Articles taggés: lieux

L’Homme de Marree

L'Homme de Marree

En 1998, un pilote d’avion nommé Trec Smith fit une découverte extraordinaire : en volant au dessus de l’Australie Méridionale, entre les villes de Marree et de Coober Pedy, il aperçut une gigantesque silhouette humaine tracée au sol. Baptisé « Homme de Marree », ce dessin de 4 km de long sur plus de 15 km de circonférence est le plus grand géoglyphe au monde, loin devant les lignes de Nazca. Mais malgré sa démesure, ses auteurs et la raison de sa présence restent encore aujourd’hui une énigme…

Situé près de la zone interdite de Woomera, le plus grand terrain d’essais militaires de la planète, l’Homme de Marree semble représenter un aborigène en train de chasser avec un bâton à lancer. On estime que pour choisir un site adapté à sa taille immense, il a surement fallu utiliser des images satellite ainsi que du matériel topographique. Les lignes qui composent la silhouette atteignent jusqu’à 35 m de large, sur une profondeur de 20 à 30 cm. Elles s’érodent progressivement, mais l’aridité de la région permet au dessin d’être encore visible.

L'Homme de Marree en 1998 - Photo © Commonwealth of Australia

L'Homme de Marree en 1998 - Photo © Commonwealth of Australia

Les auteurs du géoglyphe sont inconnus, mais suite à la découverte de Smith, plusieurs communiqués de presse anonymes suggérèrent qu’ils étaient américains. En janvier 1999, les autorités apprirent par le biais d’un fax qu’une plaque était enterrée à 5 mètres au sud du nez de l’Homme. Cette plaque contenait un drapeau américain, une représentation des anneaux olympiques, ainsi qu’un message : « In honour of the land they once knew. His attainments in these pursuits are extraordinary; a constant source of wonderment and admiration » (En honneur de la terre qu’ils connurent autrefois. Les résultats de ses recherches sont extraordinaires ; une source constante d’émerveillement et d’admiration). La phrase est tirée d’un livre de H.H. Fynlaison intitulé « Le Centre Rouge », dans lequel l’auteur parle notamment de la chasse aux wallabies avec des batons à lancer. Si l’on se fie à l’ouvrage, « l’Homme de Marree » pourrait être un chasseur de la tribu Pitjantjatjara.

Malgré les réactions enthousiastes du public, le ministre de l’environnement Australien qualifia l’oeuvre de « vandalisme environnemental », et le site fut fermé après que les membres de la tribu Dieri se soient plaints, considérant le geoglyphe comme une profanation de leur terre sacrée. Mais alors que ses lignes disparaissent lentement dans la terre sèche de l’Outback, l’Homme de Marree voit parfois des avions venir le survoler, lui et son mystère.

Plus d’infos :

L’île des poupées

L'île des poupées

C’est dans la région marécageuse de Xochimilco, au sud de Mexico City, que se trouve sans doute l’endroit le plus effrayant du Mexique. Après une longue excursion à travers un vaste réseau de canaux, on peut y découvrir une île abandonnée dont les arbres, recouverts de petits corps mutilés, offrent une vision de cauchemar. Devenue l’une des attractions touristiques les plus étranges au monde, cette île est connue sous le nom de «isla de la munecas» : l’île des poupées.

L’histoire de l’île débute dans les années 50, lorsqu’un certain Don Julian Santana Barrera décide d’aller y vivre en ermite, laissant femme et enfants derrière lui. Peu après son arrivée sur les lieux, Don Julian acquiert la certitude qu’ils sont hantés par l’esprit d’une petite fille, morte noyée dans le canal qui borde l’île. Pour apaiser le fantôme de la fillette et se protéger du mauvais sort, Don Julian va commencer à collecter les vieilles poupées abandonnée qui dérivent parfois au fil de l’eau. Une à une, il va les accrocher aux arbres de l’île, constituant un étrange mausolée en hommage à l’enfant défunte.

