Articles taggés: histoire

8 messages codés qui restent à déchiffrer

Kryptos

Kryptos - Crédits photo © Jim Gillogly

Kryptos

Depuis 1990, une étrange sculpture se dresse dans l’enceinte du quartier général de la CIA, à Langley, Virginie. Baptisée Kryptos, cette œuvre de l’artiste américain Jim Sanborn contient des messages qui n’ont toujours pas été déchiffrés entièrement. La sculpture est composée d’un petit bassin à bulles entouré de bois petrifié, de blocs de granite, et d’une large plaque de cuivre en forme de S dans laquelle ont été découpées environ 1700 lettres de l’alphabet. L’inscription est divisée en 4 parties distinctes, chacune correspondant à un message. En 1999, un informaticien du nom de James Gillogly fut le premier à annoncer publiquement avoir déchiffré 3 des 4 sections, après quoi la CIA révéla qu’un de leurs analystes, David Stein, était arrivé au même résultat un an plus tôt. Mais malgré les efforts des meilleurs cryptographes, le quatrième message de Kryptos demeure indéchiffrable depuis plus de 20 ans. Seules 3 personnes au monde sont censées en connaitre la solution : Jim Sanborn lui-même, Ed Scheidt, cryptographe de la CIA qui aida le sculpteur à choisir les méthodes de codage, et William Webster, ancien directeur de la CIA à qui une enveloppe scellée contenant le texte original fut remise. Mais selon Sanborn, il ne s’agit pas seulement de connaitre le texte pour le comprendre. Les messages constituent eux-mêmes une énigme, faisant référence à quelque chose qui serait enterré sous le sol de la CIA…

Le chiffre d'Agapeyeff

Le chiffre d'Agapeyeff

Le Chiffre d’Agapeyeff

En 1939, le cartographe anglais Alexander d’Agapeyeff publia un ouvrage de cryptographie élémentaire intitulé « Codes and ciphers ». A la fin du livre, il intégra un message chiffré afin que les lecteurs puissent tester leurs compétences de décryptage. Mais aucun lecteur, ni aucun cryptographe ne parvint jamais à déchiffrer le mystérieux texte. Le message ne fut pas publié dans les éditions suivantes de l’ouvrage, et d’Agapeyeff lui-même admit qu’il avait oublié comment il avait encrypté son texte. Devant l’invulnérabilité du code, certains ont avancé que l’auteur s’était tout simplement trompé dans sa méthode. Si vous avez envie de tenter votre chance, voici le message :

75628 28591 62916 48164 91748 58464 74748 28483 81638 18174
74826 26475 83828 49175 74658 37575 75936 36565 81638 17585
75756 46282 92857 46382 75748 38165 81848 56485 64858 56382
72628 36281 81728 16463 75828 16483 63828 58163 63630 47481
91918 46385 84656 48565 62946 26285 91859 17491 72756 46575
71658 36264 74818 28462 82649 18193 65626 48484 91838 57491
81657 27483 83858 28364 62726 26562 83759 27263 82827 27283
82858 47582 81837 28462 82837 58164 75748 58162 92000

Le Chiffre de Beale

Le trésor de Thomas Beale : légende ou réalité?

Le Chiffre de Beale

En 1818, alors qu’il chasse le bison en compagnie d’une trentaine d’hommes, un certain Thomas Jefferson Beale découvre un gisement d’or et d’argent au nord de Santa Fe, au Nouveau Mexique. Soucieux de protéger leur trésor, Beale et ses hommes décident d’aller le cacher quelque part en Virginie, loin de l’ouest sauvage. Leur butin équivaut alors à 65 millions de dollars actuels. En 1822, avant de repartir vers le nouveau Mexique pour exploiter d’avantage de minerai, Beale remet une boite en fer à un homme de confiance, un aubergiste du nom de Robert Morriss. La boite contient des lettres d’explication ainsi que 3 lettres codées qui indiquent l’emplacement du trésor. Beale demande à Morris de conserver la boite scellée, et de l’ouvrir au bout de 10 ans si personne n’est venu la chercher avant. Une lettre contenant la clé de décryptage lui serait envoyée au terme de ce délai. Morris ne reverra en fait jamais Beale, et il ne recevra pas non plus de clé. Au bout de 23 ans, il se décide finalement à ouvrir la boite, mais il passera le reste de sa vie à essayer en vain de déchiffrer les lettres. En 1862, peu avant sa mort, Morris explique toute l’histoire à un de ses amis, et lui passe la boite. A force d’acharnement, l’ami en question finit par décrypter le texte de la deuxième lettre : celle-ci décrit le contenu du trésor, et indique qu’il est enterré quelque part dans une caverne du comté de Bedford, en précisant que l’emplacement exact est décrit dans la lettre n°1. En 1885, désespéré de parvenir à déchiffrer les textes restants, l’ami de Morris publiera anonymement le récit de Beale ainsi que ses lettres dans un livre intitulé « the Beale Papers ». L’authenticité de l’histoire a toujours fait l’objet de nombreuses controverses, et certains considèrent qu’il s’agit d’un canular savamment élaboré. Toujours est-il qu’après plus d’un siècle de tentatives acharnées, les lettres n°1 et n°3 restent indéchiffrables. Et aussi longtemps qu’elles le seront, le trésor de Thomas Beale conservera son mystère…

Le chiffre de Dorabella

Le chiffre de Dorabella

Le Chiffre de Dorabella

Edward Elgar était un compositeur anglais féru de cryptographie, et son œuvre la plus célèbre, les « Variations Enigma », est notamment connue pour le contenu caché qui serait encodé dans sa partition. En 1897, Elgar adressa une lettre à une amie de 20 ans sa cadette, Dora Penny, qu’il surnommait Dorabella. Le message qui y figurait était composé d’étranges caractères en demi-cercles répartis sur 3 lignes, ainsi que d‘un énigmatique petit point à côté d’une des lettres. Dans les mémoires qu’elle écrivit 40 ans plus tard, Dora Penny confia qu’elle ne fut jamais capable de déchiffrer le message, et que lorsqu’elle questionna Elgar à ce sujet, celui-ci lui répondit qu’elle était pourtant la « mieux placée pour deviner ». Aucune des tentatives de décodage menées depuis n’a donné de résultat satisfaisant, et plus de 70 après, le chiffre de Dorabella continue à dérouter les meilleurs cryptographes du monde. Une des solutions avancées suggère toutefois que le message ne serait pas un texte, mais une mélodie…

