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L’île des poupées

L'île des poupées

C’est dans la région marécageuse de Xochimilco, au sud de Mexico City, que se trouve sans doute l’endroit le plus effrayant du Mexique. Après une longue excursion à travers un vaste réseau de canaux, on peut y découvrir une île abandonnée dont les arbres, recouverts de petits corps mutilés, offrent une vision de cauchemar. Devenue l’une des attractions touristiques les plus étranges au monde, cette île est connue sous le nom de «isla de la munecas» : l’île des poupées.

L’histoire de l’île débute dans les années 50, lorsqu’un certain Don Julian Santana Barrera décide d’aller y vivre en ermite, laissant femme et enfants derrière lui. Peu après son arrivée sur les lieux, Don Julian acquiert la certitude qu’ils sont hantés par l’esprit d’une petite fille, morte noyée dans le canal qui borde l’île. Pour apaiser le fantôme de la fillette et se protéger du mauvais sort, Don Julian va commencer à collecter les vieilles poupées abandonnée qui dérivent parfois au fil de l’eau. Une à une, il va les accrocher aux arbres de l’île, constituant un étrange mausolée en hommage à l’enfant défunte.

L'île aux poupées

Don Julian ira jusqu’à sortir de son ermitage pour recueillir d’avantage de poupées dans les décharges, et les autochtones prendront même l’habitude de lui échanger des poupées usées contre les légumes qu’il fait pousser sur l’île. Les petites silhouettes mutilées s’accumulent alors par centaines, recouvrant littéralement la végétation. Avec les années, elles se décomposent horriblement, la pluie et le soleil érodant leurs visages au regard vide. Attachées aux branches par des fils de fer rouillés, elles sont souvent couvertes de toiles d’araignée ou de crasse, quand elles ne sont pas démembrées.

L’île ne fut réellement découverte par le public que dans les années 90, lors d’un programme de nettoyage des canaux de Xochimilco. Les « trajineras », gondoles locales, purent alors y accéder librement, et l’île des poupées devint une sorte d’attraction macabre et surréaliste. Néanmoins, elle ne figure pas sur les parcours touristiques classique, et il faut spécifiquement demander aux conducteurs des barques de s’y rendre. Deux heures de navigation à travers un dédale de canaux sont nécessaires pour y accéder, mais ceux qui ont visité l’île parlent d’une expérience unique, comme une installation artistique dégénérée dans laquelle on se sent observé de toutes parts.

L'île aux poupées

Don Julian Santana Barrera fut retrouvé noyé le 17 avril 2001, à l’âge de 80 ans. Il aura vécu seul sur l’île pendant les 50 dernières années de sa vie, au cœur de son œuvre absurde et grandiose. Désormais seules occupantes des lieux, les poupées continuent lentement à pourrir au soleil du Mexique, mais d’après les superstitions locales, on pourrait les voir bouger lorsque vient la nuit…

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5 mystères à élucider

Georgia Guidestones

Les Georgia Guidestones sur leur colline d'Elbert County

Les Georgia Guidestones

C’est sur une colline de Elbert County, en Georgie, que s’élève le monument le plus mystérieux des Etats-Unis. Il est composé de 5 plaques de granit disposées en étoile, qui soutiennent un lourd couvercle de pierre. Mesurant près de 6 m de haut pour un poids total de 107 tonnes, l’édifice est connu sous le nom de Georgia Guidestones (littéralement Pierres Guides de Géorgie), mais son envergure lui vaut également d’être surnommé le Stonehenge américain. Sur les 4 plaques principales sont gravés 10 « commandements » écrits en 8 langues différentes, parmi lesquelles l’anglais, le chinois, l’espagnol, ou encore l’hindi. Ces « règles » prônent notamment des valeurs de modération et d’harmonie avec la nature, mais certaines d’entre elles prêtent à controverse, comme la première qui conseille de maintenir l’humanité en dessous de 500 000 000 d’individus, et qui alimente les théories conspirationnistes.

