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Le secret du Dr Tanzler

Carl Tanzler

Attention : cette histoire est particulièrement dérangeante, et peut heurter la sensibilité des plus fragiles.

Carl Tanzler von Cosel était un radiologue doublé d’un piètre inventeur qui naquit le 8 février 1877 à Dresde, en Allemagne. Ce personnage extrêmement singulier se faisait passer pour un ancien capitaine de sous-marin surdiplômé, et il prétendait avoir eu à plusieurs reprises des visions de son ancêtre défunte, la Comtesse Anna Constantia von Cosel. En 1926, à l’âge de 49 ans, il émigra vers les Etats Unis et s’installa en Floride, abandonnant au passage sa femme et ses deux enfants. Il trouva peu de temps après un poste de radiologue dans un Hôpital de Key West. En avril 1930, la vie du Dr Tanzler bascula lorsqu’il fit la connaissance d’une patiente cubaine nommée Maria Elena Milagro de Hoyos : selon Tanzler, lors d’une apparition, le fantôme de la Comtesse von Cosel lui avait prophétisé qu’une beauté exotique aux cheveux noirs serait l’amour de sa vie, et lorsqu’il rencontra Maria Elena, il eut la certitude qu’elle était celle-ci. La jeune femme de 21 ans était atteinte de tuberculose, une maladie qui avait déjà décimé une grande partie de sa famille. Pendant des mois, Tanzler fit tout ce qu’il put pour essayer de la sauver, n’hésitant pas à tester sur elles des méthodes thérapeutiques de son invention. Il lui déclara également sa flamme, et la couvrit de cadeaux, mais rien n’indique que ses sentiments aient jamais été réciproques.

Mausolée Maria Elena de Hoyos

Le mausolée érigé en mémoire de Maria Elena de Hoyos au cimetière de Key West

Finalement, malgré tous les efforts de Tanzler, Maria Elena succomba à sa maladie le 25 octobre 1931. Le docteur paya ses funérailles, et il lui fit construire un mausolée au cimetière de Key West sur lequel il vint ensuite se recueillir chaque nuit. Tanzler racontera plus tard que lorsqu’il lui chantait sa chanson favorite, Maria Elena venait le voir en esprit, et lui demandait souvent de la sortir de sa tombe. C’est ce qu’il finit par faire un soir d’avril 1933, emportant avec lui le cadavre de sa bien-aimée inhumé depuis presque deux ans. Après avoir ramené le corps sévèrement décomposé chez lui, le Dr Tanzler se lança dans une impensable entreprise de restauration : Il attacha les os ensemble avec des cordes de piano, il remplaça la peau putréfiée avec du tissu imbibé de cire et de plâtre, et il remplit l’abdomen en le bourrant de chiffons. Il fabriqua également une perruque à partir de cheveux que la Mère de Maria Elena lui avait remis après l’enterrement, et il combla les orbites creuses avec des yeux de verre. Enfin, il recouvrit l’ensemble de parfum et de produits chimiques pour masquer l’odeur et ralentir les effets de la décomposition.

elena de hoyos

Réplique du corps reconstitué de Maria Elena de Hoyos au musée "Ripley's Believe It Or Not" de Key West - Crédits photo Thank You Gravity

Pendant 7 ans, Carl Tanzler allait vivre avec le cadavre grossièrement rafistolé de Maria Elena de Hoyos couché dans son lit, passant de longues nuits à lui déclamer son amour. Selon les déclarations de deux médecins qui analysèrent le corps ultérieurement, Tanzler avait placé un tube en papier au niveau du vagin, ce qui suggère que la relation ne fut pas seulement platonique. Un jour de 1940, la sœur de Maria Elena se rendit chez Tanzler pour vérifier les rumeurs atroces qui circulaient à son propos. Lorsqu’elle vit l’horrible mannequin de cire habillé avec les vêtements de sa sœur, elle alerta aussitôt les autorités, et Tanzler fut arrêté. L’affaire connut un retentissement national, et bizarrement, l’opinion publique fit preuve d’une certaine compassion envers le docteur, qui était perçu comme une sorte de romantique excentrique. Après une audience préliminaire devant le tribunal de Key West, Tanzler fut finalement relâché, car les charges de profanation retenues à son encontre tombaient sous le coup de la prescription. Le corps de Maria Elena fut enterré dans un endroit secret, après avoir été exposé publiquement dans un salon funéraire. Lors de cette veillée très particulière, plus de 6000 personnes se bousculèrent pour voir l’abomination dont la presse avait tant parlé. En 1947, Carl Tanzler écrivit une autobiographie dans laquelle il relatait l’incroyable histoire, mais il ne supporta pas longtemps d’être séparé de sa dulcinée : à l’aide d’un masque mortuaire, il confectionna une « poupée » grandeur nature à l’effigie de Maria Elena, et il vécut auprès d’elle jusqu’à sa mort, le 3 juillet 1952.

