10 arbres hors du commun

Le Chêne d'Allouville - Crédits photo ARTHURDV
Le Chêne d’Allouville
Avec un âge estimé de 1200 ans, le Chêne-chapelle d’Allouville est le plus vieux chêne de France. Situé dans le village d’Allouville-Bellefosse en Haute-Normandie, il renferme deux chapelles superposées à l’intérieur de son tronc. Ces dernières furent aménagées au 17ème siècle par l’abbé du Détroit, alors que l’arbre avait déjà plus de 500 ans. Témoin de l’Histoire de France, le Chène millénaire aurait vu défiler les troupes de Guillaume le Conquérant, et il faillit être détruit pendant la Révolution. Amputé de moitié par la foudre en 1912, l’arbre fait depuis l’objet de soins et de consolidations constantes. Il fut classé monument historique en 1932, et il attire chaque année plusieurs milliers de visiteurs.

L'Arbre de vie - Crédits photo naval.lint
L’Arbre de Vie
L’Arbre de vie (shajarat al-hayah) est un mesquite de 400 ans qui se trouve à Bahreïn, dans le Golfe Persique. Cet arbre légendaire se dresse seul au milieu du désert, à environ 2 kilomètres de Jebel Dukhan, le point le plus élevé de Bahreïn. Sa source d’eau demeure un mystère, et sa survie miraculeuse au milieu de nulle part en à fait une des curiosités les plus visitées du Moyen-Orient. Selon les croyances locales, l’Arbre de vie se trouverait à l’emplacement de ce qui fut jadis le Jardin d’Eden…

Le Major Oak en 2006 - Crédits photo Marcin Floryan
Le Major Oak
Situé au cœur de la forêt de Sherwood, dans le comté de Nothingham, le Major Oak est l’arbre le plus célèbre d’Angleterre. Selon la légende, ce chène millénaire de 23 tonnes aurait servi d’abri à Robin des bois et ses complices, qui se cachaient dans le creux de son tronc. Depuis l’ère Victorienne, ses branches énormes sont soutenues par un ensemble d’échafaudages afin de les préserver. Certains scientifiques pensent que le Major Oak pourrait être la fusion de plusieurs chênes, ce qui expliquerait sa circonférence imposante (plus de 10 mètres). Cet emblème national fait partie des 50 grands arbres britanniques dont la liste fut établie en 2002.

L'Arbre du Ténéré en 1961 - Crédits photo Michel Mazeau
L’Arbre du Ténéré
Totalement seul au milieu du Desert du Ténéré, sans aucun autre arbre à moins de 400 km de distance, l’Arbre du Ténéré était un acacia considéré comme l’arbre le plus isolé au monde. Il était le dernier survivant d’un groupe d’arbres qui subsistaient lorsque le désert était moins aride. En 1938, en creusant un puits, on découvrit que ses racines descendaient jusqu’à 30 mètres de profondeur pour atteindre l’eau. Véritable symbole sacré pour les Touaregs, l’arbre du Ténéré servait de point de repère aux caravaniers, comme un phare au milieu du désert. Il fut renversé en 1973 par un camionneur, supposément ivre. Aujourd’hui, l’arbre mort est conservé au musée national du Niger, et il a été remplacé par une sculpture métallique.

L'Arbre de Tule - Credits photo Daniel Berger
L’Arbre de Tule
L’Arbre de Tule est un gigantesque cyprès de Montezuma qui se trouve dans l’état mexicain d’Oaxaca, à côté de l’église Santa maria del Tule. Avec sa circonférence de 36 m (pour une hauteur de 41m), il possède le tronc le plus épais de tous les arbres connus. Il est en fait si large qu’on pensa longtemps qu’il était constitué de plusieurs arbres, mais des tests ADN ont prouvé qu’il s’agissait bien d’un seul et même cyprès. Son âge est estimé aux alentours de 1500 ans, et les anciennes peuplades indigènes le considéraient comme sacré. La légende dit qu’il aurait été planté par un prêtre aztèque, et que de nombreuses protubérances en forme d’animaux peuvent être distinguées sur les reliefs de son tronc noueux. Il a été placé en 2001 sur la liste des candidats au patrimoine mondial de l’humanité.