L'inscription de Shugborough

L'inscription de Shugborough - Credits photo © REX

L’inscription de Shugborough

Shugborough hall est une vaste demeure située dans la campagne du Staffordshire, en Angleterre. Elle est célèbre pour le mystérieux monument qu’elle abrite au fond de ses jardins, une arche de pierre baptisée le « Monument des Bergers ». Sculpté à l’initiative de la famille Anson au 18ème siècle, ce monument contient en son centre une reproduction des « Bergers d’Arcadie », un tableau de Nicolas Poussin taillé ici en bas-relief sur une plaque de marbre. L’œuvre représente une femme et trois bergers, dont deux pointent un tombeau du doigt. Etrangement, la scène est inversée par rapport au tableau original, comme si ce dernier se reflétait dans un miroir. Mais l’énigme réside dans l’inscription gravée sous le bas-relief : il s’agit d’une séquence de 10 lettres, O U O S V A V V, encadrée par les lettres D et M. En près de 3 siècles, personne n’a pu expliquer le sens de l’inscription, même si de nombreuses interprétations ont été avancées. Certains y ont vu l’acronyme d’un message amoureux, des références bibliques, ou encore la distance qui sépare Shugborough de Oak Island, une petite ile qui abriterait un trésor enfoui. Enfin, plus récemment, des livres tels que l’Enigme Sacrée ou le Da Vinci Code ont largement popularisé la légende selon laquelle l’inscription désignerait l’emplacement du Saint Graal…

Le Disque de Phaistos

Le Disque de Phaistos au musée d'Heraklion

Le Disque de Phaistos

En 1908, une équipe d’archéologues italiens découvre un curieux disque d’argile dans les ruines du palais de Phaistos, en Grèce. Le disque a un diamètre d’environ 16 centimètres, et il est couvert sur ses deux faces de symboles inconnus disposés en spirale. On dénombre au total 241 signes composés de 45 hiéroglyphes distincts, qui semblent représenter des hommes, des outils, des animaux ou encore des plantes. Ces signes sont divisés en groupes séparés par des lignes, et ils ne semblent pas avoir été gravés, mais littéralement imprimés avec des tampons. Le disque ayant été estimé comme datant du 2ème millénaire avant JC, cela en ferait le plus ancien exemple d’imprimerie jamais découvert. Malgré de nombreuses tentatives de déchiffrements par les chercheurs, le sens et l’usage du disque restent un mystère complet. Il pourrait s’agir d’un hymne religieux, d’un calendrier ou encore d’un jeu selon les interprétations. De multiples origines possibles ont été données au disque, allant de l’Egypte à l’Atlantide, pour citer la plus ésotérique. Sa particularité la plus extraordinaire est sans doute qu’aucun objet semblable n’a jamais été découvert, ce qui en fait, jusqu’à preuve du contraire, une pièce unique. Tous ces mystères ont poussé certains chercheurs à remettre en question l’authenticité du disque, mais il est généralement admis qu’il s’agit bien d’un vestige antique. Le disque de Phaistos est aujourd’hui conservé au musée archéologique d’Heraklion.

Le code du Zodiaque

Extrait d'un des cryptogrammes irrésolus du Zodiaque

Le Code du « Zodiaque »

Le Zodiaque était un tueur en série qui sévit dans le nord de la Californie à la fin des années 60, et qui ne fut jamais identifié. On lui attribue avec certitudes 5 meurtres, mais il fut soupçonné d’avoir tué plusieurs dizaines de personnes entre 1966 et 1978. Il était notamment connu pour se livrer à un jeu pervers de correspondance avec la presse locale. Le 1er aout 1969, 3 journaux californiens reçoivent des lettres du Zodiaque, qui menace de tuer 12 personnes si ses messages ne sont pas publiés en une. Les lettres contiennent chacune le tiers d’un message codé, qui est censé contenir l’identité du tueur. Le message est finalement déchiffré par Donald et Bettye Harden, deux professeurs d’université, mais à la place d’une quelconque révélation sur le nom du Zodiaque, ils découvrent une macabre confession : le tueur explique qu’il tue par plaisir, et parce qu’il pense que ses victimes seront ses esclaves dans l’au-delà. Au total, entre 1969 et 1974, le Zodiaque enverra 18 lettres à la presse, dont quatre cryptogrammes. Sur les quatre, seul le message d’aout 1969 fut décodé, les trois autres restant à ce jour indéchiffrables.

Le code "Taman Shud"

Le code "Taman Shud"

Le Code « Taman shud »

Le 1er décembre 1948, le cadavre d’un homme est retrouvé sur la plage de Somerton, en Australie. Agé d’une quarantaine d’années, l’homme porte un pull over et un imperméable malgré la chaleur élevée, et il n’a aucune pièce d’identité sur lui. Toutes les étiquettes de ses vêtements ont été découpées. Plus étrange encore, ses empreintes digitales et dentaires ne correspondent à aucun profil enregistré. L’autopsie ne révèle aucune trace de poison dans son organisme, et ne parvient finalement à aucune conclusion quant à la cause de sa mort. Face à l’opacité du mystère, Scotland Yard est appelé en renfort, et une photo de l’homme est largement diffusée à travers le monde, mais personne ne parvient à l’identifier. Le mystère s’épaissit d’avantage lorsqu’une valise appartenant vraisemblablement à la victime est retrouvée un mois plus tard, remplie de vêtements dont les étiquettes ont été enlevées. La police découvre également une poche cachée dans le pantalon de l’homme, qui contient un morceau de papier sur lequel sont imprimés les mots « Taman shud ». A l’aide de spécialistes de la bibliothèque nationale, il est établi que ce morceau de papier a été arraché d’un livre de poèmes intitulé les Roubaïates d’Omar Khayyam. Après qu’une photo du morceau de papier ainsi que des informations concernant le livre ont été diffusées publiquement, un homme finit par contacter la police pour leur dire qu’il a trouvé une très rare édition de l’ouvrage sur le siège arrière de sa voiture, la nuit du 30 novembre 1948. Soit la veille de la découverte du corps. L’affaire passe d’énigmatique à totalement déconcertante lorsque la police découvre un message codé à l’arrière du livre : 5 lignes de lettres apparemment aléatoires, dont une barrée. Le code ne fut jamais déchiffré, et l’affaire de l’homme de Sommerton reste le mystère criminel le plus étrange de toute l’histoire australienne.

Plus d’infos :

5 supercheries qui ont mystifié leurs époques

Géant de Cardiff

Le Géant de Cardiff exposé au Farmer's Museum de Cooperstown - Crédits photo

Le Géant de Cardiff

Le 16 octobre 1869, deux ouvriers firent une découverte qui allait rendre mondialement célèbre le petit hameau de Cardiff, dans l’état de New York. En creusant un puits sur le terrain du fermier William Newell, ils exhumèrent ce qui semblait être le corps fossilisé d’un homme de 3m de haut. Sitôt la nouvelle répandue, des curieux affluèrent de toute la région pour venir voir le colosse de pierre, étendu dans une apparente posture d’agonie. Devant un tel succès, William Newell abrita le corps sous une tente, et commença à faire payer les visites. La communauté scientifique ne cachait pas son scepticisme à l’égard du géant de Cardiff, mais les fondamentalistes chrétiens en défendaient l’authenticité, considérant la découverte comme une preuve que les géants mentionnés dans l’Ancien Testament avaient bien existé. Ce qu’ils ignoraient, c’est qu’ils étaient les dindons d’une farce orchestrée par un certain George Hull, fabricant de cigares et cousin de Newell. Un an plus tôt, Hull avait eu un débat enflammé avec un révérend méthodiste à propos des géants bibliques. En tant qu’athée convaincu, il se demandait comment l’on pouvait croire à de telles histoires, et pour voir jusqu’où irait la crédulité religieuse, il eut l’idée de fabriquer un faux géant pétrifié.

