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10 espèces avec des rites amoureux stupéfiants

Vers plats

Duel amoureux entre deux vers plats - Crédits photo © Leslie Newman

Pseudobiceros hancockanus

Cet animal au nom pittoresque est une espèce de ver plat que l’on trouve principalement dans les récifs coralliens. Comme tous les membres du genre « pseudobiceros », ce ver est hermaphrodite, et son mode de reproduction repose sur un art subtil et délicat : le combat de pénis. Chaque ver pouvant produire à la fois des œufs et du sperme, tout l’enjeu de l’accouplement est de savoir quel individu jouera le rôle du père. Pour ce faire, les deux partenaires se lancent dans une bataille épique à l’aide des deux pénis en forme de pointe qu’ils possèdent chacun sur le ventre. Après multiples esquives et assauts, le vainqueur est celui qui parvient à percer la peau de l’autre afin de l’inséminer. Le « perdant » devra endosser le difficile rôle de mère, qui lui réclamera beaucoup plus de temps et d’énergie.

Veuve noire à dos rouge

Veuve noire à dos rouge - Getty images

Latrodectus hasselti (Veuve noire à dos rouge)

Avec son venin neurotoxique, cette petite araignée australienne est considérée comme l’une des plus dangereuses au monde. Mais elle est également connue pour être une des seules espèces à pratiquer le cannibalisme sexuel avec le consentement actif du mâle. Lors de l’accouplement, le mâle (4 mm de long, soit trois fois moins que sa compagne) commence par exécuter une parade amoureuse au cours de laquelle il « danse » sur la toile de la femelle, avant de tapoter le ventre de celle-ci comme s’il s’agissait d’un tambour. Ces préliminaires peuvent durer jusqu’à 5 heures. Le mâle entreprend ensuite d’insérer un de ses deux pénis dans l’une des deux spermathèques de sa partenaire, puis il exécute un saut périlleux afin de placer son abdomen sur la bouche de la femelle. Celle-ci commence alors à dévorer son amant, vivant, puis fait le choix suivant : soit elle laisse le mâle inséminer sa seconde spermathèque avant d’en finir avec lui, ce qui permettra à ce dernier d’assurer la paternité de tous les œufs, soit elle le mange directement, et attend qu’un autre mâle se présente. Les chercheurs ont observé que pour maximiser ses chances de féconder complètement la femelle, le mâle devait prolonger sa parade amoureuse pendant au moins 100 minutes avant de copuler. Au-dessous de cette limite, la veuve noire semble estimer que son partenaire ne mérite pas d’être le père de tous ses enfants.

Porc-épic

Porc-épic d'Amérique du nord - Credits photo wdaily.webs.com

Porc-épic

A priori, on peut se douter que la sexualité d’un animal couvert de piquants n’est pas singulière. Mais dans le cas du porc-épic, le plus étrange se déroule dès la phase de « séduction ». Tout d’abord, le mâle porc-épic tente une approche en frottant son museau contre la femelle. Si celle-ci ne le rejette pas, il se dresse alors sur ses pattes de derrière, et libère un puissant jet d’urine sur sa promise. Pas simplement par pression de la vessie, mais littéralement par éjaculation d’un long geyser continu qui peut être propulsé jusqu’à deux mètres. En moins d’une minute, la femelle est inondée des pieds à la tête. Si cette « golden shower » n’est pas à son goût, elle grognera, secouera l’urine et ira chercher un autre partenaire. Si elle est satisfaite, en revanche, elle présentera sa croupe dénuée de piquants au mâle, qui la montera avec précautions. Dans certains cas, il essaiera même de la mettre sur le dos pour entreprendre une « position du missionnaire » moins périlleuse. La femelle porc-épic n’étant réceptive à cette étrange cour que 8 à 12 heures par an, il convient au mâle de ne pas se manquer s’il veut éviter une intense frustration. Cependant, une fois l’accouplement commencé, la femelle entendra bien rattraper le temps perdu, et forcera le mâle à copuler jusqu’à ce qu’il soit totalement épuisé.

Punaise des lits

Punaise des lits

Cimex lectularius (Punaise des lits)

La punaise des lits est un petit insecte parasite dont la morsure provoque souvent des allergies chez l’homme. Le nom scientifique donné à son mode de reproduction est en soi tout un programme : on parle « d’insémination traumatique ». Lors de l’accouplement, le mâle punaise ne passe pas par les organes génitaux naturels de la femelle, qui ne servent qu’à la ponte. Ce gentleman préfère directement perforer l’abdomen de sa partenaire à l’aide de son pénis en forme d’aiguillon. Pour s’adapter à cette charmante pratique, la femelle à développé un organe paragénital nommé spermalège qui lui permet de recueillir la semence dans une cavité abdominale. Au-delà de sa délicatesse, le mâle punaise a également beaucoup de mal à reconnaitre les femelles, et il lui arrive souvent d’essayer de perforer un autre mâle. Dans ces cas-là, il n’y a pas de transfert de sperme, mais il n’est pas rare que le malheureux camarade succombe à cet assaut impromptu.

Baudroie des abysses

Baudroie des abysses

Baudroie des abysses

Le concept d’amour fusionnel ne trouve pas meilleure incarnation que chez la baudroie abyssale, qui l’applique littéralement. Ce poisson à l’allure impressionnante vit entre 1000 et 3000 m de profondeur, dans la complète obscurité des abysses. Il est particulièrement connu pour l’appendice lumineux qu’il porte au-dessus de sa tête, et qui lui permet d’attirer ses proies. Lorsque les scientifiques commencèrent à remonter des baudroies abyssales, ils furent surpris de ne trouver que des femelles, qui semblaient presque toutes avoir des petits parasites attachés à elles. Il s’avéra que ces « parasites » étaient en fait ce qu’il restait des mâles. Lorsqu’ils naissent, les mâles baudroies, beaucoup plus petits que les femelles, n’ont d’autre raison de vivre que de trouver une compagne. Et lorsqu’ils ont la chance d’en croiser une dans l’obscurité, ils s’accrochent à elle en la mordant, pour ne plus jamais lâcher prise. Commence alors un étonnant processus de fusion, au cours duquel le poisson va perdre progressivement ses organes pour se fondre dans le corps de sa partenaire. Il finira réduit à la plus simple expression de sa masculinité, en devenant une paire de testicules que la femelle utilisera lorsqu’elle souhaitera féconder ses œufs. Généralement, les baudroies abyssales sont donc affublées de plusieurs mâles plus ou moins fusionnés attachés au corps, ce qui, en plus de rappeler « The Thing », est un exemple assez radical de polyandrie.

