Articles taggés: histoire

10 arbres hors du commun

Le Chêne d'Allouville - Crédits photo ARTHURDV

Le Chêne d'Allouville - Crédits photo ARTHURDV

Le Chêne d’Allouville

Avec un âge estimé de 1200 ans, le Chêne-chapelle d’Allouville est le plus vieux chêne de France. Situé dans le village d’Allouville-Bellefosse en Haute-Normandie, il renferme deux chapelles superposées à l’intérieur de son tronc. Ces dernières furent aménagées au 17ème siècle par l’abbé du Détroit, alors que l’arbre avait déjà plus de 500 ans. Témoin de l’Histoire de France, le Chène millénaire aurait vu défiler les troupes de Guillaume le Conquérant, et il faillit être détruit pendant la Révolution. Amputé de moitié par la foudre en 1912, l’arbre fait depuis l’objet de soins et de consolidations constantes. Il fut classé monument historique en 1932, et il attire chaque année plusieurs milliers de visiteurs.


L'Arbre de vie - Crédits photo naval.lint

L'Arbre de vie - Crédits photo naval.lint

L’Arbre de Vie

L’Arbre de vie (shajarat al-hayah) est un mesquite de 400 ans qui se trouve à Bahreïn, dans le Golfe Persique. Cet arbre légendaire se dresse seul au milieu du désert, à environ 2 kilomètres de Jebel Dukhan, le point le plus élevé de Bahreïn. Sa source d’eau demeure un mystère, et sa survie miraculeuse au milieu de nulle part en à fait une des curiosités les plus visitées du Moyen-Orient. Selon les croyances locales, l’Arbre de vie se trouverait à l’emplacement de ce qui fut jadis le Jardin d’Eden…


Le Major Oak - Crédits photo Marcin Floryan

Le Major Oak en 2006 - Crédits photo Marcin Floryan

Le Major Oak

Situé au cœur de la forêt de Sherwood, dans le comté de Nothingham, le Major Oak est l’arbre le plus célèbre d’Angleterre. Selon la légende, ce chène millénaire de 23 tonnes aurait servi d’abri à Robin des bois et ses complices, qui se cachaient dans le creux de son tronc. Depuis l’ère Victorienne, ses branches énormes sont soutenues par un ensemble d’échafaudages afin de les préserver. Certains scientifiques pensent que le Major Oak pourrait être la fusion de plusieurs chênes, ce qui expliquerait sa circonférence imposante (plus de 10 mètres). Cet emblème national fait partie des 50 grands arbres britanniques dont la liste fut établie en 2002.


L'Arbre du Ténéré en 1961 - Crédits photo Michel Mazeau

L'Arbre du Ténéré en 1961 - Crédits photo Michel Mazeau

L’Arbre du Ténéré

Totalement seul au milieu du Desert du Ténéré, sans aucun autre arbre à moins de 400 km de distance, l’Arbre du Ténéré était un acacia considéré comme l’arbre le plus isolé au monde. Il était le dernier survivant d’un groupe d’arbres qui subsistaient lorsque le désert était moins aride. En 1938, en creusant un puits, on découvrit que ses racines descendaient jusqu’à 30 mètres de profondeur pour atteindre l’eau. Véritable symbole sacré pour les Touaregs, l’arbre du Ténéré servait de point de repère aux caravaniers, comme un phare au milieu du désert. Il fut renversé en 1973 par un camionneur, supposément ivre. Aujourd’hui, l’arbre mort est conservé au musée national du Niger, et il a été remplacé par une sculpture métallique.


L'Arbre de Tule - Credits photo Daniel Berger

L'Arbre de Tule - Credits photo Daniel Berger

L’Arbre de Tule

L’Arbre de Tule est un gigantesque cyprès de Montezuma qui se trouve dans l’état mexicain d’Oaxaca, à côté de l’église Santa maria del Tule. Avec sa circonférence de 36 m (pour une hauteur de 41m), il possède le tronc le plus épais de tous les arbres connus. Il est en fait si large qu’on pensa longtemps qu’il était constitué de plusieurs arbres, mais des tests ADN ont prouvé qu’il s’agissait bien d’un seul et même cyprès. Son âge est estimé aux alentours de 1500 ans, et les anciennes peuplades indigènes le considéraient comme sacré. La légende dit qu’il aurait été planté par un prêtre aztèque, et que de nombreuses protubérances en forme d’animaux peuvent être distinguées sur les reliefs de son tronc noueux. Il a été placé en 2001 sur la liste des candidats au patrimoine mondial de l’humanité.