Géant de Cardiff

Le Géant de Cardiff sur les lieux de sa découverte - Crédits photo J L Hamar/Frederic Lewis/Getty Images

Il fit donc tailler une statue en secret, utilisant de l’acide pour en vieillir l’aspect et des aiguilles pour simuler les pores de la peau, avant de l’enterrer derrière la ferme de son cousin avec la complicité de ce dernier. Il ne restait plus ensuite qu’à engager deux ouvriers pour creuser un puits au bon emplacement. George Hull dépensa 2600$ dans son canular, mais lorsque le phénomène attira l’attention de tout le pays, l’investissement s’avéra très rentable : Hull et Newell furent rapidement approchés par un groupe d’hommes d’affaires à qui ils revendirent le géant pour 23000 $. Mené par un certain David Hannum, le groupe exhiba le colosse dans la ville de Syracuse, où il déplaça des foules entières. A tel point que le célèbre entrepreneur de spectacles Phinéas Barnum proposa de le racheter pour 50000 $, mais les nouveaux propriétaires déclinèrent l’offre. Ne s’avouant pas vaincu, Barnum décida alors de faire fabriquer une réplique, puis il l’exhiba à New York en déclarant que seul son géant était véritable, l’autre n’étant qu’une vulgaire copie ! David Hannum attaqua Barnum en diffamation, mais le procès tourna court lorsque Georges Hull dévoila toute l’histoire à la presse. Les deux géants furent déclarés faux, et Barnum échappa du même coup à la condamnation. Aujourd’hui, le géant de Cardiff est conservé au Farmer’s Museum de Copperstown, et plus de 140 ans après sa création, il est toujours considéré comme le canular le plus populaire de l’histoire des Etats-Unis.

Fées de Cottingley

Frances et les fées de Cottingley - Crédit photo Elsie Wright

Les Fées de Cottingley

Durant l’été 1917, Elsie Wright et Frances Griffiths, deux cousines de 16 et 10 ans qui vivent dans le village de Cottingley, en Angleterre, décident de prouver à leurs parents qu’elles voient régulièrement des fées dans les bois. Avec l’appareil photo de son père, Elsie prend un cliché de Frances avec quatre créatures ailées qui semblent danser devant elle, puis, deux mois plus tard, c’est au tour de Frances de photographier sa cousine en compagnie d’un lutin. Arthur Wright, le père d’Elsie, est convaincu que les deux jeunes filles ont truqué les images, mais ce ne pas l’avis de son épouse, Polly, pour qui les photos sont authentiques. Elle les montre en 1919 lors d’une conférence sur les fées organisée par la Société Théosophique, une association spiritualiste. Les images deviennent alors publiques, et elles parviennent jusqu’à Edward Gardner, un membre éminent de la Société qui pense que les fées sont le signe d’un nouveau cycle d’évolution. En 1920, Gardner envoie les photos ainsi que les négatifs originaux pour analyse à Harold Snelling, un expert en photographie qui ne trouve aucune trace de manipulation, et qui conclut à l’authenticité des clichés. C’est à cette époque qu’Arthur Conan Doyle, le célèbre créateur de Sherlock Holmes, va s’intéresser à l’histoire des fées de Cottingley. Il prend contact avec Edward Gardner, et ensemble les deux hommes commandent une contre-expertise à la société Kodak, qui ne trouvera pas non plus de signe de trucage.

Fées de Cottingley

La dernière photo, dont Frances soutiendra toujours l'authenticité

Au mois de juillet 1920, Gardner va à la rencontre de la famille Wright, et donne deux appareils photo à Elsie et Frances en leur proposant d’essayer à nouveau de prendre des clichés « féériques ». Quand la mère d’Elsie veut les accompagner, les filles insistent sur le fait qu’elles doivent être seules pour que les fées se manifestent, et à la fin de l’été, elles envoient 3 photos à Gardner qui les montrent en compagnie des mêmes créatures ailées qu’en 1917. Lorsqu’il apprend la nouvelle, Conan Doyle est persuadé que grâce à ces photos, le public va enfin s’ouvrir à la réalité des phénomènes parapsychologiques. Il écrit deux articles sur l’affaire ainsi qu’un livre, qui recevront un accueil critique très mitigé. Ses positions quant à l’existence d’un « petit peuple » invisible iront même jusqu’à le discréditer en tant qu’auteur, mais il défendra l’authenticité des photos jusqu’à sa mort, en 1930. Après 1921, l’effervescence médiatique autour des fées de Cottingley se tasse progressivement, et les deux cousines, usées par cette histoire, partent de longues années à l’etranger. L’affaire ressurgit dans les années 60 et 70, lorsque des journalistes tentent d’obtenir des aveux d’Elsie et Frances, mais celles-ci nient avoir truqué les images. Elsie va jusqu’à suggérer qu’elles avaient peut être réussi à impressionner la plaque photographique avec leur imagination. Ce n’est qu’en 1983, soit 66 ans après le début de l’histoire, que les cousines confessent leur secret à la presse : elles avaient simplement découpé des illustrations qu’elles avaient ensuite fixé dans le décor avec des épingles. Trop embarrassées d’avoir trompé l’auteur de Sherlock Holmes lui-même, elles avaient décidé de ne rien dévoiler. Cependant, et contrairement à sa cousine, Frances soutiendra jusqu’au bout que la cinquième photo, montrant des fées dans les herbes, était bien réelle. Les photos originales d’Elsie et Frances comptent aujourd’hui parmi les plus célèbres du 20ème siècle, et elles sont conservées au National Media Museum de Bradford, à quelques kilomètres de Cottingley.

L'Homme de Piltdown

Une réplique du crâne de l'Homme de Piltdown

L’Homme de Piltdown

Au début du 20ème siècle, un géologue amateur du nom de Charles Dawson fait des fouilles dans une petite carrière près de Piltdown, dans le sud de l’Angleterre. Il découvre des dents d’éléphant et d’hippopotame datant de l’ère glaciaire, ainsi que d’intriguants fragments de crâne humain. Arthur Smith Woodward, le président de la Société de géologie de Londres, ainsi que le paléontologue Teilhard de Chardin viennent alors lui prêter main forte, et ils découvrent ensemble une mâchoire qui présente des attributs à la fois humains et simiens. Convaincus d’avoir trouvé le « chainon manquant » qui, selon Darwin, devait marquer la transition entre l’homme et le singe, Woodward et Dawson présentent le crane reconstitué de l’Homme de Piltdown le 18 décembre 1912, devant un parterre de chercheurs stupéfiés. Ce fossile inclassable, dont on estime qu’il a 500 000 ans de plus que l’homme de Neanderthal, incarnerait le début de l’humanité. La nouvelle bouleverse les connaissances anthropologiques de l’époque, et obtient aussitôt un retentissement mondial. Pendant de nombreuses années, l’Homme de Piltdown, qui fait la fierté du Royaume-Uni, est largement accepté au sein de la communauté scientifique comme le véritable chainon manquant. Il est intégré aux ouvrages de paléontologie, et son authenticité est confortée lorsqu’on trouve d’autres restes aux caractéristiques à la fois humaines et simiennes à proximité de la carrière de Piltdown. Cependant, le doute reste présent chez de nombreux chercheurs. Dans les années 1920, le paléoanthropologue allemand Franz Weidenreich affirme après examen que les restes de l’Homme de Piltdown sont constitués d’un crâne humain et d’une mâchoire d’orang-outan. Sa voix ne rencontre qu’un écho mineur, mais le statut de l’Homme de Piltdown continue à se fragiliser en 1924, lorsqu’on découvre le premier australopithèque en Afrique.