Pisaure admirable

Pisaure admirable - Crédits photo CC Mathias Krumbholz

Pisaura mirabilis (Pisaure admirable)

Lorsque le mâle pisaure souhaite séduire une femelle, il mise sur le matérialisme et lui offre un joli cadeau emballé dans de la soie, généralement une proie morte. Flattée par cette attention, la femelle laisse alors son prétendant assouvir ses pulsions pendant qu’elle savoure le contenu de son paquet. La pisaure n’est pas la seule araignée à pratiquer le cadeau nuptial, ni même la seule espèce, les humains excellant notamment dans le domaine. Mais les chercheurs ont observé une subtilité intéressante chez le mâle pisaure : il lui arrive parfois d’offrir un paquet vide pour tromper la femelle. Pendant que celle-ci est affairée à déballer son présent, le mâle se dépêche de féconder sa conquête à l’aide de ses deux appendices sexuels nommés pedipalpes. Lorsque la femelle s’aperçoit que sa surprise ne contenait qu’un morceau d’herbe ou de mousse, il est généralement trop tard. Parfois, elle essaie de s’enfuir avec le paquet, mais le mâle s’y agrippe fermement, soucieux de répéter sa tromperie auprès d’une autre ingénue. Les arachnologues constatent que les femelles pisaures pondent autant d’œufs après avoir été flouées qu’après avoir reçu un cadeau réel, ce qui explique pourquoi les deux méthodes ont perduré au fil de l’evolution.

Boule nuptiale de couleuvres jarretières

Boule nuptiale de couleuvres jarretières

Thamnophis sirtalis parietalis (Couleuvre jarretière à flancs rouges)

La saison des amours chez la couleuvre jarretière est si spectaculaire qu’elle est devenue une attraction touristique au Manitoba, au Canada. Lorsque la couleuvre femelle sort de sa période d’hibernation, elle émet des phéromones qui peuvent attirer plus de 100 mâles autour d’elle. S’ensuit alors une gigantesque orgie nommée « boule nuptiale » au cours de laquelle les mâles essaieront tous de féconder la femelle à l’aide d’un de leurs deux pénis latéraux. Le plus étrange dans cet improbable gang bang reptilien, c’est que certains mâles se mettent à relâcher des phéromones femelles dans le feu de l’action, attirant les autres mâles sur eux. Ce phénomène est longtemps resté un mystère, mais les scientifiques ont aujourd’hui une explication : quand les couleuvres émergent de leur hibernation, elles manquent d’énergie tant qu’elles n’ont pas été réchauffées par le soleil, et sont donc plus vulnérables aux prédateurs. Les mâles « transexuels » capables d’émettre des phéromones femelles chercheraient donc simplement à être protégés, et réchauffés par la masse de prétendants dupés qui s’agglutinent autour d’eux.

Abeille européenne

Abeille européenne - Crédits photo CC J-Luc

Apis mellifera (Abeille européenne)

La reproduction des abeilles est un des exemples de suicide sexuel les plus spectaculaires du monde animal. Quand il nait, le male de l’abeille, nommé faux-bourdon, n’a d’autre raison d’être que de féconder la Reine. Il n’a pas de dard, ne participe pas à la récolte du pollen, et ne secrète pas de miel. Aussi, lorsque vient le moment de jouer son rôle, il est prêt à sacrifier sa vie pour sa mission. L’accouplement se déroule en plein vol, lorsque la reine s’élance dans le ciel à la recherche de partenaires. Les males de la ruche la suivent en essaim, luttant pour avoir une chance de l’inséminer. Mais cette chance est très relative : lorsqu’un faux-bourdon parvient à saisir la Reine pour la pénétrer, l’éjaculation est si forte que son pénis explose, déchirant son abdomen. Le malheureux tombe alors au sol, mourant peu après. Lors d’un tel vol nuptial, la Reine s’accouple avec une douzaine de kamikazes sexuels, et elle récolte suffisamment de sperme pour pondre pendant le reste de sa vie, soit environ 4 ans. Le sort des faux-bourdons qui n’ont pas pu féconder la Reine n’est guère plus enviable que celui de leurs frères tombés au champ d’honneur : à la fin de l’été, les ouvrières cesseront de les nourrir, estimant que le miel est trop précieux pour de simples donneurs de sperme. Ils seront alors chassés sans pitié de la ruche, et mourront peu après de faim et de fatigue.

Limace léopard

Limace léopard

Limax maximus (Limace léopard)

Lorsque les limaces léopard s’accouplent, leur rituel relève quasiment du happening artistique. Les deux partenaires, qui sont hermaphrodites, commencent par se faire la cour pendant plusieurs heures, en s’encerclant et en se léchant l’un l’autre. Puis ils se mettent à escalader un arbre, ou une autre surface élevée, et c’est là que le spectacle commence vraiment : une fois que les limaces ont atteint une hauteur qui leur convient, elles s’enroulent l’une autour de l’autre, et se laissent tomber dans le vide suspendues à un long fil de mucus. Pour trouver une situation comparable chez l’homme, il faudrait qu’un couple fasse l’amour en sautant à l’élastique. Un élastique constitué de bave, donc. Une fois suspendues, les limaces font sortir leurs pénis translucides de leurs gonopores, des petites ouvertures situées sur le côté de la tête. Et c’est au tour des deux organes génitaux de s’entortiller l’un autour de l’autre, afin de permettre la fécondation. Suite à cette union acrobatique, les deux participants pondront chacun des centaines d’œufs.

