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La fille qui ne vieillit pas

A gauche, Brooke, 16 ans, ses parents, et sa soeur Caitlin, 19 ans.

De par sa taille et ses capacités mentales, Brooke Greenberg semble présenter des attributs normaux pour un bébé. A ceci près qu’elle est née en 1993, et qu’elle à eu 16 ans au mois de janvier dernier. Les chercheurs sont fascinés par cette adolescente du Maryland, dont le cas est sans équivalent dans l’histoire de la médecine.

D’après les examens effectués sur Brooke, son processus de vieillissement n’est expliqué par aucune anomalie génétique connue. Son corps ne vieillit pas comme un organisme unifié, mais comme un ensemble de parties désynchronisées : ainsi, à 16 ans, son âge osseux correspond à celui d’une enfant de 10 ans, et elle à toujours ses dents de lait. Elle mesure aujourd’hui 76 cm pour environ 7 kg, ce qui n’a guère évolué depuis les premières années de sa vie. Brooke à trois sœurs âgées de 22, 19 et 13 ans, mais au fil du temps, elle est la seule à ne jamais changer sur les photos.

Durant les 6 premières années de son existence, Brooke à subi une série d’incidents médicaux, dont elle s’est souvent remise sans explications : elle a eu 7 ulcères perforés à l’estomac. Elle a été victime d’une attaque cérébrale, dont toute trace avait disparu au bout de quelques semaines. Et à l’âge de 4 ans, elle fut plongée dans un semi-coma durant 14 jours à cause d’une tumeur au cerveau. Suite au diagnostic des médecins, ses parents s’étaient préparés à la perdre, mais quand la petite fille se réveilla, sa tumeur n’était plus la. Pour les médecins, la source de ses maux successifs reste un mystère, tout comme ses guérisons miraculeuses.

Brooke à l'age de 12 ans, avec sa soeur Carly, alors agée de 9 ans.

Brooke à l'age de 12 ans, avec sa soeur Carly, alors agée de 9 ans.

Lorsque les troubles de croissance de Brooke devinrent manifestes, on conseilla à ses parents de la traiter aux hormones de croissance, mais cela n’eut aucun effet. Les ongles et les cheveux sont les seules choses qui poussent chez l’adolescente. Son œsophage est si petit qu’elle est nourrie par un tube inséré dans son estomac, pour éviter que la nourriture avalée ne remonte dans ses poumons.

Pour comprendre les mécanismes de son vieillissement, le Dr Richard Walker de l’Université de Floride du Sud a étudié l’ADN de Brooke à la recherche d’une mutation génétique encore jamais observée. Il pense que si le gène responsable de cette condition unique est isolé, nous pourrions connaitre les clés du vieillissement humain, et par conséquent de notre mortalité. Brooke ne sait pas parler. Son âge mental est celui d’une enfant de neufs mois. Mais elle détient peut-être le secret d’un rêve aussi vieux que l’humanité : celui de la jeunesse éternelle…

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Les cellules d’Henrietta Lacks

Cellules

Au mois de février 1951, l’histoire de la médecine fut bouleversée par une jeune mère de famille issue de la communauté noire de Baltimore, aux Etats-unis. A cette époque, le Dr George Otto Gey dirige le service de recherche sur la culture des tissus humains à l’hôpital John Hopkins de Baltimore. Il poursuit alors un seul but : vaincre le cancer. Pour ce faire, sa femme et lui venaient de passer plus de 20 ans à essayer de maintenir en culture des cellules cancéreuses afin de pouvoir les étudier. En vain. Jusqu’au jour où leur chemin croisa celui d’Henrietta Lacks…

Ce jour-là, quelques instants avant que la médecine n’entre dans un nouvel âge, Henrietta lacks est étendue dans une salle de l’hôpital Hopkins reservée aux noirs. Mère de famille agée de 31 ans, elle vient pour se faire soigner une tumeur maligne au col de l’uterus détectée huit jours plus tôt. Le gynécologue qui la traite au radium prélève un échantillon de sa tumeur et le fait passer au Dr Gey, qui fait alors une découverte sans précédent :  en plus d’être immortelles, les cellules cancéreuses d’Henrietta Lacks prolifèrent sans limite.