L'Homme de Piltdown

Charles Dawson et Arthur Woodward à la recherche de fossiles sur le site de Piltdown

Agé de plusieurs millions d’années, celui-ci montre que la mâchoire humaine à évolué avant le crâne, ce qui n’est pas le cas chez l’Homme de Piltdown. Le coup de grâce est porté en 1953, lorsque 3 anatomistes de l’université d’Oxford s’aperçoivent que le crane et la mâchoire ont été oxydés pour en vieillir artificiellement l’aspect, et que les dents ont été limées pour imiter l’usure des dents humaines. La mâchoire de l’Homme de Piltdown était bien une mâchoire d’orang-outan, et de plus, les dents d’éléphant et d’hippopotame qui avaient été trouvées sur le même site et qui avaient permis d’estimer l’âge géologique du crâne provenaient de Malte et de Tunisie. Elles avaient donc été rapportées pour fausser les datations. Le Muséum d’histoire naturelle de Grande-Bretagne se résigne à admettre dans un bulletin du service de géologie que l’homme de Piltdown est un faux, et que les personnes qui ont participé à son exhumation ont été victimes d’une « tromperie inexplicable ». En 1959, une datation au carbone 14, technologie encore toute récente, permet d’affirmer que le crâne appartient à un homme du moyen âge, et que la mâchoire n’a pas plus de 500 ans. Encore aujourd’hui, on ignore qui était l’auteur de ce canular minutieusement élaboré. De nombreux coupables ont été suggérés, parmi lesquels Charles Dawson lui-même, ou bien son collègue Teilhard de Chardin qui, devant l’ampleur prise par l’imposture, n’aurait rien osé avouer. Le nom de Conan Doyle, encore lui, a également été avancé : l’auteur de Sherlock Holmes vivait près de Piltdown à l’époque des faits, il fréquentait Charles Dawson et il étudiait la préhistoire pour préparer un roman. Selon ses défenseurs, il ne s’y connaissait pas assez en paléontologie pour organiser une telle opération, mais il est tentant d’imaginer qu’a quelques années d’intervalle, le même homme ait été à la fois auteur et victime des deux plus grands canulars que l’Angleterre ait jamais connu.

Les soeurs Fox

Margaret, Kate et Leah Fox vers 1852

Les sœurs Fox

Au cours du mois de mars 1848, d’étranges bruits commencent à se faire entendre dans la ferme de la famille Fox, à Hydesville, dans l’état de New York. Des coups retentissent entre les murs de la petite maison, qui a la réputation d’être hantée. Dans la nuit du 31 mars, Kate et Margaret, les deux sœurs cadettes âgées de 12 et 15 ans, essaient d’établir un contact avec l’esprit frappeur. Elles le baptisent Mr Splitfoot (Pied fourchu), et lui demandent de répondre à des questions en donnant des coups pour « oui », « non », ou pour des lettres de l’alphabet. L’entité dit être un camelot nommé Charles B. Rosma, assassiné cinq ans plus tôt puis enterré dans la cave de la maison. Quand on fouille à l’endroit indiqué, on ne trouve que quelques fragments d’os, mais l’affaire se répand comme une trainée de poudre et les sœurs Fox deviennent des célébrités. Très vite, elles donnent des démonstrations publiques de communication avec l’au-delà qui rencontrent un énorme succès. Sous la houlette de Leah, leur sœur ainée, elles se lancent dans une tournée nationale qui déplace des personnalités éminentes de l’époque. Le Spiritisme devient un phénomène de société, et des milliers d’émules commencent à prétendre pouvoir communiquer avec les morts. En l’espace de quelques années, la passion des « tables tournantes » va enflammer les Etats-unis, puis l’Europe. Les sœurs Fox intègrent même les cercles de la haute société, où de nombreux notables leur demandent des séances privées. En 1852, Margaret épouse un célèbre explorateur, Elisha Kane, mais quand celui-ci meurt 5 ans plus tard, elle commence à sombrer progressivement dans la boisson. Kate, de son coté, part s’installer en Angleterre en 1871, ou elle épouse un riche avocat.

Les soeurs Fox

La maison

Là-bas, elle accepte de se soumettre aux examens d’un scientifique Londonien, William Crookes, qui veut comprendre comment les « coups » des esprits se manifestent en sa présence. Crookes conclura que la jeune femme ne triche pas. En 1881, Kate perd son mari à son tour, et se réfugie dans l’alcool, tout comme Margaret. En 1888, suite à de longues années de déchéance où Kate perd notamment la garde de ses enfants, les deux sœurs se brouillent avec leur ainée Leah, qui est alors un des membres éminents du mouvement Spirite. Elles décident de monter sur scène à New-York pour dévoiler la vérité sur leurs prétendus pouvoirs : depuis toujours, elles produisaient elles-mêmes les « coups » des esprits avec une technique de craquement d’orteil qu’elles avaient perfectionné au fil des années. Margaret fit une démonstration sous l’examen de médecins présents dans la salle, en expliquant que leur sœur Leah les avait forcées à s’exhiber comme des bêtes de foire. Elle déclara que le Spiritisme, mouvement dont elle était pourtant à la source avec sa sœur Kate, était une fraude de la pire espèce. Les sceptiques de la première heure se réjouirent, mais les adeptes du mouvement, qui se comptaient en millions, continuèrent leur pratique comme si rien ne s’était passé. Beaucoup étaient convaincus que ces confessions étaient forcées, et leur avis fut conforté quelques temps plus tard, lorsque Margaret se désavoua. Elle avait besoin d’argent, et n’avait pas d’autre choix que de continuer à utiliser ses « capacités » Elle mourut ruinée en 1893 à l’âge de 55 ans, un an après sa sœur Kate. En 1904, en jouant dans la cave de la « maison hantée » de Hydesville devenue légendaire, des enfants trouvèrent un squelette humain entre les murs effrités. Bien que certains journaux de l’époque aient suspecté un canular supplémentaire, et qu’aucun Charles B. Rosma n’ait jamais été porté disparu, beaucoup virent dans cette découverte la preuve que les sœurs Fox avaient bien communiqué avec un esprit.