Jardinier satiné décorant son berceau

Jardinier satiné décorant son berceau - Crédits photo © Tim Laman

Ptilonorhynchus violaceus (Jardinier satiné)

Le jardinier satiné est un petit oiseau australien faisant partie de la famille des oiseaux à berceau, qui compte une vingtaine d’espèces. Il est principalement connu pour avoir la stratégie de séduction la plus extraordinairement complexe du règne animal. Au lieu de simplement offrir un cadeau à la femelle pour obtenir ses grâces, ou bien d’exposer un plumage exubérant, le jardinier va carrément ériger une construction ornementée digne d’une œuvre d’art. Cette structure, qu’on nomme un « berceau », est constituée de brindilles savamment disposées. Selon les espèces de jardinier, le berceau pourra avoir un toit, ou être composé de deux murs de brindilles parallèles. Mais toute la subtilité de cette construction repose dans la décoration : à l’intérieur et autour du berceau, le mâle jardinier déposera des centaines de coquilles, fleurs, feuilles, pierres et même des objets plus insolites s’il en trouve, comme des morceaux de verre ou des pièces de monnaie. Cette ornementation est très réfléchie, et l’oiseau passera des heures à l’organiser. Elle devra refléter la spécificité de son espèce, avoir des couleurs assorties, et correspondre aux préférences de la femelle. Le jardinier satiné va jusqu’à peindre son berceau avec une teinture bleue qu’il fabrique avec du jus de baie et de la salive. Dans le cas du jardinier à nuque rose, dont le berceau a une forme de tunnel, les cailloux sont disposés par ordre de grandeur pour créer un effet de perspective forcée. Ce stratagème donnera à la femelle l’illusion que son prétendant est plus grand qu’il ne l’est en réalité lorsqu’il se tiendra devant son œuvre. Une fois leur berceau terminé, les jardiniers attendent fébrilement l’inspection des demoiselles en quête de reproducteurs. Celles-ci analyseront scrupuleusement la qualité de la décoration, et elles gouteront même la peinture sur les murs du berceau. Leur jugement sera sans pitié : une fois qu’elles auront sélectionné le meilleur artisan, elles auront tendance à revenir vers lui l’année suivante, laissant les ouvriers moins doués sans l’espoir d’une étreinte.

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5 expériences incroyables qui ont vraiment eu lieu

5 expériences incroyables qui ont vraiment eu lieu

Les hommes-singes d’Ilya Ivanov

Un chimpanzé etonnéNé en 1870, Ilya Ivanov était un éminent biologiste russe spécialisé dans l’insémination artificielle et l’hybridation animale. Il fut l’un des premiers scientifiques à obtenir un zébrâne (hybride de zèbre et d’ânesse) artificiellement, et entre autres manipulations, il parvint à croiser une vache et une antilope. En 1910, au congrès mondial de zoologie de Graz, Ivanov évoqua la possibilité de passer à l’étape supérieure : la création d’un hybride homme-singe. Il finit par s’atteler au projet en 1926, lorsque l’institut Pasteur lui permit de mener ses expériences en Guinée française. Soutenu par le gouvernement soviétique, qui souhaitait promouvoir le Darwinisme au détriment de la religion, Ivanov insémina 3 femelles chimpanzé avec du sperme humain.

A sa grande déception, toutes les tentatives furent infructueuses. Il décida alors de pratiquer l’opération inverse, en fécondant des femmes avec de la semence de singe, mais les autorités coloniales s’y opposèrent. De retour en Union Soviétique, Ivanov n’abandonna pas ses ambitions. En 1929, avec le support de l’Association des Biologistes Matérialistes, il put reprendre ses projets d’hybridation, et il rechercha des femmes prêtes à se faire inséminer. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, il reçut plusieurs lettres de volontaires, mais l’expérience ne put jamais être menée à bien : le seul singe mature qui était à la disposition d’Ivanov mourut d’une hémorragie cérébrale avant le début des essais.

En 1930, suite à des remous politiques qui affectèrent les institutions scientifiques russes, Ilia Ivanov fut arrêté puis exilé à Alma Ata, où il travailla pour l’institut kazakh de zoologie. Il y mourut deux ans plus tard, sans jamais avoir accompli son idée fixe.

Les implants cérébraux du Dr Delgado

Delgado face au taureau implantéJosé Delgado est un neuro-physiologiste dont la majeure partie de la carrière fut consacrée à un seul but : contrôler le cerveau. Diplômé de l’université de Madrid, et infirmier militaire durant la guerre d’Espagne, il rejoint le département de physiologie de Yale en 1950 où il devient l’un des pionniers de la stimulation électrique cérébrale (ESB). L’ESB consiste à implanter des électrodes à l’intérieur du crane pour stimuler différentes régions du cerveau. Cette opération est capable de provoquer des effets impressionnants, comme des mouvements involontaires, des émotions violentes, ou même des hallucinations. La grande innovation de Delgado fut un système de contrôle à distance qu’il baptisa « Stimoceiver ». Avec ce dispositif, il pouvait littéralement télécommander les réactions de ses sujets, dont les mouvements n’étaient plus contraints par des câbles qui leur sortaient de la tête.

Grâce au Stimoceiver, Delgado fut notamment capable de manipuler un singe comme une marionnette : en appuyant sur des boutons, il parvint à lui faire bouger la tête, les yeux, le corps, ainsi qu’à le faire grogner ou encore à contrôler son sommeil. Sur des sujets humains, le Docteur déclencha des émotions intenses allant de l’euphorie à la rage en passant par l’amour, comme chez une patiente qui lui déclara sa flamme durant l’expérience. Un autre sujet s’avoua incapable de garder sa main ouverte lorsque la stimulation avait lieu.

Mais l’expérience qui rendit Delgado célèbre se déroula en Espagne, en 1963, dans une arène de Cordoue. Pour démontrer l’efficacité de ses méthodes, il fit face à un taureau de combat qu’il avait préalablement « implanté ». La bête chargea, et lorsqu’elle arriva à quelques pas de Delgado, celui-ci appuya sur le bouton de son transmetteur, coupant net l’élan de l’animal. La stimulation électrique du cerveau fut l’objet de vives controverses durant les années 70 et 80, certains l’accusant d’être un outil de contrôle promis aux pires dérives totalitaires. Les subventions s’affaiblirent en conséquence, et Le Dr Delgado s’attela à des travaux moins sulfureux. Son héritage n’en reste pas moins vivant, comme en atteste ce pigeon télécommandé mis au point par des chercheurs chinois en 2007

Duncan MacDougall et le poids de l’âme

Le poids de l'âmeAu début du 20ème siècle, un médecin américain du nom de Duncan McDougall voulut prouver scientifiquement l’existence de l’âme. Il partit du principe que si l’âme existait réellement, elle devait avoir une base matérielle, et par conséquent, un poids. Pour s’en assurer, McDougall ne voyait qu’une solution : peser un homme sur le point de mourir, avant et après son trépas. Il démarra sa macabre entreprise en 1900, après qu’un centre pour tuberculeux l’ait autorisé à mener son expérience sur des patients mourants. Le lit du premier sujet fut placé sur une grande balance, et lorsque le moribond poussa son dernier soupir, MacDougall nota une perte de 21 grammes (trois quarts d’once) avant et après la mort.

