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5 expériences incroyables qui ont vraiment eu lieu

5 expériences incroyables qui ont vraiment eu lieu

Les hommes-singes d’Ilya Ivanov

Un chimpanzé etonnéNé en 1870, Ilya Ivanov était un éminent biologiste russe spécialisé dans l’insémination artificielle et l’hybridation animale. Il fut l’un des premiers scientifiques à obtenir un zébrâne (hybride de zèbre et d’ânesse) artificiellement, et entre autres manipulations, il parvint à croiser une vache et une antilope. En 1910, au congrès mondial de zoologie de Graz, Ivanov évoqua la possibilité de passer à l’étape supérieure : la création d’un hybride homme-singe. Il finit par s’atteler au projet en 1926, lorsque l’institut Pasteur lui permit de mener ses expériences en Guinée française. Soutenu par le gouvernement soviétique, qui souhaitait promouvoir le Darwinisme au détriment de la religion, Ivanov insémina 3 femelles chimpanzé avec du sperme humain.

A sa grande déception, toutes les tentatives furent infructueuses. Il décida alors de pratiquer l’opération inverse, en fécondant des femmes avec de la semence de singe, mais les autorités coloniales s’y opposèrent. De retour en Union Soviétique, Ivanov n’abandonna pas ses ambitions. En 1929, avec le support de l’Association des Biologistes Matérialistes, il put reprendre ses projets d’hybridation, et il rechercha des femmes prêtes à se faire inséminer. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, il reçut plusieurs lettres de volontaires, mais l’expérience ne put jamais être menée à bien : le seul singe mature qui était à la disposition d’Ivanov mourut d’une hémorragie cérébrale avant le début des essais.

En 1930, suite à des remous politiques qui affectèrent les institutions scientifiques russes, Ilia Ivanov fut arrêté puis exilé à Alma Ata, où il travailla pour l’institut kazakh de zoologie. Il y mourut deux ans plus tard, sans jamais avoir accompli son idée fixe.

Les implants cérébraux du Dr Delgado

Delgado face au taureau implantéJosé Delgado est un neuro-physiologiste dont la majeure partie de la carrière fut consacrée à un seul but : contrôler le cerveau. Diplômé de l’université de Madrid, et infirmier militaire durant la guerre d’Espagne, il rejoint le département de physiologie de Yale en 1950 où il devient l’un des pionniers de la stimulation électrique cérébrale (ESB). L’ESB consiste à implanter des électrodes à l’intérieur du crane pour stimuler différentes régions du cerveau. Cette opération est capable de provoquer des effets impressionnants, comme des mouvements involontaires, des émotions violentes, ou même des hallucinations. La grande innovation de Delgado fut un système de contrôle à distance qu’il baptisa « Stimoceiver ». Avec ce dispositif, il pouvait littéralement télécommander les réactions de ses sujets, dont les mouvements n’étaient plus contraints par des câbles qui leur sortaient de la tête.

Grâce au Stimoceiver, Delgado fut notamment capable de manipuler un singe comme une marionnette : en appuyant sur des boutons, il parvint à lui faire bouger la tête, les yeux, le corps, ainsi qu’à le faire grogner ou encore à contrôler son sommeil. Sur des sujets humains, le Docteur déclencha des émotions intenses allant de l’euphorie à la rage en passant par l’amour, comme chez une patiente qui lui déclara sa flamme durant l’expérience. Un autre sujet s’avoua incapable de garder sa main ouverte lorsque la stimulation avait lieu.

Mais l’expérience qui rendit Delgado célèbre se déroula en Espagne, en 1963, dans une arène de Cordoue. Pour démontrer l’efficacité de ses méthodes, il fit face à un taureau de combat qu’il avait préalablement « implanté ». La bête chargea, et lorsqu’elle arriva à quelques pas de Delgado, celui-ci appuya sur le bouton de son transmetteur, coupant net l’élan de l’animal. La stimulation électrique du cerveau fut l’objet de vives controverses durant les années 70 et 80, certains l’accusant d’être un outil de contrôle promis aux pires dérives totalitaires. Les subventions s’affaiblirent en conséquence, et Le Dr Delgado s’attela à des travaux moins sulfureux. Son héritage n’en reste pas moins vivant, comme en atteste ce pigeon télécommandé mis au point par des chercheurs chinois en 2007