Le pied monumental du Général Sherman - Crédits photo Seth Smigelski

Le pied monumental du Général Sherman - Crédits photo Seth Smigelski

Le Général Sherman

Haut comme un immeuble de 27 étages, le Général Sherman est un séquoia géant qui se trouve au parc national de Sequoia en California. Malgré sa hauteur de 83 m, ce n’est pas l’arbre le plus grand du monde, ce titre revenant à un autre séquoia de 115 m baptisé Hyperion. Mais les 1385 tonnes de son tronc et ses 1487 m3 de volume font du Général Sherman l’arbre le plus énorme de la planète, et sans doute le plus imposant des organismes vivants connus. Agé de plus de 2000 ans, il produit encore chaque année l’équivalent d’un arbre de 18 m en volume de bois. En 2006, la plus grosse branche du Général Sherman se brisa et tomba au sol : avec ses 2 mètres de diamètre et sa longueur de 30 mètres, elle était à elle seule plus grosse que la plupart des arbres existants.


Le Cyprès d'Abarqu - Crédits photo phespirit

Le Cyprès d'Abarqu - Crédits photo phespirit

Le Cyprès d’Abarqu

Situé dans la province de Yazd, en Iran, le Cyprès d’Abarqu est un arbre colossal agé de plus de 4000 ans. Classé monument national, il serait la plus vieille entité vivante d’Asie. Avec ses 25 m de haut et ses 11 m de tour de tronc, Il se dresse dans l’enceinte de la Grande Mosquée d’Abarqu, et les Iraniens le considèrent comme un arbre sacré. Selon la légende, il aurait été planté par le prophète Zoroastre lui-même, mais ce dernier serait né au moins 1000 ans après l’arbre si l’on en croit les dates de la mythologie Perse.


Un pin De Bristlecone qui pourrait être Mathusalem, l'emplacement de ce dernier étant tenu secret pour prévenir le vandalisme - Crédits photo Harold Davis

Un pin de Bristlecone qui pourrait être Mathusalem, l'emplacement de ce dernier étant tenu secret pour prévenir le vandalisme - Crédits photo Harold Davis

Mathusalem

Le plus vieil arbre du monde est un pin de Bristlecone situé dans les White Mountains de Californie, à plus de 3000 m d’altitude. Nommé Mathusalem en référence au personnage biblique qui vécut 969 ans, cet arbre à un âge estimé de 4842 ans. Il naquit donc en même temps que les premières pyramides d’égypte, et plus de 2000 avant l’Ancien Testament, dont son nom est tiré. C’est le plus vieil organisme non-clonal de la planète, ce qui signifie qu’il s’agissait déjà du même individu à sa naissance, et qu’il ne s’est pas reproduit depuis par le biais de ses branches ou de ses racines. A noter qu’un pin de Bristlecone encore plus vieux nommé Prometheus fut coupé par un étudiant en 1964 à des fins de recherche, avec l’accord du Service des Forêts. Ce n’est qu’après étude qu’ils réalisèrent que l’arbre approchait des 5000 ans…


Le Vieux Tjikko - Crédits photo Leif Kullman

Le Vieux Tjikko - Crédits photo Leif Kullman

Vieux Tjikko

C’est vers la fin de l’âge de glace, soit 4700 ans avant la naissance de l’arbre Mathusalem, que le vieux Tjikko prit racine pour la première fois. Cet épicea fut découvert en 2004 sur une montagne de la province de Dalarna (Suède) par le géologue Leif Kullman, qui le baptisa ainsi en souvenir de son chien mort. Le vieux Tjikko est le plus vieil arbre clonal du monde : sa partie visible n’est en fait agée que de quelques siècles, mais à chaque fois qu’un tronc meurt, un nouvel individu émerge des racines qui, elles, sont là depuis 9550 ans. Tjikko poussait donc déjà 2000 ans avant l’avènement de Sumer, la première civilisation urbaine. A cause du climat très rude dans lequel il se trouve, l’arbre actuel fut conservé à l’état d’arbrisseau pendant des siècles. Son récent développement complet serait consécutif au réchauffement climatique.