Comme il ne trouvait pas d’explications biologiques à cette différence, le docteur en déduisit que ces 21 grammes correspondaient nécessairement au poids de l’âme. MacDougall réitéra l’expérience à 5 reprises et il obtint des résultats similaires, le confortant dans l’idée qu’il avait prouvé sa théorie. Par la suite, il reproduisit l’opération sur 15 chiens, mais sans observer de perte : selon lui, cela démontrait que seul l’homme était doté d’une âme. Lorsque les recherches du docteur furent publiées, en 1907, les médias s’en emparèrent avec frénésie, mais la communauté scientifique prit ses travaux avec d’avantage de pincettes. Les résultats de MacDougall n’étaient pas très précis, variant d’un sujet à l’autre, et son échantillon de patients était trop faible pour être vraiment significatif. Sans compter qu’il expédiait un peu rapidement les autres causes possibles de variation de poids.

Enfin, il tombait typiquement dans le biais dit de « confirmation », qui consiste à privilégier les informations qui vont dans le sens de nos hypothèses, en s’arrangeant avec les éléments contradictoires : dans l’un des cas, la perte de poids se produisit 1 minute après la mort, mais MacDougall en conclut que cela devait venir de la personnalité flegmatique du sujet, dont l’âme n’était pas pressée de partir. Le mythe du poids de l’âme se propagea néanmoins à travers le siècle, jusqu’à être récupéré par la culture populaire, comme avec le film « 21 grammes » d’Alejandro Iñárritu. Quant à MacDougall, il mourut en 1920, sans que personne ne vienne le peser…

Des éléphants sous acide

Des éléphants sous acideEn 1962, deux chercheurs de l’Université d’Oklahoma, Louis West et Chester Pierce, décidèrent de répondre à une question fondamentale : que se passerait-t-il si on donnait du LSD à un éléphant ? Avec la complicité de Warren Thomas, le directeur du zoo d’Oklahoma city, ils injectèrent 297 milligrammes de LSD à un éléphant male de 14 ans nommé Tusko. Cette dose peut sembler dérisoire pour un animal aussi volumineux, mais elle correspond à 3000 fois la dose nécessaire pour déclencher de violents effets psychotropes chez l’humain, et elle reste à ce jour la plus importante jamais assimilée par un être vivant.

Les expérimentateurs voulaient savoir s’ils pouvaient provoquer artificiellement un « musth », un état de furie induit chez l’éléphant par une sécrétion des glandes temporales, et comme ils se doutaient que l’opportunité ne se présenterait pas deux fois, ils tenaient à s’assurer que la dose serait suffisante. Et malheureusement, elle ne le fut que trop : sitôt la drogue injectée, Tusko commença à barrir violemment en courant autour de son parc, avant de s’effondrer au sol, les yeux révulsés. Horrifiés, les chercheurs essayèrent de le ranimer en lui administrant des antipsychotiques, mais une heure et demie plus tard, Tusko était mort. Dans l’article qu’ils publièrent quelques mois plus tard, West, Pierce et Thomas conclurent penaudement que « les éléphants semblaient hautement sensibles aux effets du LSD ».

Durant les années qui suivirent, une controverse éclata à propos de ce qui avait vraiment tué Tusko. S’agissait-il du LSD lui-même ? Ou des drogues utilisées pour le ranimer ? Ou bien encore du mode d’administration ? Un professeur de psychopharmacologie nommé Ronald Siegel décida de trancher ce point en 1982 : à son tour, il donna du LSD à deux éléphants, mais pour ne pas reproduire l’erreur de ses prédécesseurs, il se contenta de verser la drogue dans l’eau des animaux. Cette fois-ci, non seulement les éléphants ne succombèrent à aucune crise, mais en plus ils semblèrent assez détendus, se balançant légèrement sur place, et laissant échapper quelques vocalises étranges avant de revenir à la normale, 24h plus tard. L’experience de Siegel démontra que dans d’autres circonstances, Tusko aurait pu vivre le plus extravagant des trips éléphantesques depuis celui de Dumbo.

Les trois Christs d’Ypsilanti

Les 3 Christs d'ypsilantiLe 1er juillet 1959, trois hommes furent réunis dans la clinique psychiatrique d’Ypsilanti, dans le Michigan. Ils avaient pour nom Clyde Benson, Joseph Cassel et Leon Gabor, mais chacun d’eux était convaincu d’être Jesus-Christ. Pendant deux ans, ils durent se côtoyer dans le cadre de l’une des expériences les plus étranges de l’histoire de la psychologie. A l’origine de cette rencontre, il y avait la curiosité de Milton Rokeach, un psychologue passionné par la question de l’identité : Rokeach voulait explorer les relations qu’il y a entre nos convictions les plus profondes, et la perception que nous avons de notre identité. Dans quelle mesure notre identité peut-elle être remise en question? Et quelles en sont les limites? Pour essayer de répondre à ces questions, Rokeach eut donc l’idée de rassembler trois patients psychotiques persuadés d’être la même personne, et d’étudier leurs réactions. Si leur croyance erronée pouvait être ébranlée par cette confrontation, alors peut être que leur condition s’améliorerait.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs premières entrevues n’allèrent pas dans ce sens : chacun des patients avait une bonne explication pour l’imposture des deux autres. Pour Benson, ils n’étaient pas vraiment vivants, et c’était les machines à l’intérieur d’eux qui parlaient à leur place. Pour Cassel, les deux autres ne pouvaient pas être Jesus pour la simple raison qu’ils étaient patients d’un hopital psychiatrique. Gabor, enfin, pensait que ses deux camarades se faisaient passer pour le Christ uniquement pour le prestige. Le psychologue les encourageait à débattre régulièrement, mais les trois patients s’accrochaient à leur convictions, et, dans un style assez peu christique, ils finirent même par en venir aux mains. Un jour, Rokeach leur montra un article consacré à l’expérience dans un journal local, en leur demandant ce qu’ils en pensaient. Aucun des trois ne reconnaissait les patients dont il était question (leurs noms n’était pas précisés dans l’article), et pour Benson, il était clair que la place de ces malades était dans un asile.