Le Turc mécanique

Réplique moderne du Turc mécanique - Crédits photo

Le Turc Mécanique

En 1770, l’inventeur hongrois Wolfgang von Kempelen présenta une machine extraordinaire à la cour de l’Impératrice d’Autriche. Il s’agissait d’un automate capable de jouer aux échecs, et de vaincre les adversaires humains les plus coriaces. Baptisé « le Turc », l’automate se présentait sous la forme d’un mannequin doté d’un costume traditionnel qui le faisait ressembler à un sorcier oriental. Le mannequin était assis derrière un large meuble en bois, dont les portes s’ouvraient sur un mécanisme complexe d’engrenages. Lors de sa première exhibition, le Turc vainquit tous ses adversaires, sans mettre plus de 30 minutes par partie. Quand son opposant faisait un déplacement interdit, il secouait la tête, et remettait la pièce à sa place. Le Turc était aussi capable de converser avec les spectateurs grâce à une grille de lettres. En 1783, sur les suggestions de l’Empereur de Russie, Kempelen emmena le Turc dans une tournée à travers l’Europe. A Paris, le Turc perdit une partie contre François-André Danican Philidor, alors considéré comme le meilleur joueur d’échecs de son temps. De l’aveu de Philidor lui-même, cette partie fut la plus épuisante de sa carrière. La dernière partie du Turc à Paris se déroula contre Benjamin Franklin, contre qui il gagna. Le célèbre scientifique américain, alors ambassadeur des Etats-unis, conserva toute sa vie un intérêt pour l’étonnante machine. Au cours de son voyage européen qui l’emmena de Londres à Amsterdam en passant par Leipzig, le Turc fut examiné par de nombreux sceptiques qui essayèrent de comprendre son fonctionnement. On dit que Frédéric II de Prusse donna une forte somme d’argent à Kempelen pour connaitre les secrets de son automate, mais il n’y a pas de preuve que cette rencontre ait eu lieu.

Le Turc mécanique

Gravure du Turc mécanique datant de 1789

Durant les deux décennies qui suivirent, le Turc resta au palais de Schönbrunn, en Autriche, où il avait été présenté la première fois. En 1808, soit 4 ans après la mort de son père, le fils de Kempelen vendit le Turc à Johann Mälzel, un musicien bavarois. En 1809, en pleine campagne de Wagram, Napoléon Bonaparte se déplaca à Schönbrunn pour affronter le Turc, mais l’Empereur de France dut s’incliner contre l’automate. Entre 1810 et 1820, Mälzel perfectionna le mécanisme du Turc et il le fit jouer en Italie, en France et en Angleterre, où il affronta l’un des grands précurseurs de l’informatique, Charles Babbage. Etouffé par les dettes, Mälzel s’enfuit ensuite aux Etats-Unis ou il exhiba sa mystérieuse machine. Au cours d’une tournée américaine qui allait durer 10 ans, le Turc fut notamment défié par un autre automate joueur d’échecs, et il inspira un essai à Edgar Allan Poe. Après la mort de Mälzel en 1836, le Turc fut vendu aux enchères, puis finalement donné au Chinese Museum de Philadelphie. Il finira sa glorieuse carrière dans les flammes d’un violent incendie le 5 juillet 1854, soit 84 ans après sa première partie devant l’Impératrice d’Autriche. Bien que de nombreux ouvrages aient été écrits sur le Turc au cours du 18ème et du 19ème siècle, son véritable secret ne fut dévoilé qu’en 1857 par Silas Mitchell, le fils du dernier propriétaire de la machine. Il expliqua dans une série d’articles que le mécanisme complexe du meuble cachait en fait un double fond ou un joueur réel pouvait se cacher, et manipuler l’automate sans être vu. Ainsi, 15 maîtres d’échecs s’étaient succédés à l’intérieur du Turc pendant son existence. En 1984, le fabricant d’accessoires magiques John Gaughan a dépensé 120000 $ pour construire une réplique du Turc de Kempelen. Cette version est très fidèle à l’original, sauf qu’elle est à présent contrôlée par un ordinateur…

Plus d’infos:

5 curiosités archéologiques qui défient nos connaissances

Le mécanisme d'Anticythere

Le mécanisme d'Anticythere - Crédits photo Tilemahos Efthimiadis

Le mécanisme d’Anticythère

En avril 1900, un pécheur d’éponges découvrit une épave antique qui gisait au large de l’ile d’Anticythere, en Grèce, par 60 mètres de fond. Parmi les statues et objets divers que les autorités grecques rapportèrent du navire, on trouva plusieurs fragments de bronze corrodés, quasiment fossilisés, qui ne semblaient présenter aucune valeur. Ce n’est qu’en 1902 que l’on réalisa que ces pièces constituaient un mécanisme, très complexe, qui allait devenir l’un des objets les plus importants et les plus énigmatiques jamais découverts dans l’histoire de l’archéologie. Daté d’environ un siècle avant JC, le mécanisme d’Anticythère est le plus ancien mécanisme à engrenages connu. Il est composé de plus de 82 éléments, dont une trentaine de roues dentées, qui occupent à peu près l’espace d’un gros livre. Les trois fragments principaux du mécanisme sont actuellement exposés au Musée Archéologique d’Athènes, mais la gangue de pierre qui les recouvre en laisse seulement entrevoir la complexité. Tout au long du 20ème siècle, les scientifiques ont essayé de percer les secrets du mécanisme. En 1959, grâce aux rayons X, le physicien Derek de Solla Price décela la présence d’axes, d’aiguilles et de cadrans gravés de minuscules inscriptions, ainsi que de signes astronomiques. Ses études confortèrent l’hypothèse selon laquelle le mécanisme était une sorte de calculateur antique, destiné à prévoir le mouvement des astres. Mais il fallut attendre le début des années 2000 pour que la technologie permette d’aller plus loin : à l’aide d’un tomographe de plus de 8 tonnes spécialement conçu pour l’occasion, l’équipe dirigée par l’astronome Mike Edmunds et le mathématicien Tony Freeth put reconstituer l’intérieur du mécanisme en trois dimensions. Leur expertise, qui s’acheva en 2006, permit de conclure avec certitude que la machine avait pour but de calculer les mouvements du soleil et de la lune, ainsi que de prévoir les éclipses. Cependant, si l’on connait aujourd’hui la structure du mécanisme en détail, son caractère anachronique reste une énigme qui bouleverse nos connaissances : cet objet de quelques centaines de grammes n’a pas d’équivalent connu dans l’antiquité, et il faudra attendre le moyen-âge pour qu’apparaissent des horloges astronomiques d’une complexité comparable.


Pile de Bagdad

La pile de Bagdad démontée

La pile de Bagdad

En 1936, lors de fouilles archéologiques menées au sud de Bagdad, on découvre un étrange vase en terre cuite parmi des centaines d’objets antiques. Haut d’une quinzaine de centimètres pour un diamètre d’environ 7 cm, ce vase est fermé par un bouchon en bitume, et il contient une tige de fer entourée d’un cylindre de cuivre. C’est en examinant l’objet deux ans plus tard dans les caves du musée de Bagdad que l’archéologue Wilhelm König, alors directeur du musée, réalise que le vase pourrait faire office de pile si on remplissait son tube de cuivre avec une solution acide. Il émet l’hypothèse que cette « pile antique » aurait pu être utilisée pour dorer des bijoux anciens par électrolyse. Le vase étant daté aux alentours du 3e siècle avant JC, il devancerait alors de plus de 2000 ans l’invention de la pile par Alessandro Volta, au 19ème siècle. L’intuition de König semble être confirmée après la seconde guerre mondiale, lorsqu’un chercheur de la General Electric nommé William Gray reconstitue le mécanisme du vase de Bagdad. En utilisant du jus de raisin comme électrolyte, il parvient à obtenir un faible courant électrique d’environ 1 volt. De nombreux expérimentateurs parviendront ensuite au même résultat, accréditant la théorie de la pile antique. Cependant, la véritable utilisation de l’objet reste controversée: l’absence d’emplacement prévu pour des fils conducteurs, la faible énergie délivrée ainsi que les connaissances de l’époque tendraient à infirmer la thèse de l’utilisation électrique. Le fait que le vase puisse fonctionner comme une pile dans le cadre d’expériences modernes ne signifie pas que les gens de l’antiquité en aient eu conscience, et Il serait surprenant que cette technologie ait été oubliée, avant d’être ré-inventée 2000 ans plus tard. Mais si on met de côté cette hypothèse, la structure du vase composée de deux métaux différents reste sans explication.