Duncan MacDougall et le poids de l’âme

Le poids de l'âmeAu début du 20ème siècle, un médecin américain du nom de Duncan McDougall voulut prouver scientifiquement l’existence de l’âme. Il partit du principe que si l’âme existait réellement, elle devait avoir une base matérielle, et par conséquent, un poids. Pour s’en assurer, McDougall ne voyait qu’une solution : peser un homme sur le point de mourir, avant et après son trépas. Il démarra sa macabre entreprise en 1900, après qu’un centre pour tuberculeux l’ait autorisé à mener son expérience sur des patients mourants. Le lit du premier sujet fut placé sur une grande balance, et lorsque le moribond poussa son dernier soupir, MacDougall nota une perte de 21 grammes (trois quarts d’once) avant et après la mort.

Comme il ne trouvait pas d’explications biologiques à cette différence, le docteur en déduisit que ces 21 grammes correspondaient nécessairement au poids de l’âme. MacDougall réitéra l’expérience à 5 reprises et il obtint des résultats similaires, le confortant dans l’idée qu’il avait prouvé sa théorie. Par la suite, il reproduisit l’opération sur 15 chiens, mais sans observer de perte : selon lui, cela démontrait que seul l’homme était doté d’une âme. Lorsque les recherches du docteur furent publiées, en 1907, les médias s’en emparèrent avec frénésie, mais la communauté scientifique prit ses travaux avec d’avantage de pincettes. Les résultats de MacDougall n’étaient pas très précis, variant d’un sujet à l’autre, et son échantillon de patients était trop faible pour être vraiment significatif. Sans compter qu’il expédiait un peu rapidement les autres causes possibles de variation de poids.

Enfin, il tombait typiquement dans le biais dit de « confirmation », qui consiste à privilégier les informations qui vont dans le sens de nos hypothèses, en s’arrangeant avec les éléments contradictoires : dans l’un des cas, la perte de poids se produisit 1 minute après la mort, mais MacDougall en conclut que cela devait venir de la personnalité flegmatique du sujet, dont l’âme n’était pas pressée de partir. Le mythe du poids de l’âme se propagea néanmoins à travers le siècle, jusqu’à être récupéré par la culture populaire, comme avec le film « 21 grammes » d’Alejandro Iñárritu. Quant à MacDougall, il mourut en 1920, sans que personne ne vienne le peser…

Des éléphants sous acide

Des éléphants sous acideEn 1962, deux chercheurs de l’Université d’Oklahoma, Louis West et Chester Pierce, décidèrent de répondre à une question fondamentale : que se passerait-t-il si on donnait du LSD à un éléphant ? Avec la complicité de Warren Thomas, le directeur du zoo d’Oklahoma city, ils injectèrent 297 milligrammes de LSD à un éléphant male de 14 ans nommé Tusko. Cette dose peut sembler dérisoire pour un animal aussi volumineux, mais elle correspond à 3000 fois la dose nécessaire pour déclencher de violents effets psychotropes chez l’humain, et elle reste à ce jour la plus importante jamais assimilée par un être vivant.

Les expérimentateurs voulaient savoir s’ils pouvaient provoquer artificiellement un « musth », un état de furie induit chez l’éléphant par une sécrétion des glandes temporales, et comme ils se doutaient que l’opportunité ne se présenterait pas deux fois, ils tenaient à s’assurer que la dose serait suffisante. Et malheureusement, elle ne le fut que trop : sitôt la drogue injectée, Tusko commença à barrir violemment en courant autour de son parc, avant de s’effondrer au sol, les yeux révulsés. Horrifiés, les chercheurs essayèrent de le ranimer en lui administrant des antipsychotiques, mais une heure et demie plus tard, Tusko était mort. Dans l’article qu’ils publièrent quelques mois plus tard, West, Pierce et Thomas conclurent penaudement que « les éléphants semblaient hautement sensibles aux effets du LSD ».

