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6 créatures extraordinaires avec de vrais super pouvoirs

Chironex fleckeri

Chironex fleckeri - Crédits photo David Doubilet

Chironex fleckeri : super venin

Le venin le plus dangereux au monde n’est pas celui d’un serpent, ni d’un scorpion ou même d’une araignée. C’est celui d’une méduse australienne connue sous le nom de Chironex fleckeri, qu’on surnomme également « guêpe de mer ». Avec des tentacules pouvant mesurer jusqu’à 3 mètres de long, cette créature mortelle est la plus grande des cuboméduses. Chacun de ses tentacules est couvert de millions de nématocystes, des cellules venimeuses qui libèrent des micro-flèchettes empoisonnées en cas de contact. Le venin neurotoxique de la guêpe de mer est extrêmement puissant, et il est réputé pour produire une douleur épouvantable : il attaque simultanément la peau, le cœur et le système nerveux, et si la victime n’est pas traitée immédiatement, elle peut succomber en moins de 4 minutes. Une personne qui se fait piquer au large risque de subir un arrêt cardiaque avant même d’atteindre la côte. La puissance et la rapidité d’action de son venin font de Chirnox Fleckeri l’animal venimeux le plus mortel au monde, et chaque méduse possède assez de venin en elle pour tuer 60 humains adultes. Il existe toutefois un antidote assez efficace contre le venin de la guêpe de mer, mais l’effet de ce dernier est si rapide qu’une personne gravement touchée pourra mourir avant même que le remède ne lui soit administré. En Australie, ou les plages sont protégées et équipées en premiers soins, on ne recense « que » 64 morts dues à la méduse depuis environ un siècle, mais le nombre est beaucoup plus important si on l’élargit aux iles d’Asie du sud est. Chaque année, avec une quarantaine d’attaques fatales rien qu’aux Philippines, les cuboméduses font plus de victimes qu’aucune autre espèce marine.


Crysomallon squamiferum

Crysomallon squamiferum - Crédits photo Dr Anders Warén

Crysomallon squamiferum : super armure

En 2003, lors d’une expédition au large de l’océan indien, des chercheurs du MIT ont découvert une espèce de mollusque unique au monde. Vivant à plus de 2000m de profondeur près de cheminées hydrothermales, le Crysomallon squamiferum est le seul animal connu dont la coquille est partiellement composée de fer. Cette armure naturelle lui permet de susbsister dans un milieu extrêmement hostile, ou les sources acides peuvent atteindre une température supérieure a 300°. Mais c’est surtout contre les prédateurs que la cuirasse du Crysomallon est déterminante : elle lui permet par exemple de résister aux puissantes pinces des crabes, ou encore aux aiguillons venimeux de certains escargots de mer. En étudiant la structure de l’armure, les scientifiques ont découvert qu’elle était en fait constituée de trois couches superposées : la première est faite d’un minéral commun à tous les gastéropodes, l’aragonite, la deuxième est une couche organique molle qui absorbe une partie des chocs en cas d’attaque, et enfin la couche externe, qui rend l’animal unique, et composée de sulfure de fer. Lors d’un impact ou d’une pression, cette configuration permet à la coquille de ne subir que des micro-fractures, sans jamais se briser. D’après Christine Ortiz, qui a dirigé les recherches, la coquille du Crysomallon squamiferum pourrait inspirer une nouvelle génération d’armure militaire, qui reprendrait la structure à couches multiples. Les soldats du futur devront peut être la vie à un escargot des grands fonds…