En avril 1960, Gabor annonça qu’il attendait une lettre de sa femme. Comme il n’avait jamais été marié, Rokeach vit là une opportunité d’aller plus loin dans l’expérience, et il commença à se faire passer pour l’épouse imaginaire de son patient en lui envoyant des lettres. Gabor obéissait aux petites demandes et conseils que sa « femme » lui écrivait, sauf quand elle lui suggérait de remettre en question son identité divine. Ce fut ensuite Cassel qui commença à recevoir de fausses lettres du Directeur de l’hôpital, lui demandant de changer son comportement pour accélérer sa guérison, mais sans plus de succès. Deux ans après leur rencontre, les trois Christs d’Ypsilanti n’avaient quasiment pas modifié leurs croyances. Milton Rokeach décida alors d’arrêter l’expérience, en concluant que ces hommes avaient préféré trouver des moyens de vivre en paix plutôt que de régler le problème de leur identité. Il confiera ses remords 20 ans plus tard, déclarant qu’il n’avait « aucun droit, même au nom de la science, de jouer à Dieu avec ses patients ». Une formule pour le moins appropriée.

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6 créatures extraordinaires avec de vrais super pouvoirs

Chironex fleckeri

Chironex fleckeri - Crédits photo David Doubilet

Chironex fleckeri : super venin

Le venin le plus dangereux au monde n’est pas celui d’un serpent, ni d’un scorpion ou même d’une araignée. C’est celui d’une méduse australienne connue sous le nom de Chironex fleckeri, qu’on surnomme également « guêpe de mer ». Avec des tentacules pouvant mesurer jusqu’à 3 mètres de long, cette créature mortelle est la plus grande des cuboméduses. Chacun de ses tentacules est couvert de millions de nématocystes, des cellules venimeuses qui libèrent des micro-flèchettes empoisonnées en cas de contact. Le venin neurotoxique de la guêpe de mer est extrêmement puissant, et il est réputé pour produire une douleur épouvantable : il attaque simultanément la peau, le cœur et le système nerveux, et si la victime n’est pas traitée immédiatement, elle peut succomber en moins de 4 minutes. Une personne qui se fait piquer au large risque de subir un arrêt cardiaque avant même d’atteindre la côte. La puissance et la rapidité d’action de son venin font de Chirnox Fleckeri l’animal venimeux le plus mortel au monde, et chaque méduse possède assez de venin en elle pour tuer 60 humains adultes. Il existe toutefois un antidote assez efficace contre le venin de la guêpe de mer, mais l’effet de ce dernier est si rapide qu’une personne gravement touchée pourra mourir avant même que le remède ne lui soit administré. En Australie, ou les plages sont protégées et équipées en premiers soins, on ne recense « que » 64 morts dues à la méduse depuis environ un siècle, mais le nombre est beaucoup plus important si on l’élargit aux iles d’Asie du sud est. Chaque année, avec une quarantaine d’attaques fatales rien qu’aux Philippines, les cuboméduses font plus de victimes qu’aucune autre espèce marine.


Crysomallon squamiferum

Crysomallon squamiferum - Crédits photo Dr Anders Warén

Crysomallon squamiferum : super armure

En 2003, lors d’une expédition au large de l’océan indien, des chercheurs du MIT ont découvert une espèce de mollusque unique au monde. Vivant à plus de 2000m de profondeur près de cheminées hydrothermales, le Crysomallon squamiferum est le seul animal connu dont la coquille est partiellement composée de fer. Cette armure naturelle lui permet de susbsister dans un milieu extrêmement hostile, ou les sources acides peuvent atteindre une température supérieure a 300°. Mais c’est surtout contre les prédateurs que la cuirasse du Crysomallon est déterminante : elle lui permet par exemple de résister aux puissantes pinces des crabes, ou encore aux aiguillons venimeux de certains escargots de mer. En étudiant la structure de l’armure, les scientifiques ont découvert qu’elle était en fait constituée de trois couches superposées : la première est faite d’un minéral commun à tous les gastéropodes, l’aragonite, la deuxième est une couche organique molle qui absorbe une partie des chocs en cas d’attaque, et enfin la couche externe, qui rend l’animal unique, et composée de sulfure de fer. Lors d’un impact ou d’une pression, cette configuration permet à la coquille de ne subir que des micro-fractures, sans jamais se briser. D’après Christine Ortiz, qui a dirigé les recherches, la coquille du Crysomallon squamiferum pourrait inspirer une nouvelle génération d’armure militaire, qui reprendrait la structure à couches multiples. Les soldats du futur devront peut être la vie à un escargot des grands fonds…


Onthophagus taurus

Onthophagus taurus - Crédits photo Alex Wild

Onthophagus taurus : super force

Au début de l’année 2010, des chercheurs anglais et australiens ont décerné le titre d’insecte le plus fort du monde à une espèce de scarabée bousier, l’Onthophagus taurus. Après étude, ils ont déterminé que ce scarabée était capable de tirer 1141 fois son propre poids, soit 30% de plus que le scarabée rhinocéros, précédent détenteur du record. Pour un humain, cela équivaudrait à pouvoir soulever environ 80 tonnes, soit une quinzaine d’éléphants, ou encore une cinquantaine de voitures superposées. Cette force démesurée semble s’être développée au service d’un but simple: le sexe. Lors des périodes de reproduction, la femelle scarabée creuse un tunnel sous une bouse, ou le mâle vient la rejoindre pour s’accoupler. Mais si le tunnel est déjà occupé par un rival, une lutte acharnée s’ensuit dans laquelle chacun des prétendants essaie de repousser l’autre vers l’extérieur. Naturellement, les plus forts sont ceux qui ont le plus de chances de se reproduire, léguant leur super force à leur descendance. Si l’onthophagus taurus est proportionnellement le plus puissant de tous les animaux visibles à l’oeil nu, il existe une espèce microscopique sensiblement plus forte, Archegozetes longisetosus. Selon une étude réalisée en 2007, cet acarien tropical est capable de tirer jusqu’à 1180 fois son propre poids. Cela en fait officiellement l’animal le plus fort toutes espèces confondues, même s’il ne dépasse pas les 100 microgrammes.