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5 mystères de plus à éclaircir

Le pont d'Overtoun

Le pont d'Overtoun - Crédits photo Allan Ogg

Le pont d’Overtoun

Situé près du village de Milton, en Ecosse, le pont d’Overtoun est le lieu d’un triste mystère. Depuis la moitié du 20ème siècle, les chiens qui le traversent semblent pris d’une étrange frénésie qui les pousse à se jeter du parapet vers une mort certaine, 15 mètres plus bas. On ne sait pas exactement à partir de quand les chiens ont commencé à sauter, mais depuis les années 1960, on compte environ une chute fatale par mois. Chose encore plus étonnante, certains des chiens survivent à leur chute, avant de retourner sur le pont pour sauter à nouveau. Les rumeurs locales prétendent que le pont est maudit, et que le proche Manoir Overtoun, comme tout manoir écossais qui se respecte, est hanté. Ces croyances n’ont fait que s’aggraver en 1994, lorsqu’un dénommé Kevin Moy jeta son bébé du haut du pont, clamant que son enfant était l’antéchrist. En 2006, divers spécialistes se rendirent en Ecosse pour trouver une explication, et tenter de rassurer les habitants qui n’osaient plus traverser le pont avec leur chien. L’hypothèse du suicide animal fut avancée puis rapidement écartée, car même si la région de Dumbarton, où se situe le pont, est considérée comme une des plus « déprimées » du Royaume uni (le taux de suicide parmi les adultes y a augmenté de 200% en l’espace de 3 ans), rien n’explique comment de telles pulsions pourraient naitre chez les chiens, ni pourquoi ces derniers choisiraient exclusivement ce pont. C’est le Dr David Sands qui semble avoir proposé la théorie la plus plausible : selon lui, les chiens seraient attirés par le puissant musc que les visons laissent derrière eux. Littéralement surexcités par l’odeur, les chiens sauteraient par-dessus les murs du pont à la recherche de leur proie, sans réaliser le vide qu’il y a derrière. Cependant, cette théorie n’explique pas pourquoi toutes les morts ont lieu au niveau des deux derniers parapets du côté droit de l’édifice, ni pourquoi le phénomène ne se produit pas ailleurs que sur le pont d’Overtoun.

Le signal Wow!