Le pied monumental du Général Sherman - Crédits photo Seth Smigelski
Le Général Sherman
Haut comme un immeuble de 27 étages, le Général Sherman est un séquoia géant qui se trouve au parc national de Sequoia en California. Malgré sa hauteur de 83 m, ce n’est pas l’arbre le plus grand du monde, ce titre revenant à un autre séquoia de 115 m baptisé Hyperion. Mais les 1385 tonnes de son tronc et ses 1487 m3 de volume font du Général Sherman l’arbre le plus énorme de la planète, et sans doute le plus imposant des organismes vivants connus. Agé de plus de 2000 ans, il produit encore chaque année l’équivalent d’un arbre de 18 m en volume de bois. En 2006, la plus grosse branche du Général Sherman se brisa et tomba au sol : avec ses 2 mètres de diamètre et sa longueur de 30 mètres, elle était à elle seule plus grosse que la plupart des arbres existants.

Le Cyprès d'Abarqu - Crédits photo phespirit
Le Cyprès d’Abarqu
Situé dans la province de Yazd, en Iran, le Cyprès d’Abarqu est un arbre colossal agé de plus de 4000 ans. Classé monument national, il serait la plus vieille entité vivante d’Asie. Avec ses 25 m de haut et ses 11 m de tour de tronc, Il se dresse dans l’enceinte de la Grande Mosquée d’Abarqu, et les Iraniens le considèrent comme un arbre sacré. Selon la légende, il aurait été planté par le prophète Zoroastre lui-même, mais ce dernier serait né au moins 1000 ans après l’arbre si l’on en croit les dates de la mythologie Perse.

Un pin de Bristlecone qui pourrait être Mathusalem, l'emplacement de ce dernier étant tenu secret pour prévenir le vandalisme - Crédits photo Harold Davis
Mathusalem
Le plus vieil arbre du monde est un pin de Bristlecone situé dans les White Mountains de Californie, à plus de 3000 m d’altitude. Nommé Mathusalem en référence au personnage biblique qui vécut 969 ans, cet arbre à un âge estimé de 4842 ans. Il naquit donc en même temps que les premières pyramides d’égypte, et plus de 2000 avant l’Ancien Testament, dont son nom est tiré. C’est le plus vieil organisme non-clonal de la planète, ce qui signifie qu’il s’agissait déjà du même individu à sa naissance, et qu’il ne s’est pas reproduit depuis par le biais de ses branches ou de ses racines. A noter qu’un pin de Bristlecone encore plus vieux nommé Prometheus fut coupé par un étudiant en 1964 à des fins de recherche, avec l’accord du Service des Forêts. Ce n’est qu’après étude qu’ils réalisèrent que l’arbre approchait des 5000 ans…

Le Vieux Tjikko - Crédits photo Leif Kullman
Vieux Tjikko
C’est vers la fin de l’âge de glace, soit 4700 ans avant la naissance de l’arbre Mathusalem, que le vieux Tjikko prit racine pour la première fois. Cet épicea fut découvert en 2004 sur une montagne de la province de Dalarna (Suède) par le géologue Leif Kullman, qui le baptisa ainsi en souvenir de son chien mort. Le vieux Tjikko est le plus vieil arbre clonal du monde : sa partie visible n’est en fait agée que de quelques siècles, mais à chaque fois qu’un tronc meurt, un nouvel individu émerge des racines qui, elles, sont là depuis 9550 ans. Tjikko poussait donc déjà 2000 ans avant l’avènement de Sumer, la première civilisation urbaine. A cause du climat très rude dans lequel il se trouve, l’arbre actuel fut conservé à l’état d’arbrisseau pendant des siècles. Son récent développement complet serait consécutif au réchauffement climatique.