Le pillier de Delhi

Le pillier de Delhi - Crédits photo Amit Kar

Le pilier de Dehli

Dans la banlieue de Dehli, en Inde, se trouve un pilier de fer qui est longtemps resté une énigme archéologique. Haut de plus de 7m pour un poids dépassant les 6 tonnes, le pilier de Delhi fut érigé au IV ème siècle en l’honneur du dieu Vishnu. Et malgré les rudes conditions climatiques auxquelles il est exposé depuis plus de 1600 ans, il n’a jamais rouillé. Conçu à l’origine en inde centrale, le pilier s’élève aujourd’hui dans le complexe de Qûtb Minâr, l’un des plus grands minarets du monde. Il était surmonté à l’origine par un symbole hindouiste, probablement retiré après l’islamisation du lieu. Hormis son incroyable conservation, le pilier présente une autre curiosité : le fer qui le constitue est pur à plus de 99%, une qualité qui ne fut pas obtenue en occident avant le XIXème siècle. Les spécialistes ont d’ailleurs longtemps pensé qu’une pièce de métal aussi imposante n’avait pu être fondue avant l’époque moderne, mais nous savons aujourd’hui que le pilier n’est pas forgé d’un seul bloc, et qu’il est constitué de plusieurs morceaux de fers soudés par une méthode antique. Il fallut attendre 2002 pour que le secret de sa résistance mystérieuse soit compris : après analyse, une équipe de l’institut indien de technologie de Kanpur découvrit qu’une fine couche protectrice s’était formée autour du pilier grâce à une présence importante de phosphore dans le fer. Ce phénomène est directement lié au savoir-faire des métallurgistes indiens de l’antiquité, dont nous pourrions tirer des leçons : d’après le responsable de l’étude, les déchets nucléaires pourraient être conservés plus efficacement en s’inspirant de la technologie perdue de ce pilier millénaire.


Carte de Piri Reis

Détail de la carte de Piri Reis

La carte de Piri Reis

En 1929, lors de la restauration d’un palais d’Istanbul, en Turquie, on découvre une carte incomplète datée de 1513. Tracée par l’amiral Ottoman Piri Reis, cette carte représente les côtes de l’Afrique et de l’Amérique du sud avec une richesse de détails étonnante pour l’époque. Mais ce qui va rendre la carte célèbre, ce sont trois particularités qui en font une véritable anomalie archéologique : tout d’abord, la carte présente des distances correctes entre l’Afrique et l’Amérique, alors qu’on ne sait pas calculer les longitudes avant le XVIIIème siècle, soit 200 ans plus tard. Ensuite, elle montre une côte reliée à l’Amérique du sud qui semble appartenir à l’Antarctique, un continent qui ne sera pourtant pas découvert avant 1820. Enfin, en plus de représenter l’Antarctique 300 ans avant sa découverte officielle, la carte le montre sans glace, tel qu’il était il y a…6000 ans. Tous ces anachronismes ont suscité les interprétations les plus diverses et les plus fantaisistes : on a notamment pensé que la carte était un faux créé par les nazis, ou qu’elle avait été établie depuis des engins volants, ou bien encore qu’un peuple inconnu et très avancé technologiquement avait transmis ses connaissances aux civilisations antiques. Depuis, de nombreuses expertises ont tempéré ces spéculations. Certains scientifiques pensent par exemple que ce qui est pris pour l’Antarctique est en réalité un continent imaginaire dont les géographes de l’époque soupçonnaient l’existence, ou bien qu’il s’agit d’une représentation erronée de la côte sud de l’argentine. Ce que nous savons avec certitude, c’est que cette carte a été assemblée par Piri Reis à partir de documents déjà existants, allant des cartes de l’antiquité à celles de Christophe Colomb. Ainsi, certaines curiosités peuvent être dues à des erreurs de retranscriptions, telles que les îles vierges qui sont représentées en double. Mais ce que nous savons également, après datation au carbone 14, c’est que la carte remonte bien au XVIème siècle, et qu’elle est authentique. Par conséquent, toutes controverses mises à part, elle reste une démonstration surprenante des connaissances déjà acquises à l’époque.


Sphères du Costa Rica

Sphères du Costa Rica

Les sphères du Costa Rica

Au cours d’une opération de défrichage menée dans les années 1930, les ouvriers de la United Fruit Company découvrent de nombreuses sphères de granit dans la jungle du Costa Rica. Ces sphères, apparemment parfaites, mesurent jusqu’à 2,15 mètres de diamètres pour un poids de 16 tonnes. On en compte aujourd’hui plus de 300 exemplaires, et elles suscitent autant de questions que de fantasmes : pour commencer, on ignore leur période de fabrication, la datation au carbone 14 ne fonctionnant que sur les éléments organiques. On estime qu’elles auraient environ 2000 ans, et qu’elle serait rattachée aux cultures précolombiennes, mais on ne dispose d’aucune référence écrite les concernant. La plupart des sphères sont faites d’une roche volcanique dont l’origine se situe à une centaine de kilomètres de la zone où elles ont été trouvées, mais l’on ne sait pas comment ni pourquoi elles ont été déplacées sur une si grande distance. On ignore également à quoi servaient ces sphères. Etaient-t-elles utilisées lors de rituels religieux ? Servaient-t-elles à se repérer dans la jungle? Toutes ces zones d’ombres ont laissé libre cours à de nombreuses interprétations fantaisistes, souvent basées sur des exagérations. On a par exemple dit que leur perfection n’était possible à obtenir qu’avec une technologie très avancée, ce qui en faisait nécessairement l’œuvre des extra-terrestres, ou des Atlantes. En réalité, les sphères ne sont pas vraiment parfaites : leur diamètre présente des irrégularités pouvant aller de 2 à 5 centimètres. Quant à leur fabrication, on pense qu’elle était réalisable avec des outils anciens, du fait de la nature de la roche. Certains ont également prétendu que des groupes de sphères étaient alignés en direction de point géographiques précis, tels que l’ile de Pâques, ou Stonehenge, mais ces hypothèses restent à confirmer. Au final, s’il n’est pas nécessaire d’avoir recours au surnaturel pour expliquer l’existence des sphères du Costa Rica, elles n’en gardent pas moins leur part de mystère.