Le signal Wow!Depuis les années 1960, le célèbre programme SETI regroupe des projets dont le but est de détecter, à l’aide de radiotélescopes, les signaux que pourrait émettre une intelligence extraterrestre. Jusqu’à présent, malgré les efforts et les moyens mis en jeu, aucun des signaux reçus ne semble présenter les caractéristiques d’un « appel » interstellaire. Sauf un : le 15 aout 1977, le radiotélescope Big Ear, de l’université de l’Ohio, capta un signal radio d’une durée de 72 secondes. Il provenait de la constellation du sagittaire, et il correspondait tellement au profil attendu d’un signal extraterrestre que l’astrophysicien Jerry Ehman, qui fit l’observation, marqua un gros « Wow ! » sur la sortie imprimée de la transmission. Le signal Wow, tel qu’il fut baptisé alors, reste le signal le plus intense et le plus troublant jamais détecté en 50 ans d’écoute. Il n’existe aucune explication physique quant à son origine, et sa nature reste une énigme. L’hypothèse d’émissions radio terrestres réfléchies sur des satellites fut avancée, mais il s’avère que de telles réflexions ne pourraient renvoyer un signal aussi puissant. Durant les 20 années qui suivirent, des dizaines de radiotélescopes furent braqués sur la région de l’espace ou le Wow avait été capté, mais le signal ne se manifesta plus jamais. Cette unicité fit douter Jerry Ehman de la nature extraterrestre du signal : selon lui, si le signal provenait d’une intelligence essayant de communiquer, il aurait dû être entendu à nouveau. Cependant, en 2007, à l’occasion du 30ème anniversaire de sa découverte, Ehman revint sur ses conclusions. Il déclara qu’en l’absence de toute explication d’origine terrestre, le signal Wow pouvait bien venir d’une autre civilisation, qui n’aurait émis dans notre direction qu’une seule fois avant de changer d’orientation. On peut aussi imaginer que le signal fut émis à nouveau, mais qu’il n’y avait personne pour écouter : le radiotélescope Big Ear fut démonté en 1998 pour laisser la place à un terrain de golf.

Qui est Benjaman Kyle ?

Benjaman KyleLe matin du 31 aout 2004, dans la petite ville de Richmond Hill, en Georgie, les responsables d’un fast-food trouvèrent un homme étendu près des poubelles de leur restaurant. Un homme nu, inconscient, et brulé par le soleil. Les officiers de police qui vinrent le chercher ne trouvèrent ni papiers, ni vêtements pour l’identifier, et ils ne trouvèrent pas non plus de traces de lutte sur les lieux. Lorsque l’inconnu reprit conscience, à l’hôpital, il se révéla incapable de dire qui il était. Comme il avait été trouvé près d’un Burger King, le personnel de l’établissement commença à le surnommer BK, ce qui donna par la suite « Benjaman Kyle ». Pendant 3 ans, Kyle fut transféré d’hôpitaux en centres de soins, sans jamais recouvrer la mémoire. Dans sa recherche désespérée d’identité, Kyle retourna plusieurs fois à l’endroit où il avait été trouvé, attendant un déclic. Mais encore aujourd’hui, son amnésie ne lui accorde que quelques flashbacks flous : il se souvient par exemple vaguement d’avoir vécu dans l’indiana, et il pense qu’il avait des frères. Lorsqu’il se regarde dans la glace, il a du mal à reconnaitre l’homme d’une soixantaine d’années qu’il y voit, comme si plusieurs décennies lui avaient echappé. Malgré la médiatisation de son cas, et les enquêtes menées pour l’identifier, personne ne semble le connaitre, ni être à sa recherche. Ses empreintes ne correspondent à aucune des bases connues, pas plus que son ADN. Le FBI n’a pu trouver aucune piste, et pour l’administration, tout se passe comme s’il était arrivé d’une autre planète: il n’a pas d’existence légale, et n’a donc pas le droit de travailler. Le dernier espoir de Kyle semble être Coleen Fitzpatrick, réputée comme étant la meilleure « détective de l’adn » au monde : Fitzpatrick assiste les autorités lorsqu’une identification semble impossible. Entre autres, elle a retrouvé à qui appartenait un bras tranché retrouvé dans une carcasse d’avion datant de 1948, et elle a identifié une victime du Titanic à partir de 3 dents exhumées. Jusqu’à présent, elle n’a jamais piétiné dans une enquête, à une exception près : après 2 ans de recherche, elle ne sait toujours pas qui est Benjaman Kyle.