Colonie de peupliers dans l'Utah - Crédits photo MatthewPHX

Colonie de peupliers dans l'Utah - Crédits photo MatthewPHX

Pando

Si le Général Sherman est l’organisme individuel le plus volumineux du monde, et si le vieux Tjikko est l’organisme individuel le plus vieux, il existe un organisme collectif encore bien plus grand, et plus ancien. Il s’agit d’une colonie clonale de peupliers faux-trembles nommée Pando. Située dans l’Utah, à l’ouest des Etats-unis, cette colonie qui s’étend sur 43 hectares est constituée de 47000 arbres génétiquement identiques, et qui sont tous reliés à un seul et même système de racines. Prises séparément, les pousses qui composent la colonie ont une espérance de vie d’environ 130 ans, mais le système lui-même ne cesse de se régénérer depuis 80 000 ans, ce qui en fait l’organisme le plus ancien connu sur Terre. Avec un poids global dépassant les 6000 tonnes, Pando est également l’organisme le plus lourd. Malgré ces chiffres vertigineux, les scientifiques estiment que d’autres organismes encore plus imposants et plus anciens existent, attendant d’être découverts depuis la nuit des temps…

Plus d’infos:

Le cheval qui pensait

Hans le malin

A la fin du 19ème siècle, un professeur de mathématiques Allemand nommé Wilhelm Von Osten voulut prouver que l’intelligence animale était bien supérieure à ce qu’imaginaient les hommes. Pour tester son hypothèse, il entreprit d’enseigner les maths à un groupe d’étudiants composé d’un chat, d’un ours, et d’un cheval. Si les deux premiers restèrent hermétiques aux équations, le troisième fit preuve de compétences étonnantes : quand Von Osten écrivait un chiffre au tableau noir, le cheval était capable de le reproduire en tapant le nombre de coups correspondant avec son sabot. Et avec un peu d’entrainement, il parvint même à résoudre des problèmes élémentaires tels que des fractions, ou des racines carrées. Le cheval s’appelait Hans, et il allait devenir l’un des phénomènes les plus célèbres de l’histoire de la science…

A partir de 1891, Von Osten commença à exhiber Hans à travers toute l’Allemagne pour faire la démonstration de ses facultés. Rebaptisé « Hans le malin », le cheval réunissait des foules toujours plus importantes lors de représentations gratuites. En plus de ses dons de calculateur, il était capable de lire et d’épeler des mots en tapant par exemple un coup pour A, deux coups pour B, et ainsi de suite. Ce talent lui permettait de répondre à des questions simples, de donner le jour de la semaine, ou encore d’épeler le nom de personnes qu’il connaissait. Même s’il lui arrivait de se tromper, Hans donnait des réponses exactes la grande majorité du temps, et on estimait alors que ses capacités étaient comparables à celles d’un adolescent de 14 ans.

Le phénomène devint si populaire que même le New York Times en fit sa une. A ce stade, un comité de 13 scientifiques nommé « Commission Hans » fut constitué afin d’exposer une éventuelle supercherie. Le groupe, qui réunissait divers spécialistes, commença une longue série d’expérimentations. Contre toute attente, Ils découvrirent que l’animal répondait correctement même quand son maître n’était pas la, et ils finirent pas conclure que les facultés de Hans étaient authentiques. Le cas fut alors confié à un jeune psychologue du nom d’Oskar Pfungst, qui décida d’aborder le mystère sous un angle différent…

Hans le malin lors d'une exhibition publique

Hans le malin lors d'une démonstration publique

Pour abriter ses expériences, Pfungst érigea une grande tente, ce qui supprima les stimuli visuels extérieurs. Il prépara une grande liste de questions, et il fit l’inventaire de tous les éléments susceptibles d’influencer le cheval. Comme prévu, Hans répondit correctement aux questions posées par Von Osten, ainsi qu’a celles posées par d’autres interrogateurs. Mais Pfungst fit alors deux découverte capitales : lorsque les interrogateurs s’éloignaient du cheval pour poser leurs questions, ce dernier faisait d’avantage d’erreurs. Et quand ils ignoraient la réponse à la question qu’ils posaient, Hans se trompait quasiment à chaque fois. De la même façon, quand Hans ne pouvait pas voir clairement ses questionneurs, son taux d’erreur augmentait considérablement.