L'île aux poupées

Don Julian ira jusqu’à sortir de son ermitage pour recueillir d’avantage de poupées dans les décharges, et les autochtones prendront même l’habitude de lui échanger des poupées usées contre les légumes qu’il fait pousser sur l’île. Les petites silhouettes mutilées s’accumulent alors par centaines, recouvrant littéralement la végétation. Avec les années, elles se décomposent horriblement, la pluie et le soleil érodant leurs visages au regard vide. Attachées aux branches par des fils de fer rouillés, elles sont souvent couvertes de toiles d’araignée ou de crasse, quand elles ne sont pas démembrées.

L’île ne fut réellement découverte par le public que dans les années 90, lors d’un programme de nettoyage des canaux de Xochimilco. Les « trajineras », gondoles locales, purent alors y accéder librement, et l’île des poupées devint une sorte d’attraction macabre et surréaliste. Néanmoins, elle ne figure pas sur les parcours touristiques classique, et il faut spécifiquement demander aux conducteurs des barques de s’y rendre. Deux heures de navigation à travers un dédale de canaux sont nécessaires pour y accéder, mais ceux qui ont visité l’île parlent d’une expérience unique, comme une installation artistique dégénérée dans laquelle on se sent observé de toutes parts.

L'île aux poupées

Don Julian Santana Barrera fut retrouvé noyé le 17 avril 2001, à l’âge de 80 ans. Il aura vécu seul sur l’île pendant les 50 dernières années de sa vie, au cœur de son œuvre absurde et grandiose. Désormais seules occupantes des lieux, les poupées continuent lentement à pourrir au soleil du Mexique, mais d’après les superstitions locales, on pourrait les voir bouger lorsque vient la nuit…

Plus d’infos:

5 paysages de science-fiction (qui existent pour de bon)

La structure de Richat

La Structure de Richat

Egalement surnommée l’œil de l’Afrique, la structure de Richat est une gigantesque formation circulaire de 50 km de diamètre située en plein désert du Sahara, près de Ouadane (Mauritanie). Vue du ciel, elle ressemble à un monumental œil bleu-vert, ou à un fossile géant. Elle fut découverte lors d’un vol spatial Américain, en 1965, et à cause de sa taille et de son aspect caractéristique, elle est longtemps restée un point de repère pour les astronautes. On pensait à l’origine que la structure de Richat était due à l’impact d’une météorite, mais cette théorie n’expliquait pas la relative platitude de la formation, dont les dénivelés atteignent environ 40m. L’interprétation la plus couramment acceptée aujourd’hui est celle d’un dôme volcanique géant qui se serait effondré sur lui-même au cours d’une érosion de plusieurs millions d’années. Cependant, jusqu’à ce que les hypothèses soient confirmées, l’origine exacte de ce phénomène unique reste une énigme pour les chercheurs.

Arbres Sang de Dragon sur l'île de Socotra

Arbres Sang de Dragon sur l'île de Socotra

L’île de Socotra

Au Nord-Ouest de l’Océan Indien se trouve une île qui redéfinit toute notion de paysage « terrestre ». Située à 350 km des côtes du Yemen, l’île de Socotra est la plus grande de l’archipel qui porte son nom. Elle fut détachée du continent Africain il y a 6 millions d’années, et cet isolement géologique a donné naissance a une biodiversité phénoménale : Socotra abrite 800 espèces de plantes rares dont un tiers sont endémiques, ce qui signifie qu’elles n’existent nulle part ailleurs sur la planète. Parmi les spécimens les plus étranges, on trouve notamment l’arbre concombre, le figuier de Socotra et son aspect improbable, ou encore l’arbre Sang de Dragon, dont la sève rouge servait de teinture et d’onguent magique dans l’antiquité. La faune n’est pas en reste, et compte plusieurs espèces d’oiseaux uniques au monde. Les 42 000 habitants de l’archipel parlent le soqotri, une langue non-écrite, et leur mode de vie est encore très traditionnel : la première route n’a été installée qu’en 2008 par le gouvernement Yéménite. C’est d’ailleurs suite à ce projet controversé que Socotra à été inscrite au patrimoine mondial de L’UNESCO, afin de limiter le développement des infrastructures, et garantir la préservation des trésors naturels de l’île.