Durant les années qui suivirent, une controverse éclata à propos de ce qui avait vraiment tué Tusko. S’agissait-il du LSD lui-même ? Ou des drogues utilisées pour le ranimer ? Ou bien encore du mode d’administration ? Un professeur de psychopharmacologie nommé Ronald Siegel décida de trancher ce point en 1982 : à son tour, il donna du LSD à deux éléphants, mais pour ne pas reproduire l’erreur de ses prédécesseurs, il se contenta de verser la drogue dans l’eau des animaux. Cette fois-ci, non seulement les éléphants ne succombèrent à aucune crise, mais en plus ils semblèrent assez détendus, se balançant légèrement sur place, et laissant échapper quelques vocalises étranges avant de revenir à la normale, 24h plus tard. L’experience de Siegel démontra que dans d’autres circonstances, Tusko aurait pu vivre le plus extravagant des trips éléphantesques depuis celui de Dumbo.

Les trois Christs d’Ypsilanti

Les 3 Christs d'ypsilantiLe 1er juillet 1959, trois hommes furent réunis dans la clinique psychiatrique d’Ypsilanti, dans le Michigan. Ils avaient pour nom Clyde Benson, Joseph Cassel et Leon Gabor, mais chacun d’eux était convaincu d’être Jesus-Christ. Pendant deux ans, ils durent se côtoyer dans le cadre de l’une des expériences les plus étranges de l’histoire de la psychologie. A l’origine de cette rencontre, il y avait la curiosité de Milton Rokeach, un psychologue passionné par la question de l’identité : Rokeach voulait explorer les relations qu’il y a entre nos convictions les plus profondes, et la perception que nous avons de notre identité. Dans quelle mesure notre identité peut-elle être remise en question? Et quelles en sont les limites? Pour essayer de répondre à ces questions, Rokeach eut donc l’idée de rassembler trois patients psychotiques persuadés d’être la même personne, et d’étudier leurs réactions. Si leur croyance erronée pouvait être ébranlée par cette confrontation, alors peut être que leur condition s’améliorerait.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs premières entrevues n’allèrent pas dans ce sens : chacun des patients avait une bonne explication pour l’imposture des deux autres. Pour Benson, ils n’étaient pas vraiment vivants, et c’était les machines à l’intérieur d’eux qui parlaient à leur place. Pour Cassel, les deux autres ne pouvaient pas être Jesus pour la simple raison qu’ils étaient patients d’un hopital psychiatrique. Gabor, enfin, pensait que ses deux camarades se faisaient passer pour le Christ uniquement pour le prestige. Le psychologue les encourageait à débattre régulièrement, mais les trois patients s’accrochaient à leur convictions, et, dans un style assez peu christique, ils finirent même par en venir aux mains. Un jour, Rokeach leur montra un article consacré à l’expérience dans un journal local, en leur demandant ce qu’ils en pensaient. Aucun des trois ne reconnaissait les patients dont il était question (leurs noms n’était pas précisés dans l’article), et pour Benson, il était clair que la place de ces malades était dans un asile.

En avril 1960, Gabor annonça qu’il attendait une lettre de sa femme. Comme il n’avait jamais été marié, Rokeach vit là une opportunité d’aller plus loin dans l’expérience, et il commença à se faire passer pour l’épouse imaginaire de son patient en lui envoyant des lettres. Gabor obéissait aux petites demandes et conseils que sa « femme » lui écrivait, sauf quand elle lui suggérait de remettre en question son identité divine. Ce fut ensuite Cassel qui commença à recevoir de fausses lettres du Directeur de l’hôpital, lui demandant de changer son comportement pour accélérer sa guérison, mais sans plus de succès. Deux ans après leur rencontre, les trois Christs d’Ypsilanti n’avaient quasiment pas modifié leurs croyances. Milton Rokeach décida alors d’arrêter l’expérience, en concluant que ces hommes avaient préféré trouver des moyens de vivre en paix plutôt que de régler le problème de leur identité. Il confiera ses remords 20 ans plus tard, déclarant qu’il n’avait « aucun droit, même au nom de la science, de jouer à Dieu avec ses patients ». Une formule pour le moins appropriée.