A l’ouest du monument, une plaque supplémentaire à été posée au sol, qui indique un certain nombre d’informations : on y trouve entre autres les dimensions de l’édifice, le nom des langues mortes gravées sur les cotés du couvercle (sanskrit, égyptien, grec, babylonien), et on y apprend également comment se placer par rapport au monument pour profiter de ses fonctions d’observatoire astronomique. Les Georgia Guidestones sont un mystère dans le sens ou on ne sait pas exactement qui en a commandé la construction, ni pourquoi. Elles ont été érigées par la Elberton Granite Finishing Company en 1980, a la demande d’un homme qui se présenta sous le pseudonyme de R.C. Christian, et qui ne dévoila jamais son identité réelle. Il représentait un groupe d’anonymes qui « souhaitaient une ère de raison », et qui couvrirent sans discuter les coûts énormes de la construction. Joe Fendley, le président de la Elberton Granite Company, confia que selon « R.C.Christian », les Guidestones devaient être capables de résister à une apocalypse afin que les survivants puissent suivre leurs règles et bâtir une meilleure civilisation…


Une representation de Cthulhu par John Coulthart

Une representation de Cthulhu par John Coulthart

Le Bloop

Au cours de l’été 1997, un son d’origine inconnue fut capté à plusieurs reprises par la NOAA, l’agence américaine responsable de l’étude de l’océan et de l’atmosphère. Localisé à près de 5000 km des cotes chiliennes, et enregistré par du matériel militaire destiné à repérer les sous-marins soviétiques, ce son baptisé le Bloop reste un mystère : son profil présente les caractéristiques d’une créature vivante, mais selon les spécialistes qui l’ont étudié, son volume est tel que s’il provenait d’un animal, ce dernier aurait des dimensions encore jamais vues, plus grandes que celles de la baleine bleue.

Parmi les hypothèses avancées sur la nature du Bloop, certaines postulent qu’il pourrait avoir été émis par un calamar géant, ou par une espèce marine inconnue. Il pourrait également provenir d’une vibration synchronisée émise par un groupe de créatures. Dans le registre non-organique, on sait que les icebergs sont capables de générer des sons de très basse fréquence, et un sous marin nucléaire aurait également pu produire une fréquence semblable, mais le problème du volume se pose toujours. Coïncidence étonnante, les coordonnées du point d’ou venait le Bloop sont proches de l’endroit ou l’écrivain H.P. Lovecraft situait R’lyeh, la cité mythique ou repose le monstrueux Cthulhu. Demeurant sans explication, le Bloop n’a plus jamais été entendu depuis 1997.


Les rochers mouvants de Racetrack Playa

Une roche mouvante suivie de son tracé

Les rochers mouvants de Racetrack Playa

Célèbre pour ses conditions extrêmes et ses paysages lunaires, le Parc National de la Vallée de la Mort en Californie abrite de nombreuses curiosités géologiques. La plus étrange est observable à la surface de Racetrack Playa, un lac asséché de 7km² : au sud de ce lac, des rochers de tailles différentes se déplacent sans explication, parfois sur des centaines de mètres, en laissant de longs tracés derrière eux. Les rochers s’éboulent d’une colline adjacente, puis commencent leur parcours non pas dans la foulée de leur chute, mais après être arrivés au bord du lac.

Si les études menées depuis la fin des années 40 n’ont pas permis de comprendre le phénomène, elles ont pu poser plusieurs hypothèses : le vent tout d’abord, parfois très violent, qui pousserait les pierres sur la boue sèche. Mais certaines roches pèsent le poids d’un homme, et le vent seul ne pourrait pas les déplacer. La glace ensuite, qui se formerait autour des pierres en hiver, et qui leur permettrait de glisser sur le sol. Mais cette théorie n’explique pas les traces, et les expériences menées dans ce sens n’ont pas été concluantes. Les chercheurs ne comprennent pas non plus pourquoi certains blocs changent brutalement de direction après avoir suivi un chemin parallèle aux pierres voisines. Détail intéressant, comme les déplacements se déroulent sur plusieurs années, et comme l’aridité du lieu empêche d’y rester trop longtemps, personne n’a encore pu voir les rochers bouger. Les forces à l’œuvre restent donc un mystère…