Onthophagus taurus

Onthophagus taurus - Crédits photo Alex Wild

Onthophagus taurus : super force

Au début de l’année 2010, des chercheurs anglais et australiens ont décerné le titre d’insecte le plus fort du monde à une espèce de scarabée bousier, l’Onthophagus taurus. Après étude, ils ont déterminé que ce scarabée était capable de tirer 1141 fois son propre poids, soit 30% de plus que le scarabée rhinocéros, précédent détenteur du record. Pour un humain, cela équivaudrait à pouvoir soulever environ 80 tonnes, soit une quinzaine d’éléphants, ou encore une cinquantaine de voitures superposées. Cette force démesurée semble s’être développée au service d’un but simple: le sexe. Lors des périodes de reproduction, la femelle scarabée creuse un tunnel sous une bouse, ou le mâle vient la rejoindre pour s’accoupler. Mais si le tunnel est déjà occupé par un rival, une lutte acharnée s’ensuit dans laquelle chacun des prétendants essaie de repousser l’autre vers l’extérieur. Naturellement, les plus forts sont ceux qui ont le plus de chances de se reproduire, léguant leur super force à leur descendance. Si l’onthophagus taurus est proportionnellement le plus puissant de tous les animaux visibles à l’oeil nu, il existe une espèce microscopique sensiblement plus forte, Archegozetes longisetosus. Selon une étude réalisée en 2007, cet acarien tropical est capable de tirer jusqu’à 1180 fois son propre poids. Cela en fait officiellement l’animal le plus fort toutes espèces confondues, même s’il ne dépasse pas les 100 microgrammes.


Hemeroplanes ornatus

Hemeroplanes ornatus

Hemeroplanes ornatus : mimétisme

L’Hemeroplanes ornatus est une espèce de papillon sphinx qui vit dans les forêts tropicales humides d’Amérique centrale. Sous sa forme adulte, ce lépidoptère ne présente pas de particularité remarquable, mais sa larve est dotée d’une aptitude prodigieuse : lorsqu’elle est menacée par un prédateur, la chenille de l’hemeroplanes gonfle son thorax et sa tête jusqu’à prendre l’apparence d’une vipère. D’autres chenilles tropicales sont capables d’imiter grossièrement une tête de serpent pour repousser les assaillants, mais le mimétisme de l’hemeroplanes est sidérant de réalisme. Non seulement elle parvient à imiter parfaitement les yeux, les écailles et la tête triangulaire d’un serpent, mais en plus elle simule un mouvement d’attaque, comme si la vipère s’apprêtait à mordre! La nature n’est pas allée jusqu’à doter la chenille de l’hemeroplanes d’un véritable venin, comme certaines de ses cousines, mais son incroyable métamorphose suffit à dissuader les ennemis potentiels de venir vérifier.


Tardigrade

Tardigrade - Crédits photo Goldstein labs

Tardigrade : invulnérabilité

Également surnommé ourson d’eau à cause de sa démarche pataude, le tardigrade est un petit animal tellement singulier qu’il forme une classe zoologique à part, proche des arthropodes. Mesurant un peu moins d’un milimetre en moyenne, il est doté d’une capacité de résistance telle qu’elle est sans commune mesure dans le règne animal, à l’exception de quelques bactéries. Le tardigrade s’est développé partout sur la planète, des plus hauts sommets jusqu’au fond des océans, et des régions polaires jusque dans les régions tropicales. Ses incroyables facultés d’adaptation lui valent d’appartenir au club fermé des polyextremophiles, les organismes capables de vivre dans des conditions extrêmes multiples. Il est capable de résister à des radiations de 5000 Gy, soit 1100 fois plus que le corps humain ne peut en supporter. Mais le véritable super-pouvoir du tardigrade s’appelle la cryptobiose : dans cet état d’arrêt métabolique ou il abaisse son activité vitale a 0,01% de la normale, le tardigrade remplace l’eau de son organisme par des sucres synthétiques, et il peut alors résister temporairement à des températures allant de -272° jusqu’à 150°. Il peut également survivre plusieurs années sans eau ni nourriture, avant de revenir à la vie lorsque les conditions sont plus favorables. En 2007, des tardigrades furent envoyés dans l’espace à bord de la capsule Foton-M3 afin de tester leur résistance au vide spatial et aux radiations cosmiques. Plus de 68% des spécimen résistèrent a ces conditions pendant 10 jours, avant de restaurer leur ADN une fois de retour sur Terre. Le tardigrade est en fait si extraordinaire que certains lui prêtent une origine extra-terrestre : ses facultés lui auraient permis d’arriver sur notre planète agrippé à une météorite, et de survivre au voyage…