Jusqu’ici, on avait jamais pu cultiver de celulles humaines à l’exterieur d’un corps. A cause du faible nombre de divisions, la lignée cellulaire finissait par s’éteindre. Mais la présence d’une enzyme particulière dans les cellules d’Henrietta faisait que celles-ci se divisaient indéfiniment, si bien qu’on pouvait non seulement les étudier, mais également les distribuer dans d’autres laboratoires. Elles furent baptisées cellules HeLa (pour Henrietta Lacks).

Henrietta Lacks à la fin des années 40

Si les cellules cancéreuses d’Henrietta prospéraient à toute vitesse dans les tubes à essai, elles faisaient de même dans son organisme, et la malheureuse mourut quelques mois plus tard, le 5 octobre 1951. Ce qu’elle ignorait, c’est que ses cellules continueraient à vivre. Elle qui n’avait jamais traversé plus longue distance que celle séparant la Virginie de Baltimore, elle ne put jamais savoir que ses cellules se multiplieraient dans les laboratoires du monde entier. Comment cette petite fille d’esclaves aurait-t-elle pu imaginer que des parcelles d’elle-même seraient envoyées jusque dans l’espace pour étudier les effets de la gravité sur les cellules humaines? Et qu’elles permettraient de guérir la polio?

Aujourd’hui encore, les cellules HeLa constituent la lignée standard dans le cadre d’innombrables études liées à la cancerologie, la biologie, ou encore l’effet des radiations. Elles ont permis de remporter des prix Nobel. Elles ont sauvé des vies. Et elles sont tellement nombreuses à présent que leur biomasse dépasse celle du corps tout entier d’Henrietta lorsque celle-ci était vivante.

Mais si de nombreux scientifiques honorent maintenant la mémoire d’Henrietta Lacks pour son inestimable contribution à l’avancée de la médecine, il faut préciser qu’elle fut enterrée sans sépulture décente, et qu’elle ne fut même pas mise au courant du prélèvement pratiqué sur elle à l’hôpital. Sa famille elle-même ne l’apprit que 20 ans plus tard. Les cellules d’Henrietta Lacks sont immortelles, puisse son souvenir l’être aussi.

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Liam Hoekstra, 3 ans, mutant

Liam et ses hochets

Né en 2005, Liam Hoekstra vit avec ses parents adoptifs à Roosevelt Park, dans le Michigan. A première vue, rien ne le distingue des autres enfants de son âge. Mais lorsqu’il saisit des haltères qui font le tiers de son poids, ou qu’il enchaine les flexions abdominales à toute vitesse, on commence à comprendre qu’il est peut-être différent.

Liam est porteur d’une mutation génétique rarissime qui inhibe sa production de myostatine, une protéine qui régule la croissance musculaire. En conséquence, la masse musculaire de Liam est 40% plus importante que la normale. Il a un métabolisme super rapide, quasiment pas de graisse, et une force extraordinaire. En clair, Liam incarne le rêve de tout athlète de haut niveau, sauf qu’il est encore à la maternelle.

L’hypertrophie musculaire de Liam ne présente pas d’effets nocifs pour sa santé, ce qui en fait une sorte de “maladie positive”. La mutation qui en est à l’origine fut observée pour la première fois en 1990 sur une race bovine, la “Blanc Bleu Belge”, qui la développe naturellement. Chez les humains, la condition est tellement rare qu’on ne connait qu’un seul autre cas vraiment documenté datant de 2000, celui d’un bébé allemand exceptionellement fort.