Colonie de peupliers dans l'Utah - Crédits photo MatthewPHX
Pando
Si le Général Sherman est l’organisme individuel le plus volumineux du monde, et si le vieux Tjikko est l’organisme individuel le plus vieux, il existe un organisme collectif encore bien plus grand, et plus ancien. Il s’agit d’une colonie clonale de peupliers faux-trembles nommée Pando. Située dans l’Utah, à l’ouest des Etats-unis, cette colonie qui s’étend sur 43 hectares est constituée de 47000 arbres génétiquement identiques, et qui sont tous reliés à un seul et même système de racines. Prises séparément, les pousses qui composent la colonie ont une espérance de vie d’environ 130 ans, mais le système lui-même ne cesse de se régénérer depuis 80 000 ans, ce qui en fait l’organisme le plus ancien connu sur Terre. Avec un poids global dépassant les 6000 tonnes, Pando est également l’organisme le plus lourd. Malgré ces chiffres vertigineux, les scientifiques estiment que d’autres organismes encore plus imposants et plus anciens existent, attendant d’être découverts depuis la nuit des temps…
Plus d’infos:
- Le Chêne d’Allouville sur Wikipedia
- L’Arbre de vie sur Wikipedia (anglais)
- Le Major Oak sur Wikipedia
- L’Arbre du Ténéré sur Wikipedia
- L’Arbre de Tule sur Wikipedia
- Le Général Sherman sur Wikipedia
- Le Cyprès d’Abarqu sur Cais News (anglais)
- Mathusalem sur Wikipedia
- Le Vieux Tjikko sur Wikipedia (anglais)
- Pando sur Wikipedia (anglais)