Turritopsis nutricula

Turritopsis nutricula - Crédits photo Peter Schuchert

Turritopsis nutricula : immortalité

Turritopsis nutricula est une petite méduse qui ne dépasse pas les 5mm de diamètre, mais qui fascine le monde scientifique : c’est la seule créature connue capable d’inverser son processus de vieillissement. Grâce à un mécanisme cellulaire nommé transdifferenciation, elle est capable de retrouver sa forme juvénile après avoir atteint l’age adulte, ce qui la rend potentiellement immortelle. Originaire des caraïbes, la méduse s’est propagée dans tous les océans de la planète, et du fait de son immortalité, les scientifiques redoutent que sa prolifération devienne incontrôlable. Selon le Dr Maria Miglietta, de l’Institut tropical de recherche du Smithsonian, nous sommes en train de vivre une « invasion mondiale silencieuse ». Turritopsis nutricula reste cependant victime de ses prédateurs naturels, et bien qu’elle soit potentiellement immortelle, aucun spécimen n’a été observé assez longtemps pour que son age puisse être estimé. Généticiens et biologistes espèrent aujourd’hui comprendre les secrets de cette créature unique, dont le pouvoir extraordinaire fait rêver toute l’humanité…

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5 paysages de science-fiction (qui existent pour de bon)

La structure de Richat

La Structure de Richat

Egalement surnommée l’œil de l’Afrique, la structure de Richat est une gigantesque formation circulaire de 50 km de diamètre située en plein désert du Sahara, près de Ouadane (Mauritanie). Vue du ciel, elle ressemble à un monumental œil bleu-vert, ou à un fossile géant. Elle fut découverte lors d’un vol spatial Américain, en 1965, et à cause de sa taille et de son aspect caractéristique, elle est longtemps restée un point de repère pour les astronautes. On pensait à l’origine que la structure de Richat était due à l’impact d’une météorite, mais cette théorie n’expliquait pas la relative platitude de la formation, dont les dénivelés atteignent environ 40m. L’interprétation la plus couramment acceptée aujourd’hui est celle d’un dôme volcanique géant qui se serait effondré sur lui-même au cours d’une érosion de plusieurs millions d’années. Cependant, jusqu’à ce que les hypothèses soient confirmées, l’origine exacte de ce phénomène unique reste une énigme pour les chercheurs.

Arbres Sang de Dragon sur l'île de Socotra

Arbres Sang de Dragon sur l'île de Socotra

L’île de Socotra

Au Nord-Ouest de l’Océan Indien se trouve une île qui redéfinit toute notion de paysage « terrestre ». Située à 350 km des côtes du Yemen, l’île de Socotra est la plus grande de l’archipel qui porte son nom. Elle fut détachée du continent Africain il y a 6 millions d’années, et cet isolement géologique a donné naissance a une biodiversité phénoménale : Socotra abrite 800 espèces de plantes rares dont un tiers sont endémiques, ce qui signifie qu’elles n’existent nulle part ailleurs sur la planète. Parmi les spécimens les plus étranges, on trouve notamment l’arbre concombre, le figuier de Socotra et son aspect improbable, ou encore l’arbre Sang de Dragon, dont la sève rouge servait de teinture et d’onguent magique dans l’antiquité. La faune n’est pas en reste, et compte plusieurs espèces d’oiseaux uniques au monde. Les 42 000 habitants de l’archipel parlent le soqotri, une langue non-écrite, et leur mode de vie est encore très traditionnel : la première route n’a été installée qu’en 2008 par le gouvernement Yéménite. C’est d’ailleurs suite à ce projet controversé que Socotra à été inscrite au patrimoine mondial de L’UNESCO, afin de limiter le développement des infrastructures, et garantir la préservation des trésors naturels de l’île.