Le Hum

Le HumDepuis plusieurs décennies, des milliers de personnes à travers le monde disent entendre un bourdonnement continu, de basse fréquence, mais dont ils ne parviennent pas à localiser la source. Connu sous le nom de Hum, ce bruit envahissant ressemblerait à celui d’un lointain moteur tournant au ralenti, et pour ceux qui le perçoivent, sa persistance tourne souvent à la torture. Le Hum se distingue des simples acouphènes sur plusieurs points : d’abord, la majorité des personnes touchées entendent le bruit uniquement, ou plus fortement, à l’intérieur de leurs maisons plutôt qu’à l’extérieur. Cependant, quand toutes les sources possibles ont été identifiées, le bruit continue. Ensuite, de nombreux sujets ressentent physiquement des vibrations, et les bouchons d’oreilles n’atténuent pas du tout la nuisance. Dormir devient parfois impossible, et au Royaume-uni, on compte au moins un suicide directement lié au Hum. Le phénomène a été recensé dans plusieurs villes du monde, mais c’est le bourdonnement de Taos, au Nouveau Mexique, qui fut le plus médiatisé : au début des années 1990, suite aux plaintes de nombreux habitants, une étude fut commandée à l’université du pays, mais aucun des chercheurs ne put trouver d’explication pour le bruit. Le Hum de Bristol, en Angleterre, et celui de Kokomo aux Etats-unis font également partie des plus connus, mais rien n’indique cependant que le bourdonnement soit de même nature dans ces différentes villes. Parmi les explications avancées, on trouve notamment celle de la source industrielle : dans le cas de Kokomo, par exemple, les expertises ont indiqué que le bruit pouvait venir des usines alentour. L’hypothèse de l’environnement électromagnétique ou celle des transmissions radio à basse fréquence sont également proposées. Enfin, il y a la possibilité d’un phénomène interne, qu’il soit d’origine physique ou psychologique, mais cette explication ne dit pas pourquoi la plupart des sujets touchés n’entendrait le son qu’à certains endroits. En attendant qu’une étude de plus grande ampleur ne soit effectuée, la nature du Hum reste énigmatique.

Les mortes de Juárez

Manifestation de proches des victimesLa ville de Ciudad Juarez abrite peut-être le mystère criminel le plus ignoble et le plus déroutant de l’histoire. Depuis 1993, plus de 350 femmes ont été assassinées dans cette cité frontière du nord du Mexique, et au moins 500 ont disparu. Mais plus de 15 ans après le début du carnage, les autorités n’ont toujours pas identifié les responsables, ni donné de réelle explication. Les victimes sont généralement des ouvrières issues des milieux pauvres, dont on retrouve le corps mutilé dans les faubourgs de la ville. Séquestrées, violées, et systématiquement étranglées, elles semblent toutes avoir été assassinées selon un même mode opératoire. Depuis le commencement de l’affaire, une dizaine de suspects ont été condamnés, mais les meurtres ne se sont jamais arrêtés après leur mise en détention. L’incompétence et la corruption des autorités locales sont dénoncées par de nombreuses organisations, et les policiers sont soupçonnés de couvrir les narcotraficants, qui pourraient être responsables de certains des meurtres. Lorsqu’il vint enquêter à Ciudad Juarez en 1998, Robert K. Ressler (détective du FBI à l’origine des techniques de « profilage » et du terme « serial killer »), en conclut que les crimes étaient l’œuvre de deux tueurs en série distincts. Mais devant l’impunité dont bénéficie cette tragédie, il est fort probable que les imitateurs désireux d’assouvir leur pulsions meurtrières soient nombreux, ainsi que les mobiles : traffic d’organes, snuff movies, et même rituels occultes, comme dans le cas de cet homme qui en 2008 déclara avoir tué 8 des victimes en offrande à Satan. Selon des sources fédérales, certains des enlèvements seraient même commandités par des hommes influents qui s’adonneraient à des orgies sanglantes. Mais le plus terrible dans cette affaire, c’est que même à raison de deux victimes par mois en moyenne depuis 1993, les mortes de Juarez sont presque anecdotiques à l’échelle de la criminalité de cette ville : Ravagée par les guerres de gangs, et avec plus de 1700 meurtres en 2009, Ciudad Juarez est aujourd’hui considérée comme la ville la plus dangereuse du monde.

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La fille qui ne vieillit pas

A gauche, Brooke, 16 ans, ses parents, et sa soeur Caitlin, 19 ans.

De par sa taille et ses capacités mentales, Brooke Greenberg semble présenter des attributs normaux pour un bébé. A ceci près qu’elle est née en 1993, et qu’elle à eu 16 ans au mois de janvier dernier. Les chercheurs sont fascinés par cette adolescente du Maryland, dont le cas est sans équivalent dans l’histoire de la médecine.