Hemeroplanes ornatus

Hemeroplanes ornatus

Hemeroplanes ornatus : mimétisme

L’Hemeroplanes ornatus est une espèce de papillon sphinx qui vit dans les forêts tropicales humides d’Amérique centrale. Sous sa forme adulte, ce lépidoptère ne présente pas de particularité remarquable, mais sa larve est dotée d’une aptitude prodigieuse : lorsqu’elle est menacée par un prédateur, la chenille de l’hemeroplanes gonfle son thorax et sa tête jusqu’à prendre l’apparence d’une vipère. D’autres chenilles tropicales sont capables d’imiter grossièrement une tête de serpent pour repousser les assaillants, mais le mimétisme de l’hemeroplanes est sidérant de réalisme. Non seulement elle parvient à imiter parfaitement les yeux, les écailles et la tête triangulaire d’un serpent, mais en plus elle simule un mouvement d’attaque, comme si la vipère s’apprêtait à mordre! La nature n’est pas allée jusqu’à doter la chenille de l’hemeroplanes d’un véritable venin, comme certaines de ses cousines, mais son incroyable métamorphose suffit à dissuader les ennemis potentiels de venir vérifier.


Tardigrade

Tardigrade - Crédits photo Goldstein labs

Tardigrade : invulnérabilité

Également surnommé ourson d’eau à cause de sa démarche pataude, le tardigrade est un petit animal tellement singulier qu’il forme une classe zoologique à part, proche des arthropodes. Mesurant un peu moins d’un milimetre en moyenne, il est doté d’une capacité de résistance telle qu’elle est sans commune mesure dans le règne animal, à l’exception de quelques bactéries. Le tardigrade s’est développé partout sur la planète, des plus hauts sommets jusqu’au fond des océans, et des régions polaires jusque dans les régions tropicales. Ses incroyables facultés d’adaptation lui valent d’appartenir au club fermé des polyextremophiles, les organismes capables de vivre dans des conditions extrêmes multiples. Il est capable de résister à des radiations de 5000 Gy, soit 1100 fois plus que le corps humain ne peut en supporter. Mais le véritable super-pouvoir du tardigrade s’appelle la cryptobiose : dans cet état d’arrêt métabolique ou il abaisse son activité vitale a 0,01% de la normale, le tardigrade remplace l’eau de son organisme par des sucres synthétiques, et il peut alors résister temporairement à des températures allant de -272° jusqu’à 150°. Il peut également survivre plusieurs années sans eau ni nourriture, avant de revenir à la vie lorsque les conditions sont plus favorables. En 2007, des tardigrades furent envoyés dans l’espace à bord de la capsule Foton-M3 afin de tester leur résistance au vide spatial et aux radiations cosmiques. Plus de 68% des spécimen résistèrent a ces conditions pendant 10 jours, avant de restaurer leur ADN une fois de retour sur Terre. Le tardigrade est en fait si extraordinaire que certains lui prêtent une origine extra-terrestre : ses facultés lui auraient permis d’arriver sur notre planète agrippé à une météorite, et de survivre au voyage…


Turritopsis nutricula

Turritopsis nutricula - Crédits photo Peter Schuchert

Turritopsis nutricula : immortalité

Turritopsis nutricula est une petite méduse qui ne dépasse pas les 5mm de diamètre, mais qui fascine le monde scientifique : c’est la seule créature connue capable d’inverser son processus de vieillissement. Grâce à un mécanisme cellulaire nommé transdifferenciation, elle est capable de retrouver sa forme juvénile après avoir atteint l’age adulte, ce qui la rend potentiellement immortelle. Originaire des caraïbes, la méduse s’est propagée dans tous les océans de la planète, et du fait de son immortalité, les scientifiques redoutent que sa prolifération devienne incontrôlable. Selon le Dr Maria Miglietta, de l’Institut tropical de recherche du Smithsonian, nous sommes en train de vivre une « invasion mondiale silencieuse ». Turritopsis nutricula reste cependant victime de ses prédateurs naturels, et bien qu’elle soit potentiellement immortelle, aucun spécimen n’a été observé assez longtemps pour que son age puisse être estimé. Généticiens et biologistes espèrent aujourd’hui comprendre les secrets de cette créature unique, dont le pouvoir extraordinaire fait rêver toute l’humanité…

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5 mystères de plus à éclaircir

Le pont d'Overtoun

Le pont d'Overtoun - Crédits photo Allan Ogg

Le pont d’Overtoun

Situé près du village de Milton, en Ecosse, le pont d’Overtoun est le lieu d’un triste mystère. Depuis la moitié du 20ème siècle, les chiens qui le traversent semblent pris d’une étrange frénésie qui les pousse à se jeter du parapet vers une mort certaine, 15 mètres plus bas. On ne sait pas exactement à partir de quand les chiens ont commencé à sauter, mais depuis les années 1960, on compte environ une chute fatale par mois. Chose encore plus étonnante, certains des chiens survivent à leur chute, avant de retourner sur le pont pour sauter à nouveau. Les rumeurs locales prétendent que le pont est maudit, et que le proche Manoir Overtoun, comme tout manoir écossais qui se respecte, est hanté. Ces croyances n’ont fait que s’aggraver en 1994, lorsqu’un dénommé Kevin Moy jeta son bébé du haut du pont, clamant que son enfant était l’antéchrist. En 2006, divers spécialistes se rendirent en Ecosse pour trouver une explication, et tenter de rassurer les habitants qui n’osaient plus traverser le pont avec leur chien. L’hypothèse du suicide animal fut avancée puis rapidement écartée, car même si la région de Dumbarton, où se situe le pont, est considérée comme une des plus « déprimées » du Royaume uni (le taux de suicide parmi les adultes y a augmenté de 200% en l’espace de 3 ans), rien n’explique comment de telles pulsions pourraient naitre chez les chiens, ni pourquoi ces derniers choisiraient exclusivement ce pont. C’est le Dr David Sands qui semble avoir proposé la théorie la plus plausible : selon lui, les chiens seraient attirés par le puissant musc que les visons laissent derrière eux. Littéralement surexcités par l’odeur, les chiens sauteraient par-dessus les murs du pont à la recherche de leur proie, sans réaliser le vide qu’il y a derrière. Cependant, cette théorie n’explique pas pourquoi toutes les morts ont lieu au niveau des deux derniers parapets du côté droit de l’édifice, ni pourquoi le phénomène ne se produit pas ailleurs que sur le pont d’Overtoun.

Le signal Wow!