La Grotte des Cristaux - Photo © Carsten Peter/Speleoresearch & Films

La Grotte des Cristaux - Photo © Carsten Peter/Speleoresearch & Films

La Grotte des Cristaux

En l’an 2000, des mineurs de la compagnie Peñoles ont fait une découverte extraordinaire en forant une galerie dans les mines de Naica, au Mexique. A 300m de profondeur, ils ont trouvé par hasard une grotte dont la chambre principale contient les plus grands cristaux jamais découverts. Dans cette cavité de 30m sur 10, de gigantesques colonnes de cristal s’entremêlent dans une configuration surréaliste qui n’est pas sans rappeler les visions de Jules Verne, ou encore la « Forteresse de la Solitude » de Superman. Le plus impressionnant des cristaux mesure 11m de long pour un poids de 55 tonnes. Hormis son incroyable beauté, la grotte est également un endroit très dangereux pour l’homme : la température y approche les 60°, et le taux d’humidité y est de 100%, ce qui fait qu’une exposition de plus d’un quart d’heure sans protection peut s’avérer fatale pour l’organisme. L’exploration de la grotte est aujourd’hui possible grâce aux opérations de pompage de la compagnie minière, mais en temps normal, elle est submergée par une eau sous haute pression saturée de minéraux, et chauffée par une poche de magma souterraine. Ces conditions extrêmes expliquent la formation de cristaux, qui n’ont cessé de grandir durant des millénaires.

Jeep traversant le Salar de Uyuni - Photo © Volker Banken

Jeep traversant le Salar de Uyuni - Photo © Volker Banken

Le Salar de Uyuni

Situé à plus de 3600m d’altitude, sur les hauts plateaux de la Bolivie, le Salar de Uyuni est le plus grand désert de sel du monde. Formée suite à l’assèchement d’un gigantesque lac préhistorique, cette étendue blanche de 12500 km² offre également l’un des paysages les plus « extra-terrestres » qu’il puisse être donné de contempler. Lorsque le Salar est recouvert d’eau, sa surface devient réfléchissante comme un miroir, et il devient presque impossible de dire où s’arrête le sol et ou commence le ciel. Les rares objets visibles à l’horizon donnent l’impression de flotter dans l’air, et les visiteurs ont souvent l’impression d’être perdus au milieu d’un océan blanc, sans point de référence. Au centre du Salar, on peut voir des « îles » couvertes de cactus géants, vestiges de volcans submergés durant la préhistoire, comme l’île d’Incahuasi. Les touristes venus apprécier ce paysage irréel peuvent même trouver des hôtels dans la zone, entièrement fabriqués en blocs de sel du fait de l’absence de matériaux de construction, et de la distance des villes. Hormis ses réserves de sel quasi illimitées, le Salar de Uyuni contient 50 à 70% du lithium exploitable sur la planète. On estime qu’avec la production toujours grandissante de batteries d’appareils portables et de voitures hybrides, la demande de lithium devrait tripler durant les 15 prochaines années, ce qui pourrait bouleverser l’avenir de la Bolivie, aujourd’hui pays le plus pauvre d’Amérique du Sud.