D’après les examens effectués sur Brooke, son processus de vieillissement n’est expliqué par aucune anomalie génétique connue. Son corps ne vieillit pas comme un organisme unifié, mais comme un ensemble de parties désynchronisées : ainsi, à 16 ans, son âge osseux correspond à celui d’une enfant de 10 ans, et elle à toujours ses dents de lait. Elle mesure aujourd’hui 76 cm pour environ 7 kg, ce qui n’a guère évolué depuis les premières années de sa vie. Brooke à trois sœurs âgées de 22, 19 et 13 ans, mais au fil du temps, elle est la seule à ne jamais changer sur les photos.

Durant les 6 premières années de son existence, Brooke à subi une série d’incidents médicaux, dont elle s’est souvent remise sans explications : elle a eu 7 ulcères perforés à l’estomac. Elle a été victime d’une attaque cérébrale, dont toute trace avait disparu au bout de quelques semaines. Et à l’âge de 4 ans, elle fut plongée dans un semi-coma durant 14 jours à cause d’une tumeur au cerveau. Suite au diagnostic des médecins, ses parents s’étaient préparés à la perdre, mais quand la petite fille se réveilla, sa tumeur n’était plus la. Pour les médecins, la source de ses maux successifs reste un mystère, tout comme ses guérisons miraculeuses.

Brooke à l'age de 12 ans, avec sa soeur Carly, alors agée de 9 ans.

Brooke à l'age de 12 ans, avec sa soeur Carly, alors agée de 9 ans.

Lorsque les troubles de croissance de Brooke devinrent manifestes, on conseilla à ses parents de la traiter aux hormones de croissance, mais cela n’eut aucun effet. Les ongles et les cheveux sont les seules choses qui poussent chez l’adolescente. Son œsophage est si petit qu’elle est nourrie par un tube inséré dans son estomac, pour éviter que la nourriture avalée ne remonte dans ses poumons.

Pour comprendre les mécanismes de son vieillissement, le Dr Richard Walker de l’Université de Floride du Sud a étudié l’ADN de Brooke à la recherche d’une mutation génétique encore jamais observée. Il pense que si le gène responsable de cette condition unique est isolé, nous pourrions connaitre les clés du vieillissement humain, et par conséquent de notre mortalité. Brooke ne sait pas parler. Son âge mental est celui d’une enfant de neufs mois. Mais elle détient peut-être le secret d’un rêve aussi vieux que l’humanité : celui de la jeunesse éternelle…

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Les cellules d’Henrietta Lacks

Cellules

Au mois de février 1951, l’histoire de la médecine fut bouleversée par une jeune mère de famille issue de la communauté noire de Baltimore, aux Etats-unis. A cette époque, le Dr George Otto Gey dirige le service de recherche sur la culture des tissus humains à l’hôpital John Hopkins de Baltimore. Il poursuit alors un seul but : vaincre le cancer. Pour ce faire, sa femme et lui venaient de passer plus de 20 ans à essayer de maintenir en culture des cellules cancéreuses afin de pouvoir les étudier. En vain. Jusqu’au jour où leur chemin croisa celui d’Henrietta Lacks…

Ce jour-là, quelques instants avant que la médecine n’entre dans un nouvel âge, Henrietta lacks est étendue dans une salle de l’hôpital Hopkins reservée aux noirs. Mère de famille agée de 31 ans, elle vient pour se faire soigner une tumeur maligne au col de l’uterus détectée huit jours plus tôt. Le gynécologue qui la traite au radium prélève un échantillon de sa tumeur et le fait passer au Dr Gey, qui fait alors une découverte sans précédent :  en plus d’être immortelles, les cellules cancéreuses d’Henrietta Lacks prolifèrent sans limite.

Jusqu’ici, on avait jamais pu cultiver de celulles humaines à l’exterieur d’un corps. A cause du faible nombre de divisions, la lignée cellulaire finissait par s’éteindre. Mais la présence d’une enzyme particulière dans les cellules d’Henrietta faisait que celles-ci se divisaient indéfiniment, si bien qu’on pouvait non seulement les étudier, mais également les distribuer dans d’autres laboratoires. Elles furent baptisées cellules HeLa (pour Henrietta Lacks).