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La chose dans le noir

John Henry Fuseli - Le Cauchemar

John Henry Fuseli - Le Cauchemar

La scène se déroule dans votre chambre, au beau milieu de la nuit. Vous venez d’ouvrir les yeux, et malgré tous vos efforts, vous ne parvenez pas à bouger. Votre corps engourdi ne répond plus. Et soudain, vous sentez qu’une présence hostile vous observe au pied du lit : c’est une forme noire, humanoïde, qui s’approche maintenant de vous, et qui semble vouloir vous étouffer en exerçant une pression sur votre torse. Au prix d’un effort désespéré, vous parvenez enfin à vous libérer, mais la forme disparait au même instant. L’expérience, qui n’aura duré que quelques secondes, vous laisse dans un état de terreur et de confusion : vous venez de vivre une paralysie du sommeil.

Durant le sommeil paradoxal, la phase où se déroule la majorité des rêves, le corps est paralysé par des mécanismes cérébraux afin que nous ne reproduisions pas dans la réalité les mouvements que nous faisons en rêve. Mais parfois, alors que les muscles sont maintenus dans cet état d’atonie naturelle, il arrive que l’esprit s’éveille, et l’on se retrouve alors conscient et prisonnier. C’est ce trouble que désigne le terme « paralysie du sommeil ». Là où le phénomène devient vraiment inquiétant, c’est qu’il est presque toujours accompagné d’hallucinations dites hypnagogiques ou hypnopompiques, selon qu’elles se déroulent au moment de l’endormissement ou du réveil.

A quelques variations près, la nature de ces hallucinations est étrangement semblable pour tout le monde : le sujet terrifié perçoit une présence hostile dans la pièce, qui essaie parfois de l’étouffer en écrasant son torse. Lorsqu’elle est vue, l’entité a généralement la forme d’une ombre humanoïde. Des hallucinations auditives et tactiles peuvent également donner l’impression au sujet qu’il y a des voix ou des bruits de pas dans sa chambre, et que la présence essaie de le saisir pour l’emporter. Dans de plus rares cas, certains témoins disent avoir eu l’impression de flotter au dessus de leur lit, ou de subir des agressions sexuelles. L’expérience ne dure jamais plus de quelques minutes, mais elle n’en reste pas moins traumatisante.

Tout comme le tableau homonyme de Fuseli, le Cauchemar de Nicolai Abraham Abildgaardsemble avoir été inspiré par la paralysie du sommeil.

Tout comme le tableau homonyme de Fuseli, le Cauchemar de Nicolai Abraham Abildgaard semble avoir été inspiré par la paralysie du sommeil.

On trouve trace de la paralysie du sommeil dans toutes les cultures, où elle a donné lieu à de nombreuses légendes et interprétations : en Chine, on parle du Gui ya chuang, ou « fantôme qui écrase le lit » ; au Japon, c’est le Kanashibari. Dans les cultures musulmanes, on parle souvent des Djinns qui essaient de posséder le corps du dormeur. Au Canada on évoque la « vieille sorcière ». Mara en Islande, Khyaak au Népal, Karabasan en Turquie ou encore Amuku Be au Sri Lanka ne sont que quelques uns des noms utilisés dans le monde pour désigner l’entité maléfique qui surgit durant la paralysie du sommeil. De nombreux chercheurs pensent également que certains mythes modernes tels que les enlèvements d’extraterrestres peuvent être expliqués par le phénomène, de même que les attaques d’incubes et de succubes au moyen-âge.

Les causes de la paralysie du sommeil restent encore mal comprises. Cependant, on pense que certains facteurs peuvent en faciliter l’apparition, comme le stress, ou les heures de sommeil irrégulières. Si les cas de paralysie chronique restent rares, les études montrent qu’entre 25 et 30% des gens expérimentent le phénomène au moins une fois dans leur vie, quel que soit leur âge ou leur sexe. Si ça vous arrive, essayez de vous détendre. Rappelez-vous que c’est temporaire, et que tout se passe dans votre tête. Enfin, en respirant calmement, attendez que disparaisse la chose dans le noir…

J’ai moi-même vécu une paralysie du sommeil, dont le souvenir reste très vif.  J’ai vu une petit forme noire et humanoïde qui essayait de m’étouffer, alors que j’étais complètement paralysé. Comme j’ignorais totalement l’existence du phénomène à l’époque, j’avais associé l’expérience à une sorte de cauchemar très réel, mais je me souviens que la confusion et la peur ont persisté un certain temps. Si vous avez connu les symptômes décrits dans l’article, j’attends vos témoignages en commentaires!