Les piliers brumeux du Wulingyuan

Les piliers brumeux du Wulingyuan

Le Wulingyuan

Inscrit depuis 1992 au patrimoine mondial de l’humanité, le Wulingyuan est un parc national qui se trouve dans la province du Hunan, au sud de la Chine. Le site est connu pour ses spectaculaires piliers de grès, sculptés par des millénaires d’érosion, et qui constituent une véritable forêt de pierre. Environ 3000 pics s’élèvent ainsi vers le ciel, dont certains dépassent les 400m. A cause de son humidité, la région est fréquemment recouverte d’une mer de brume dont seuls les sommets émergent, comme suspendus dans le ciel. La végétation luxuriante qui longe le flanc des pics achève de donner à l’ensemble l’aspect d’une jungle de science-fiction. Les peintres chinois ont fait du Wulingyuan une source intarissable d’inspiration, mais, et c’est plus surprenant, certains cinéastes hollywoodiens aussi : James Cameron aurait utilisé des photos du Wulingyuan pour créer les montagnes flottantes de la planète Pandora, où se déroule l’action du film Avatar. Suite au succès colossal de l’oeuvre, les autorités locales ont d’ailleurs décidé de rebaptiser un des pics jusqu’ici connu sous le nom de « Pilier du ciel et de la terre » en « Montagne Alleluia Avatar ». La boucle est bouclée…

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Le cheval qui pensait

Hans le malin

A la fin du 19ème siècle, un professeur de mathématiques Allemand nommé Wilhelm Von Osten voulut prouver que l’intelligence animale était bien supérieure à ce qu’imaginaient les hommes. Pour tester son hypothèse, il entreprit d’enseigner les maths à un groupe d’étudiants composé d’un chat, d’un ours, et d’un cheval. Si les deux premiers restèrent hermétiques aux équations, le troisième fit preuve de compétences étonnantes : quand Von Osten écrivait un chiffre au tableau noir, le cheval était capable de le reproduire en tapant le nombre de coups correspondant avec son sabot. Et avec un peu d’entrainement, il parvint même à résoudre des problèmes élémentaires tels que des fractions, ou des racines carrées. Le cheval s’appelait Hans, et il allait devenir l’un des phénomènes les plus célèbres de l’histoire de la science…

A partir de 1891, Von Osten commença à exhiber Hans à travers toute l’Allemagne pour faire la démonstration de ses facultés. Rebaptisé « Hans le malin », le cheval réunissait des foules toujours plus importantes lors de représentations gratuites. En plus de ses dons de calculateur, il était capable de lire et d’épeler des mots en tapant par exemple un coup pour A, deux coups pour B, et ainsi de suite. Ce talent lui permettait de répondre à des questions simples, de donner le jour de la semaine, ou encore d’épeler le nom de personnes qu’il connaissait. Même s’il lui arrivait de se tromper, Hans donnait des réponses exactes la grande majorité du temps, et on estimait alors que ses capacités étaient comparables à celles d’un adolescent de 14 ans.

Le phénomène devint si populaire que même le New York Times en fit sa une. A ce stade, un comité de 13 scientifiques nommé « Commission Hans » fut constitué afin d’exposer une éventuelle supercherie. Le groupe, qui réunissait divers spécialistes, commença une longue série d’expérimentations. Contre toute attente, Ils découvrirent que l’animal répondait correctement même quand son maître n’était pas la, et ils finirent pas conclure que les facultés de Hans étaient authentiques. Le cas fut alors confié à un jeune psychologue du nom d’Oskar Pfungst, qui décida d’aborder le mystère sous un angle différent…

Hans le malin lors d'une exhibition publique

Hans le malin lors d'une démonstration publique

Pour abriter ses expériences, Pfungst érigea une grande tente, ce qui supprima les stimuli visuels extérieurs. Il prépara une grande liste de questions, et il fit l’inventaire de tous les éléments susceptibles d’influencer le cheval. Comme prévu, Hans répondit correctement aux questions posées par Von Osten, ainsi qu’a celles posées par d’autres interrogateurs. Mais Pfungst fit alors deux découverte capitales : lorsque les interrogateurs s’éloignaient du cheval pour poser leurs questions, ce dernier faisait d’avantage d’erreurs. Et quand ils ignoraient la réponse à la question qu’ils posaient, Hans se trompait quasiment à chaque fois. De la même façon, quand Hans ne pouvait pas voir clairement ses questionneurs, son taux d’erreur augmentait considérablement.