Le signal Wow!Depuis les années 1960, le célèbre programme SETI regroupe des projets dont le but est de détecter, à l’aide de radiotélescopes, les signaux que pourrait émettre une intelligence extraterrestre. Jusqu’à présent, malgré les efforts et les moyens mis en jeu, aucun des signaux reçus ne semble présenter les caractéristiques d’un « appel » interstellaire. Sauf un : le 15 aout 1977, le radiotélescope Big Ear, de l’université de l’Ohio, capta un signal radio d’une durée de 72 secondes. Il provenait de la constellation du sagittaire, et il correspondait tellement au profil attendu d’un signal extraterrestre que l’astrophysicien Jerry Ehman, qui fit l’observation, marqua un gros « Wow ! » sur la sortie imprimée de la transmission. Le signal Wow, tel qu’il fut baptisé alors, reste le signal le plus intense et le plus troublant jamais détecté en 50 ans d’écoute. Il n’existe aucune explication physique quant à son origine, et sa nature reste une énigme. L’hypothèse d’émissions radio terrestres réfléchies sur des satellites fut avancée, mais il s’avère que de telles réflexions ne pourraient renvoyer un signal aussi puissant. Durant les 20 années qui suivirent, des dizaines de radiotélescopes furent braqués sur la région de l’espace ou le Wow avait été capté, mais le signal ne se manifesta plus jamais. Cette unicité fit douter Jerry Ehman de la nature extraterrestre du signal : selon lui, si le signal provenait d’une intelligence essayant de communiquer, il aurait dû être entendu à nouveau. Cependant, en 2007, à l’occasion du 30ème anniversaire de sa découverte, Ehman revint sur ses conclusions. Il déclara qu’en l’absence de toute explication d’origine terrestre, le signal Wow pouvait bien venir d’une autre civilisation, qui n’aurait émis dans notre direction qu’une seule fois avant de changer d’orientation. On peut aussi imaginer que le signal fut émis à nouveau, mais qu’il n’y avait personne pour écouter : le radiotélescope Big Ear fut démonté en 1998 pour laisser la place à un terrain de golf.

Qui est Benjaman Kyle ?

Benjaman KyleLe matin du 31 aout 2004, dans la petite ville de Richmond Hill, en Georgie, les responsables d’un fast-food trouvèrent un homme étendu près des poubelles de leur restaurant. Un homme nu, inconscient, et brulé par le soleil. Les officiers de police qui vinrent le chercher ne trouvèrent ni papiers, ni vêtements pour l’identifier, et ils ne trouvèrent pas non plus de traces de lutte sur les lieux. Lorsque l’inconnu reprit conscience, à l’hôpital, il se révéla incapable de dire qui il était. Comme il avait été trouvé près d’un Burger King, le personnel de l’établissement commença à le surnommer BK, ce qui donna par la suite « Benjaman Kyle ». Pendant 3 ans, Kyle fut transféré d’hôpitaux en centres de soins, sans jamais recouvrer la mémoire. Dans sa recherche désespérée d’identité, Kyle retourna plusieurs fois à l’endroit où il avait été trouvé, attendant un déclic. Mais encore aujourd’hui, son amnésie ne lui accorde que quelques flashbacks flous : il se souvient par exemple vaguement d’avoir vécu dans l’indiana, et il pense qu’il avait des frères. Lorsqu’il se regarde dans la glace, il a du mal à reconnaitre l’homme d’une soixantaine d’années qu’il y voit, comme si plusieurs décennies lui avaient echappé. Malgré la médiatisation de son cas, et les enquêtes menées pour l’identifier, personne ne semble le connaitre, ni être à sa recherche. Ses empreintes ne correspondent à aucune des bases connues, pas plus que son ADN. Le FBI n’a pu trouver aucune piste, et pour l’administration, tout se passe comme s’il était arrivé d’une autre planète: il n’a pas d’existence légale, et n’a donc pas le droit de travailler. Le dernier espoir de Kyle semble être Coleen Fitzpatrick, réputée comme étant la meilleure « détective de l’adn » au monde : Fitzpatrick assiste les autorités lorsqu’une identification semble impossible. Entre autres, elle a retrouvé à qui appartenait un bras tranché retrouvé dans une carcasse d’avion datant de 1948, et elle a identifié une victime du Titanic à partir de 3 dents exhumées. Jusqu’à présent, elle n’a jamais piétiné dans une enquête, à une exception près : après 2 ans de recherche, elle ne sait toujours pas qui est Benjaman Kyle.

Le Hum

Le HumDepuis plusieurs décennies, des milliers de personnes à travers le monde disent entendre un bourdonnement continu, de basse fréquence, mais dont ils ne parviennent pas à localiser la source. Connu sous le nom de Hum, ce bruit envahissant ressemblerait à celui d’un lointain moteur tournant au ralenti, et pour ceux qui le perçoivent, sa persistance tourne souvent à la torture. Le Hum se distingue des simples acouphènes sur plusieurs points : d’abord, la majorité des personnes touchées entendent le bruit uniquement, ou plus fortement, à l’intérieur de leurs maisons plutôt qu’à l’extérieur. Cependant, quand toutes les sources possibles ont été identifiées, le bruit continue. Ensuite, de nombreux sujets ressentent physiquement des vibrations, et les bouchons d’oreilles n’atténuent pas du tout la nuisance. Dormir devient parfois impossible, et au Royaume-uni, on compte au moins un suicide directement lié au Hum. Le phénomène a été recensé dans plusieurs villes du monde, mais c’est le bourdonnement de Taos, au Nouveau Mexique, qui fut le plus médiatisé : au début des années 1990, suite aux plaintes de nombreux habitants, une étude fut commandée à l’université du pays, mais aucun des chercheurs ne put trouver d’explication pour le bruit. Le Hum de Bristol, en Angleterre, et celui de Kokomo aux Etats-unis font également partie des plus connus, mais rien n’indique cependant que le bourdonnement soit de même nature dans ces différentes villes. Parmi les explications avancées, on trouve notamment celle de la source industrielle : dans le cas de Kokomo, par exemple, les expertises ont indiqué que le bruit pouvait venir des usines alentour. L’hypothèse de l’environnement électromagnétique ou celle des transmissions radio à basse fréquence sont également proposées. Enfin, il y a la possibilité d’un phénomène interne, qu’il soit d’origine physique ou psychologique, mais cette explication ne dit pas pourquoi la plupart des sujets touchés n’entendrait le son qu’à certains endroits. En attendant qu’une étude de plus grande ampleur ne soit effectuée, la nature du Hum reste énigmatique.