Mémorial aux victimes de l'incident du Col de Dyatlov

Mémorial aux victimes de l'incident du Col de Dyatlov

L’incident du Col de Dyatlov

Dans la nuit du 2 février 1959, 9 randonneurs russes abandonnèrent en urgence le campement qu’ils avaient établi dans les montagnes de L’Oural pour s’enfuir dans la forêt. Leur précipitation était telle qu’ils déchirèrent la toile de leur tente pour en sortir, et malgré une température proche des -20°, ils ne s’habillèrent que partiellement. Environ 8h plus tard, ils étaient tous morts. Le col de montagne ou se déroula l’incident est depuis connu sous le nom de Col de Dyatlov, en référence à Igor Dyatlov, le meneur du groupe. Les 5 premiers corps furent retrouvés dans les bois le 26 février, certains pieds nus et en sous vêtements. Leur mort fut attribuée à l’hypothermie. Mais lorsqu’on retrouva les 4 corps restants 2 mois plus tard, les enquêteurs commencèrent à voir les choses différemment : 3 des victimes avaient succombé à de violentes fractures multiples, et une des femmes, Lyudmila Dubinina, n’avait plus de langue. L’hypothèse d’une agression par des indigènes Mansi, ethnie locale, fut avancée puis rejetée pour diverses raisons : d’abord, il n’y avait pas d’autres traces que celles des randonneurs dans la zone, et pas de signes de lutte. Ensuite, il n’y avait pas de blessures externes, et les chocs reçus, comparables à ceux d’un accident de voiture, était trop importants pour qu’un humain en soit l’auteur.

Les autorités soviétiques finirent par clore l’affaire, en déclarant que les morts avaient été causées par des circonstances inconnues. Le dossier fut classé confidentiel, et les archives ne furent pas ouvertes au public avant les années 90. Suite a l’engouement des medias et d’internet en particulier pour ce cas, de nombreux points furent amplifiés, voire inventés, comme les hauts niveaux de radiation retrouvés sur les corps, ou l’étrange couleur orangée des cadavres, ou encore les lumières vues dans le ciel la nuit de l’incident. Des exagérations qui conduisirent à plusieurs théories fantaisistes. Mais le seul vrai mystère que les familles des victimes veulent résoudre aujourd’hui se passe de détails surnaturels : qu’est ce qui a poussé 9 randonneurs expérimentés à fuir leur camp au beau milieu de la nuit, par -20°, en courant vers une mort quasi certaine ?


Une page de la section "biologique" du Manuscrit de Voynich

Une page de la section "biologique" du Manuscrit de Voynich

Le Manuscrit de Voynich

En 1912, un antiquaire nommé Wilfrid Voynich fait l’acquisition d’un livre ancien auprès des Jésuites de la Villa Mondragone, près de Rome. Ce manuscrit d’aspect médiéval n’est pas daté, et son auteur n’est pas identifié. Ses 234 pages de vélin sont remplies de dessins étranges, et les textes qu’il contient sont écrits dans un alphabet incompréhensible. Le seul élément qui permet de le replacer dans un contexte historique est une lettre attachée à sa couverture, datée de 1666 : Dans cette lettre, Johannes Marcus Marci, alors proviseur de l’Université de Prague, précise que selon lui l’auteur du manuscrit pourrait être Roger Bacon, un moine visionnaire du 13ème siècle, considéré comme une des plus grandes figures scientifiques du moyen-âge, et qui connaissait les méthodes de cryptage.

Soucieux de déchiffrer son mystérieux livre, Voynich en fait parvenir des copies photographiques a de nombreux experts, mais aucun ne parvient à comprendre le langage inconnu qui recouvre les pages du manuscrit. Seuls les dessins permettent d’imaginer un sens, et de diviser le livre en plusieurs parties : ils représentent notamment des plantes bizarres, des diagrammes astronomiques, et des femmes nues nageant dans un étrange réseau de tubes. Depuis un siècle, toutes les hypothèses ont été avancées sur le contenu du manuscrit, ainsi que sur ses origines. On l’a attribué à divers auteurs potentiels, on a suggéré qu’il renfermait des formules alchimiques, et on a même dit qu’il s’agissait d’un monumental canular, composé de lettres imaginaires disposées dans un ordre aléatoire. Cependant, les cryptographes du monde entier continuent d’étudier l’ouvrage énigmatique, convaincus qu’ils parviendront à percer ses secrets. Aujourd’hui, le manuscrit de Voynich est conservé à la bibliothèque Beinecke de l’Université Yale.

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La chose dans le noir

John Henry Fuseli - Le Cauchemar

John Henry Fuseli - Le Cauchemar

La scène se déroule dans votre chambre, au beau milieu de la nuit. Vous venez d’ouvrir les yeux, et malgré tous vos efforts, vous ne parvenez pas à bouger. Votre corps engourdi ne répond plus. Et soudain, vous sentez qu’une présence hostile vous observe au pied du lit : c’est une forme noire, humanoïde, qui s’approche maintenant de vous, et qui semble vouloir vous étouffer en exerçant une pression sur votre torse. Au prix d’un effort désespéré, vous parvenez enfin à vous libérer, mais la forme disparait au même instant. L’expérience, qui n’aura duré que quelques secondes, vous laisse dans un état de terreur et de confusion : vous venez de vivre une paralysie du sommeil.

