surexcités par l’odeur, les chiens sauteraient par-dessus les murs du pont à la recherche de leur proie, sans réaliser le vide qu’il y a derrière. Cependant, cette théorie n’explique pas pourquoi toutes les morts ont lieu au niveau des deux derniers parapets du côté droit de l’édifice, ni pourquoi le phénomène ne se produit pas ailleurs que sur le pont d’Overtoun.

          Le signal Wow!

          Le signal Wow!Depuis les années 1960, le célèbre programme SETI regroupe des projets dont le but est de détecter, à l’aide de radiotélescopes, les signaux que pourrait émettre une intelligence extraterrestre. Jusqu’à présent, malgré les efforts et les moyens mis en jeu, aucun des signaux reçus ne semble présenter les caractéristiques d’un « appel » interstellaire. Sauf un : le 15 aout 1977, le radiotélescope Big Ear, de l’université de l’Ohio, capta un signal radio d’une durée de 72 secondes. Il provenait de la constellation du sagittaire, et il correspondait tellement au profil attendu d’un signal extraterrestre que l’astrophysicien Jerry Ehman, qui fit l’observation, marqua un gros « Wow ! » sur la sortie imprimée de la transmission. Le signal Wow, tel qu’il fut baptisé alors, reste le signal le plus intense et le plus troublant jamais détecté en 50 ans d’écoute. Il n’existe aucune explication physique quant à son origine, et sa nature reste une énigme. L’hypothèse d’émissions radio terrestres réfléchies sur des satellites fut avancée, mais il s’avère que de telles réflexions ne pourraient renvoyer un signal aussi puissant. Durant les 20 années qui suivirent, des dizaines de radiotélescopes furent braqués sur la région de l’espace ou le Wow avait été capté, mais le signal ne se manifesta plus jamais. Cette unicité fit douter Jerry Ehman de la nature extraterrestre du signal : selon lui, si le signal provenait d’une intelligence essayant de communiquer, il aurait dû être entendu à nouveau. Cependant, en 2007, à l’occasion du 30ème anniversaire de sa découverte, Ehman revint sur ses conclusions. Il déclara qu’en l’absence de toute explication d’origine terrestre, le signal Wow pouvait bien venir d’une autre civilisation, qui n’aurait émis dans notre direction qu’une seule fois avant de changer d’orientation. On peut aussi imaginer que le signal fut émis à nouveau, mais qu’il n’y avait personne pour écouter : le radiotélescope Big Ear fut démonté en 1998 pour laisser la place à un terrain de golf.

          Qui est Benjaman Kyle ?

          Benjaman KyleLe matin du 31 aout 2004, dans la petite ville de Richmond Hill, en Georgie, les responsables d’un fast-food trouvèrent un homme étendu près des poubelles de leur restaurant. Un homme nu, inconscient, et brulé par le soleil. Les officiers de police qui vinrent le chercher ne trouvèrent ni papiers, ni vêtements pour l’identifier, et ils ne trouvèrent pas non plus de traces de lutte sur les lieux. Lorsque l’inconnu reprit conscience, à l’hôpital, il se révéla incapable de dire qui il était. Comme il avait été trouvé près d’un Burger King, le personnel de l’établissement commença à le surnommer BK, ce qui donna par la suite « Benjaman Kyle ». Pendant 3 ans, Kyle fut transféré d’hôpitaux en centres de soins, sans jamais recouvrer la mémoire. Dans sa recherche désespérée d’identité, Kyle retourna plusieurs fois à l’endroit où il avait été trouvé, attendant un déclic. Mais encore aujourd’hui, son amnésie ne lui accorde que quelques flashbacks flous : il se souvient par exemple vaguement d’avoir vécu dans l’indiana, et il pense qu’il avait des frères. Lorsqu’il se regarde dans la glace, il a du mal à reconnaitre l’homme d’une soixantaine d’années qu’il y voit, comme si plusieurs décennies lui avaient echappé. Malgré la médiatisation de son cas, et les enquêtes menées pour l’identifier, personne ne semble le connaitre, ni être à sa recherche. Ses empreintes ne correspondent à aucune des bases connues, pas plus que son ADN. Le FBI n’a pu trouver aucune piste, et pour l’administration, tout se passe comme s’il était arrivé d’une autre planète: il n’a pas d’existence légale, et n’a donc pas le droit de travailler. Le dernier espoir de Kyle semble être Coleen Fitzpatrick, réputée comme étant la meilleure « détective de l’adn » au monde : Fitzpatrick assiste les autorités lorsqu’une identification semble impossible. Entre autres, elle a retrouvé à qui appartenait un bras tranché retrouvé dans une carcasse d’avion datant de 1948, et elle a identifié une victime du Titanic à partir de 3 dents exhumées. Jusqu’à présent, elle n’a jamais piétiné dans une enquête, à une exception près : après 2 ans de recherche, elle ne sait toujours pas qui est Benjaman Kyle.