Un boeuf de la race Bleu Blanc Belge

Si Liam attire l’attention des medias internationaux, il interesse aussi énormement la communauté scientifique. En etudiant sa mutation, les chercheurs esperent comprendre les secrets de la croissance musculaire, et ainsi peut être guérir certaines maladies qui y sont liées. Certaines ambitions sont moins nobles: la manipulation artificielle de la myostatine pourrait engendrer une toute nouvelle génération d’athlètes “amplifiés”.

Cependant, la mère de Liam ne veut pas que son fils soit vu comme une bête de foire. “C’est un enfant normal,” insiste-t-elle. Mis à part le fait que ses abdos soient dessinés, qu’il passe la journée à manger et qu’il déplace les meubles à 3 ans. Comme le dit le Dr Erlund Larson, un médecin qui s’est penché sur le cas de Liam, “sa croissance risque d’etre amusante à suivre.”

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5 scientifiques (tordus) qui ont essayé de vaincre la mort

Les experiences d'Aldini

Giovanni Aldini, le “réanimateur”

Giovanni Aldini était le neveu de Luigi Galvani, un médecin italien qui découvrit en 1780 qu’en électrocutant une grenouille morte, il pouvait faire bouger ses membres. Certains scientifiques de l’époque pensèrent alors que Galvani avait trouvé le secret de la vie. Comme il voulait aller plus loin que son oncle, Giovanni Aldini décida, lui, de “ranimer” des cadavres humains. Il s’en fit une spécialité, et parcourut l’Europe dans une tournée de science-spectacle où il terrifait l’assistance en électrocutant des morts.

Sa plus célèbre démonstration eut lieu à Londres, en 1803, devant des membres du Collège Royal de Chirurgie. Aldini disposait du corps de Georges Forster, un homme de 26 ans executé pour avoir tué femme et enfant. Lorsque le visage de ce dernier fut traversé par le courant, ses yeux et sa bouche s’ouvrirent dans un rictus macabre qui glaça le sang de l’assemblée. Mais le clou du spectacle eut lieu lorsqu’Aldini brancha un cable à l’oreille de son “cobaye”, et un autre directement dans le rectum du malheureux. Le corps de Forster se lança dans une gigue insoutenable, distribuant coups de poings et coups de pieds désarticulés.

Suite à la retentissante démonstration, le London Times rapporta qu’une partie de l’auditoire avait vraiment cru que le condamné était revenu à la vie…

Sergei Bryukhonenko, le décapiteur du Kremlin

Une tête de chien maintenue en vie par BryukhonenkoDans la Russie de Staline, le Dr Bryukhonenko était un des directeurs de l’Institut de Recherche en Chirurgie Experimentale. A la fin des années 20, à l’aide d’anti-coagulants et d’un système de circulation extra-corporelle de son invention, il parvint à garder en vie des têtes de chien pendant plus de 3h. Oui, des têtes de chien. Sans corps.

Bryukhonenko, essayant d'avoir l'air sympaBryukhonenko exposa une de ses têtes de chien en 1928, devant un parterre de scientifiques internationaux, lors du 3ème Congrès de Physiologie d’Union Soviétique. Lors de la démonstration, la tête coupée répondit à de nombreux stimuli. Elle tressaillit sous l’effet de bruits violents, ses pupilles se contractèrent à la lumière, elle lécha du jus de citron versé sur ses lèvres… et elle avala même un morceau de fromage qui ressortit intact de l’autre coté de son œsophage .

Les têtes de chien de Bryukhonenko devinrent célèbres dans toute l’Europe. Certains s’imaginèrent même qu’elles étaient la clé de l’immortalité : le dramaturge Georges Bernad Shaw proposa ainsi qu’on utilise cette technique pour maintenir en vie d’illustres personnages à l’article de la mort…

Robert E. Cornish, le savant fou

La planche à bascule de CornishJeune prodige, Robert Cornish se vit proposer un poste à l’Institut de Biologie Experimentale de l’université de Californie alors qu’il n’avait que 22 ans. Bizarrement, lorsqu’il en eût 27, en 1932, sa vie prit un tournant décisif : il décida qu’il parviendrait à ressusciter les morts.