Durant le sommeil paradoxal, la phase où se déroule la majorité des rêves, le corps est paralysé par des mécanismes cérébraux afin que nous ne reproduisions pas dans la réalité les mouvements que nous faisons en rêve. Mais parfois, alors que les muscles sont maintenus dans cet état d’atonie naturelle, il arrive que l’esprit s’éveille, et l’on se retrouve alors conscient et prisonnier. C’est ce trouble que désigne le terme « paralysie du sommeil ». Là où le phénomène devient vraiment inquiétant, c’est qu’il est presque toujours accompagné d’hallucinations dites hypnagogiques ou hypnopompiques, selon qu’elles se déroulent au moment de l’endormissement ou du réveil.

A quelques variations près, la nature de ces hallucinations est étrangement semblable pour tout le monde : le sujet terrifié perçoit une présence hostile dans la pièce, qui essaie parfois de l’étouffer en écrasant son torse. Lorsqu’elle est vue, l’entité a généralement la forme d’une ombre humanoïde. Des hallucinations auditives et tactiles peuvent également donner l’impression au sujet qu’il y a des voix ou des bruits de pas dans sa chambre, et que la présence essaie de le saisir pour l’emporter. Dans de plus rares cas, certains témoins disent avoir eu l’impression de flotter au dessus de leur lit, ou de subir des agressions sexuelles. L’expérience ne dure jamais plus de quelques minutes, mais elle n’en reste pas moins traumatisante.

Tout comme le tableau homonyme de Fuseli, le Cauchemar de Nicolai Abraham Abildgaardsemble avoir été inspiré par la paralysie du sommeil.

Tout comme le tableau homonyme de Fuseli, le Cauchemar de Nicolai Abraham Abildgaard semble avoir été inspiré par la paralysie du sommeil.

On trouve trace de la paralysie du sommeil dans toutes les cultures, où elle a donné lieu à de nombreuses légendes et interprétations : en Chine, on parle du Gu? y? chuáng, ou « fantôme qui écrase le lit » ; au Japon, c’est le Kanashibari. Dans les cultures musulmanes, on parle souvent des Djinns qui essaient de posséder le corps du dormeur. Au Canada on évoque la « vieille sorcière ». Mara en Islande, Khyaak au Népal, Karabasan en Turquie ou encore Amuku Be au Sri Lanka ne sont que quelques uns des noms utilisés dans le monde pour désigner l’entité maléfique qui surgit durant la paralysie du sommeil. De nombreux chercheurs pensent également que certains mythes modernes tels que les enlèvements d’extraterrestres peuvent être expliqués par le phénomène, de même que les attaques d’incubes et de succubes au moyen-âge.

Les causes de la paralysie du sommeil restent encore mal comprises. Cependant, on pense que certains facteurs peuvent en faciliter l’apparition, comme le stress, ou les heures de sommeil irrégulières. Si les cas de paralysie chronique restent rares, les études montrent qu’entre 25 et 30% des gens expérimentent le phénomène au moins une fois dans leur vie, quel que soit leur âge ou leur sexe. Si ça vous arrive, essayez de vous détendre. Rappelez-vous que c’est temporaire, et que tout se passe dans votre tête. Enfin, en respirant calmement, attendez que disparaisse la chose dans le noir…

J’ai moi-même vécu une paralysie du sommeil, dont le souvenir reste très vif.  J’ai vu une petit forme noire et humanoïde qui essayait de m’étouffer, alors que j’étais complètement paralysé. Comme j’ignorais totalement l’existence du phénomène à l’époque, j’avais associé l’expérience à une sorte de cauchemar très réel, mais je me souviens que la confusion et la peur ont persisté un certain temps. Si vous avez connu les symptômes décrits dans l’article, j’attends vos témoignages en commentaires!