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La fille qui ne vieillit pas

A gauche, Brooke, 16 ans, ses parents, et sa soeur Caitlin, 19 ans.

De par sa taille et ses capacités mentales, Brooke Greenberg semble présenter des attributs normaux pour un bébé. A ceci près qu’elle est née en 1993, et qu’elle à eu 16 ans au mois de janvier dernier. Les chercheurs sont fascinés par cette adolescente du Maryland, dont le cas est sans équivalent dans l’histoire de la médecine.

D’après les examens effectués sur Brooke, son processus de vieillissement n’est expliqué par aucune anomalie génétique connue. Son corps ne vieillit pas comme un organisme unifié, mais comme un ensemble de parties désynchronisées : ainsi, à 16 ans, son âge osseux correspond à celui d’une enfant de 10 ans, et elle à toujours ses dents de lait. Elle mesure aujourd’hui 76 cm pour environ 7 kg, ce qui n’a guère évolué depuis les premières années de sa vie. Brooke à trois sœurs âgées de 22, 19 et 13 ans, mais au fil du temps, elle est la seule à ne jamais changer sur les photos.

Durant les 6 premières années de son existence, Brooke à subi une série d’incidents médicaux, dont elle s’est souvent remise sans explications : elle a eu 7 ulcères perforés à l’estomac. Elle a été victime d’une attaque cérébrale, dont toute trace avait disparu au bout de quelques semaines. Et à l’âge de 4 ans, elle fut plongée dans un semi-coma durant 14 jours à cause d’une tumeur au cerveau. Suite au diagnostic des médecins, ses parents s’étaient préparés à la perdre, mais quand la petite fille se réveilla, sa tumeur n’était plus la. Pour les médecins, la source de ses maux successifs reste un mystère, tout comme ses guérisons miraculeuses.

Brooke à l'age de 12 ans, avec sa soeur Carly, alors agée de 9 ans.

Brooke à l'age de 12 ans, avec sa soeur Carly, alors agée de 9 ans.

Lorsque les troubles de croissance de Brooke devinrent manifestes, on conseilla à ses parents de la traiter aux hormones de croissance, mais cela n’eut aucun effet. Les ongles et les cheveux sont les seules choses qui poussent chez l’adolescente. Son œsophage est si petit qu’elle est nourrie par un tube inséré dans son estomac, pour éviter que la nourriture avalée ne remonte dans ses poumons.

Pour comprendre les mécanismes de son vieillissement, le Dr Richard Walker de l’Université de Floride du Sud a étudié l’ADN de Brooke à la recherche d’une mutation génétique encore jamais observée. Il pense que si le gène responsable de cette condition unique est isolé, nous pourrions connaitre les clés du vieillissement humain, et par conséquent de notre mortalité. Brooke ne sait pas parler. Son âge mental est celui d’une enfant de neufs mois. Mais elle détient peut-être le secret d’un rêve aussi vieux que l’humanité : celui de la jeunesse éternelle…

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Les cellules d’Henrietta Lacks

Cellules

Au mois de février 1951, l’histoire de la médecine fut bouleversée par une jeune mère de famille issue de la communauté noire de Baltimore, aux Etats-unis. A cette époque, le Dr George Otto Gey dirige le service de recherche sur la culture des tissus humains à l’hôpital John Hopkins de Baltimore. Il poursuit alors un seul but : vaincre le cancer. Pour ce faire, sa femme et lui venaient de passer plus de 20 ans à essayer de maintenir en culture des cellules cancéreuses afin de pouvoir les étudier. En vain. Jusqu’au jour où leur chemin croisa celui d’Henrietta Lacks…

Ce jour-là, quelques instants avant que la médecine n’entre dans un nouvel âge, Henrietta lacks est étendue dans une salle de l’hôpital Hopkins reservée aux noirs. Mère de famille agée de 31 ans, elle vient pour se faire soigner une tumeur maligne au col de l’uterus détectée huit jours plus tôt. Le gynécologue qui la traite au radium prélève un échantillon de sa tumeur et le fait passer au Dr Gey, qui fait alors une découverte sans précédent :  en plus d’être immortelles, les cellules cancéreuses d’Henrietta Lacks prolifèrent sans limite.