Au coeur de sa stratégie, il y avait une planche à bascule. Cornish pensait qu’en attachant un corps à la planche et en faisant basculer celle-ci de façon continue, on pourrait obtenir une circulation sanguine artificielle, ce qui permettrait de faire revenir à la vie des “patients” dont les organes vitaux ne souffraient pas de dommages majeurs. En 1933, il fit plusieurs tentatives sur des victimes de noyade, d’éléctrocution, ou encore d’attaques cardiaques, mais tous restèrent obstinément morts.

Cornish et ses chiens-zombiesCornish décida alors de perfectionner sa methode sur des animaux. En 1934, il se lança dans une série d’experiences de résurrection canine en public. Il opéra au total sur 4 fox-terriers, qu’il asphyxiait avant d’essayer de les ranimer à l’aide d’injections d’adrénaline, de bouche-à-truffe, et de sessions de “basculage”. Chose incroyable, il obtint des résultats : deux des chiens revinrent à la vie et survécurent pendant plusieurs mois, bien que frappés par de sévères dommages cérébraux. Ces “chiens-zombies” étaient réputés pour faire fuir les autres chiens qu’ils rencontraient.

La presse s’empara de l’affaire, et Cornish, strabisme divergeant aidant, devint l’incarnation parfaite du savant fou. Ses travaux inspirèrent même quelques films d’horreur à Hollywood, dont “The Man With Nine Lives” avec Boris Karloff.

Vladimir Demikhov, le faiseur de chimères

Un des chiens de Demikhov conservé au Musée médical de LettonieEn 1954, l’Union Soviétique choqua (encore) le monde en dévoilant la preuve de sa supériorité scientifique : un chien à deux têtes. La créature était le fruit du travail de Vladimir Demikhov, un des plus grands chirurgiens du pays qui avait été envoyé faire ses experiences dans un centre de recherche secret. Demikhov avait créé son cerbère en greffant la tête et les pattes avant d’un chiot sur le cou d’un berger allemand. Il fabriqua en tout 20 hybrides de ce genre, mais à cause d’infections post-opératoires, la plupart ne vécurent pas longtemps : le record fut de 29 jours.

Un chiot greffé lappe du laitLa presse mondiale fit ses choux gras des monstres de Demikhov, allant jusqu’à les qualifier de “Spoutnik chirurgicaux”. Aline Mosby, une journaliste de l’agence United Press qui se déplaça pour voir un des hybrides, rapporta que malgré leur système circulatoire commun, les deux têtes vivaient des vies séparées. Elles dormaient et se réveillaient à des heures différentes. La tête greffée lappait même du lait de son coté, alors que les nutriments nécessaires lui étaient fournis par son “hôte”, et que de toute façon le liquide ressortait par l’œsophage .

Face aux critiques qui considéraient ses chiens à deux têtes comme un coup publicitaire dénué d’utilité scientifique, Demikhov répondait qu’ils faisaient partie d’une série d’experiences en technique chirurgicale. Son but ultime, disait-t-il, était de réussir des greffes d’organes vitaux chez l’homme. Ainsi, lorsque le Dr Christiaan Barnard réalisa la première transplantation cardiaque en 1967, on ne fut pas étonné d’apprendre qu’il considérait Demikhov comme un maître.

Robert J. White, le vrai Frankenstein

Robert White, essayant d'avoir l'air coolLa réponse americaine à Demikhov fut un certain Robert White. En 1961, ce jeune chirurgien de 34 ans débordait d’ambition. Avec l’aide du gouvernement des Etats-Unis, il fonda un centre de recherche sur le cerveau à Cleveland, dans l’Ohio. Ses commanditaires le prièrent de faire tout ce qu’il fallait pour “battre” Demikhov. C’etait la guerre froide, et il en allait de la fierté nationale.