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5 parasites qui feraient frémir un Alien

Cymothoa exigua

Cymothoa exigua, le dévoreur de langue

Ce crustacé parasite est également connu sous le nom évocateur de « pou mangeur de langue ». Long d’environ 3 cm, il se fixe sur la langue du vivaneau rose, un poisson du pacifique, en passant par ses branchies. Une fois en place, le cymothoa utilise ses griffes pour extraire le sang qui irrigue la langue de son hôte. A mesure que le petit vampire prend du volume, sa consommation de sang augmente, et la langue du poisson finit par s’atrophier. Elle est alors complètement remplacée par le corps du parasite. A ce stade, le cymothoa abandonne le sang pour se nourrir du mucus du vivaneau, sans s’occuper des aliments que ce dernier ingère. Si l’on met de coté le traumatisme qui consiste à voir un de ses organes remplacé par une créature vivante, phénomène unique dans la nature, le poisson peut alors mener une vie normale en utilisant le corps de son parasite comme une langue de substitution.

Leucochloridium paradoxum

Leucochloridium paradoxum, les yeux de la mort

Derrière ce nom barbare se cache un ver parasite au cycle de vie déroutant. Les Leucochloridium ne peuvent se reproduire que dans le système digestif des oiseaux, où ils atteignent leur forme adulte. Ils pondent alors des œufs, qui sont expulsés dans la nature avec les fientes de leur hôte. Une fois que les larves éclosent, tous leurs problèmes existentiels résident dans cette seule question : « comment revenir à l’intérieur d’un oiseau ? ». Pour y parvenir, elles suivent un plan particulièrement tordu. Tout d’abord, elles attendent qu’un escargot veuille bien consommer la déjection dans laquelle elles se trouvent. Une fois à l’intérieur du gastéropode, les larves remontent le système digestif de ce dernier pour aller se loger dans ses yeux. C’est alors qu’un phénomène impressionnant se produit : en grandissant, les larves transforment l’œil de l’escargot en excroissance multicolore et pulsatile qui évoque la forme d’une chenille. Les oiseaux se jettent alors sur ce qu’ils croient être une proie, absorbant au passage une nouvelle escouade de vers prêts à se reproduire. Le cycle peut ensuite recommencer…

Sacculina carcini

Sacculina carcini, la voleuse de corps

Dire de la sacculine qu’elle est un petit crustacé parasite du crabe serait un euphémisme. En réalité, la sacculine est le pire cauchemar qu’un crabe puisse imaginer. Au départ, la larve de sacculine femelle dérive au hasard des courants, jusqu’à ce qu’elle rencontre un crabe très malchanceux. Elle cherche alors une faille dans la carapace de l’animal, comme une articulation, et elle s’injecte littéralement dans son organisme. La sacculine grandit alors, déployant ses ramifications dans le corps de son hôte, jusqu’à émerger sous forme de protubérance à proximité des organes génitaux du crabe. A partir de ce moment fatidique, la sacculine possède complètement son hôte : elle va modifier son équilibre hormonal, l’empêchant de muer, de reconstituer ses pinces endommagées, et même de se reproduire. Le crabe devient alors un esclave zombifié, réduit à l’état de coquille ambulante, qui ne vivra plus que pour nourrir son parasite. Et quand la sacculine se fera féconder, elle forcera même le crabe à s’occuper des œufs comme si c’était les siens…

Ampulex compressa

Ampulex compressa, dans son nid personne ne vous entend crier

Les superbes reflets bleu-vert métallisés de la guêpe émeraude, ou ampulex compressa, ne doivent pas vous abuser : il s’agit d’une des prédatrices parasites les plus abominables qui soient. En période de reproduction, la guêpe émeraude recherche un cafard. Une fois qu’elle l’a trouvé, elle commence par lui planter son dard venimeux dans un ganglion thoracique, ce qui a pour effet de paralyser temporairement les pattes avant du malheureux. Elle le pique ensuite dans la zone du cerveau qui contrôle le reflexe d’évasion, empêchant ainsi le cafard de s’enfuir. Comme elle est trop petite pour le porter jusqu’à son nid, elle va guider le cafard zombifié en tirant sur une de ses antennes comme s’il s’agissait d’une laisse. Et c’est ici, quand ils sont arrivés au nid de la guêpe, que le véritable enfer va commencer pour le cafard : la guêpe va d’abord pondre un œuf dans l’abdomen de sa victime. Au bout de trois jours, une larve va éclore, qui va se nourrir des organes internes du cafard pendant une semaine. Durant toute cette période, le cafard est conservé en vie, jusqu’à ce que la larve ait pu former un cocon à l’intérieur de son corps mutilé. Enfin, au bout d’environ 4 semaines, c’est une guêpe adulte qui émergera du cafard, dans un style évocateur des pires moments d’Alien…