Pfungst comprit alors que la clé ne venait pas du cheval, mais des humains: inconsciemment, ceux-ci modifiaient leur posture et l’expression de leur visage à mesure que les coups de Hans s’approchaient de la bonne réponse. Quand le résultat souhaité était atteint, la tension des expérimentateurs disparaissait, et Hans le percevait à travers des signaux subtils que les hommes donnaient sans le vouloir. Cela expliquait pourquoi l’animal se trompait lorsque les questionneurs ignoraient la réponse à leurs questions : ils ne délivraient plus les indices nécessaires.

Hans n’y connaissait donc rien en maths, mais il faisait preuve d’une sensibilité aigüe au langage corporel inconscient. Dans les années qui suivirent, on découvrit que de nombreux animaux étaient capables de « lire » leurs maîtres de la même manière. Aujourd’hui, l’effet « Hans le malin » définit les indices involontaires que l’on peut donner aux autres à travers notre langage corporel : avec un peu d’entrainement, certains peuvent détecter ces signaux avec presque autant d’acuité qu’un animal, comme les mentalistes, qui exploitent ces messages inconscients pour donner l’illusion de pouvoirs psychiques. Concernant Wilhelm Von Osten, il n’accepta jamais les explications à propos des capacités de son cheval, et il continua à l’exhiber. Il n’avait pas tout à fait tort: rien que pour avoir berné les hommes aussi longtemps, Hans le malin méritait son surnom.

Plus d’infos :

5 mystères à élucider

Georgia Guidestones

Les Georgia Guidestones sur leur colline d'Elbert County

Les Georgia Guidestones

C’est sur une colline de Elbert County, en Georgie, que s’élève le monument le plus mystérieux des Etats-Unis. Il est composé de 5 plaques de granit disposées en étoile, qui soutiennent un lourd couvercle de pierre. Mesurant près de 6 m de haut pour un poids total de 107 tonnes, l’édifice est connu sous le nom de Georgia Guidestones (littéralement Pierres Guides de Géorgie), mais son envergure lui vaut également d’être surnommé le Stonehenge américain. Sur les 4 plaques principales sont gravés 10 « commandements » écrits en 8 langues différentes, parmi lesquelles l’anglais, le chinois, l’espagnol, ou encore l’hindi. Ces « règles » prônent notamment des valeurs de modération et d’harmonie avec la nature, mais certaines d’entre elles prêtent à controverse, comme la première qui conseille de maintenir l’humanité en dessous de 500 000 000 d’individus, et qui alimente les théories conspirationnistes.

A l’ouest du monument, une plaque supplémentaire à été posée au sol, qui indique un certain nombre d’informations : on y trouve entre autres les dimensions de l’édifice, le nom des langues mortes gravées sur les cotés du couvercle (sanskrit, égyptien, grec, babylonien), et on y apprend également comment se placer par rapport au monument pour profiter de ses fonctions d’observatoire astronomique. Les Georgia Guidestones sont un mystère dans le sens ou on ne sait pas exactement qui en a commandé la construction, ni pourquoi. Elles ont été érigées par la Elberton Granite Finishing Company en 1980, a la demande d’un homme qui se présenta sous le pseudonyme de R.C. Christian, et qui ne dévoila jamais son identité réelle. Il représentait un groupe d’anonymes qui « souhaitaient une ère de raison », et qui couvrirent sans discuter les coûts énormes de la construction. Joe Fendley, le président de la Elberton Granite Company, confia que selon « R.C.Christian », les Guidestones devaient être capables de résister à une apocalypse afin que les survivants puissent suivre leurs règles et bâtir une meilleure civilisation…


Une representation de Cthulhu par John Coulthart

Une representation de Cthulhu par John Coulthart

Le Bloop

Au cours de l’été 1997, un son d’origine inconnue fut capté à plusieurs reprises par la NOAA, l’agence américaine responsable de l’étude de l’océan et de l’atmosphère. Localisé à près de 5000 km des cotes chiliennes, et enregistré par du matériel militaire destiné à repérer les sous-marins soviétiques, ce son baptisé le Bloop reste un mystère : son profil présente les caractéristiques d’une créature vivante, mais selon les spécialistes qui l’ont étudié, son volume est tel que s’il provenait d’un animal, ce dernier aurait des dimensions encore jamais vues, plus grandes que celles de la baleine bleue.