White reconnaissait que le “tour” de Demikhov était impressionant, mais brancher le buste d’un chiot sur le cou d’un chien adulte, ce n’était pas à proprement parler une greffe de tête. Il voulait aller plus loin. Et c’est ainsi qu’il envisagea de poser la tête d’un animal sur le corps d’un autre, tout simplement. Le genre de choses qu’on voyait d’habitude à Hollywood, ou dans les livres de science-fiction.

Ainsi, durant plusieurs années d’experimentations (où il parvint notamment à maintenir vivant un cerveau de singe à l’exterieur du crane de ce dernier), White se prépara pour son “Grand Œuvre”. Et le 14 mars 1970, il était fin prêt. Lors d’une opération particulièrement délicate, il détacha la tête d’un singe pour la greffer sur le corps d’un autre. 

White et un de ses malheureux patientsQuand le singe décapité s’éveilla dans un nouveau corps, il ne montra pas spécialement sa joie d’avoir contribué à l’avancée de la science. Ses yeux suivaient nerveusement ce qui se passait dans la pièce, et lorsque White plaça un doigt dans sa bouche, il le mordit. La moëlle épinière ayant tout de même été sectionnée, cette pauvre créature était paralysée en dessous du cou, et heureusement pour elle, elle ne survécut pas plus d’une journée.

White avait atteint son incroyable objectif, mais il ne fut pas acclamé en héros par la patrie reconnaissante. Au lieu de ça, le public fut affligé par les horreurs que cet homme avait commises au nom de la recherche. Assumant jusqu’au bout son rôle de Frankenstein des temps modernes, White affirma publiquement qu’il fallait passer au niveau supérieur, en greffant une tête humaine. Il fit même des conférences accompagné d’un tétraplégique, volontaire. Toujours vivant, Robert White est aujourd’hui à la retraite. Pour le bonheur de tous les singes du monde…

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L’homme qui sauva le monde

Stanislav Petrov, l'homme qui sauva le monde

Son nom ne vous dit rien, pourtant vous lui devez sans doute la vie. En 1983, Stanislav Petrov était affecté à un poste très important : en tant que lieutenant-colonel de l’armée rouge, il recueillait les informations des satellites soviétiques qui traquaient d’eventuelles attaques nucléaires en provenance des Etats-Unis. C’etait la guerre froide, et la tension entre les deux blocs était à son comble. 

Dans la nuit du 26 septembre, soudain, une alarme se déclenche : le système a détecté 5 missiles américains qui se dirigent droit vers l’Union Soviétique. Petrov n’a qu’à appuyer sur un bouton pour prevenir ses supérieurs et déclencher une contre-attaque immediate, plongeant ainsi le monde dans une guerre nucléaire globale. Cependant, conscient qu’il a le destin de l’humanité au bout du doigt, Stanislav Petrov réflechit. Il se dit que le nombre de missiles envoyés est trop faible, et il n’a pas de confirmation des radars au sol. Il conclut à une fausse alerte, et décide finalement de ne pas appuyer sur le bouton. La suite lui donnera raison : il y avait un bug dans le système.

Cependant, Petrov ne fut pas exactement reconnu comme un héros, l’armée soviétique embarassée le poussant plutôt vers la sortie. Ce n’est que 15 ans plus tard, en 1998, que l’incident fut rendu public dans l’ouvrage d’un ancien officier russe qui avait assisté au courage de Petrov cette nuit là. Depuis la parution du livre, Petrov a été honoré par les Nations Unies, et il s’est vu décerner un World Citizen Award. Il fut même question de lui donner un prix Nobel, ce qui aurait consacré le paradoxe suivant : l’acte le plus héroique de ces 30 dernières années consista peut-être à… ne rien faire.

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