Cordyceps unilateralis

Cordyceps unilateralis, le hacker de cerveau

Ce dernier parasite n’est pas un animal, mais un champignon. Pourtant, c’est peut-être le plus impressionnant de la liste. Les spores du cordyceps unilateralis se déposent spécifiquement sur la surface externe de la fourmi, où elles germent. Elles pénètrent ensuite le corps de l’insecte en passant par ses orifices respiratoires. Le champignon va alors grandir à l’intérieur de la fourmi, déployant des filaments qui vont absorber les tissus mous de l’hôte, tout en évitant soigneusement ses organes vitaux. Quand le champignon est prêt à se reproduire, ses filaments poussent jusque dans le cerveau de l’insecte, avant de produire une substance qui va altérer la façon dont la fourmi perçoit les phéromones. Ce piratage chimique va pousser la fourmi à grimper au sommet d’une plante, ou elle utilisera ses mandibules pour se cramponner fermement à la tige. C’est à ce moment que le champignon dévore le cerveau de la fourmi, tuant instantanément son hôte. Ensuite, le cordyceps va se mettre à pousser depuis la tête de la fourmi en passant par les jointures de son exosquelette. Une fois mur, il laissera échapper des petites capsules remplies de spores, qui à leur tour iront infecter d’autres fourmis, complétant l’impitoyable cycle.

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Mike le poulet sans tête

Mike le poulet sans tête

Le 10 septembre 1945, un fermier nommé Lloyd Olsen alla chercher un poulet dans la cour de sa ferme de Fruita, dans le Colorado.  Il choisit un petit coq surnommé Mike, qu’il entreprit de décapiter d’un coup de hache. Lloyd visa de son mieux pour garder l’os du cou, la partie préférée de sa belle-mère, qui était invitée à diner. Lorsque la hache s’abattit, Mike déambula quelques instants, comme la plupart des volailles dans ce cas-là. Mais au lieu de succomber, il sembla reprendre normalement sa vie de coq, essayant de lisser son plumage, et picorant machinalement. Sans tête.

Devant un tel acharnement à survivre, Lloyd Olsen décida de prendre soin du miraculé. Il commença à le nourrir à l’aide d’une pipette qu’il remplissait de lait, d’eau, et de petits grains de maïs.  Lorsque Mike s’étouffait dans ses propres secrétions, les Olsen lui nettoyaient la trachée avec une seringue. Très vite, l’histoire du coq sans tête se répandit dans la région, entrainant des rumeurs de canular.  Pour démentir ces dernières, Lloyd Olsen emmena Mike à l’Université d’Utah, où les scientifiques purent confirmer l’authenticité du phénomène.

La statue de Mike à Fruita, Colorado

La statue de Mike à Fruita, Colorado

Devenu une véritable célébrité, Mike entama une tournée de spectacles itinérants dont il était la vedette, en compagnie d’autres créatures étranges. Il fut photographié par des dizaines de magazines et de journaux, dont le Time. Les gens payaient 25 cents pour venir le voir, et au sommet de sa popularité, il générait chaque mois l’équivalent de 50 000€ actuels. Il semblait aussi heureux que n’importe quel coq, essayant parfois de pousser un cri qui se soldait par un gargouillis informe.  Devant le succès d’Olsen et de sa merveille, de nombreux copieurs essayèrent d’obtenir leur propre poulet sans tête, mais aucun ne survécut plus de deux jours.

Une nuit de mars 1947, dans un motel de Phoenix,  Mike commença à s’étouffer. Mais les Olsen avaient oublié leur seringue de lavement lors d’un spectacle donné la veille, et ils ne purent rien pour sauver le malheureux coq. Au final, celui-ci vécut plus de 18 mois sans tête. Une autopsie permit de déterminer que la hache avait manqué de peu l’artère carotide, et qu’un caillot avait évité à Mike de se vider de son sang. Et bien que sa tête soit tranchée, une partie du tronc cérébral ainsi qu’une oreille étaient encore en état de marche. Cela suffit à Mike pour mener une vie de coq à peu près normale.

Aujourd’hui, 62  ans après sa mort,  Mike est toujours une légende dans la ville de Fruita. Un festival annuel lui est consacré au mois de mai, durant lequel ont lieu divers concours et attractions. Il existe également des chansons en son honneur, ainsi qu’une statue. De quoi prendre la grosse tête…

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