Pfungst comprit alors que la clé ne venait pas du cheval, mais des humains: inconsciemment, ceux-ci modifiaient leur posture et l’expression de leur visage à mesure que les coups de Hans s’approchaient de la bonne réponse. Quand le résultat souhaité était atteint, la tension des expérimentateurs disparaissait, et Hans le percevait à travers des signaux subtils que les hommes donnaient sans le vouloir. Cela expliquait pourquoi l’animal se trompait lorsque les questionneurs ignoraient la réponse à leurs questions : ils ne délivraient plus les indices nécessaires.

Hans n’y connaissait donc rien en maths, mais il faisait preuve d’une sensibilité aigüe au langage corporel inconscient. Dans les années qui suivirent, on découvrit que de nombreux animaux étaient capables de « lire » leurs maîtres de la même manière. Aujourd’hui, l’effet « Hans le malin » définit les indices involontaires que l’on peut donner aux autres à travers notre langage corporel : avec un peu d’entrainement, certains peuvent détecter ces signaux avec presque autant d’acuité qu’un animal, comme les mentalistes, qui exploitent ces messages inconscients pour donner l’illusion de pouvoirs psychiques. Concernant Wilhelm Von Osten, il n’accepta jamais les explications à propos des capacités de son cheval, et il continua à l’exhiber. Il n’avait pas tout à fait tort: rien que pour avoir berné les hommes aussi longtemps, Hans le malin méritait son surnom.

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L’étrange Maison Winchester

La maison Winchester

Si d’aventure vous passez par San José, en Californie, faites une halte au 525 South Winchester Boulevard. A cette adresse s’élève un gigantesque manoir qui, de par son histoire et les anomalies qu’il renferme, est considéré comme un des bâtiments les plus étranges des Etats-unis : La Maison Winchester.

Son histoire commence en 1881, quand l’unique héritier de la célèbre compagnie d’armes Winchester, William, meurt de la tuberculose. Sa femme Sarah, déjà dévastée par la mort de leur fille survenue 15 ans plus tôt, subit le drame comme une malédiction. Sur les conseils d’un ami, elle décide d’aller consulter un médium à Boston. Celui-ci confirme les craintes de la jeune femme, et lui raconte que sa famille est poursuivie par les victimes des armes Winchester, dont les esprits réclament vengeance.

Cependant, selon le médium, il existe un moyen d’éviter la malédiction: Sarah doit déménager, et construire une maison pour elle et pour les esprits qui la tourmentent. La maison ne doit jamais être achevée : tant qu’elle sera en construction, les fantômes apaisés épargneront la famille Winchester. Sous le coup du chagrin, la jeune veuve prend ces conseils très au sérieux, et elle décide de consacrer l’immense fortune héritée de son mari – 20 millions de dollars – à la réalisation de ce projet.

L'immensité chaotique de la Maison Winchester s'étend sur plus de 2 hectares

L'immensité chaotique de la maison s'étend sur plus de 2 hectares

La construction de la Maison Winchester débuta en 1884, peu après que Sarah ait fait l’acquisition d’une ferme en travaux sur un terrain de plus de 60 hectares. Pour maintenir la demeure dans un état de construction pérpetuelle, une équipe d’ouvriers locaux était à l’œuvre en permanence. A la demande de Sarah, qui prétendait être guidée par les esprits, ils passaient leur temps à bâtir de nouvelles pièces et à en démolir d’autres, sans suivre de plan particulier. Ils continuèrent durant 38 ans.

Dans son délire superstitieux, Sarah Winchester multipliait les excentricités. Elle exigeait par exemple que le nombre 13 soit incorporé partout dans la maison. Les conversations nocturnes qu’elle disait avoir avec les esprits lui inspiraient des extensions surréalistes, si bien que la maison est aujourd’hui remplie d’anomalies : des escaliers qui ne mènent nulle part, des fenêtres qui donnent sur un mur ou des portes qui s’ouvrent sur le vide en sont quelques uns des exemples les plus frappants. Hormis ses bizarreries, la maison était également dotée d’une technologie avancée pour l’époque, comme en témoignent ses 3 ascenseurs.