Jusqu’ici, on avait jamais pu cultiver de celulles humaines à l’exterieur d’un corps. A cause du faible nombre de divisions, la lignée cellulaire finissait par s’éteindre. Mais la présence d’une enzyme particulière dans les cellules d’Henrietta faisait que celles-ci se divisaient indéfiniment, si bien qu’on pouvait non seulement les étudier, mais également les distribuer dans d’autres laboratoires. Elles furent baptisées cellules HeLa (pour Henrietta Lacks).

Henrietta Lacks à la fin des années 40

Si les cellules cancéreuses d’Henrietta prospéraient à toute vitesse dans les tubes à essai, elles faisaient de même dans son organisme, et la malheureuse mourut quelques mois plus tard, le 5 octobre 1951. Ce qu’elle ignorait, c’est que ses cellules continueraient à vivre. Elle qui n’avait jamais traversé plus longue distance que celle séparant la Virginie de Baltimore, elle ne put jamais savoir que ses cellules se multiplieraient dans les laboratoires du monde entier. Comment cette petite fille d’esclaves aurait-t-elle pu imaginer que des parcelles d’elle-même seraient envoyées jusque dans l’espace pour étudier les effets de la gravité sur les cellules humaines? Et qu’elles permettraient de guérir la polio?

Aujourd’hui encore, les cellules HeLa constituent la lignée standard dans le cadre d’innombrables études liées à la cancerologie, la biologie, ou encore l’effet des radiations. Elles ont permis de remporter des prix Nobel. Elles ont sauvé des vies. Et elles sont tellement nombreuses à présent que leur biomasse dépasse celle du corps tout entier d’Henrietta lorsque celle-ci était vivante.

Mais si de nombreux scientifiques honorent maintenant la mémoire d’Henrietta Lacks pour son inestimable contribution à l’avancée de la médecine, il faut préciser qu’elle fut enterrée sans sépulture décente, et qu’elle ne fut même pas mise au courant du prélèvement pratiqué sur elle à l’hôpital. Sa famille elle-même ne l’apprit que 20 ans plus tard. Les cellules d’Henrietta Lacks sont immortelles, puisse son souvenir l’être aussi.

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7 troubles mentaux sidérants

Le cri (Edvard Munch, 1893) 

Syndrome de la main étrangère

MainLe syndrome de la main étrangère est un désordre neurologique aussi rare qu’il est impressionnant. Les sujets atteints sont victimes d’une main » rebelle » qu’ils ne parviennent plus à contrôler, au point que celle-ci semble avoir une volonté propre. Les malades continuent à ressentir les sensations en provenance de la main, mais ils ont l’impression de ne plus en être propriétaires. Ce trouble peut apparaitre lors d’une lésion du corps calleux (la partie du cerveau qui relie les deux hémisphères), ou bien à cause d’une tumeur cérébrale, ou encore suite à une attaque. Dans ces deux derniers cas, la main étrangère peut réaliser des actions complexes, comme déboutonner une chemise ou retirer une cigarette que l’autre main vient de mettre dans la bouche. Ce trouble est également connu sous le nom de « syndrome du Dr Folamour » en référence au héros du célèbre film, dont la main semble agir librement.

Syndrome d’Alice au pays des merveilles

AliceCe syndrome qui tire son nom du roman de Lewis Carroll affecte la perception de façon spectaculaire : les personnes qui en souffrent voient les choses beaucoup plus petites qu’elle ne sont (micropsie), ou beaucoup plus grandes (macropsie). Une voiture deviendra soudainement un modèle réduit, et un chat pourra se transformer en tigre. La perception qu’ont les sujets de leur propre corps est également déformée, ainsi que celle du temps. Dans certains cas, le syndrome peut causer des hallucinations plus importantes, et toucher également les autres sens. Ce trouble est parfois associé aux migraines violentes (dont souffrait justement Lewis Carroll), ou tout simplement à la prise de drogues hallucinogènes. Bizarrement, les enfants semblent plus souvent touchés que les adultes.