Henrietta Lacks à la fin des années 40

Si les cellules cancéreuses d’Henrietta prospéraient à toute vitesse dans les tubes à essai, elles faisaient de même dans son organisme, et la malheureuse mourut quelques mois plus tard, le 5 octobre 1951. Ce qu’elle ignorait, c’est que ses cellules continueraient à vivre. Elle qui n’avait jamais traversé plus longue distance que celle séparant la Virginie de Baltimore, elle ne put jamais savoir que ses cellules se multiplieraient dans les laboratoires du monde entier. Comment cette petite fille d’esclaves aurait-t-elle pu imaginer que des parcelles d’elle-même seraient envoyées jusque dans l’espace pour étudier les effets de la gravité sur les cellules humaines? Et qu’elles permettraient de guérir la polio?

Aujourd’hui encore, les cellules HeLa constituent la lignée standard dans le cadre d’innombrables études liées à la cancerologie, la biologie, ou encore l’effet des radiations. Elles ont permis de remporter des prix Nobel. Elles ont sauvé des vies. Et elles sont tellement nombreuses à présent que leur biomasse dépasse celle du corps tout entier d’Henrietta lorsque celle-ci était vivante.

Mais si de nombreux scientifiques honorent maintenant la mémoire d’Henrietta Lacks pour son inestimable contribution à l’avancée de la médecine, il faut préciser qu’elle fut enterrée sans sépulture décente, et qu’elle ne fut même pas mise au courant du prélèvement pratiqué sur elle à l’hôpital. Sa famille elle-même ne l’apprit que 20 ans plus tard. Les cellules d’Henrietta Lacks sont immortelles, puisse son souvenir l’être aussi.

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Liam Hoekstra, le vrai « X-man »

Liam et ses hochets

Né en 2005, Liam Hoekstra vit avec ses parents adoptifs à Roosevelt Park, dans le Michigan. A première vue, rien ne le distingue des autres enfants de son âge. Mais lorsqu’il saisit des haltères qui font le tiers de son poids, ou qu’il enchaine les flexions abdominales à toute vitesse, on commence à comprendre qu’il est peut-être différent.

Liam est porteur d’une mutation génétique rarissime qui affecte sa réceptivité à la myostatine, une protéine qui régule la croissance musculaire. En conséquence, la masse musculaire de Liam est 40% plus importante que la normale. Il a un métabolisme super rapide, quasiment pas de graisse, et une force extraordinaire. En clair, Liam incarne le rêve de tout athlète de haut niveau, sauf qu’il est encore à la maternelle.

L’hypertrophie musculaire de Liam ne présente pas d’effets nocifs pour sa santé, ce qui en fait une sorte de « maladie positive ». La mutation qui en est à l’origine fut observée pour la première fois en 1990 sur une race bovine, la « Blanc Bleu Belge », qui la développe naturellement. Chez les humains, la condition est tellement rare qu’on ne connait qu’un seul autre cas vraiment documenté datant de 2000, celui d’un bébé allemand exceptionnellement fort.

Un boeuf de la race Bleu Blanc Belge

Si Liam attire l’attention des médias internationaux, il intéresse aussi énormément la communauté scientifique. En étudiant sa mutation, les chercheurs espèrent comprendre les secrets de la croissance musculaire, et ainsi peut être guérir certaines maladies qui y sont liées. Certaines ambitions sont moins nobles: la manipulation artificielle de la myostatine pourrait engendrer une toute nouvelle génération d’athlètes « amplifiés ».

Cependant, la mère de Liam ne veut pas que son fils soit vu comme une bête de foire. « C’est un enfant normal, » insiste-t-elle. Mis à part le fait que ses abdos sont dessinés, qu’il passe la journée à manger et qu’il déplace les meubles à 3 ans. Comme le dit le Dr Erlund Larson, un médecin qui s’est penché sur le cas de Liam, « sa croissance risque d’être amusante à suivre. »

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