Plus d’infos:

10 arbres hors du commun

Le Chêne d'Allouville - Crédits photo ARTHURDV

Le Chêne d'Allouville - Crédits photo ARTHURDV

Le Chêne d’Allouville

Avec un âge estimé de 1200 ans, le Chêne-chapelle d’Allouville est le plus vieux chêne de France. Situé dans le village d’Allouville-Bellefosse en Haute-Normandie, il renferme deux chapelles superposées à l’intérieur de son tronc. Ces dernières furent aménagées au 17ème siècle par l’abbé du Détroit, alors que l’arbre avait déjà plus de 500 ans. Témoin de l’Histoire de France, le Chène millénaire aurait vu défiler les troupes de Guillaume le Conquérant, et il faillit être détruit pendant la Révolution. Amputé de moitié par la foudre en 1912, l’arbre fait depuis l’objet de soins et de consolidations constantes. Il fut classé monument historique en 1932, et il attire chaque année plusieurs milliers de visiteurs.


L'Arbre de vie - Crédits photo naval.lint

L'Arbre de vie - Crédits photo naval.lint

L’Arbre de Vie

L’Arbre de vie (shajarat al-hayah) est un mesquite de 400 ans qui se trouve à Bahreïn, dans le Golfe Persique. Cet arbre légendaire se dresse seul au milieu du désert, à environ 2 kilomètres de Jebel Dukhan, le point le plus élevé de Bahreïn. Sa source d’eau demeure un mystère, et sa survie miraculeuse au milieu de nulle part en à fait une des curiosités les plus visitées du Moyen-Orient. Selon les croyances locales, l’Arbre de vie se trouverait à l’emplacement de ce qui fut jadis le Jardin d’Eden…


Le Major Oak - Crédits photo Marcin Floryan

Le Major Oak en 2006 - Crédits photo Marcin Floryan

Le Major Oak

Situé au cœur de la forêt de Sherwood, dans le comté de Nothingham, le Major Oak est l’arbre le plus célèbre d’Angleterre. Selon la légende, ce chène millénaire de 23 tonnes aurait servi d’abri à Robin des bois et ses complices, qui se cachaient dans le creux de son tronc. Depuis l’ère Victorienne, ses branches énormes sont soutenues par un ensemble d’échafaudages afin de les préserver. Certains scientifiques pensent que le Major Oak pourrait être la fusion de plusieurs chênes, ce qui expliquerait sa circonférence imposante (plus de 10 mètres). Cet emblème national fait partie des 50 grands arbres britanniques dont la liste fut établie en 2002.


L'Arbre du Ténéré en 1961 - Crédits photo Michel Mazeau

L'Arbre du Ténéré en 1961 - Crédits photo Michel Mazeau

L’Arbre du Ténéré

Totalement seul au milieu du Desert du Ténéré, sans aucun autre arbre à moins de 400 km de distance, l’Arbre du Ténéré était un acacia considéré comme l’arbre le plus isolé au monde. Il était le dernier survivant d’un groupe d’arbres qui subsistaient lorsque le désert était moins aride. En 1938, en creusant un puits, on découvrit que ses racines descendaient jusqu’à 30 mètres de profondeur pour atteindre l’eau. Véritable symbole sacré pour les Touaregs, l’arbre du Ténéré servait de point de repère aux caravaniers, comme un phare au milieu du désert. Il fut renversé en 1973 par un camionneur, supposément ivre. Aujourd’hui, l’arbre mort est conservé au musée national du Niger, et il a été remplacé par une sculpture métallique.


L'Arbre de Tule - Credits photo Daniel Berger

L'Arbre de Tule - Credits photo Daniel Berger

L’Arbre de Tule

L’Arbre de Tule est un gigantesque cyprès de Montezuma qui se trouve dans l’état mexicain d’Oaxaca, à côté de l’église Santa maria del Tule. Avec sa circonférence de 36 m (pour une hauteur de 41m), il possède le tronc le plus épais de tous les arbres connus. Il est en fait si large qu’on pensa longtemps qu’il était constitué de plusieurs arbres, mais des tests ADN ont prouvé qu’il s’agissait bien d’un seul et même cyprès. Son âge est estimé aux alentours de 1500 ans, et les anciennes peuplades indigènes le considéraient comme sacré. La légende dit qu’il aurait été planté par un prêtre aztèque, et que de nombreuses protubérances en forme d’animaux peuvent être distinguées sur les reliefs de son tronc noueux. Il a été placé en 2001 sur la liste des candidats au patrimoine mondial de l’humanité.


Le pied monumental du Général Sherman - Crédits photo Seth Smigelski

Le pied monumental du Général Sherman - Crédits photo Seth Smigelski

Le Général Sherman

Haut comme un immeuble de 27 étages, le Général Sherman est un séquoia géant qui se trouve au parc national de Sequoia en Californie. Malgré sa hauteur de 83 m, ce n’est pas l’arbre le plus grand du monde, ce titre revenant à un autre séquoia de 115 m baptisé Hyperion. Mais les 1385 tonnes de son tronc et ses 1487 m3 de volume font du Général Sherman l’arbre le plus énorme de la planète, et sans doute le plus imposant des organismes vivants connus. Agé de plus de 2000 ans, il produit encore chaque année l’équivalent d’un arbre de 18 m en volume de bois. En 2006, la plus grosse branche du Général Sherman se brisa et tomba au sol : avec ses 2 mètres de diamètre et sa longueur de 30 mètres, elle était à elle seule plus grosse que la plupart des arbres existants.


Le Cyprès d'Abarqu - Crédits photo phespirit

Le Cyprès d'Abarqu - Crédits photo phespirit

Le Cyprès d’Abarqu

Situé dans la province de Yazd, en Iran, le Cyprès d’Abarqu est un arbre colossal agé de plus de 4000 ans. Classé monument national, il serait la plus vieille entité vivante d’Asie. Avec ses 25 m de haut et ses 11 m de tour de tronc, Il se dresse dans l’enceinte de la Grande Mosquée d’Abarqu, et les Iraniens le considèrent comme un arbre sacré. Selon la légende, il aurait été planté par le prophète Zoroastre lui-même, mais ce dernier serait né au moins 1000 ans après l’arbre si l’on en croit les dates de la mythologie Perse.