Un juge déclare à un condamné à mort qu’il sera pendu lors d’une matinée de la semaine suivante, mais que le jour de l’exécution sera une surprise totale pour le pauvre homme. Il ne connaitra le jour de sa pendaison que le matin ou le bourreau viendra frapper à sa porte, sa seule certitude étant que les pendaisons n’ont pas lieu le week-end. De retour dans sa cellule, le prisonnier réfléchit à sa sentence : il commence par se dire que la « pendaison surprise » ne pourra avoir lieu le vendredi, car s’il survit tous les jours de la semaine jusqu’au jeudi soir, il ne restera plus que le vendredi pour l’exécution. Et dans ce cas, ça ne sera pas une surprise. Il se dit ensuite que la pendaison ne pourra pas avoir lieu le jeudi non plus, car s’il est encore vivant mercredi soir, le vendredi étant éliminé d’office, il ne restera plus que le jeudi. Et par conséquent l’exécution ne sera toujours pas une surprise. En suivant cette même logique, le prisonnier élimine également le mercredi, le mardi et le lundi. Rassuré, il en déduit que la sentence ne sera jamais exécutée. La semaine suivante, le bourreau vient frapper à la porte du condamné le mercredi matin, ce qui, malgré toutes les réflexions de ce dernier, reste effectivement une surprise totale. Le juge avait raison. Ce paradoxe, en apparence simple, a divisé les écoles de pensée. Encore aujourd’hui, il n’a pas de solution clairement établie.
Une maladie mortelle fait son apparition, qui touche une personne sur 10000. Inquiet, vous décidez de passer un test de dépistage. Votre médecin vous assure que le test est fiable à 99%. Une semaine après la prise de sang, vous recevez les résultats : ils sont positifs. Désespéré, vous pensez en toute logique que vous êtes condamné, avec une certitude de 99%. Cependant, et heureusement pour vous, les probabilités produisent parfois des résultats contre-intuitifs : en réalité, vous avez 1% de chances d’être réellement malade. Comment est-ce possible ? Imaginons qu’un million de personnes fasse le test. La maladie touche une personne sur 10000. Il y aura donc 100 personnes contaminées. Sur ces 100 personnes, 99 seront correctement diagnostiquées positives, et une personne sera dans l’erreur, puisque le test à une fiabilité de 99%. Maintenant, sur les 999 900 personnes qui ne seront pas touchées par la maladie, il y aura toujours 1% de faux diagnostics, mais ce 1% représente ici 9999 personnes. Par conséquent, en recevant un résultat positif, vous avez 100 fois plus de chances de faire partie des 9999 personnes victimes d’un faux diagnostic, que des 99 correctement diagnostiquées. Les chiffres peuvent se révéler dramatiquement trompeurs, pensez-y la prochaine fois que vous entendrez des statistiques sortir de la bouche d’un homme politique.
Imaginez que vous soyez dans un jeu télévisé, où l’on vous demande de choisir entre trois portes. Derrière une des portes, il y a une voiture. Derrière les deux autres, il y a des chèvres. Les règles du jeu sont les suivantes : une fois que vous avez choisi une porte, on ne l’ouvre pas tout de suite. L’animateur du jeu, Monty Hall, qui sait ce qui se trouve derrière les portes, doit ouvrir une des deux portes restantes. S’il reste la voiture et une chèvre, Monty le sait, et il ouvre la porte qui cache une chèvre. S’il reste les deux chèvres, Monty ouvre une des deux portes, indifféremment. Après avoir ouvert sa porte, qui donne donc dans tous les cas sur une chèvre, Monty vous demande si vous restez sur votre choix de départ, ou si vous préférez changer et ouvrir la dernière porte restante. Par exemple, vous choisissez au départ la porte A. Monty ouvre la porte C, qui cachait une chèvre. Est-il dans votre intêret de rester sur votre premier choix, ou de changer pour la porte B ?
Un medium surnommé “Le Prédicteur” est capable de prévoir les comportements humains de façon quasi infaillible. Il vous propose un jeu : devant vous se trouvent deux boites, A et B. Vous pouvez prendre le contenu des deux boites, ou juste celui de la boite B. La boite A contient 1000 €. Le contenu de la boite B est déterminé de la sorte : avant que le jeu ne commence, Le Predicteur essaye de deviner si le joueur prendra juste la boite B, ou les deux. Si le Predicteur pense que les deux boites seront prises, alors la boite B ne contiendra rien. SI le Predicteur pense que seule la boite B sera prise, alors cette dernière contiendra 1 000 000 €. Quand le jeu commence et que le joueur doit faire son choix, la prédiction a déjà été faite. Le million d’euros a déjà été mis ou non dans la boite par le Prédicteur, et ce dernier ne peut plus rien y changer. Avant le début du jeu, le joueur est conscient de toutes les règles, il sait que le contenu de la boite B dépend des prédictions du medium, et il connait la réputation d’infaillibilité de celui-ci.
Souvent utilisés en science-fiction, les paradoxes induits par le voyage dans le temps sont multiples. L’un des plus typiques est sans doute le paradoxe dit du “Grand père” : un voyageur temporel remonte le temps et tue son grand père biologique avant que celui-ci n’ait pu concevoir le père du voyageur. En conséquence de quoi le voyageur ne vient jamais au monde, et ne peut donc pas remonter dans le temps une fois adulte. Le paradoxe logique inhérent à cette expérience de pensée a été utilisé pour démontrer que le voyage dans le temps était impossible. Cependant, plusieurs solutions ont été proposées pour résoudre le problème, comme celle des univers parallèles : lorsqu’il tue son grand père, le voyageur génère un univers alternatif dans lequel il ne nait jamais, ce qui ne l’empêche pas d’exister dans son univers original. Un autre paradoxe temporel classique est le paradoxe dit de “prédestination”, dans lequel le voyageur est pris dans une boucle causale. Quoi qu’il fasse, le voyageur ne peut rien changer à l’histoire, car ce qu’il fait dans le passé est, par définition, déjà arrivé. Son présent est en réalité déterminé par son voyage dans le temps. Le premier “Terminator” est une des nombreuses œuvres de fiction qui exploite le paradoxe de prédestination : Dans ce film, le soldat Kyle Reese est envoyé dans le passé pour protéger la mère de son supérieur, John Connor, avec laquelle il finit par concevoir John Connor lui-même, qui une fois adulte enverra Kyle Reese dans le passé protéger sa mère. Le paradoxe de prédestination se confond parfois avec le paradoxe “ontologique”, qui concerne plus spécifiquement les objets et informations générés à partir d’une boucle temporelle : dans “Retour vers le futur” Marty McFly joue “Johnny B. Goode” lors d’un bal de promo en 1955. Chuck Berry entend la prestation par téléphone, et décide de s’inspirer du morceau. Cela provoque un paradoxe dans lequel “Johnny B. Goode” n’a en fait jamais été écrit par personne…


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