La Grotte des Cristaux - Photo © Carsten Peter/Speleoresearch & Films

La Grotte des Cristaux - Photo © Carsten Peter/Speleoresearch & Films

La Grotte des Cristaux

En l’an 2000, des mineurs de la compagnie Peñoles ont fait une découverte extraordinaire en forant une galerie dans les mines de Naica, au Mexique. A 300m de profondeur, ils ont trouvé par hasard une grotte dont la chambre principale contient les plus grands cristaux jamais découverts. Dans cette cavité de 30m sur 10, de gigantesques colonnes de cristal s’entremêlent dans une configuration surréaliste qui n’est pas sans rappeler les visions de Jules Verne, ou encore la « Forteresse de la Solitude » de Superman. Le plus impressionnant des cristaux mesure 11m de long pour un poids de 55 tonnes. Hormis son incroyable beauté, la grotte est également un endroit très dangereux pour l’homme : la température y approche les 60°, et le taux d’humidité y est de 100%, ce qui fait qu’une exposition de plus d’un quart d’heure sans protection peut s’avérer fatale pour l’organisme. L’exploration de la grotte est aujourd’hui possible grâce aux opérations de pompage de la compagnie minière, mais en temps normal, elle est submergée par une eau sous haute pression saturée de minéraux, et chauffée par une poche de magma souterraine. Ces conditions extrêmes expliquent la formation de cristaux, qui n’ont cessé de grandir durant des millénaires.

Jeep traversant le Salar de Uyuni - Photo © Volker Banken

Jeep traversant le Salar de Uyuni - Photo © Volker Banken

Le Salar de Uyuni

Situé à plus de 3600m d’altitude, sur les hauts plateaux de la Bolivie, le Salar de Uyuni est le plus grand désert de sel du monde. Formée suite à l’assèchement d’un gigantesque lac préhistorique, cette étendue blanche de 12500 km² offre également l’un des paysages les plus « extra-terrestres » qu’il puisse être donné de contempler. Lorsque le Salar est recouvert d’eau, sa surface devient réfléchissante comme un miroir, et il devient presque impossible de dire où s’arrête le sol et ou commence le ciel. Les rares objets visibles à l’horizon donnent l’impression de flotter dans l’air, et les visiteurs ont souvent l’impression d’être perdus au milieu d’un océan blanc, sans point de référence. Au centre du Salar, on peut voir des « îles » couvertes de cactus géants, vestiges de volcans submergés durant la préhistoire, comme l’île d’Incahuasi. Les touristes venus apprécier ce paysage irréel peuvent même trouver des hôtels dans la zone, entièrement fabriqués en blocs de sel du fait de l’absence de matériaux de construction, et de la distance des villes. Hormis ses réserves de sel quasi illimitées, le Salar de Uyuni contient 50 à 70% du lithium exploitable sur la planète. On estime qu’avec la production toujours grandissante de batteries d’appareils portables et de voitures hybrides, la demande de lithium devrait tripler durant les 15 prochaines années, ce qui pourrait bouleverser l’avenir de la Bolivie, aujourd’hui pays le plus pauvre d’Amérique du Sud.

Les piliers brumeux du Wulingyuan

Les piliers brumeux du Wulingyuan

Le Wulingyuan

Inscrit depuis 1992 au patrimoine mondial de l’humanité, le Wulingyuan est un parc national qui se trouve dans la province du Hunan, au sud de la Chine. Le site est connu pour ses spectaculaires piliers de grès, sculptés par des millénaires d’érosion, et qui constituent une véritable forêt de pierre. Environ 3000 pics s’élèvent ainsi vers le ciel, dont certains dépassent les 400m. A cause de son humidité, la région est fréquemment recouverte d’une mer de brume dont seuls les sommets émergent, comme suspendus dans le ciel. La végétation luxuriante qui longe le flanc des pics achève de donner à l’ensemble l’aspect d’une jungle de science-fiction. Les peintres chinois ont fait du Wulingyuan une source intarissable d’inspiration, mais, et c’est plus surprenant, certains cinéastes hollywoodiens aussi : James Cameron aurait utilisé des photos du Wulingyuan pour créer les montagnes flottantes de la planète Pandora, où se déroule l’action du film Avatar. Suite au succès colossal de l’oeuvre, les autorités locales ont d’ailleurs décidé de rebaptiser un des pics jusqu’ici connu sous le nom de « Pilier du ciel et de la terre » en « Montagne Alleluia Avatar ». La boucle est bouclée…