Un escalier qui mène directement vers...le plafond

Un escalier qui mène directement vers...le plafond

En 1906, le grand tremblement de terre de San Francisco détruisit les 3 derniers étages du manoir, qui à l’époque en contenait 7. Sarah fut bloquée dans sa chambre, mais elle ne fut pas blessée. Persuadée que la catastrophe était due aux esprits qui sentaient que la construction arrivait à son terme, elle fit condamner les 30 pièces de la partie avant de la maison, pour s’assurer que les travaux ne soient jamais terminés. Elle mourut dans son sommeil 16 ans plus tard, en 1926, à l’age de 83 ans.

Depuis cette date, la Maison Winchester est quasiment restée en l’état. Malgré ses 160 pièces, ses 47 cheminées et ses deux salles de bal, elle est toujours inachevée. Dressée comme un mirage improbable au coeur de la Silicon Valley, la demeure est devenue une attraction touristique incontournable, en particulier pendant Halloween. Car nombreux sont ceux qui la croient toujours hantée…

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La fille qui ne vieillit pas

A gauche, Brooke, 16 ans, ses parents, et sa soeur Caitlin, 19 ans.

De par sa taille et ses capacités mentales, Brooke Greenberg semble présenter des attributs normaux pour un bébé. A ceci près qu’elle est née en 1993, et qu’elle à eu 16 ans au mois de janvier dernier. Les chercheurs sont fascinés par cette adolescente du Maryland, dont le cas est sans équivalent dans l’histoire de la médecine.

D’après les examens effectués sur Brooke, son processus de vieillissement n’est expliqué par aucune anomalie génétique connue. Son corps ne vieillit pas comme un organisme unifié, mais comme un ensemble de parties désynchronisées : ainsi, à 16 ans, son âge osseux correspond à celui d’une enfant de 10 ans, et elle à toujours ses dents de lait. Elle mesure aujourd’hui 76 cm pour environ 7 kg, ce qui n’a guère évolué depuis les premières années de sa vie. Brooke à trois sœurs âgées de 22, 19 et 13 ans, mais au fil du temps, elle est la seule à ne jamais changer sur les photos.

Durant les 6 premières années de son existence, Brooke à subi une série d’incidents médicaux, dont elle s’est souvent remise sans explications : elle a eu 7 ulcères perforés à l’estomac. Elle a été victime d’une attaque cérébrale, dont toute trace avait disparu au bout de quelques semaines. Et à l’âge de 4 ans, elle fut plongée dans un semi-coma durant 14 jours à cause d’une tumeur au cerveau. Suite au diagnostic des médecins, ses parents s’étaient préparés à la perdre, mais quand la petite fille se réveilla, sa tumeur n’était plus la. Pour les médecins, la source de ses maux successifs reste un mystère, tout comme ses guérisons miraculeuses.

Brooke à l'age de 12 ans, avec sa soeur Carly, alors agée de 9 ans.

Brooke à l'age de 12 ans, avec sa soeur Carly, alors agée de 9 ans.

Lorsque les troubles de croissance de Brooke devinrent manifestes, on conseilla à ses parents de la traiter aux hormones de croissance, mais cela n’eut aucun effet. Les ongles et les cheveux sont les seules choses qui poussent chez l’adolescente. Son œsophage est si petit qu’elle est nourrie par un tube inséré dans son estomac, pour éviter que la nourriture avalée ne remonte dans ses poumons.

Pour comprendre les mécanismes de son vieillissement, le Dr Richard Walker de l’Université de Floride du Sud a étudié l’ADN de Brooke à la recherche d’une mutation génétique encore jamais observée. Il pense que si le gène responsable de cette condition unique est isolé, nous pourrions connaitre les clés du vieillissement humain, et par conséquent de notre mortalité. Brooke ne sait pas parler. Son âge mental est celui d’une enfant de neufs mois. Mais elle détient peut-être le secret d’un rêve aussi vieux que l’humanité : celui de la jeunesse éternelle…

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