Parmi les hypothèses avancées sur la nature du Bloop, certaines postulent qu’il pourrait avoir été émis par un calamar géant, ou par une espèce marine inconnue. Il pourrait également provenir d’une vibration synchronisée émise par un groupe de créatures. Dans le registre non-organique, on sait que les icebergs sont capables de générer des sons de très basse fréquence, et un sous marin nucléaire aurait également pu produire une fréquence semblable, mais le problème du volume se pose toujours. Coïncidence étonnante, les coordonnées du point d’ou venait le Bloop sont proches de l’endroit ou l’écrivain H.P. Lovecraft situait R’lyeh, la cité mythique ou repose le monstrueux Cthulhu. Demeurant sans explication, le Bloop n’a plus jamais été entendu depuis 1997.


Les rochers mouvants de Racetrack Playa

Une roche mouvante suivie de son tracé

Les rochers mouvants de Racetrack Playa

Célèbre pour ses conditions extrêmes et ses paysages lunaires, le Parc National de la Vallée de la Mort en Californie abrite de nombreuses curiosités géologiques. La plus étrange est observable à la surface de Racetrack Playa, un lac asséché de 7km² : au sud de ce lac, des rochers de tailles différentes se déplacent sans explication, parfois sur des centaines de mètres, en laissant de longs tracés derrière eux. Les rochers s’éboulent d’une colline adjacente, puis commencent leur parcours non pas dans la foulée de leur chute, mais après être arrivés au bord du lac.

Si les études menées depuis la fin des années 40 n’ont pas permis de comprendre le phénomène, elles ont pu poser plusieurs hypothèses : le vent tout d’abord, parfois très violent, qui pousserait les pierres sur la boue sèche. Mais certaines roches pèsent le poids d’un homme, et le vent seul ne pourrait pas les déplacer. La glace ensuite, qui se formerait autour des pierres en hiver, et qui leur permettrait de glisser sur le sol. Mais cette théorie n’explique pas les traces, et les expériences menées dans ce sens n’ont pas été concluantes. Les chercheurs ne comprennent pas non plus pourquoi certains blocs changent brutalement de direction après avoir suivi un chemin parallèle aux pierres voisines. Détail intéressant, comme les déplacements se déroulent sur plusieurs années, et comme l’aridité du lieu empêche d’y rester trop longtemps, personne n’a encore pu voir les rochers bouger. Les forces à l’œuvre restent donc un mystère…


Mémorial aux victimes de l'incident du Col de Dyatlov

Mémorial aux victimes de l'incident du Col de Dyatlov

L’incident du Col de Dyatlov

Dans la nuit du 2 février 1959, 9 randonneurs russes abandonnèrent en urgence le campement qu’ils avaient établi dans les montagnes de L’Oural pour s’enfuir dans la forêt. Leur précipitation était telle qu’ils déchirèrent la toile de leur tente pour en sortir, et malgré une température proche des -20°, ils ne s’habillèrent que partiellement. Environ 8h plus tard, ils étaient tous morts. Le col de montagne ou se déroula l’incident est depuis connu sous le nom de Col de Dyatlov, en référence à Igor Dyatlov, le meneur du groupe. Les 5 premiers corps furent retrouvés dans les bois le 26 février, certains pieds nus et en sous vêtements. Leur mort fut attribuée à l’hypothermie. Mais lorsqu’on retrouva les 4 corps restants 2 mois plus tard, les enquêteurs commencèrent à voir les choses différemment : 3 des victimes avaient succombé à de violentes fractures multiples, et une des femmes, Lyudmila Dubinina, n’avait plus de langue. L’hypothèse d’une agression par des indigènes Mansi, ethnie locale, fut avancée puis rejetée pour diverses raisons : d’abord, il n’y avait pas d’autres traces que celles des randonneurs dans la zone, et pas de signes de lutte. Ensuite, il n’y avait pas de blessures externes, et les chocs reçus, comparables à ceux d’un accident de voiture, était trop importants pour qu’un humain en soit l’auteur.

Les autorités soviétiques finirent par clore l’affaire, en déclarant que les morts avaient été causées par des circonstances inconnues. Le dossier fut classé confidentiel, et les archives ne furent pas ouvertes au public avant les années 90. Suite a l’engouement des medias et d’internet en particulier pour ce cas, de nombreux points furent amplifiés, voire inventés, comme les hauts niveaux de radiation retrouvés sur les corps, ou l’étrange couleur orangée des cadavres, ou encore les lumières vues dans le ciel la nuit de l’incident. Des exagérations qui conduisirent à plusieurs théories fantaisistes. Mais le seul vrai mystère que les familles des victimes veulent résoudre aujourd’hui se passe de détails surnaturels : qu’est ce qui a poussé 9 randonneurs expérimentés à fuir leur camp au beau milieu de la nuit, par -20°, en courant vers une mort quasi certaine ?