Les mortes de Juárez

Manifestation de proches des victimesLa ville de Ciudad Juarez abrite peut-être le mystère criminel le plus ignoble et le plus déroutant de l’histoire. Depuis 1993, plus de 350 femmes ont été assassinées dans cette cité frontière du nord du Mexique, et au moins 500 ont disparu. Mais plus de 15 ans après le début du carnage, les autorités n’ont toujours pas identifié les responsables, ni donné de réelle explication. Les victimes sont généralement des ouvrières issues des milieux pauvres, dont on retrouve le corps mutilé dans les faubourgs de la ville. Séquestrées, violées, et systématiquement étranglées, elles semblent toutes avoir été assassinées selon un même mode opératoire. Depuis le commencement de l’affaire, une dizaine de suspects ont été condamnés, mais les meurtres ne se sont jamais arrêtés après leur mise en détention. L’incompétence et la corruption des autorités locales sont dénoncées par de nombreuses organisations, et les policiers sont soupçonnés de couvrir les narcotraficants, qui pourraient être responsables de certains des meurtres. Lorsqu’il vint enquêter à Ciudad Juarez en 1998, Robert K. Ressler (détective du FBI à l’origine des techniques de « profilage » et du terme « serial killer »), en conclut que les crimes étaient l’œuvre de deux tueurs en série distincts. Mais devant l’impunité dont bénéficie cette tragédie, il est fort probable que les imitateurs désireux d’assouvir leur pulsions meurtrières soient nombreux, ainsi que les mobiles : traffic d’organes, snuff movies, et même rituels occultes, comme dans le cas de cet homme qui en 2008 déclara avoir tué 8 des victimes en offrande à Satan. Selon des sources fédérales, certains des enlèvements seraient même commandités par des hommes influents qui s’adonneraient à des orgies sanglantes. Mais le plus terrible dans cette affaire, c’est que même à raison de deux victimes par mois en moyenne depuis 1993, les mortes de Juarez sont presque anecdotiques à l’échelle de la criminalité de cette ville : Ravagée par les guerres de gangs, et avec plus de 1700 meurtres en 2009, Ciudad Juarez est aujourd’hui considérée comme la ville la plus dangereuse du monde.

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Le cheval qui pensait

Hans le malin

A la fin du 19ème siècle, un professeur de mathématiques Allemand nommé Wilhelm Von Osten voulut prouver que l’intelligence animale était bien supérieure à ce qu’imaginaient les hommes. Pour tester son hypothèse, il entreprit d’enseigner les maths à un groupe d’étudiants composé d’un chat, d’un ours, et d’un cheval. Si les deux premiers restèrent hermétiques aux équations, le troisième fit preuve de compétences étonnantes : quand Von Osten écrivait un chiffre au tableau noir, le cheval était capable de le reproduire en tapant le nombre de coups correspondant avec son sabot. Et avec un peu d’entrainement, il parvint même à résoudre des problèmes élémentaires tels que des fractions, ou des racines carrées. Le cheval s’appelait Hans, et il allait devenir l’un des phénomènes les plus célèbres de l’histoire de la science…

A partir de 1891, Von Osten commença à exhiber Hans à travers toute l’Allemagne pour faire la démonstration de ses facultés. Rebaptisé « Hans le malin », le cheval réunissait des foules toujours plus importantes lors de représentations gratuites. En plus de ses dons de calculateur, il était capable de lire et d’épeler des mots en tapant par exemple un coup pour A, deux coups pour B, et ainsi de suite. Ce talent lui permettait de répondre à des questions simples, de donner le jour de la semaine, ou encore d’épeler le nom de personnes qu’il connaissait. Même s’il lui arrivait de se tromper, Hans donnait des réponses exactes la grande majorité du temps, et on estimait alors que ses capacités étaient comparables à celles d’un adolescent de 14 ans.

Le phénomène devint si populaire que même le New York Times en fit sa une. A ce stade, un comité de 13 scientifiques nommé « Commission Hans » fut constitué afin d’exposer une éventuelle supercherie. Le groupe, qui réunissait divers spécialistes, commença une longue série d’expérimentations. Contre toute attente, Ils découvrirent que l’animal répondait correctement même quand son maître n’était pas la, et ils finirent pas conclure que les facultés de Hans étaient authentiques. Le cas fut alors confié à un jeune psychologue du nom d’Oskar Pfungst, qui décida d’aborder le mystère sous un angle différent…

Hans le malin lors d'une exhibition publique

Hans le malin lors d'une démonstration publique

Pour abriter ses expériences, Pfungst érigea une grande tente, ce qui supprima les stimuli visuels extérieurs. Il prépara une grande liste de questions, et il fit l’inventaire de tous les éléments susceptibles d’influencer le cheval. Comme prévu, Hans répondit correctement aux questions posées par Von Osten, ainsi qu’a celles posées par d’autres interrogateurs. Mais Pfungst fit alors deux découverte capitales : lorsque les interrogateurs s’éloignaient du cheval pour poser leurs questions, ce dernier faisait d’avantage d’erreurs. Et quand ils ignoraient la réponse à la question qu’ils posaient, Hans se trompait quasiment à chaque fois. De la même façon, quand Hans ne pouvait pas voir clairement ses questionneurs, son taux d’erreur augmentait considérablement.

Pfungst comprit alors que la clé ne venait pas du cheval, mais des humains: inconsciemment, ceux-ci modifiaient leur posture et l’expression de leur visage à mesure que les coups de Hans s’approchaient de la bonne réponse. Quand le résultat souhaité était atteint, la tension des expérimentateurs disparaissait, et Hans le percevait à travers des signaux subtils que les hommes donnaient sans le vouloir. Cela expliquait pourquoi l’animal se trompait lorsque les questionneurs ignoraient la réponse à leurs questions : ils ne délivraient plus les indices nécessaires.

Hans n’y connaissait donc rien en maths, mais il faisait preuve d’une sensibilité aigüe au langage corporel inconscient. Dans les années qui suivirent, on découvrit que de nombreux animaux étaient capables de « lire » leurs maîtres de la même manière. Aujourd’hui, l’effet « Hans le malin » définit les indices involontaires que l’on peut donner aux autres à travers notre langage corporel : avec un peu d’entrainement, certains peuvent détecter ces signaux avec presque autant d’acuité qu’un animal, comme les mentalistes, qui exploitent ces messages inconscients pour donner l’illusion de pouvoirs psychiques. Concernant Wilhelm Von Osten, il n’accepta jamais les explications à propos des capacités de son cheval, et il continua à l’exhiber. Il n’avait pas tout à fait tort: rien que pour avoir berné les hommes aussi longtemps, Hans le malin méritait son surnom.

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