          Le Hum

          Le HumDepuis plusieurs décennies, des milliers de personnes à travers le monde disent entendre un bourdonnement continu, de basse fréquence, mais dont ils ne parviennent pas à localiser la source. Connu sous le nom de Hum, ce bruit envahissant ressemblerait à celui d’un lointain moteur tournant au ralenti, et pour ceux qui le perçoivent, sa persistance tourne souvent à la torture. Le Hum se distingue des simples acouphènes sur plusieurs points : d’abord, la majorité des personnes touchées entendent le bruit uniquement, ou plus fortement, à l’intérieur de leurs maisons plutôt qu’à l’extérieur. Cependant, quand toutes les sources possibles ont été identifiées, le bruit continue. Ensuite, de nombreux sujets ressentent physiquement des vibrations, et les bouchons d’oreilles n’atténuent pas du tout la nuisance. Dormir devient parfois impossible, et au Royaume-uni, on compte au moins un suicide directement lié au Hum. Le phénomène a été recensé dans plusieurs villes du monde, mais c’est le bourdonnement de Taos, au Nouveau Mexique, qui fut le plus médiatisé : au début des années 1990, suite aux plaintes de nombreux habitants, une étude fut commandée à l’université du pays, mais aucun des chercheurs ne put trouver d’explication pour le bruit. Le Hum de Bristol, en Angleterre, et celui de Kokomo aux Etats-unis font également partie des plus connus, mais rien n’indique cependant que le bourdonnement soit de même nature dans ces différentes villes. Parmi les explications avancées, on trouve notamment celle de la source industrielle : dans le cas de Kokomo, par exemple, les expertises ont indiqué que le bruit pouvait venir des usines alentour. L’hypothèse de l’environnement électromagnétique ou celle des transmissions radio à basse fréquence sont également proposées. Enfin, il y a la possibilité d’un phénomène interne, qu’il soit d’origine physique ou psychologique, mais cette explication ne dit pas pourquoi la plupart des sujets touchés n’entendrait le son qu’à certains endroits. En attendant qu’une étude de plus grande ampleur ne soit effectuée, la nature du Hum reste énigmatique.

          Les mortes de Juárez

          Manifestation de proches des victimesLa ville de Ciudad Juarez abrite peut-être le mystère criminel le plus ignoble et le plus déroutant de l’histoire. Depuis 1993, plus de 350 femmes ont été assassinées dans cette cité frontière du nord du Mexique, et au moins 500 ont disparu. Mais plus de 15 ans après le début du carnage, les autorités n’ont toujours pas identifié les responsables, ni donné de réelle explication. Les victimes sont généralement des ouvrières issues des milieux pauvres, dont on retrouve le corps mutilé dans les faubourgs de la ville. Séquestrées, violées, et systématiquement étranglées, elles semblent toutes avoir été assassinées selon un même mode opératoire. Depuis le commencement de l’affaire, une dizaine de suspects ont été condamnés, mais les meurtres ne se sont jamais arrêtés après leur mise en détention. L’incompétence et la corruption des autorités locales sont dénoncées par de nombreuses organisations, et les policiers sont soupçonnés de couvrir les narcotraficants, qui pourraient être responsables de certains des meurtres. Lorsqu’il vint enquêter à Ciudad Juarez en 1998, Robert K. Ressler (détective du FBI à l’origine des techniques de « profilage » et du terme « serial killer »), en conclut que les crimes étaient l’œuvre de deux tueurs en série distincts. Mais devant l’impunité dont bénéficie cette tragédie, il est fort probable que les imitateurs désireux d’assouvir leur pulsions meurtrières soient nombreux, ainsi que les mobiles : traffic d’organes, snuff movies, et même rituels occultes, comme dans le cas de cet homme qui en 2008 déclara avoir tué 8 des victimes en offrande à Satan. Selon des sources fédérales, certains des enlèvements seraient même commandités par des hommes influents qui s’adonneraient à des orgies sanglantes. Mais le plus terrible dans cette affaire, c’est que même à raison de deux victimes par mois en moyenne depuis 1993, les mortes de Juarez sont presque anecdotiques à l’échelle de la criminalité de cette ville : Ravagée par les guerres de gangs, et avec plus de 1700 meurtres en 2009, Ciudad Juarez est aujourd’hui considérée comme la ville la plus dangereuse du monde.

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