Plus d’infos :

5 mystères à élucider

Georgia Guidestones

Les Georgia Guidestones sur leur colline d'Elbert County

Les Georgia Guidestones

C’est sur une colline de Elbert County, en Georgie, que s’élève le monument le plus mystérieux des Etats-Unis. Il est composé de 5 plaques de granit disposées en étoile, qui soutiennent un lourd couvercle de pierre. Mesurant près de 6 m de haut pour un poids total de 107 tonnes, l’édifice est connu sous le nom de Georgia Guidestones (littéralement Pierres Guides de Géorgie), mais son envergure lui vaut également d’être surnommé le Stonehenge américain. Sur les 4 plaques principales sont gravés 10 « commandements » écrits en 8 langues différentes, parmi lesquelles l’anglais, le chinois, l’espagnol, ou encore l’hindi. Ces « règles » prônent notamment des valeurs de modération et d’harmonie avec la nature, mais certaines d’entre elles prêtent à controverse, comme la première qui conseille de maintenir l’humanité en dessous de 500 000 000 d’individus, et qui alimente les théories conspirationnistes.

A l’ouest du monument, une plaque supplémentaire à été posée au sol, qui indique un certain nombre d’informations : on y trouve entre autres les dimensions de l’édifice, le nom des langues mortes gravées sur les cotés du couvercle (sanskrit, égyptien, grec, babylonien), et on y apprend également comment se placer par rapport au monument pour profiter de ses fonctions d’observatoire astronomique. Les Georgia Guidestones sont un mystère dans le sens ou on ne sait pas exactement qui en a commandé la construction, ni pourquoi. Elles ont été érigées par la Elberton Granite Finishing Company en 1980, a la demande d’un homme qui se présenta sous le pseudonyme de R.C. Christian, et qui ne dévoila jamais son identité réelle. Il représentait un groupe d’anonymes qui « souhaitaient une ère de raison », et qui couvrirent sans discuter les coûts énormes de la construction. Joe Fendley, le président de la Elberton Granite Company, confia que selon « R.C.Christian », les Guidestones devaient être capables de résister à une apocalypse afin que les survivants puissent suivre leurs règles et bâtir une meilleure civilisation…


Une representation de Cthulhu par John Coulthart

Une representation de Cthulhu par John Coulthart

Le Bloop

Au cours de l’été 1997, un son d’origine inconnue fut capté à plusieurs reprises par la NOAA, l’agence américaine responsable de l’étude de l’océan et de l’atmosphère. Localisé à près de 5000 km des cotes chiliennes, et enregistré par du matériel militaire destiné à repérer les sous-marins soviétiques, ce son baptisé le Bloop reste un mystère : son profil présente les caractéristiques d’une créature vivante, mais selon les spécialistes qui l’ont étudié, son volume est tel que s’il provenait d’un animal, ce dernier aurait des dimensions encore jamais vues, plus grandes que celles de la baleine bleue.

Parmi les hypothèses avancées sur la nature du Bloop, certaines postulent qu’il pourrait avoir été émis par un calamar géant, ou par une espèce marine inconnue. Il pourrait également provenir d’une vibration synchronisée émise par un groupe de créatures. Dans le registre non-organique, on sait que les icebergs sont capables de générer des sons de très basse fréquence, et un sous marin nucléaire aurait également pu produire une fréquence semblable, mais le problème du volume se pose toujours. Coïncidence étonnante, les coordonnées du point d’ou venait le Bloop sont proches de l’endroit ou l’écrivain H.P. Lovecraft situait R’lyeh, la cité mythique ou repose le monstrueux Cthulhu. Demeurant sans explication, le Bloop n’a plus jamais été entendu depuis 1997.


Les rochers mouvants de Racetrack Playa

Une roche mouvante suivie de son tracé

Les rochers mouvants de Racetrack Playa

Célèbre pour ses conditions extrêmes et ses paysages lunaires, le Parc National de la Vallée de la Mort en Californie abrite de nombreuses curiosités géologiques. La plus étrange est observable à la surface de Racetrack Playa, un lac asséché de 7km² : au sud de ce lac, des rochers de tailles différentes se déplacent sans explication, parfois sur des centaines de mètres, en laissant de longs tracés derrière eux. Les rochers s’éboulent d’une colline adjacente, puis commencent leur parcours non pas dans la foulée de leur chute, mais après être arrivés au bord du lac.