Un pin De Bristlecone qui pourrait être Mathusalem, l'emplacement de ce dernier étant tenu secret pour prévenir le vandalisme - Crédits photo Harold Davis

Un pin de Bristlecone qui pourrait être Mathusalem, l'emplacement de ce dernier étant tenu secret pour prévenir le vandalisme - Crédits photo Harold Davis

Mathusalem

Le plus vieil arbre du monde est un pin de Bristlecone situé dans les White Mountains de Californie, à plus de 3000 m d’altitude. Nommé Mathusalem en référence au personnage biblique qui vécut 969 ans, cet arbre à un âge estimé de 4842 ans. Il naquit donc en même temps que les premières pyramides d’égypte, et plus de 2000 avant l’Ancien Testament, dont son nom est tiré. C’est le plus vieil organisme non-clonal de la planète, ce qui signifie qu’il s’agissait déjà du même individu à sa naissance, et qu’il ne s’est pas reproduit depuis par le biais de ses branches ou de ses racines. A noter qu’un pin de Bristlecone encore plus vieux nommé Prometheus fut coupé par un étudiant en 1964 à des fins de recherche, avec l’accord du Service des Forêts. Ce n’est qu’après étude qu’ils réalisèrent que l’arbre approchait des 5000 ans…


Le Vieux Tjikko - Crédits photo Leif Kullman

Le Vieux Tjikko - Crédits photo Leif Kullman

Vieux Tjikko

C’est vers la fin de l’âge de glace, soit 4700 ans avant la naissance de l’arbre Mathusalem, que le vieux Tjikko prit racine pour la première fois. Cet épicea fut découvert en 2004 sur une montagne de la province de Dalarna (Suède) par le géologue Leif Kullman, qui le baptisa ainsi en souvenir de son chien mort. Le vieux Tjikko est le plus vieil arbre clonal du monde : sa partie visible n’est en fait agée que de quelques siècles, mais à chaque fois qu’un tronc meurt, un nouvel individu émerge des racines qui, elles, sont là depuis 9550 ans. Tjikko poussait donc déjà 2000 ans avant l’avènement de Sumer, la première civilisation urbaine. A cause du climat très rude dans lequel il se trouve, l’arbre actuel fut conservé à l’état d’arbrisseau pendant des siècles. Son récent développement complet serait consécutif au réchauffement climatique.


Colonie de peupliers dans l'Utah - Crédits photo MatthewPHX

Colonie de peupliers dans l'Utah - Crédits photo MatthewPHX

Pando

Si le Général Sherman est l’organisme individuel le plus volumineux du monde, et si le vieux Tjikko est l’organisme individuel le plus vieux, il existe un organisme collectif encore bien plus grand, et plus ancien. Il s’agit d’une colonie clonale de peupliers faux-trembles nommée Pando. Située dans l’Utah, à l’ouest des Etats-unis, cette colonie qui s’étend sur 43 hectares est constituée de 47000 arbres génétiquement identiques, et qui sont tous reliés à un seul et même système de racines. Prises séparément, les pousses qui composent la colonie ont une espérance de vie d’environ 130 ans, mais le système lui-même ne cesse de se régénérer depuis 80 000 ans, ce qui en fait l’organisme le plus ancien connu sur Terre. Avec un poids global dépassant les 6000 tonnes, Pando est également l’organisme le plus lourd. Malgré ces chiffres vertigineux, les scientifiques estiment que d’autres organismes encore plus imposants et plus anciens existent, attendant d’être découverts depuis la nuit des temps…

Plus d’infos:

Le cheval qui pensait

Hans le malin

A la fin du 19ème siècle, un professeur de mathématiques Allemand nommé Wilhelm Von Osten voulut prouver que l’intelligence animale était bien supérieure à ce qu’imaginaient les hommes. Pour tester son hypothèse, il entreprit d’enseigner les maths à un groupe d’étudiants composé d’un chat, d’un ours, et d’un cheval. Si les deux premiers restèrent hermétiques aux équations, le troisième fit preuve de compétences étonnantes : quand Von Osten écrivait un chiffre au tableau noir, le cheval était capable de le reproduire en tapant le nombre de coups correspondant avec son sabot. Et avec un peu d’entrainement, il parvint même à résoudre des problèmes élémentaires tels que des fractions, ou des racines carrées. Le cheval s’appelait Hans, et il allait devenir l’un des phénomènes les plus célèbres de l’histoire de la science…

A partir de 1891, Von Osten commença à exhiber Hans à travers toute l’Allemagne pour faire la démonstration de ses facultés. Rebaptisé « Hans le malin », le cheval réunissait des foules toujours plus importantes lors de représentations gratuites. En plus de ses dons de calculateur, il était capable de lire et d’épeler des mots en tapant par exemple un coup pour A, deux coups pour B, et ainsi de suite. Ce talent lui permettait de répondre à des questions simples, de donner le jour de la semaine, ou encore d’épeler le nom de personnes qu’il connaissait. Même s’il lui arrivait de se tromper, Hans donnait des réponses exactes la grande majorité du temps, et on estimait alors que ses capacités étaient comparables à celles d’un adolescent de 14 ans.

Le phénomène devint si populaire que même le New York Times en fit sa une. A ce stade, un comité de 13 scientifiques nommé « Commission Hans » fut constitué afin d’exposer une éventuelle supercherie. Le groupe, qui réunissait divers spécialistes, commença une longue série d’expérimentations. Contre toute attente, Ils découvrirent que l’animal répondait correctement même quand son maître n’était pas la, et ils finirent pas conclure que les facultés de Hans étaient authentiques. Le cas fut alors confié à un jeune psychologue du nom d’Oskar Pfungst, qui décida d’aborder le mystère sous un angle différent…

Hans le malin lors d'une exhibition publique

Hans le malin lors d'une démonstration publique

Pour abriter ses expériences, Pfungst érigea une grande tente, ce qui supprima les stimuli visuels extérieurs. Il prépara une grande liste de questions, et il fit l’inventaire de tous les éléments susceptibles d’influencer le cheval. Comme prévu, Hans répondit correctement aux questions posées par Von Osten, ainsi qu’a celles posées par d’autres interrogateurs. Mais Pfungst fit alors deux découverte capitales : lorsque les interrogateurs s’éloignaient du cheval pour poser leurs questions, ce dernier faisait d’avantage d’erreurs. Et quand ils ignoraient la réponse à la question qu’ils posaient, Hans se trompait quasiment à chaque fois. De la même façon, quand Hans ne pouvait pas voir clairement ses questionneurs, son taux d’erreur augmentait considérablement.

Pfungst comprit alors que la clé ne venait pas du cheval, mais des humains: inconsciemment, ceux-ci modifiaient leur posture et l’expression de leur visage à mesure que les coups de Hans s’approchaient de la bonne réponse. Quand le résultat souhaité était atteint, la tension des expérimentateurs disparaissait, et Hans le percevait à travers des signaux subtils que les hommes donnaient sans le vouloir. Cela expliquait pourquoi l’animal se trompait lorsque les questionneurs ignoraient la réponse à leurs questions : ils ne délivraient plus les indices nécessaires.

Hans n’y connaissait donc rien en maths, mais il faisait preuve d’une sensibilité aigüe au langage corporel inconscient. Dans les années qui suivirent, on découvrit que de nombreux animaux étaient capables de « lire » leurs maîtres de la même manière. Aujourd’hui, l’effet « Hans le malin » définit les indices involontaires que l’on peut donner aux autres à travers notre langage corporel : avec un peu d’entrainement, certains peuvent détecter ces signaux avec presque autant d’acuité qu’un animal, comme les mentalistes, qui exploitent ces messages inconscients pour donner l’illusion de pouvoirs psychiques. Concernant Wilhelm Von Osten, il n’accepta jamais les explications à propos des capacités de son cheval, et il continua à l’exhiber. Il n’avait pas tout à fait tort: rien que pour avoir berné les hommes aussi longtemps, Hans le malin méritait son surnom.

Plus d’infos :