Une page de la section "biologique" du Manuscrit de Voynich

Une page de la section "biologique" du Manuscrit de Voynich

Le Manuscrit de Voynich

En 1912, un antiquaire nommé Wilfrid Voynich fait l’acquisition d’un livre ancien auprès des Jésuites de la Villa Mondragone, près de Rome. Ce manuscrit d’aspect médiéval n’est pas daté, et son auteur n’est pas identifié. Ses 234 pages de vélin sont remplies de dessins étranges, et les textes qu’il contient sont écrits dans un alphabet incompréhensible. Le seul élément qui permet de le replacer dans un contexte historique est une lettre attachée à sa couverture, datée de 1666 : Dans cette lettre, Johannes Marcus Marci, alors proviseur de l’Université de Prague, précise que selon lui l’auteur du manuscrit pourrait être Roger Bacon, un moine visionnaire du 13ème siècle, considéré comme une des plus grandes figures scientifiques du moyen-âge, et qui connaissait les méthodes de cryptage.

Soucieux de déchiffrer son mystérieux livre, Voynich en fait parvenir des copies photographiques a de nombreux experts, mais aucun ne parvient à comprendre le langage inconnu qui recouvre les pages du manuscrit. Seuls les dessins permettent d’imaginer un sens, et de diviser le livre en plusieurs parties : ils représentent notamment des plantes bizarres, des diagrammes astronomiques, et des femmes nues nageant dans un étrange réseau de tubes. Depuis un siècle, toutes les hypothèses ont été avancées sur le contenu du manuscrit, ainsi que sur ses origines. On l’a attribué à divers auteurs potentiels, on a suggéré qu’il renfermait des formules alchimiques, et on a même dit qu’il s’agissait d’un monumental canular, composé de lettres imaginaires disposées dans un ordre aléatoire. Cependant, les cryptographes du monde entier continuent d’étudier l’ouvrage énigmatique, convaincus qu’ils parviendront à percer ses secrets. Aujourd’hui, le manuscrit de Voynich est conservé à la bibliothèque Beinecke de l’Université Yale.

Plus d’infos:

La cité du silence

La grande roue de Pripyat

En Ukraine, à 2 kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl, une ville fantôme se dresse au cœur de la zone contaminée. Elle fut bâtie à partir de 1970 pour accueillir les employés de la centrale, et leurs familles. Sa population prospéra jusqu’à atteindre près de 50 000 habitants, mais depuis 1986, seules les bêtes et la végétation rampante occupent ses rues désertées. On lui donna le nom de la rivière qui la traverse, un nom devenu synonyme de désolation : Pripyat.

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explosa. Sur un vaste périmètre, l’air s’emplit rapidement de retombées radioactives, mais les habitants de Pripyat ne furent pas alertés immédiatement: Il fallut attendre un jour entier pour que l’Union Soviétique organise une évacuation de la ville en bus, après que les militaires eurent relevé sur place des taux très élevés de contamination. La population irradiée dut tout abandonner derrière elle, jusqu’aux plus petits objets du quotidien, et tous les bâtiments furent laissés en l’état.

La crèche abandonnée dans le centre de Pripyat

La crèche abandonnée dans le centre de Pripyat. Photo Hans Zinsli

Aujourd’hui, rien ou presque n’a changé depuis ce jour d’avril 1986. Pripyat est restée figée dans le temps. On peut trouver des journaux de l’époque encore ouverts sur les tables des maisons, des portraits de Lénine accrochés aux murs, ou encore des voitures abandonnées dans les rues. La crèche de la ville est jonchée de vieux jouets qui prennent la poussière, tout comme les équipements médicaux de l’hôpital. Au centre de Pripyat se trouve un parc d’attractions qui contient le taux de radiation le plus élevé de la ville. On peut y voir des autos tamponneuses rouillées qui n’attendent plus personne, et une grande roue dont la silhouette absurde et irréelle souligne encore l’atmosphère d’apocalypse.