Si les études menées depuis la fin des années 40 n’ont pas permis de comprendre le phénomène, elles ont pu poser plusieurs hypothèses : le vent tout d’abord, parfois très violent, qui pousserait les pierres sur la boue sèche. Mais certaines roches pèsent le poids d’un homme, et le vent seul ne pourrait pas les déplacer. La glace ensuite, qui se formerait autour des pierres en hiver, et qui leur permettrait de glisser sur le sol. Mais cette théorie n’explique pas les traces, et les expériences menées dans ce sens n’ont pas été concluantes. Les chercheurs ne comprennent pas non plus pourquoi certains blocs changent brutalement de direction après avoir suivi un chemin parallèle aux pierres voisines. Détail intéressant, comme les déplacements se déroulent sur plusieurs années, et comme l’aridité du lieu empêche d’y rester trop longtemps, personne n’a encore pu voir les rochers bouger. Les forces à l’œuvre restent donc un mystère…


Mémorial aux victimes de l'incident du Col de Dyatlov

Mémorial aux victimes de l'incident du Col de Dyatlov

L’incident du Col de Dyatlov

Dans la nuit du 2 février 1959, 9 randonneurs russes abandonnèrent en urgence le campement qu’ils avaient établi dans les montagnes de L’Oural pour s’enfuir dans la forêt. Leur précipitation était telle qu’ils déchirèrent la toile de leur tente pour en sortir, et malgré une température proche des -20°, ils ne s’habillèrent que partiellement. Environ 8h plus tard, ils étaient tous morts. Le col de montagne ou se déroula l’incident est depuis connu sous le nom de Col de Dyatlov, en référence à Igor Dyatlov, le meneur du groupe. Les 5 premiers corps furent retrouvés dans les bois le 26 février, certains pieds nus et en sous vêtements. Leur mort fut attribuée à l’hypothermie. Mais lorsqu’on retrouva les 4 corps restants 2 mois plus tard, les enquêteurs commencèrent à voir les choses différemment : 3 des victimes avaient succombé à de violentes fractures multiples, et une des femmes, Lyudmila Dubinina, n’avait plus de langue. L’hypothèse d’une agression par des indigènes Mansi, ethnie locale, fut avancée puis rejetée pour diverses raisons : d’abord, il n’y avait pas d’autres traces que celles des randonneurs dans la zone, et pas de signes de lutte. Ensuite, il n’y avait pas de blessures externes, et les chocs reçus, comparables à ceux d’un accident de voiture, était trop importants pour qu’un humain en soit l’auteur.

Les autorités soviétiques finirent par clore l’affaire, en déclarant que les morts avaient été causées par des circonstances inconnues. Le dossier fut classé confidentiel, et les archives ne furent pas ouvertes au public avant les années 90. Suite a l’engouement des medias et d’internet en particulier pour ce cas, de nombreux points furent amplifiés, voire inventés, comme les hauts niveaux de radiation retrouvés sur les corps, ou l’étrange couleur orangée des cadavres, ou encore les lumières vues dans le ciel la nuit de l’incident. Des exagérations qui conduisirent à plusieurs théories fantaisistes. Mais le seul vrai mystère que les familles des victimes veulent résoudre aujourd’hui se passe de détails surnaturels : qu’est ce qui a poussé 9 randonneurs expérimentés à fuir leur camp au beau milieu de la nuit, par -20°, en courant vers une mort quasi certaine ?


Une page de la section "biologique" du Manuscrit de Voynich

Une page de la section "biologique" du Manuscrit de Voynich

Le Manuscrit de Voynich

En 1912, un antiquaire nommé Wilfrid Voynich fait l’acquisition d’un livre ancien auprès des Jésuites de la Villa Mondragone, près de Rome. Ce manuscrit d’aspect médiéval n’est pas daté, et son auteur n’est pas identifié. Ses 234 pages de vélin sont remplies de dessins étranges, et les textes qu’il contient sont écrits dans un alphabet incompréhensible. Le seul élément qui permet de le replacer dans un contexte historique est une lettre attachée à sa couverture, datée de 1666 : Dans cette lettre, Johannes Marcus Marci, alors proviseur de l’Université de Prague, précise que selon lui l’auteur du manuscrit pourrait être Roger Bacon, un moine visionnaire du 13ème siècle, considéré comme une des plus grandes figures scientifiques du moyen-âge, et qui connaissait les méthodes de cryptage.