Syndrome de l’accent étranger

Quoi?Ce syndrome est un trouble rarissime qui arrive le plus souvent suite à une lésion cérébrale. Comme son nom l’indique, il fait apparaitre un accent étranger chez les personnes touchées. Un simple choc, et vous pouvez parler définitivement avec l’accent belge, ou allemand, ou anglais… Ce qui se passe concrètement, c’est que la zone du cerveau en charge des fonctions linguistiques est altérée, provoquant des modifications dans la prononciation. Parmi la soixantaine de cas recensés depuis 1941, on compte notamment celui de Linda Walker, une anglaise de 60 ans qui suite à une attaque cérébrale se mit à parler avec un accent jamaïcain, ou italien, ou encore slovaque selon les différentes intérpretations. Plus étonnant est le cas de Cindy Lou Romberg, une américaine qui prit l’accent russe au point de faire des fautes de langage dignes d’un touriste russe dans sa propre langue maternelle.

Syndrome de la tête qui explose

Boum.Ce syndrome est moins grave que son nom ne le laisse supposer, mais il n’en reste pas moins terrifiant pour les personnes qui en sont victimes. Il déclenche dans la tête de ces dernières un bruit intense et soudain, qui s’apparente à une violente explosion.Le phénomène est d’autant plus effrayant qu’il se produit généralement au moment de l’endormissement. L’explosion n’entraine pas de douleur, mais elle est souvent accompagnée d’un flash lumineux, et parfois de réactions physiques, comme des palpitations. On ignore encore la cause exacte de ce syndrome, mais le stress semble y jouer un rôle.

Syndrome de Capgras

Le fils de l'homme (Magritte, 1964)Ce syndrome psychiatrique, également connu sous le nom d’illusion des sosies, est probablement un des plus troublants qui soient. Décrit en 1923 par le psychiatre français Joseph Capgras, ce désordre donne au malade l’impression que ses proches, parents, ou amis, ont été remplacés par des sosies. La ressemblance est d’autant plus insupportable qu’elle est parfaite, et la réaction des victimes du syndrome face aux « imposteurs » peut être très violente. Capgras en fit l’experience avec une patiente qui avait voulu tuer son mari, convaincue que ce dernier était un sosie. Selon les dernières avancées en matière de neurosciences, le trouble viendrait d’une incapacité des malades à traiter l’information affective, suite à une lésion cérébrale, par exemple. Par conséquent, ne ressentant pas d’émotion face à un visage censé être aimé, ils en déduisent que le proche ne peut être qu’un imposteur.

Syndrome de Fregoli

MasqueLe syndrome de Fregoli appartient au même groupe de psychoses que le syndrome de Capgras, mais avec une dimension paranoïaque encore plus marquée : ici, le sujet à l’impression que tous les gens qu’il rencontre ne sont qu’une seule et même personne qui n’arrête pas de se déguiser. On retrouve donc l’idée de l’imposture comme dans l’illusion des sosies, à ceci près que cette fois l’imposteur est seul, et qu’il prend la place de tout le monde. Le syndrome doit son nom a Leopoldo Fregoli, un transformiste italien qui était célèbre pour son aptitude à changer de costume très rapidement.

Syndrome de Cotard

Le sommeil (Dali, 1937)Le syndrome de Cotard est sans doute le trouble le plus étrange, ou du moins le plus dérangeant de cette liste. Les personnes victimes de ce délire sont convaincues qu’elles sont en putréfaction, qu’elles ont perdu leurs organes, ou bien qu’elles sont déja mortes. A l’inverse, dans certains cas, elles peuvent avoir l’impression d’être immortelles et tenteront alors d’éprouver cette croyance en allant jusqu’au suicide. Le syndrome fut décrit pour la première fois en 1880 par le neurologue français Jules Cotard. Il rapporta notamment le cas d’une femme qui niait l’existence de plusieurs parties de son corps, et qui finit par penser qu’elle était damnée pour l’éternité, incapable de mourir. Dans leur ouvrage de 1996, les psychiatres Young et Leafhead décrivent le cas d’un jeune homme qui, après sa sortie d’hopital, fut emmené en afrique du sud par sa mère.Il pensait qu’il était mort de septicémie, et, chaleur aidant, qu’on l’avait emmené tout droit en enfer…

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