Tout est contaminé à Pripyat, et la radioactivité empêchera quiconque d’y vivre pendant plusieurs siècles. Cependant, le danger n’empêche pas les pillards de venir voler tout ce qui peut se revendre, des châssis de voiture aux radiateurs, propageant ainsi des éléments irradiés au delà de la zone d’exclusion. Parfois, après s’être procurés une simple autorisation, des curieux prêts à courir le risque viennent faire une visite guidée de la cité fantôme. Mais lorsque ces rares visiteurs se retirent, Pripyat retourne hors du temps, avec pour seuls occupants les animaux sauvages, la poussière et le silence…

En fond, à 2 km des immeubles vides de Pripyat, on peut distinguer la centrale nucléaire de Tchernobyl.

En fond, à 2 km des immeubles vides de Pripyat, on peut distinguer la centrale nucléaire de Tchernobyl. Photo Alex Gorski

Plus d’infos :

L’étrange Maison Winchester

La maison Winchester

Si d’aventure vous passez par San José, en Californie, faites une halte au 525 South Winchester Boulevard. A cette adresse s’élève un gigantesque manoir qui, de par son histoire et les anomalies qu’il renferme, est considéré comme un des bâtiments les plus étranges des Etats-unis : La Maison Winchester.

Son histoire commence en 1881, quand l’unique héritier de la célèbre compagnie d’armes Winchester, William, meurt de la tuberculose. Sa femme Sarah, déjà dévastée par la mort de leur fille survenue 15 ans plus tôt, subit le drame comme une malédiction. Sur les conseils d’un ami, elle décide d’aller consulter un médium à Boston. Celui-ci confirme les craintes de la jeune femme, et lui raconte que sa famille est poursuivie par les victimes des armes Winchester, dont les esprits réclament vengeance.

Cependant, selon le médium, il existe un moyen d’éviter la malédiction: Sarah doit déménager, et construire une maison pour elle et pour les esprits qui la tourmentent. La maison ne doit jamais être achevée : tant qu’elle sera en construction, les fantômes apaisés épargneront la famille Winchester. Sous le coup du chagrin, la jeune veuve prend ces conseils très au sérieux, et elle décide de consacrer l’immense fortune héritée de son mari – 20 millions de dollars – à la réalisation de ce projet.

L'immensité chaotique de la Maison Winchester s'étend sur plus de 2 hectares

L'immensité chaotique de la maison s'étend sur plus de 2 hectares

La construction de la Maison Winchester débuta en 1884, peu après que Sarah ait fait l’acquisition d’une ferme en travaux sur un terrain de plus de 60 hectares. Pour maintenir la demeure dans un état de construction pérpetuelle, une équipe d’ouvriers locaux était à l’œuvre en permanence. A la demande de Sarah, qui prétendait être guidée par les esprits, ils passaient leur temps à bâtir de nouvelles pièces et à en démolir d’autres, sans suivre de plan particulier. Ils continuèrent durant 38 ans.

Dans son délire superstitieux, Sarah Winchester multipliait les excentricités. Elle exigeait par exemple que le nombre 13 soit incorporé partout dans la maison. Les conversations nocturnes qu’elle disait avoir avec les esprits lui inspiraient des extensions surréalistes, si bien que la maison est aujourd’hui remplie d’anomalies : des escaliers qui ne mènent nulle part, des fenêtres qui donnent sur un mur ou des portes qui s’ouvrent sur le vide en sont quelques uns des exemples les plus frappants. Hormis ses bizarreries, la maison était également dotée d’une technologie avancée pour l’époque, comme en témoignent ses 3 ascenseurs.

Un escalier qui mène directement vers...le plafond

Un escalier qui mène directement vers...le plafond

En 1906, le grand tremblement de terre de San Francisco détruisit les 3 derniers étages du manoir, qui à l’époque en contenait 7. Sarah fut bloquée dans sa chambre, mais elle ne fut pas blessée. Persuadée que la catastrophe était due aux esprits qui sentaient que la construction arrivait à son terme, elle fit condamner les 30 pièces de la partie avant de la maison, pour s’assurer que les travaux ne soient jamais terminés. Elle mourut dans son sommeil 16 ans plus tard, en 1926, à l’age de 83 ans.

Depuis cette date, la Maison Winchester est quasiment restée en l’état. Malgré ses 160 pièces, ses 47 cheminées et ses deux salles de bal, elle est toujours inachevée. Dressée comme un mirage improbable au coeur de la Silicon Valley, la demeure est devenue une attraction touristique incontournable, en particulier pendant Halloween. Car nombreux sont ceux qui la croient toujours hantée…

Plus d’infos :