Soucieux de déchiffrer son mystérieux livre, Voynich en fait parvenir des copies photographiques a de nombreux experts, mais aucun ne parvient à comprendre le langage inconnu qui recouvre les pages du manuscrit. Seuls les dessins permettent d’imaginer un sens, et de diviser le livre en plusieurs parties : ils représentent notamment des plantes bizarres, des diagrammes astronomiques, et des femmes nues nageant dans un étrange réseau de tubes. Depuis un siècle, toutes les hypothèses ont été avancées sur le contenu du manuscrit, ainsi que sur ses origines. On l’a attribué à divers auteurs potentiels, on a suggéré qu’il renfermait des formules alchimiques, et on a même dit qu’il s’agissait d’un monumental canular, composé de lettres imaginaires disposées dans un ordre aléatoire. Cependant, les cryptographes du monde entier continuent d’étudier l’ouvrage énigmatique, convaincus qu’ils parviendront à percer ses secrets. Aujourd’hui, le manuscrit de Voynich est conservé à la bibliothèque Beinecke de l’Université Yale.

Plus d’infos:

La cité du silence

La grande roue de Pripyat

En Ukraine, à 2 kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl, une ville fantôme se dresse au cœur de la zone contaminée. Elle fut bâtie à partir de 1970 pour accueillir les employés de la centrale, et leurs familles. Sa population prospéra jusqu’à atteindre près de 50 000 habitants, mais depuis 1986, seules les bêtes et la végétation rampante occupent ses rues désertées. On lui donna le nom de la rivière qui la traverse, un nom devenu synonyme de désolation : Pripyat.

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explosa. Sur un vaste périmètre, l’air s’emplit rapidement de retombées radioactives, mais les habitants de Pripyat ne furent pas alertés immédiatement: Il fallut attendre un jour entier pour que l’Union Soviétique organise une évacuation de la ville en bus, après que les militaires eurent relevé sur place des taux très élevés de contamination. La population irradiée dut tout abandonner derrière elle, jusqu’aux plus petits objets du quotidien, et tous les bâtiments furent laissés en l’état.

La crèche abandonnée dans le centre de Pripyat

La crèche abandonnée dans le centre de Pripyat. Photo Hans Zinsli

Aujourd’hui, rien ou presque n’a changé depuis ce jour d’avril 1986. Pripyat est restée figée dans le temps. On peut trouver des journaux de l’époque encore ouverts sur les tables des maisons, des portraits de Lénine accrochés aux murs, ou encore des voitures abandonnées dans les rues. La crèche de la ville est jonchée de vieux jouets qui prennent la poussière, tout comme les équipements médicaux de l’hôpital. Au centre de Pripyat se trouve un parc d’attractions qui contient le taux de radiation le plus élevé de la ville. On peut y voir des autos tamponneuses rouillées qui n’attendent plus personne, et une grande roue dont la silhouette absurde et irréelle souligne encore l’atmosphère d’apocalypse.

Tout est contaminé à Pripyat, et la radioactivité empêchera quiconque d’y vivre pendant plusieurs siècles. Cependant, le danger n’empêche pas les pillards de venir voler tout ce qui peut se revendre, des châssis de voiture aux radiateurs, propageant ainsi des éléments irradiés au delà de la zone d’exclusion. Parfois, après s’être procurés une simple autorisation, des curieux prêts à courir le risque viennent faire une visite guidée de la cité fantôme. Mais lorsque ces rares visiteurs se retirent, Pripyat retourne hors du temps, avec pour seuls occupants les animaux sauvages, la poussière et le silence…

En fond, à 2 km des immeubles vides de Pripyat, on peut distinguer la centrale nucléaire de Tchernobyl.

En fond, à 2 km des immeubles vides de Pripyat, on peut distinguer la centrale nucléaire de Tchernobyl. Photo Alex Gorski

Plus d’infos :